‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 23 sur 136 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les idées générales de ces peuples, sur la vertu des femmes, peuvent être regardées comme les conséquences de cette pratique bizarre, dont l’origine, d’ailleurs, remonte à des causes inconnues ou peu apparentes.

L’infanticide, fréquent parmi les tribus rajpoutes*, a dû mettre ces tribus dans l’obligation de chercher des femmes au sein des races plus rapprochées d’elles par le sang. Comme les populations montagnardes de l’Himalaya, dans la partie sud, prétendent à un certain degré d’affinité consanguine avec les Rajpouts, les enlèvements répétés qu’auront faits ces derniers, pour remplacer les personnes du sexe immolées à leurs usages barbares , mais inviolablement observés , auront causé chez leurs voisins de la montagne cette rareté des femmes, dont la polyandrie est devenue le seul remède. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’aujourd’hui encore les jeunes filles de ces montagnards sont souvent conduites dans la plaine et vendues plus ou moins cher, selon qu’elles annoncent devoir arriver à un degré de beauté plus ou moins remarquable. Les meurtres continuels qui dépeuplent les tribus raj-

' Jusqu’à une époque qui remonte à trente ans, les Rajpouts avaient pour coutume générale de détruire leurs enfants du sexe féminin aussitôt après leur naissance , dans la crainte que les parents ne pussent pas leur trouver plus tard d’alliances sortables. Cet usage barbare fut supprimé , grâce aux soins de M. Duncan , ci-devant gouverneur de Bombay, et actuellement décédé, à ce que je pense.

TABLEAUX DE L’INDE

poutes les ont donc forcées à chercher des femmes hors de leur sein; et si le lieu d’où ils les tirent peut être l’objet d’un doute , l’existence de la polyandrie dans l’Himalaya me paraît, quant à moi, de nature à le dissiper entièrement.

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