LIV. T0f> -r CI^ILlSUkXIOff XT GHEISTIANiaMK. lAi
h&vté divines ainenaU celle de la personnalité et de la libeplé humaines:. L'homme avait la responsabilité de ses propres a(^s. L'organisation politique était oonsi'dérée comme un mslrumenl qu'il lui était loisible de modifier à son gré ^ non comme une chaîne dont les anneaux se trouvaient faialement endiatnés à leur place respective, dans leur ordre réciproque , par la main de la ÊUalité. Les portes de la dté oe refusaient point de s'ouvrir aux sectateurs de cultes étranger». Le même, forum rassemblait des citoyens dont l'en^ <^^s allait parfois brûler sur des autels différents. On sait rinscription fameose : « Au Dieu inconnu, y On sait ce panthéon x^onsacré au milieu- de Rome, ainsi qme l'indiquait son nom, à tous tes dieux derempire, c'est-à^lif e du monde^
Les persécutions contre les chrétiens ne sont point un argument contre ce que nous venons de dire. Les persécutions furent dirigées eontre les novateurs politiques Uea plus que contre les sectateurs d'un culte 4itrapg^. Cfaréti^s et païens formaient alors comme deux partis qui se disputaient la direction exclusive de- la société.; ou, pour réduire l'assertion aux plus strictes proportions historiques , les païens erurent avoir à redouter ce dessein de la part des chrétiens^ Le moment vint bientôt pour eux d'en appeler à la force. Ils s'armèrent de la persécution; ils apprêtèrent les instruments de torture; les bûchers se dressèrent, les amphithéâtres s- ouvrirent; l'Afrique envoya ses lions et ses tigres. Les chrétiens s'en* tourèrent d'une merveillwse cuirasse, la foi et la désignation. Les pinces et les .t^Mtilles s'usèrent sur leurs membres en lambeaux, tes bûchers s'éteignirent
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dans leur sang , les amphithéâtres disparurent sous leurs cadavres amoncelés , les lions et les tigres se rassasièrent de la chair des viciées et des martyrs...., et, au bout de tout cela, ce furent les victimes qui avaient triomphé des bourreaux.
Une autre observation est à noter. I^ tolérance de la société grecque et romaine pour les sectateurs de cultes étrangers vient d'être racontée ; mais cette tolérance était civile et politique. La conception primitive, la conception fondamentale du polythéisme , n'en était pas moins éminemment ^exclusive au point de vue purement religieux. On ne pouvait devenir chrétien et demeurer païen. On ne pouvait à la fois brûler son encens sur les autels de Mars et de Vénus , et s'agenouiller devant la croix. Dès lors le polythéisme et le christi;inisme, une fois en présence, devaient se disputer la domination ; dès lors aussi la discussion , c'est-à-dire le combat par la parole , était inévitable. Tout homme dans son for intérieur, dans l'intimité niéme de sa conscience, avait à prendre un parti dans ce grand débat. Or du côté du christianisme se trouvait une immense, une incalculalable supériorité. Il ne pouvait entrer dans cette voie de la conquête et du combat sans que la victoire et le monde ne lui appartinssent.
Mais dans l'Inde, mais au milieu des innombrables sectes d'origine brahminique, le christianisme se trouva , sous tous ces rapports, dans une situation absolument diiTérente.
La notion de Dieu dans le brahminisme, c'est-à-dire la conception fondamentale , est précisément l'opposé de celle du christianisme. Le christianisme a épuré^et
LIT. tin. — CIVILISATION Bt CHRISTIANISME. 1A3
I Agrandi celle du judaïsme. Il a également placé entre
Dieu et le monde un abyme infranchissable par la pen* sée. Le brahminismeest fondé tout entier au contraire sur la permanence des rapports entre Dieu et le monde; il voit dans le monde comme une manifestation , sous forme finie, de la substance une, éternelle , absolue. Le Dieu du chrétien existe dans les abymes insondables de I sa personnalité, de sa liberté, de son individualité ab-
I solue ; le Dieu de Tlndou est en tout, partout, il se ma*
I nifeste sous toutes les formes, il vit sous toutes les ap-
parences. Dès lors aussi aucun point de contact, aucune I analogie entre le christianisme et le brahminisme à
, leur point de départ. La doctrine prêchée par le mis-
I sionnaire se trouve repoussée par toutes les habitudes
intellectuelles, par toutes les idées antérieures de l'auditeur auquel il s'adresse.
I D'un autre côté certains dogmes principaux du chris-
tianisme se sont au contraire retrouvés de tout temps, sous des formes souvent peu différentes , dans l'antique Orient. Les doctrines de la déchéance, de Tincarnation , delà rédemption, n'ont rien de nouveau, rien d'étrange pour le sectateur de Brahma. Illes retrouve dans le culte dé ses pères ; il n'est pas besoin d'abandonner celui-ci pour goûter tout ce qu'elles ont de consolant, pour se laisser enchanter par ce qu'elles ont de merveilleux. Le missionnaire chrétien se trouve dès lors, sous ces deux rapports, dans une position absolument inverse de celle des apôtres chez les nations polythéistes : il est repoussé par les habitudes intellectuelles de ses auditeurs ou adversaires; il ne saurait ébranler, entraîner leurs imaginations.
La société brahminique, à l'inverse de la société de l'antiquité grecque et romaine , est fermée à tout étran-
ihk l'iNM toi» LA BOmNATIOII Aiiaujw.
ger. La société indoue» comme nous Tavons dit furéeédemment, a'est pas seulement divine par son origine, eUe est Tesacnce même de Dieu; die est Dieu lui-même, manireslè sous ces quatres (ormes prind^les : brabmes, chactryas, veysiahs, sudras; formes qui se sont continuées , prolongées , dans le cours des siècles, mais sans changer de nature. Aussi ne peut-eUe s'ouvrir à aucun nouveau venu ; rien ne peut fkire, en effets que ce qui n'a pas. été ait été, c'est-à-dire que les peuples qui, selon l'Indou, n'ont pas fait partie de ces manifestations primitives, s'y trouvent compris. Donc aucun moyen pour eux d'entrer dans cette société. Dans les innombrables degrés hiérarchiques de cet édifice brahminique, à la fois temple et cité, aucune place n'existe pour le pèlerin étranger ou le nouveau converti. L'Européen pourra vivre des siècles aux côtés de l'Indou , sans qu'aucun point de contact s'établisse jamais entre eux. Et conunent cette société s'ouvrirait-elle à des étrangers; elle chasse, elle expulse impitoyablement de son sein , ceux de ses propres membres que le moindre attouchement, que la relation la plus accidentelle avec eux , lui semblent avoir à jamais souillés I
Les doctrines religieuses de l'Indou sont sou3 quelques rapports l'opposé de sa constituiion sociale; elles sont vasies, universelles, ou, du moins , tendent à l'être. Il n'est système religieux ou philosophique qu'elle n'accueille, qu'elle n'absorbe pour ainsi dire en elle-même. Leur nature panthéiste le veut ainsi. Au^si ne sauraât-on imaginer aucune notion , a,ucttne nuance d'idées, qui n'ait son analogue 4ans quelques unes des innombrables sectes de l'Inde. Sur ce fond infini du panthéisme peuvent se jouer ^ sangle déborder^