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répugnance et de dégoût ; le moindre d'entre eux est là comme le serait une femme de la cour à un bal de la barrière, à une orgie de matelots.
On pourrait croire, à la vérité, qu'à part cette répiH gnance pour les manières européennes , les Indous n'en goûtent pas moins la domination anglaise; qulls en comprennent, en apprécient les avantages, la pré** fèrent à celle qu^elle a remplacée. Mais sur ce point encore le gouvernement anglais ne semble pas devoir conserver cette illusion. Certains faits au contraire paraissent éminemment propres à la détruire.
Les Goorkas ayant conquis une .portion des]territoi* res situés au pied de THymalaya, leur tyrannie fut telle, qu'une partie de la population indigène émigra ; un petit nombre de ceux qui prirent ce parti vint se tixer dans un district voisin des possessions anglaises ; le plus grand nombre £^lla s'établir chez les Seicks^ Le gouvernement goorka , aHermi dans sa conquêr«
I te« lit des démarches auprès de cette dernière clas-
se d'émigrés pour les engager à revenir dans leurs demeures; il y réussit jusqu'à un certain point. La guerre éclata plus tard entre les Anglais et le Népaul;, ce territoire se trouva au nombre des districts cédés à la fin de la guerre au gouvernement britanni-* que, et ce dernier se garda bien de mettre en doute le retour prochain, immédiat, des anciens émigrés dans leur patrie. Ce fut le contraire qui arriva : de nouveaux émigrants ne tardèrent pas à aller de jour en jour gros:
I sir le nombre de leurs compatriotes demeurés chez le^
Seicks. Ainsi, tantôt le gouvernement des Seicks , tantôt celui des Goorkas, fut préféré au gouvernement anglais. On connaît l'attaciiement desi Indous à leurs villages : or la génération qui avait abandonné
Sâ4 t'iNDB SO0S lA DOMINATION ANGUISB.
les siens vivait encore, une distance de 20 à 50 milles l'en séparait à peine , aucun obstacle ne s'opposait à son retour; elle préféra cependant les amertumes de Texil, sous un gouvernement également étranger, au parti de retourner vivre chez elle, mais sous la protection d'un gouvernement européen (1). Aucun fait ne pourrait exprimer une antipathie plus prononcée contre ce dernier genre de domination .
Cette aversion des indigènes pour le gouvernement étranger, la terreur que leur font éprouver les Euro* péens, éclatent parfois de la façon la plus bizarre, la plus naïve, par conséquent la plus significative. Réginald Heber interroge un homme de sa suite , sujet du roi d'Oude; il lui demande s'il voudrait voir cet état passer sous la domination britannique. « Dieu nous en i^réserve 1 » répond naïvement cet homme , oublieux en cette seule circonstance de la politesse qui caractérise les hommes de l'Orient (2). Ailleurs une petite fille de douze ans qui aperçoit ce même Reginald, toute tremblante à la vue de son costume européen , s'écrie : c Puissant seigneur, ne me faites point de mal; je ne suis qu'une pauvre petite fille qui va porter du riz à son père. » « Ce qu'elle s'attendait que je lui fisse, dit Heber, c'est ce que je ne saurais dire; ce que je sais bien, c'est que jusque alors je n'avais jamais été apostrophé en termes aussi convenables à un ogre (3). n La spirituelle bonhomie de Heber se retrouve dans ces dernières paroles, en même temps que sa finesse habituelle d'observation; c'est grâce à elle qu'il a consi-
(i)Shore,t.I,p. 158.
(2) Heber, t.
(3)/d.,t. n,p.4isd.