CHAPITRE IV
Des missions protestantes.
Le catholicisme, conservant son droît d'aînesse, existait éepuis long-^temps dans l'Inde avant que lé protestantisme y eût paru* De Goa, dont il avait tàiisi métropole, il envoyait dans l'intérieur de la presqulle les courageux missionnaires dont nous venons d'esquisser les travaux. C'est alors que le protestantisme vînt se poser dans l'Inde en faœ de son rival euro-^ péen; il prit pied à Tranquebar, sur la côte de Coromandel.
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Le Danemarck, marchant sur les traces de l'Angle^ terre et de la France, avait donné naissance à une|compagnie des Indes orientales. Cette compagnie, ayant mal .&it ses afTaires , s'empressa de renoncer à son privilège; elle céda an gouvernement un établissement fondé par elle sur la côte de Goromandel. Soutenu par une main fins puissante, cet établissement commença à reprendre quelque prospérité ; toutefois ce fut une circonstance étrangère à Tobjet de sa fondation qui lui valal tout à coup une grande importance.
Le roi de Danemarck , Frédéric, eut Tidée, au commencement du 18' siècle, d'envoyer dans Tlnde des missionnaires chargés de tenter la conversion des In- <^us. C était marcher sur la voie des missionnaires ca« tbdiques, mais dans un intérêt opposé. Un pre* mier missionnaire s'y rendit > n'y resta que peu db temps; mais deux jeunes gens, Zeigenbald et Plutho, éminemment propres à ces fonctions, ne tardèrent pas à le remplacer. Ils étaient jeunes , courageux , pleins d'ardeur et de foi. D'ailleurs ils Turent sur-lechamp en possession d'un appui qui pour le succès de leurs travaux valait autant que tout cela : nous voulons dire l'intérêt pris par l'Angleterre à l'œuvre commencé, l'argent qu'elle prodigua pour sa réussite.
Le premier missionnaire danois dans l'Inde n'y den^eura que fort peu de temps; mais comme il s'en retourna par l'Angleterre, il fut présenté à Georges I" et à plusieurs évêques. Bientôt un grand nombre de personnes s'intéressèrent , sur ses récits, aux tentatives religieuses du Danemarck. Dès 1710, une société s'était formée en Angleterre pour la propagation de la morale chrétienne; elle envoya à Tranquebar de l'argent, des ouvriers et des caractères d'imprimerie. Dès ce mo-