‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 41 sur 101 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

fie ^impossibilité de la colonisation de llnde par TAngletef ré.

La Compagnie, depuis son origine, s'est toujours montrée fort jalouse de son droit d'exclusion de tout sujet britannique du territoire indou. Elle ne cessa ja*

(l]Héber, t.UI, P.3M0* (S}/(lvi&f^.,p.51.

ttV* Vtil. — ClTtUSATtOfl «t CfiHlSTUniSllB. 169

maïs de l'exercer avec vigilance et sévérité. A vrai diréy endroit n'était rien moins qu'un des fondements les plus essentiels de sa domination.

A l'abolition du monopole de là Compagnie en 1833^ l'Inde fut ouverte aux Anglais, au moins de droit. Beaucoup de gens, surtout parmi les plus étrangers aux aU faires de l'Inde, crurent pouvoir saluer dans cette admission des Anglais l'aurore d'une vie toute nouvelle pour l'empire indou-britannique. L'Inde leur parut aii moment de s'ouvrir à cette population turbulente qui encombre l'Angleterre, compromet sa tranquillité, menace son avenir* Us rêvaient sur les bords de l'Indus et du Gange , à la côte de Malabar ou de Goromandel, les manufactures de Liverpool, de Manchester ou de Birmingham; ils creusaient en imagination les docks de Londres à Calcutta, Madras et Bombay. La circonspect tion anglaise ne tarda pas à déjouer ces illusions. L'Inde, légalement ouverte aux sujets britanniques, n'en continua pas moins à leur être fermée de fait en raison de la multitude de précautions, de restrictions, dont cette liberté nouvelle Tut entourée; en quoi il faut louer sans réserve l'habileté prudente du gouvernement anglais. Il n'est pas un seul de ceux qui se sont trouvés au courant de la situation de l'Inde qui ait pu attendre de bons résultats de ce moyen si vanté de colonisation.

Quels sont les Anglais qui se rendraient dans Tlnde, dans l'hypothèse où l'accès leur en serait librement accordé? Des capitalistes ou des ouvriers, les premiers^^^ se proposant de tirer parti de leurs fonds dans des entreprises agricoles, manufacturières ou commerciales; les seconds de mettre leurs bras au service de ces entreprises. Mais ni les uns ni les autres n'auraient aucune

171 Cnm9^ mm u ntmuum^^ Airai4W*

cbaiio$ non seidement de fortune, nim méipe d*éll^

blisseoaeiit dens rinde»

Les terres de Tlnde, et c'est li le fiùt dominamtde la situation, sont la propriété du gouverneoient. EUes le sont non seulement en droit , ouais lûen en fait. Le gouveroemeiU touche non seulement le même revenu qu'ailleurs le propriétaire, mais plus d'un tiers aq delà (1). Là où les Indous parviennent à acquitter cet impôt, c'est en raison de leur extrême sobriété , de leur abâlinenee de viande , de la simplicité de leurs vêtements, etc., surtout çà et là en raison des avanr tagesde Tinstitution villageoise. Or supposoiis le ço* Ion anglais devenu acquéreur à titre quëjioonque, (^i^ ce gratuit, d'une portion de ces terres; il ne le de^ viendrait qu'à cbarge de payeur Timpât acquitté psMr aon prédécesseur, c'est-à-dire 4( pour 100 du Rror duit brnt. Un obstacle tnsurmontaUe rempèeborail de s'en acquitter, il n'aurait pas à sa dispotûtion Im moyens qui permettent dans certains cas auf Indow de ne pas succomber sous le fordeau. Le gouverner ment abandonnerait-^il une portion de l'impôt? Mais les revenus , déjà au dessous des dépenses, lui interdi? sent cet acte de générosité quand bien même il ledé^ir rerait.Le nouveau propriétaire, le prci^ri^re eivror péen, essaiecait-il d'en^loyer des joumaiiers anglate 4 son exploitation? Mais là encore est rimpos^ibiUlé- Un labourour anglaki, sous te climaide rindfii, ooujsomme dix fois davantage , par conséquieot ooAte dîi^ fois fHns qu'un laboureur indou. <2). A qiUQÎ jttâryÎRait éM^ s»

(1) Le reyeno da propriétaire étant de 53, 11mp6t dans l^Inde est de 45.

