CHAPITRE XIII
jusqu’à ce qu’ils fussent tombés mutuellement d’accord de la marche que chacun d’eux devait suivre.
Le vieux chef possédait un de ces caractères indomptables dont un Hara s’enorgueillit. Quoiqu’il éprouvât pour sa fille toute l’indulgente tendresse compatible avec son austérité naturelle, il l’avait néanmoins traitée avec une constante sévérité depuis qu’elle avait fait l’aveu de son attachement pour le Rahtore. Cependant il était loin de soupçonner aucunement qu’elle osât , en aucune circonstance , compromettre la dignité de sa maison par un acte de désobéissance tel que celui qu’elle méditait. Il était loin de la connaître parfaitement. Il se confiait dans l’inflexibilité de son caractère comme en une sauvegarde contre tout déshonneur, et se sentait heureux de lui voir faire un sacrifice, quelque pénible qu’il fût, pour soutenir la gloire de sa race; mais, au milieu de cette âpreté de sentiments, il était fier de la beauté de sa fille, et, en cela, son orgueil était pleinement justifié.