‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 26 sur 101 · LIV. VIII. — CIVILISATION BT CBaiSTUNISMB · texte numérisé non relu

LIV. VIII. — CIVILISATION BT CBaiSTUNISMB

tible y mais contique, peu à peu, mais sans jamais s'arrêter, jusqu'au moment où elle a couvert Tobstacle quç Ta arrêtée un instant, est une image de ce qui a lieu dan^ le second cas.

Mais , comme nous le disions, ni Tune ni Tautre de ces deux suppositions ne semble applicable à la situation des Anglais dans l'Inde. La première hypothèse ne peut se réaliser que dans le cas où les deux liquides peuvent sç mélanger, sont susceptibles de se confondre entièrement. Substituez l'huile au vin, le mélange devient impossible, ne se fera jamais. D'un autre côté, la civilisation chrétienne est douée d'une force propre, essentielle, qui la soustrait à l'influence des civilisations étrangères. Elle peut agir sur quelques unes de cellesci, au moins dans certaines limites; il en est qu'elle peut s'assimiler, au moins en partie; mais elle, au contraire, ne saurait se laisser entamer par aucune autre civilisation.

Nous voyons en effet les Anglais demeurer aussi étrangers à l'Inde à cette heure que le premier jour où ils y ont mis les pieds. Des points de contact multi^ plies , forcés , que le vainqueur ne pouvait se dispenser d'avoir avec le vaincu, aucun commencement de fusion n'est résulté. Les Anglais n'ont exercé jusqu'ici aucune influence morale sur les populations vaincues. Leur domination venant à se trouver tout à coup anéantie, les choses seraient sous ce rapport absolument sur le même pied que si elle n'eût jamais existé. Elle pèse sur l'Inde comme un poids matériel. Elle n'y exerce aucune influence morale. Les dominateurs s'en rendent compte eux-mêmes; ils cherchèrent à y suppléer, dans ces derniers temps, autant que la chose est possible, en tentant de convertir les Indous au christianisme. La reli-

99 L'Oira fOD^ tA DOHtKATlOR ÂRAtàliB.

gion d'un peuple c*esl en effet le sommet, la base, le fond même de sa civilisation; c'est Tidée centrale vers laquelle convergent toutes les autres idées. Convertir un peuple à une religion, c'est lui imposer une autre civilisation , c'est en faire la conquête intellectuelle, si l'on peut ainsi parler. Les Anglais, en dirigeant leurs efforts de ce côté, prenaient donc sans aucun doute le moyen qui , dans le cas où il eût été praticable, devait amener les résultats les plus importants. Un autre moyen, à la vérité, a été aussi proposé partl'autrespublicisies, qui devait agir au reste concurremment avec le premier ; c'était la colonisation de l'Inde par T Angleterre, moyen qui tendait au même but que le précédent. La colonisation présentait en effet , sous une autre forme , celle-ci pour ainsi dire matérielle, cette civilisation européenne dont le christianisme devait montrer Texpression la plus sublime et la plus idéalisée.

Nous examinerons donc successivement ces deux moyens; les résultats obtenus par eux nous donneront la mesure exacte de l'influence intellectuelle qu'il est donné à l'Angleterre d'exercer sur l'Inde. Us nous raconteront les progrès de la civilisation chrétienne parmi les populations indoues.

Ltv. vsi. -^ (HvujBAarioM sr «amiSTiMiUiiB. 99

Page 1