(t)Les^BwopéeBs des basses classes ne sauraient sontenir la eoncar^

rence avec les labottreurs indigènesi faits aa climat , et, en raison de

mmA interaiédiaire, c'est*à-dive le coloii aiigiais, eii^ tre le coltivateiir indigène et le g(»veriiement? La terre est déjà imposée au delà de ce qu'elle peut rea^ dre; que resterait-U à ce colon une fois cet impôt acquitté ¥ Enûfl le droit de profnriétè du gouveraem^t sp trouve jusque présent borné par celui de première oceupation du laboureur. Or rociroi des terres à des co^ kms anglais supprimerait ee droit, c^est-àrdtre ruIxieNrait le fondement m^mede Tétat ^ial de FInde.

Le gouvernemenl anglais, en laissant les terres cultivées dans rétat où elles sont aujourd'hui, concéderaitil en revanche aux colons britanniques des terres en friche? On sait que ces dernières forment une portion considérable du territoire indou. Qu'en résuKeràit^it ? Si le gouvernement charge œs terras d'un impôt égaià l'impôt territorial actud, le revenu du prepriétaipe passe tout entier dans ses malus. Comme dans i^ eas précédent, le colon anglais n'est plus autre chc^e qufun nouveau ressort de la machine fiscale « qu'nn nouvel intennédiaire entre le cultivateur et le gouvernement, ausrî dangereux qu'impossible. Le gouvernement all<>gera«t41 cet isapôt, des^fifiicultés de toute nature surgiront Les cultivateurs abandonneront en foule les anciennes t^res , pour se précipita vers celles*là. Des armées entières seront nécessaires pour les enchaîner au^ terrains qu'ils auront<sultivés jusque alors. D'un autre côté^eonç^t-on des propriétés Ijmitrophes régies par des légidations différentes , un ehamp qui paie id près de la moitié du produit brut comme impôt , 1& «un a«i-

Jenr; habitude? par rapport à la poorritare et aux vêtements , pouvant vivre avec le 6«, le 10* de ce qa'eiigerait qo laboureur européen.— Enquête 4e iSSSi 4. Y. a«nohui^«y.

172 L*t!fiMt ton Là Dosninon ÂRfttiisB.

tre champ qui n'en paierait qu'un dixième? La compa* raison de la situation de ces nouveaux venus avec là dennedeviendrait tellement cruelle "pour la population indoue, que> toute timide, toute inoflensive qu^elte puisse être, le gouvernement anglais ne laisserait pas que de courir bien des chances dangereuses. D'ailleurs <^ serait une odieuse violation de droits jusque ici re^ connus pour sacrés. Les municipalités se sont toujours considérées comme propriétaires, c'est*à-dire comme ayant-droit à la culture' des terres en friche situées dans leur voisinage.

Encore ne sont-ce là que des inconvénients d'une seule espèce. Mais la présence sur le même sol de deux populations d'origine différente, cultivant la terre sous des conditions diverses, obéissant à des lois nécessaire* ment diverses aussi, ne saurait manquer de faire nàf^ tre grand nombre d'inconvénients de plusieurs autres sortes. La question suivante fut adressée par le comité d'enquête du parlement à Ramohun-Roy : « Pensezvous qu'il soit avantageux de permettre à des siqets britanniques de toutes conditions de s'établir comme colons dans l'Inde ? » Il répondit : « Une telle mesure ne saurait être prise que dans le but de supplanter entièrement les habitants indigènes et de les expulser de leut propre pays. La différence des caractères, des opinions , des sentiments , entre les Européens et lès Indous, surtout en ce qui touche aux choses sociales et religieuses, est telle , que les deux races ne sauraient former une même société. Si la chose devenait jamais possible , ce ne serait qu'au cas où un commerce prolongé s'établirait entre eux sous l'inspection et la surveillance d'un vigoureux système de police , partout présent; établissement sans aucun doute t^iement

