‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 122 sur 136 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

beauté de cet enfant , qu’il le déclara héritier de son royaume.

Lorsque Sakia fut sorti de l’enfance, il se sentit profondément affligé à la vue des misères humaines , et, en dépit de toutes les remontrances qu’on put lui faire , il résolut de renoncer à l’éclat de la royauté , et de mener la vie d un ermite. Quelques jeunes nobles imitèrent son exemple , et se déclarèrent ses disciples. Pendant plusieurs années, Sakia vécut dans les déserts, absorbé dans la méditation , accordant à peine quelque attention aux besoins communs de la vie, et faisant preuve d’humilité, en refusant les services et l’hommage de ses disciples. De là, il se retira dans un lieu encore plus solitaire, où il fut assailli par diverses tentations, dont il sortit toujours victorieux. Persuadé alors qu il avait dompte toutes les concupiscences de la nature humaine, il se prépara à exposer publiquement une foi nouvelle; mais avant d’en commencer la prédication, il se soumit, durant quarante-neuf jours , à une suite de jeûnes et de macérations. Son premier sermon à ses disciples, sur l’origine et la nécessité de la foi, peut être considéré comme un court sommaire des principales doctrines du Bouddhisme.

L’état universel de misère, c’est-à-dire le monde actuel, telle est la première vérité; la voie du salut, telle est la seconde vérité ; la tentation à laquelle nous sommes sans cesse exposés est la troisième vérité; et la manière de surmonter la tentation constitue la quatrième vérité. Il continue ensuite à expliquer la signification de ces quatre vérités dans les termes

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suivants: « Dans le cours fie la vie humaine, nul « moment de plaisir n’égale celui ou nous acquérons « la connaissance de la vérité ; ainsi , j appelle ce «monde un véritable état de misere, et la pratique « des préceptes de la foi, le souverain bonheur. Con- « sidérez l’homme aux quatre périodes de son existence : « les peines qui accompagnent la naissance, les mala- « dies qui viennent l’assiéger dans son âge mûr, la « misérable condition de sa vieillesse, et la mort pour « dernière calamité. A mesure que les années augmen- « tent, sa peau devient sèche et ridée comme un vieux « parchemin ; sa chair se flétrit et dépérit sur ses os ; « le sang coule avec langueur dans ses veines ; son «corps se courbe vers la terre; sa vue commence « à défaillir, et les montagnes mêmes n’apparaissent « plus distinctement à ses yeux affaiblis ; le sens de « l’ouïe se perd , et le son de la trompette ne parvient «plus à son oreille; sa bouche n’a plus de dents; il « n’est plus de parfums pour son odorat émoussé. La « diminution de ses forces physiques l’oblige à recou- « rir à un bâton pour se soutenir ; les facultés de son « ame font place à la confusion des idées et à la perte « de la mémoire. » Enfin , il énumère ainsi tous les maux auxquels l’homme est sujet, et termine en déclarant que la croyance au Bouddha est le chemin assuré du salut.

Le chemin du salut ne peut guère être expliqué sans entrer profondément dans les mystères de la métaphysique indienne. Toutes les religions qui n’ont pas pour base une révélation spéciale doivent êti'e

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