CHAPITRE XII
Un Mausolée. — A.soph-ud-Dôlah.
Parmi les morceaux d’architecture dignes d’être remarqués à Lucknow, se trouve un mausolée érigé à la mémoire d’une parente du nawab Asoph-ud-Dôlah. Il est situé dans un jardin orné d’une terrasse et de plusieurs fontaines. L’édifice qu’on voit à quelque distance, et que représente la gravure ci-jointe, est une mosquée particulière, bâtie par le prédécesseur immédiat du prince qui nous accueillit avec tant d’hospitalité. Le jardin est spacieux et dessiné avec beaucoup de goût. Le principal monument s’élève sur une plate-forme carrée, à laquelle on monte par quatre ou cinq degrés, et qui forme un terre-plein d’une étendue considérable. La tombe est de forme octogone, couronnée d’un parapet richement décoré, avec des minarets de moyenne hauteur à chaque coin. Un
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TABLEAUX DE L’INDE
grand dôme s’élève du milieu du toit, surmonté par une haute lanterne dorée. La façade au-dessous du
parapet avance en saillie jusqu’à environ trois pieds du mur, et donne de la grâce et du fini à l’ensemble du monument.
A une légère distance , il est difficile de mettre en doute que le mausolée ne soit du plus beau marbre, mais en le considérant avec une plus stricte attention, on découvre qu’il est revêtu de chunain , sorte de stuc qui conserve pendant de longues années sa blancheur et son poli sans aucune altération.
On est étonné de voir à quel degré de perfection les habitants de l’Inde ont porté l’art d’enduire les murs de cette belle matière, dont l’effet se rapproche tellement de celui du marbre blanc, qu’il faut l’examen le plus minutieux pour reconnaître que ce n’en est qu’une simple imitation. Le chunam n’a à redouter ni la gelée, ni la neige, ni aucune des brusques variations de l’atmosphère auxquelles la plupart des autres climats sont soumis, mais qui n’ont jamais beu dans cette terre aimée du soleil : il résiste même à ces formidables orages , dont toutes les régions situées entre les tropiques sont plus ou moins affligées à certaines époques de l’année; il voit s’écouler les générations sans laisser paraître le moindre symptôme de vétusté.
La mosquée qui s’élève à quelque distance de là, quoique simple, n’est pas dépoui’vue d’une certaine élégance, que rehaussent encore les deux hardis minarets qui ornent les angles opposés.