UT. Tin. — cnnusATioiv bt cR^isTuinnis. f 7t

coûteux , que les revenus actuels de Tlnde ne sauraient y suffire. Cette assimilation a bien pu se faire sur quel-* ques points; elle est née à Calcutta du commerce nécessaire et obligé d'un grand nombre de sujets distingués des deux nations. Mais dans cette capitale elle-même , bien qu'elle soit le siège du gouvernement , bien que les officiers de police y soient en tel nombre, qu'on ne saurait pour ainsi dire faire cent pas sans en rencon** trer, les Européens classes inférieures ne se montrent que trop souvent disposés à vexer, à opprimer les indigènes (1). »

D'après le même Ramobun-Roy, le contact des indigènes avec les Européens ne pourrait manquer de produire les plus mauvais effets sur la moralité des premiers. Suivant lui, les indigènes pourraient être classés en trois catégories suivant leur plus ou moins de rapports avec les Européens; catégories qui répondraient à trois différents degrés de moralité. Il estimait les meilleurs ceux qui n'avaient eu de relations d'aucune sorte avec les Européens (2). Ceux qui par la nécessité de leur position , en tant qu'habitant les villes ou le voisinage des villes, se trouvaient en rapport avec eux, valaient déjà moins. Les pires de tous, enfin , étaient ceux qui, sous un titre quelconque, dépendaient d'eux pour leur subsistance, en tant qu'employés du revenu , des cours de justice , de la police, etc.

Ramobun-Roy était unindou converti au cbrisiianisme. Homme éclairé , produit mixte de deux civilisationSy il était à même mieux que personne de juger les

(1) Ramohnn-Roy. Enquête de 1833, t. V. Hontgomery-Martia.

(8) Enquête. Interrogatoire de Ramohnn-Roy. Il est juste toutefois û% eréer une 4« classe en favear des dpayes; les habitudes de la discipline re> lèrent leur moralité.

t7& i.*niw flovi Là MimfiTMic amuioi.

quesfîons qui lui étaient soumises. Mais au reste Ronald Heber redoutait presque autant que le rajah con* verti le contact des Européens pour les indigènes. A. propos des RaJpootS il écrivait ces propres paroles : « Les échantillons de notre nation qu'ils ont vi» jus* qu'à présent » à tout prendre, nous étaient ÊiTorables. Aucun régiment du roi n'a encore été envoyé id y et fort peu d'Européens, excepté des oflQders. Aussi n'ont'ils encore vu qu'un petit nombre de ces eiem* pies d'ivrognerie et de violence qui ont amené les Indigènes de nos provinces à craindre et à mépriser les Européens (1). »

D'autres hommes d'état, publidstes, fonctionnaires, émettent des craintes wmblables à celles de l'évoque et du nouveau converti. L'un d'eux résumait ainsi devant la chambre des lords son avis sur la question de la colo« nisation : « Je pense que la focultéds résidence illimitée dans rinde laissée aux Européens ne saurait manquer de produire beaucoup plus de mal que de bien (2). « Un autre, versé dans la connaissance de llnde, redou« tait surtout polir les indigènes « les actes d'injustice et d'oppression des Européens y. A cette question : t De quelle façon la colonisation pourrait«elle être préjudi» cîable aux indigènes? i il répondait: « Par suite de cette tendant qu'ont les forts à opprimer les feibles , tendance que j'ai pii observa et que j'ai observée en effet partout où j'ai vu des Européens établis à une certaine distance de no6 établissements (3). «v |0r, ou tes Indous en appelleraient dans tous les cas à la ju^ice du

(l]Héber, t. l,p*7i.

