‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 32 sur 101 · LIV. Tllf. — CITILISATION VT CHMISTIANlSHE · texte numérisé non relu

LIV. Tllf. — CITILISATION VT CHMISTIANlSHE

ment cette mission, tout en continuant d'appartenir I de nom auDànemarck, de f;iit devint anglaise, fut

I alimentée par l'or de l'Angleterre. La charte de la

I Compagnie interdisait, comme nous l'avons dît, l'en-

trée de rindeàtout sujet britannique; les missionnaires n'étaient point exceptés de cette défense. Depuis long^temps déjà TAngleterre régnait sans rivale sur la péninsule , que cette exclusion n'était pas encore levée. Ptndant long-temps, quoique à Tapogée de sa puiss;mce, le protestantisme continua de débarquer dans l'Inde sous pavillon danois.

• J^a compagnie anglaise refusait l'entrée de l'Inde aux missionnaires. Le zélé souvent indiscret de ceux-ci lui faisait redouter des troubles (jui ne pouvaient manquer d'être funestes à ses intérêts. De son côté la société de la morale chrétienneenvoyaità Tranquebarautant démissionnaires que possible , sans se soucier le moins du monde des intérêts de la compagnie. Eniin le roi, corn» me partie du parlement, sanctionnait l'exclusion des missionnaires de l'Inde , mais il n'en était pas moins en même temps le président de la société pour la propagation de la morale chrétienne. D'une main il où* vrait la porte aux missionnaires, de l'autre il la leur fermait. N'avons- nous pas parlé déjà , et longues^ent , de cet esprit de contradiction propre, inhérent, pour Siinsi dire, à tout ce qui émane de l'Angleterre !

Zeigenbald etPlutho avaient long-temps trouvé un obstacle à leur zèle dans la nécessité de pourvoir à leur propre subsistance. Avec de plus grands moyens ils atteignirent de plus grands résultats. Us imprimé* rent une traduction de la Bible en langue tamul, et en répandirent un grand nombre d'exemplaires parmi les indigènes. Leur zèle en faveur des Indous convertis

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les brouilla parfois, à leur honneur, avec Tautorilé p<h litique. Zeigenbald subit plus d'une fois la prison. « Les missionnaires n'en persistaient pas moins, sui- ^vant un de leurs historiens, dans leur conduite, prêts qu'ils étaient à tout souffrir pour Tamour des élus , i prêcher la parole de Dieu à propos et horsde propos (1 ). » Grâce à ces efforts soutends , Tceuvre ne tarda pas k prendre de l'accroissement. En 1775 on comptait cinq missions protestantes , chacune d'elles composée de trois missionnaires.

La côte de Coromandel fut long-temps le théâtre d'une guerre sanglante. Hyder-Aii et Tippoo-Saë)) y. disputèrent tour à tour aux Anglais le scet^trede l'Inde. Les puissances du second ordre, incapables de faire respecter avec leurs propres forces leur nationalité , se voyaient dans l'obligation de prendre parti pour Tune des grandes puissances. Tout était trouble, dé^rdre, anarchie. Mais c'est au sein des tempêtes que le jeune aiglon se plait à déployer ses ailes vigoureuses. C'est au sein des circonstances extraordinaires que se for^ jnent les grands caractères, que se révèlent les âmes les plus fortement trempées. On en vit alors un nouvel exemple.

. Un missionnaire danois du nom de Schwartz se montra au milieu de cette sanglante anarchie comme un chrétien des premiers âges. Personne n'étendît plusJoin, ne fit régner sur un plus grand nombre d'hommes, une influence bienfaisante, civilibatrioe, i*e*ligieuse. Les barrières de religion et de nationalité ^mbaient devant cette sorte de puissance magnétique, je dirais volontiers fascinatrice : musulmans, Indous,

, MJCampbcU, p.«7.

