CHAPITRE VL
Des tentiflilives âm Indigènea pour secouer le Joog de FAngleterre.
La soumission apparente avec laquelle l'Inde supporte le joug de l'Angleterre peut sans doute paraître en contradiction avec ce qui précède. L'insurrection est la dernière raison des peuples opprimés, comme le canon celle des rois absolus. Mais ces protestations sanglantes et armées elles-mêmes n'ont pas manqué contre le pouvoir dominateur de l'Inde. ^
Le mouvement politique qui amena la conquête lais- 8$iit pendant sa durée peu de place aux protestations de cette espèce* Ce n'était pas elle , mais ses suites qui devaient froisser > blesser, les sentiments , les habitudes, les préjugés des indigènes. Aussi deux choses à noter : d'un côté cette conquête s'effectue avec une facilité inouïe; de rautre,à peine unemesuredu gouvernement
anglais s'attaque-t-elle à toutes ces choses, qu'une résià* tance terrible ne manque jamais de se manifester. C'est ce qu'on a vu tour à touràVelore, àBenarès, à Bareilly. Dans ces trois occasions Tinsurrection fut sans doute étouffée dès son origine; elle n'en révéla pas moins de menaçants symptômes pour un avenir plus ou moins éloigné. En dépit de l'absence dé résultats immédiats au moment où elles éclatèrent , ces toois révoltes n'en out pas moins été véritablement immenses dans ce qu'elles annoncent : elles nous ont montré l'abyme sous les fondements, en apparence si solides , de rétablissement anglais.
L'insurrection de Velore fut de toutes trois la plus redoutable. Elle éclata dans les rangs de l'armée , c'està-dire dans les rangs des soutiens naturels, des seuls soutiens du gouvernement de llnde.
Un général anglais nouvellement arrivé dans ce pays s'occupa de la rédaction de quelques nouveaux règlements militaires. De ce nombre il s'en trouva un où on lisait : « Les cipayes sont tenus de paraître à la parade le menton rasé, et la moustache de la lèvre supérieure coupée d'après le même modèle ; il leur est ordonné de ne jamais porter soit leurs boucles d'oreilles, soit les marques distinctives de leurs castes, quand ils sont en uniforme. Un turban d'un nouveau modèle sera de plus ordoimé pour les cipayes. »
L'auteur de ce règlement, le général Craddock, était fort ignorant des choses de l'Inde. Seulement , suivant un travers fort commun aux militaires de profession , il était par trop amoureux de la discipline et de l'uniformité européennes. Aussi n'avait-il attaché que ce genre d'importance à ces règlementSi Mais il se trompa cruellement. La défense faite aux Indous de porter les