. > (2) Ioierrogatoiro4el|rBiphiD<boiie derat le 4)onité de kichanbredef lords «n i$50,

(3) Baber, Enquête de la chambre de$ lords f 1830.

goilverttenient, et de là des contestatioiis, deô embar^ râs^ànsfin; ou bien ils se résigneraient à souiïrlr> mais àtdrs geninferaient en silence au fond des coeurs la haine et le mécontentement; ils éclateraient d'autant plusdatigei'eux, qu'ils se seraient dérobés plus longtemps 4 r<fiil des dominateurs.

L'agriculture ne parait donc présenter aucune res^ Source pour rétâblh^ment des Européens dans linde. En ce cas le commerce et Tindustrie ne pourraienMls y suppléer ? Mais c'est encore là une espéranôe à la- (|tielleies Moindres considérations d'économie politique forcent à renoncer.

La prospérité du commerce et de Findustrie se lie à la prospérité générale du pays; elle suppose un certain développement de la richesse agricole , qui n'existe nulle part dans l'Inde. Quels peuvent être les produite de l'industrie dans Un pays où la terre produit à peine de quoi empêcher ses habitants de mourir de fkim? Quelles denrées le commerce peut-il en exporter ou bien y porter? L'Inde ne produit rien qu'on puisse lui acheter, du moins à considérer les choses sous un point 4e vue un peu général; elle n'a pas d'argent pour ticheter ce que les spéculateurs viendraient lui offrir. Encore ne parlons^nous pas, voulant nous en tenir pour le moment à la généralité des feits, encore ne parlons^nous pas des entraves apportées par la jalousie de l'Angleterre au développement de ce eomtaierce et de cette industrie. Tofts deux peuvent bieta prospérer çà et là, sur quelques points isolés; ils flôrissent là où il s'agit de la production de certaines denrées exceptionnelles, ^mme l'indigo, l'dpiumi etc., mais rSén de lottteda ne saurait influer

176 L*iif9B foi» LA DOMiRAnoH Airoum.

d'une façon considérable sur la silualion du pays.

Des plans de oolonisation fondés sur d'autres bases auraient-ils plus de chances de succès, par exemple, par la propagation des Anglais dans Tlnde, ou bien par celle des races mixtes nées du commerce des Européens avec des femmes du pays ? Ce dernier moyen , lorsque les temps sont venus , présente sans doute de grands dangers, il a de graves inconvénients; il est pourtant la base la plus solide sur laquelle puisse porter une domination étrangère.

Mais les mœurs, le caractère, les préjugés des Anglais, s'opposent à ce qu'elle soit jamais large et solide. DifTérant en cela des Espagnols et des Portugais , qui avant eux ont manifesté au monde ces mêmes instincts de conquête et de colonisation , ils mélangent peu leur sang avec celui des populations conquises. Au Mexique et au Pérou , les lieux où la domination espagnole eut le plus d'analogie, quoique éloignée cependant , avec colle des Anglais dans l'Inde, les hommes de saiîg mélangé formèrent une classe nombreuse; plus-tard ils héritèrent de la civilisation des Espagnols de même qu'ils étaient nés de leur sang. Dans les colonies à sucre, un phénomène analogue a été remarqué. De toutes ces colonies, celles des Espagnols renfermaient la population mulâtre la plus .considérable et la mieux traitée; à défaut des lois, les usages, les mœurs, les habitudes, effaçaient presque toute différence entre les mulâtres et les Européens. 11 en a été autrementpartoutoù la race anglaise a dominé : le ipélangedusang ne s'est fait qu'en bien moindre quanitité ; en même temps le produiten a été repoussé par la population blanche avec une^sorte d'horrew inexplica-

tlV. VlII. — CIVILISATION ET OlRISTIANISMB. 17?

blé aux yeux de la raison ; elle ne saurait se comparer qu'à ces antipathies de races qui séparent entre elles certaines espèces d'animaux. Les Américains et les Anglais ont manifesté comme à Tenvi ces dispositions. Dans leurs colonies ils avaient toujours fort bien traité les nègres. Ils viennent de faire un sacrifice considérable pour leur affranchissement; ils ne les en ont pas moins toujours tenus comme en dehors de la société. Ils ont décrété un affranchissement que les Espagnols avaient effectué pour ainsi dire à leur insu.

