‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 61 sur 136 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Abdulnubbi-Khan. — Mosquée à Mathura,

J’ai omis de dire que dans la petite ville de Furridabad , entre Delhi et le Chauter-Séraï , nous eûmes occasion de voir la manière dont se fabriquent les arcs. Les habitants qui se livrent à ce travail déploient dans l’usage de leurs armes une adresse égale a leur industrie. J ai vu un archer abattre un pigeon à la volee, et tuer un lièvre en pleine course. De tels exemples sont communs.

I^es arcs qui se fabriquent à Furridabad se font avec le bois du mûrier et de la corne de buffle. Les muscles du même animal servent à faire la corde, que l’on trempe dans une espèce de glu provenant de ses sabots. Les produits de cette industrie sont de bonne défaite. Les arcs sont d’un fini parfait, et il

TABLEAUX ÜE L’INDE.

faut, quand on manque d’habitude, une grande force de bras pour les tendre. Les flèches se font avec un roseau bien droit, garni d’une pointe d’acier à un bout, et de plumes .à l’autre bout. Elles ont de trentedeux à trente-trois pouces de long et environ un tiers de pouce de diamètre. L’un des meilleurs tireurs de l’endroit nous donna un échantillon de son adresse en atteignant à la distance de vingt pas une petite pièce de monnaie fixée au bout d’un léger bambou, et couverte d’un morceau de linge blanc pour la rendre visible. Il l’abattait trois fois sur cinq. A cette occasion, je crois devoir dire que les naturels de Madagascar déploient la même adresse à manier la zagaye ou la javeline. Ils atteignent un bœuf au cœur à la distance de douze pas. Je fus témoin de ce tour de force trois fois sans désemparer. Le dernier bœuf fut ouvert, et l’on trouva le fer de lance enfoncé dans le cœur de l’animal. L’arme dont s’était servi le tireur était un leger javelot d’ébène de la grosseur d’un moule à chandelles du plus grand calibre, terminé par une pointe d’acier de forme elliptique, non barbelée, mais aplatie, à deux tranchants et trèsacérée.

Du Chautei-Sérai nous allâmes à Mathura , ville célébré par son hospice de singes. Cet établissement est entretenu au moyen d’un legs du fameux Mahadadjî-Scindia , comme je l’ai rapporté dans le volume précédent.

On voit aussi, dans le même endroit, une magnifique mosquée qu’on dit avoir été bâtie par Abdiil-

Page 1