CHAPITRE VIL
Det ineoRvénienU de H dernière arganifttftn imposée à l'année anglo-IadcMe.
Le but poursuivi dans les trois organisations successives imposées par le gouvernement anglais à l'armée indou-britannique est maintenant définitivement atteint.
L'organisation de cette armée reproduit désormais , à cela près de quelques détails, celle de l'araiée aa« glaise*
Le moment est donc venu de jeter un coup d'œH sur les avantages, ou plutôt, hélas I il faut le dire dès à présent , les inconvénients de c^te organisation.
Dès la création des troupes de la Ck>mpagnie9 lesimple soldat a toujours éié matériellement fort bien traité. L'habillement, le casernement , le soin de la santé des troupes, n'ont jamais œssé d'attirer la sollicitude du Ifouvernement» La solde du simple cipayo, eu égard à
la différence des prix de la main d'œutre et des denrées de première nécessité en Angleterre et dans Plnde, équivaut, dit-on, à ce que serait pour un soldat an« glais une somme de 70 livres sterling ou de 1,750. fr« par an (1). Or, quelque généreusement traité que soit le soldat anglais, il est loin de Tétre à cepoint« VeuU être aussi faut-il rabattre quelque chose de cette esti* mation; nous rempruntons à un civiUan (employé ci^ vil ). Toujours est-il que le cipaye se trouve dans une situation fort tolérable. La preuve, c'est que les ^rô« lements volontaires ont toujours suffi et plus que suffi au recrutement de Tarmée. Les cipayes jouissent en-* Gore de certains privilèges inconnus parmi nos sdbdalB d'Europe (2). U est dans Thabitude de rAngleterre de payer généreusement les services; elle ne s'en est point départie en cette occasion. Mais ici comme ail* leurs peut-êtres'est-elle laissé trop Êicilement persuada que l'or était tout , suffisait à tout, pouvait tenir lieu de tput« Au delà de ces avantages matériels assurés par elle au cipaye, nous ne trouvons plus rien à louer dam r^gaAisation de son armée. On ne saurait quitter le rang des simples soldats et s'élever de quelques degré$ dams la hiérarchie sans se heurter à des iocosivénients de toute nature.
Lesindigènes peuvent arriver aux^rades de naïck ou caporal , d'hamildar ou sergent, de Jemadar ou lieutenant, de subahdar ou capitaine. De ces grades les deux derniers, se trouvant en fecede grades semblables ocmtpés par des Européens, se réduisent, nous le répé«
(l]Shore, t. n,p. 418.
(2) Par exemple, certaines facilités leur sont accordées dans la poursuite de leurs procès. -' Sfaore.
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Ions, à de vains titres, ne sont que de simples déno* minations. Ces difTérents grades sont le prix de Tancienneté* Le règlement, il est vrai, ne Tavait pas dit d'abord formellement; mais Tusage, d*accord avec Tesprit anglais, a prévalu : il a aujourd'hui fofce de loi. Bien plus, cet usage a fini par se convertir en droit dans Fesprit des cipayes. Un soldat du 9« régiment, ayant été promu au grade de caporal au détriment de plusieurs de ses camarades plus anciens, fut massacré par ceux-ci presque publiquement (1). Les officiers in<> digènes ( subahdar et jcmadar), promus ainsi à l'an* cienneté, dépourvusde toute autorité , ne sont donc en définitive , nous l'avons déjà dit, que des soldats à che«> vrons. Quarante années de service et vingt campagnes ne mettent pas un subahdar indigène à l'abri de se trouver sous les ordres d'un enseigne arrivé la veille d'Europe. Les talents, la bravoure, les meilleurs ser^ vices, ne sauraient porterie soldat à ce grade avant son tour. L'at-il atteint, les mêmes circonstances qui l'y ont poussé ne sauraient lui faire faire un pas au delà.
On chercherait vainement une disposition plus anti« pathique à l'esprit militaire, plus propre à briser tout ressort, à arrêter tout élan dans une armée. Pour par^ venir, le soldat n'a qu'à vivre. Arrive t-il au but définitif, son énergie morale et se& forces physiques se sont également épuisées : à mesure qu'il s'élève , il devient plus incapable.
Le mérite des trois modes d'organisation que nous avons esquissés se trouve , sous certains rapports^ en sens inverse de leur ordre chronologique. La première était la meilleure; la troisième, de beaucoup la plus
(1)Shore,t. II, p. 428.