Dans rinde, la population née du mélange des deux races est donc fort peu considérable ; à peine monte* t-elle à une vingtaine de mille dans les trois président* ces. De plus ce nombre est demeuré stationnaire depuis un grand nombre d'années, et il est à croire qu'il en sera de même à l'avenir, les circonstances qui ont amené cet état de choses demeurant les mêmes. Les Anglo-Indous ont-ils été élevés avec soin , ont-ils hérité de quelque fortune de leurs parents, ils épousent des Européennes (ce qui n'est, à vrai dire , qu'une fraction presque imperceptible dans le chiffre total) ; alors ils prennent rang parmi les Européens. Le plus souvent ils épousent des femmes du pays; ils se confondent dès lors plus facilement encore avec les indigènes (1). Dans le premier cas, leurs enfants, élevés avec soin, deviennent Européens. Quant aux femmes, la même chose arrive par rapport à elles : ou elles épousent des Anglais, et alors leurs enfants, en général élevés en Angleterre, se confondent avec la population européenne;

(i) Ce qui rend la première byjjfothèse , celle da mariage des Aoglo- Indoos avec les Earopéens excessiYemeot rare, c^est entre autres le petit nombre des femmes enropéénnes dans llnde. Elles sont dès lors fort ret^rcbées.

178 L'INDB SOm LA DOMINATIOll àXWLAMSE*

OU bien elles épouseat des indigènes, oe qui aboutit à les Tsâre disparaître au sein delà masse musulmane oa indoue. Les entrées et les sorties se balancent de teUe sorte 9 que les vides se creusent et se comblent alternar tivement. Il y a donc lieu die croire que le nombre des iodi vidas de sang mêlé, pour employer une expression créole, ne sera point considérablement altéré à Tavenir. Les préjugés, les opinions des Anglrûs,^ tendent d'ail^ leurs à le diminuer dejoor en jour plutôt qu'à l'augmenter; tantôt ils aident les enfants nés de ce mélange à sortir de leur classe pour venir se ranger parmi les Européens, tantôt ils les laissent se confondre, de ma^ niére à en perdre toule trace, au milieu de la popttl»* tion indigène*

Mais ne pourrait-on pas croire au moins que les An« glais , s'ils ne perpétuent pas leur sang en se mèiant , du moins soient en mesure de le perpétuer et de le multiplier dans l'Inde, tout en lui gardant sa pureté? Pourquoi ce petit nombre d'Anglais établis dans l'Inde ne serait-il pas comme une souche d'où sortiraient de nombreux rejetons, comme un germe destinée se développer? On sait avec quelle rapidité s'accroît la population dans tel ou tel cas donné. Mais il se passe dans l'Inde un &it singulier : le pur sang européen ne saurait s'y propager; les en&nts nés de père et mère européens périssent avant d'atteindre la maturité. Cette observation a été faite sur les enfents desokbts et d^ femmes de soldats inscrits sur les rôles des régiments ; elle s'est conslaniraent vérifiée. Un grand nombre d enfants se jouent à la suite des régiments européens, le gouvernement pour voit à leurs besoins avec une large sollicitude; pourtant on peut être certain que pas un n'atteindra l'âge d'homme sur cette terre où il €fst né,

LIY. Vm» — CITIU8ÀTI0N BT CHBISTU1II81IB, 179

que lui ont conquise la bravoure et Thabileté paternelle; s'il veut vivre, il doit fuir au plus vite; sous son berceau sa tombe s'entr'ouvre déjà. L'Inde semble avoir hâte de reprendre cette vie qu'elle lui a donnée, de dévorer ces étrangers qui croyaient en avoir fait leur proie. C'est une sombre, une terrible, une silencieuse protestation que la nature elle-même semble vouloir Élire contre la conquête ; à la lutte avec les hommes et les événements a succédé une lutte plus implacable, plus formidable, entre la vieille terre de l'Inde et ses dominateurs passagers (1) •

(I) Voir dans les notes une lettre du colonel Hopkinson.

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