LIT^ nu. *— UTILISATION BT ClttimA«l6tfE. f^

dirétiens, rayaient égalen^ent en vénération. Tcms les dialectes de Tlnde lui étaient familiers. Multiplié pour ainsi dire par son infatigable charité, il semblait se montrer à la fois dans les lieux les plus disants, sur les points les plus opposés. Il savait s'acquitter, à la satisfaction des deux parties , des missions politiques les plus difficiles, les plus compliquées. Après Tavoir reçu comme envoyé des Anglais , Hyder-^Iî lui proposa éd prendre sa parole pour seule garantie d'un arrange^ ment proposé par ceux-ci ; ne pouvant obtenir ce gage^ il rompit toute négociation. Dans une autre circonslsri^ ce Schwartz se montre sous un aspect encore pius^in^ gulier. Le rajah de Tanjore, assiégé dans cette vîFle,s'y Yoyaît menacé par la famine. Ce n'était pas que le blé manquât dans les campagnes d'alentour ; mais les cultivateurs, trompés dans une circonstance précédente par le rajah ou par ses agents, ne voulaient plus se fier à lui. Le rajah prit le parti de s'adresser à Schwartz, et l'on vit un missionnaire pauvre, presque nu, parfois mourant presque de faim lui-même, nourrir im prince puissant, à la tête de son armée, au centre de sa domination. Le rajah n'oublia pas ce service; à son lit de mort , tout opposé qu'il fût au christianisme dans ses convictions personnelles , ce fut à Schvrart* lui-môme qu'il laissa la tutelle de ses enfants.

On citerait encore beaucoup de traits dumêmegen^ re. Pour accomplir ces prodiges, Schwartz ne pos* sédait ni troupes, ni argent, ni pouvoir politique. La charité, le dévoûment, le sacriiice, c'étaient lu tous ses nfïoyens d'action; à la vérité, cetie grande na* turc les possédait à un point où il ne semblait paé que là nature humaine eût été susceptible d'atteindre jamais^ Sur de moindres proportions il fut à. ta eôta

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de Goromandel oe que Xavier avait été à la o6te de Malabar. 11 fut le grand missionnaire, le grand apôtre du protestantisme (1).

La portion de Tlnde soumise aux Anglais n'en continua pas moins d'être fermée aux missionnaires jusqu'en 1813. Il leur était interdit, aussi bien qu'à toule autre classe de sujets britanniques, de prendre passage sur un vaisseau faisant voile pour l'Inde. Plusieurs bravèrent cet obstacle; mais ils se voyaient réduits à prendre leur chemin par la Hollande, l'Amérique et le cap de Bonne-Espérance, de changer de navire à chacune de ces stations, t avant de s'alla faire débarquer dansTInde, en marchandise de contrebande (2). » Le gouvernement de l'Inde, s'il était instruit de leur pro-

(1) Peni écriYalos placés à deus poioU de vue opposés. Pan prêtre , Taatre militaire , en parlent de la sorte : « La bonne opinion que J'avais de SchwartE , écrivait Héber, s'est encore accrne depuis <|ae j'ai visité le midi de llnde. Je ne pouvais me défendre de soupçonner qa*A nn grand nombre de qualités admirables ne se mêlât beaucoup de penchant et de goût pour rintrigae ; qu'il ne fût un propbète plutôt du genre politique que religieui ; que la grande vénération que lui témoignaient alors et que lui témoignent encore aujourd'hui les idolâtres (car ils le considèrent comme un être d'une nature supérieure, brûlent des cierges detant sa statue, déposent des oUirandes h ses pieds , etc., etc.] n'eût été achetée par quelque compromis avec leurs préjugés. Mais Je vois que Je m'étais trompé. Il fbt vraiment un âes plus actifs et des plus intrépides missionnaires qui aient existé depuis les apôtres , en même temps qu'un des plus heureux dans ses entreprises. » Heber, t. III, p. 499.

Un autre historien , placé dans les rangs de l'armée, dit : « Le caractère de ce pieux missionnaire fut aussi extraordinaire que les circonstances an milieu desquelles il se trouva placé. Son influence sur les indigènes , depuis les princes Jusqu'aux moindres pajsans . n'eut d'autres sources que sa conduite et ses efforts personnels . et l'on peut dire qu'il donnait au gouvernement qui l'employa phis d'appui qu'il n'en recot,wMalcolm; HitL poItl.,p.S69«

(i)GampbelL

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