‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 132 sur 136 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

la putréfaction , et maintient ainsi l’eau clans le même état pendant un espace de temps déterminé.

L’édifice le plus remarcjuable de Calcutta est le palais du Gouvernement. L’étage inférieur, cjui forme, pour le reste du bâtiment, une base élégante et solide, est décoré d’arcades de chaque côté. Toutes les colonnes sont de l’ordre ionique, excepté dans l’intérieur, où l’une des plus vastes salles est supportée par des colonnes doriques si artistement revêtues de chunam, qu’on les croirait du plus beau marbre blanc. Le palais a quatre ailes, dont chacune part de l’un des coins de l’édifice, pour communiquer ensemble par des galeries circulaii es qui permettent à l’air de couler librement tout autour des bâtiments. Ces ailes contiennent les appartements particuliers ; le corps -de -logis principal renferme les différentes salles réservées à l’expédition des affaires du gouvernement , ou à ces fêtes publiques qui , pendant longtemps, ont fait la célébrité de la capitale des possessions britanniques dans les Indes, et dont le palais de ses premiers magistrats était le théâtre.

Il n’y a dans cette grande ville que deux églises anglicanes ; l’une des deux est représentée dans la gravure. C’est un monument gracieux qui fut construit sur les plans d’un officier du génie, et qui lui fait le plus grand honneur, par le goût parfait qui se fait remarquer dans la disposition de tous les détails d’architecture. L’autre église est un édifice beaucoup plus simple, et inférieur en tout point au premier. Quoique, vue du canal des jardins, la ville ait un air

TABLEAUX ÜE L’INDE.

de grandeur que ne peut égaler aucune des cités indigènes de ITnde, il faut cependant avouer que Delhi, Agra et Lucknow renferment des édifices bien supérieurs, sous le rapport de l’architecture, aux plus beaux monuments de Calcutta , et qui soutiendraient avantageusement la comparaison avec tous ceux d’un genre analogue que l’on peut trouver en Europe.

Après le palais du Gouvernement, le principal édifice est l’hôtel de la Douane, bâtiment bas, mais spacieux, orné d’un élégant fronton et contenant des magasins aussi vastes que commodes. Dans Cheringhlé, le quartier le plus à la mode de la ville, on voit une rangée de maisons magnifiques qui se succèdent comme une suite de palais, et réalisent presque les fictions brillantes conçues par l’imagination orientale. Ces maisons sont toutes habitées par des Européens. La plupart sont revêtues de stuc et s’élèvent au milieu d’une grande cour, bien ouverte et bien aérée : rien n’est oublié de tout ce que le luxe le plus recherché peut inventer, pour obvier aux inconvénients du climat et en rendre le séjour délicieux.

Quoique le quartier où résident les Européens soit sain, agréable et d’un effet imposant à l’œil, rien n’égale l’aspect misérable de celui qu’occupent les indigènes. Les rues y sont étroites, sales , et ne sont point pavées. Les maisons les plus vastes ne sont guère autre chose que des espèces de ruches faites de torchis, où se pressent les essaims d’une population hâve, indigente et à demi affamée. Les maladies qui accompagnent constamment la pauvreté et les privations qu’elle en-

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