IIV. Tin* — GITILIflATION BT CHEISTIANI8MB
mdin au moment de Tâpparition du christianisme? Il était né des grands systèmes religieux de l'Orient, transmis à la Grèce et à Tltalie par TEgypte et TEtrurie. Mais Timagination populaire avait en partie dépouillé de leur signification philosophique les grands symboles appartenant à ces religions ; elle leur don-* na Texistehce, la personnalité, la forme; elle en fit des Dieux. L'idée fondamentale de Dieu, de l'essence divine , bien que défigurée par l'idée de la pluralité dans le polythéisme, n'était pas essentiellement différente de celle du judaïsme ou du christianisme. Éloignez de Jupiter cette légion de dieux inférieurs qui raccompagnent, mais en sont indépendants, jouissent d'une personnalité distincte , et vous avez Jeho* vah.
Le christianisme trouvait dès lors toute facilité à répandre daiis le monde les idées de la personnalité et de l'unité de Dieu. Il les développa, en les revêtant, en les incarnant, s'il est permis dé s'expri-
panthéisme , le dnalisme , le déisme , sont les trois grandes idées philosophiques qui se trouvent an fond des grands systèmes religieux qui ont régné sur le monde. Le panthéisme a soumis h sa domination PInde et la Chine; le dualisme s'est établi en Perse. Le dogn^ de Tunité de Dieu a été le principe fondamental du judaïsme , d'où il a passé, sous des formes diflTérentes, dans le christianisme et dans Tislamisme.
Le panthéisme est fondé sur Pidée de la permanence des rapports de Dieu au monde et du monde à Dieu^ il absorbe tout Dieu dans le monde, ou le monde en Dieu.
Le dualisme explique Tensemble des choses créées et incréées par un combat de deux forces opposées qui se feraient équilibres.
Le théisme creuse entre Dieu et le monde un abyme immense, infranchissable , sans fond , aux deux côtés duquel se trouvent Dieu dans toute sa liberté , sa personnalité ; de Fautre , Thomme , en possession d'un reflet de la liberté, de la personnalité divines.
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meraiinsi, au sein de dogmes nouveaux, l'incaf nation , la déchéaiiêe , la rédemption , etc. Mais la cod* Geption fondamentale de Dieu qu'U i»'éâentàit au monde n'avait en ene<»mèmê rien d'opposé à celle des re-* Hgions polythéistes de la Grèce et de Rome. G'étâiit au fond la même idée, mais épurée , rationalisée, s'il est pernris de s^exprimér ain^ , au sein dti christianisme. Ce dernier se présentait sous certains rapports comme le dernier ihot du polythéisme ; il lui Faisait Êitre un pas ifàtriense , mais dans cette même voie où èelûi-ci marchait depuis son origine. Aiicun obstacleà sa pro«* pagation rie se rencontrait dès lors dans les idées fondamentales du paganisme. De Iiii-même Jupiter se prétait à se dég^iger en quelque sorte de cette foule de divinités subalternes qui le rattachait , de degré en degré, jusqu'à la nature inanimée; la^ sublimité de sa propre nature en tlevénait plus évidente, sa liberté, sa personnalité^ s'en^ manifestent phis éclatantes.
Les habitudes intellectuelles des peuples les préparaient donc jusqu'à un certain point à recevoir le christianisme. D*uh autre côté lés apôtres apportaient aussi dés dogmes nouveaux ; ils préchaaie^t au monde la déchéance, l'îhcafnatiôn , la rédemption ; c'est-à-diré de quoi étonfner les imaginations, de quoi les ébranler, de quoi les entraîner par de mystérieuseses et tootes-puifesantes aûnonciations. L'empire de rhabitude, le charme tout-puissant de la nouveauté, concouraient également à favoriser leurs travaux.
L'antiquité grecque [et romaine tié fei^maît pas la sodété politique aux sectateurs d'ùh autre culte que le polythéisme. La notion de la personnalité et la li-