‹ L'Inde pittoresque. Calcutta. TexteChapitre 63 sur 136 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ment dans l’intérieur du sanctuaire. Au-dessus de l’entrée règne une galerie de pierre en saillie, embellie par une profusion d’ornements tracés dans la pierre, et du travail le plus heureux , le plus exquis. Malgré la quantité de ces ornements, on n’y voit ni confusion ni combinaison qui puisse choquer le goût le plus pur. De chaque côté de cette galerie sont deux panneaux en renfoncement couverts d’inscriptions tirées du Khoran, et en beaux caractères. On descend du portail de la mosquée par un large escalier construit en pierre dure et qui forme un chef-d’œuvre de maçonnerie. La rue est tellement large en cet endroit, qu’une troupe nombreuse d’éléphants et de chevaux peut y passer sans embarras. La gravure que nous offrons à nos lecteurs représente un éléphant agenouillé au pied des degrés du temple, et attendant son cavalier qui vient d’y faire ses dévotions. A gauche, on voit un vaste bazar abondamment fourni de tout ce qui peut flatter les palais les plus délicats, depuis le kismich (raisin sec) jusqu’à la pomme de pin.

On voit encore dans le fort de Mathura les ruines d’un observatoire qui fut autrefois, dit-on, un édifice hardi et élégant; ce qui en reste, il faut convenir, est peu propre à en donner cette idée. Cette ville resta sujette du gouvernement mogol jusqu’à l’époque de son déclin; alors elle éprouva toutes les vicissitudes ordinaires aux pays conquis. Vers le milieu du seizième siècle, la province d’Agra fut ravagée par le despote persan Ahmed-Schah-Abdalli, qui donna

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l’ordre de massaerer tous les mallieureux habitants de Mathura. Il prit la ville d’assaut, la livra au pillage, et fît passer au fil de l’épée quiconque s’avisa de défendre son bien ou sa vie. Vers la fin du siècle dernier, la province d’Agra tomba au pouvoir du conquérant mahratte Mahadadjî-Scindia , et fut délivrée des mains de son successeur Dôlut-Rao, par lord Lake, en i8o3.

De Mathura, nous nous dirigeâmes vers la capitale de la province. Sur toute la route les distances sont marquées par des piliers, à deux milles ( deux tiers de lieue) d’intervalle. Ces piliers sont épais , octogones, de vingt à trente pieds de haut, et construits ordinairement en briques recouvertes d’un stuc de couleur foncée, dans lequel on grave la distance en grands caractères fort lisibles. Toute la contrée de Delhi à Agra est riche en beaux restes d’arcbitecture, et donne au voyageur une haute idée des générations passées. Mais a coté de ces monuments des âges anciens, on voit aussi des constructions modernes dignes de rivaliser avec eux sous le rapport de l’art et du goût, et d’attirer l’admiration et les louanges des contemporains.

En partant d’Agra, nous traversâmes la Jumna, et continuâmes par la route ordinaire jusqu’à Futtygour. Nous fumes accueillis et traités pendant plusieurs jours dans cette ville par l’officier commandant d’un détachement qui y stationnait ; car Futtygour est l’une des nombreuses stations militaires établies sur

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