‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 34 sur 101 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Dm obstacles qui s'opposent à la propagation da christianisme dans l'In* de. -- Gomment les missionnaires se trouvent dans rinde dans une po-sition différente de celle des apôtres dans le monde romain.

On ne saurait imaginer un plus grand , un plus nierveiileux spectacle que celui de la propagation dû christianistne dans Fancien monde, même considéré d'un point dé vue purement humain.

Une religion née au sein d'une pauvre et petite nation , précbée par douze hommes sortis pour la plupart

UT. Tlll. — CmUSATTIÔM Sf CBftiSTIAKIfHS. 137

dès derniers rangs du peuple, s'étend 'sar le manda conn». Le glaive de la parole conquiert en quatre sië^ dies cet empira qne i^épée r<»naîne avait mis mille ani à former. &ieA plus, le c^istianii^e transforme cette société qu'il vient de conquérir. Il la pétrit, la façonne de nouveau; il en Mt une société nouvelle, à laquelle il proposera d'autres lois, qu'il assiéra sur une base différente! Jamais spectacle si merveilleux ne s'était encore montré sur la scène de l'histoire.

Au premier coup d'œil , il semble que là position du christiaiiisme dans l'Inde soit analogue à celle où il s'est trouvé dans l'^tiquité. Dès lors aussi les succès qu'il obtint sur les rèftgions de là Grèce et de l'Italie apparaissent comme autant de présages assurés de ceux qu'il ne peut manquer d'cibtènir sur les cultes d'origine brahminiqùe. Les foits ne s'accordent pourtant pas jusqu'à celte heuœ avec cette manière de vaïr.

Le christianisme, en débàrquaM da¥i^ llnde avec les Portugais, prit pied au milieu d'une communauté chrétienne. Cette èommunanté était dissidente du catholicisme , elle ne pouvait cependant manquer d'avoir avec lui beaucoup d'analogie : on put donc supposer qn'il allait s'allier à elle contre les cuftes d'origine brabmique; qu'il allait y recruter une armée foute prête à marcher sous son étendard, s'en faire un instrument puissant pour agir immédiatement sur les na-* tiens indoues. Ces prévisions ne se Sont pas réalisées; le christianisme, qui dans l'antiquité avait marché si rapidement dans la voie de la conquête , s'est arrêté dès ses premiers pas dans la pérûnsule indoue. Après de premiers succès, dus en graade partie, comme

1S8 l'uPB tous LA DOMINATIOH ANCLAIIB.

BOUS aurons occasion de le dire plus tard , à une sorte d'illusion d'optique intellectuelle, il est devenu sta^ ttonnaire. De nombreux néophytes s'étaient d'abord attachés aux pas de Xavier; mais ils sont loin d'avoir autant multiplié qu'il aurait été naturel de le supposer. Depuis ce moment non seulement le christianisme (catholicisme et protestantisme réunis) n'a pu gagner de terrain; loin de là, peut-être perd-il chac|ue jour celui qu'il avait conquis du premier coup. L'avenir ne parait pas sous ce rapport devoir différer du passé. Des missionnaires qui ont employé leur vie à prêcher l'Évangile dans l'Inde, qui ont usé leurs forces dans ce saintcombat, se montrent en général les plusdépourvus de toute espérance.

Aucune question philosophique ou historique ne saurait être plus curieuse que celle-ci :

Gomment le christianisme , qui s'est développé si rapidement dans le monde romain , se trouve-t-il arrêté dès ses premiers pas dans le monde de l'Orient ?

Aucune question n'est en même temps plus importante, quant à l'avenir de la domination européenne dans l'Inde, que cette autre :

Les obstacles qui se sont opposés à la propagation du christianisme dans l'Inde sont*iIs de nature passagère, ou tout au contraire tiennent-ils à la nature même des choses?

C'est là ce que nous allons tenter d'examiner selon la mesure de nos forces.

Le polythéisme (1) régnait sur le monde grec et ro-

(1) Trois grands systèmes religieux avaient précédé le polythéisme. La

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