LIT. VII. INSTITUTIONS MILITAIRES. J
péen de jour aussi , ainsi que de tout ce qu'il aura pu apprendre de relatif à cette réunion; toute négligence sur ce point sera considérée comme une formelle dés^ obéissance aux règlements mililaîres et punie en conséquence (1). »
Jusqu'à présent le législateur n'a énoncé que des dispositions négatives , restrictives de l'autorité des ofticiers indigènes. Quand il change de langage, c'est seulement pour leur donner les attributions exprimées dans les deux articles suivants du même règlement : n Les officiers indigènes èont la source d'où les officiers européens doivent tirer leurs meilleurs renseignements sur le caractère, les habitudes, etc., des sous-officiers et soldats de leur compagnie; il est donc du devoir des officiers indigènes de faire part au commandant de lem' conipagnie de tout ce qui arrive de nouveau parmi les soldats, de lui farre connaître les bonnes ou mauvaises qualités de ces derniers , les occasions où les unes et les autres peuvent être mises en jeu. » — Un peu plus loin : û Les officiers indigènes doivent , sous leur responsabilité, tenir les officiers européens au courant de la conduite et des sentiments de leurs soldats, de sorte que les sentiments de désaffection et de mécontentement qui se manifesteraient soient immédiatement connus et redressés; que, dans le cas où certaines erreurs viendraient à prendre racine dans l'esprit du soldat, sur-le-champ elles puissent être combattues (2). » Ici encore tout commentaire serait superflu.
Les officiers indigènes n*exercent donc aucune. autorité qui soit d'accord avec leur titre. En dépit de h
(I) Abri(jlged Code ofmUiiary régulations, sect. X, p. 5. C2)/d.,sect. XII, p. 3 et*.
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)>ompe de ce titre , en dépit de Tespèce d'égalité qu'il semblerait devoir leur donner avec les ofliciers euro- I>éens, ils ne sont en définitive qu'une sorte de soldats d'élite. Leurs épaulettes ne sont rien de plus que les ciicvrons de nos vieux soldats; comparaison d'autant mieux fondée que ces épaulettes sont aussi le prix de fanciennetéy et seulement de l'ancienneté. Toutes considérations étrangères au service militaire, et, dans ce service, toutes considérations ayant trait au mérite, au talent, sont écartées; elles s'eiTacent devant la seule considération des plus longs services. D'un autre côté, le titre d'officier ne diminue en rien la distance qui sépare, quel que soit leur grade , les indigènes de l'officier anglais. Le cipaye à qui de longues années de service ont valu le titre , la solde , les épaulettes de capitaine, n'en demeure pas moins aussi séparé de l'oflicier européen que le dernier des soldats de sa compagnie. Aucun point de contact n'existe entre eux. Les religions, les mœurs , les langues , viennent encore ajouter, s'il est possible, à lout ce qui les sépare.
Jadis il n'en était pas ainsi. Les officiers indigènes exerçaient une grande et réelle autorité; la noble fra*^ ternité des armes n'était pas bannie de leurs rapports avec les Européens. Le législateur a cru devoir chan-^ f^'cr cet état de choses; mais, en raison de ce trait caractéristique du génie anglais qui se retrouve en toutes choses, dans les petites comme dans les grandes, en changeant les choses il a conservé les mots, en altérant les faits il a maintenu la formule.