‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 64 sur 101 · LIV. 1. — L*ANOLEnB»B ET LA RlfMll · texte numérisé non relu

LIV. 1. — L*ANOLEnB»B ET LA RlfMll

les frontières russes furent poussées jusqu'au Dniester; la mer Noire s'ouvrit à ses provinces polonaises (1). La Porte reconnut ses prétentions sur la Géoi^ie et les pays voisins (2). La guerre de 1806 , aussi beurense pour là Russie que la précédente, allait lui livrer, suivant toute probabilité , ce que la Turquie possédait au delà du Danube ; le traité de Tilsit la sauva. La guerre de 1 808 à 1 81 2 étendit les fron tières de la Russie] usqu'au Pruth, et lui valut quelques autres avantagés stipulés dans celui de Bucharest. Les délimitations réciproques des deux états laissaient des diiflcultés à résoudre; mais l'Europe , lasse de la guerre , était impatiente de la paix. La Russie, partageant ce sentiment général, consentit à &ire une balte dans la poursuite de ses agrandissements en Turquie. M^is ces difScultés, soulevées plus tard ^ au moment où l'insurrection grecque jetait «une grande impopularité sur la Porte, aboutirent enfin à une dernière guerre, la plus funeste de toutes celles que l'empire ottoman avait eu jusque alors à soutenir; elle se termina par le traité d'AndrinopIe.

Le pacba d^Egypte se trouva trop à l'étroit dans Tan*cien royaume de Ptolémée. Du milieu de l'Asie mineu* re une armée égyptienne menaça Gonstantinople ; le trône du sultan trembla sur sa base incessamment rétrécie. Le descendant d'Othman s'appuya sur le premier bras qui se présenta, et ce bras fut celui du czar. Nicolas n'avait4i pas à perdre plus que Mahmoud aux victoires d'Ibrahim? La flotte et l'armée russes , réunies avec une célérité presque merveilleuses, se trouvèrent bien-

(1) Progrès de la Rassie, p. 69.

* (2) id.f <&t«E. — La Pêne ne eonienttt pat dès lort, comme aoni le dirons phM tard 9 h Tabandon de la Géorgie.

L INDR tous LA DOMINATION ANGLAISE.

Côt et pour la première fois dans le Bosphore. Les injonctions de la France arrêtèrent subitement les pas de Tarmée égyptienne victorieuse à Nezib. De son côlé la Russie était trop assurée de l'avenir pour sentir le besoin de se hâter; elle recula devant Tébranlement que la chute d'une de ses parties ne pouvait manquer de donner au reste de Tédifice politique de l'Europe; elle se montra fidèle à des promesses d'accord avec ses intérêts. Les vaisseaux et les soldats russes se retirèrent ; mais les grenadiers russes emportèrent dans leurs gibernes le traité d'Unkiar-Skelessi; traité qui constituait une alliance offensive et défensive entre les deux états, fermait les Dardanelles aux vaisseaux de guerre de toutes les autres nations, faisait ainsi de la mer Noire un port y un refuge assuré pour les flottes russes en cas de revers dans la Méditerranée, d'où elles pouvaient ensuite déboucher de nouveau et à leur conve* nance.

La Russie dès lors conquit, au moins en ce qui touchait ses rapports politiques avec l'Europe, la plus grande partie des avantages que lui aurait assurés la possession même de Gonstantinople ; ou , pour mieux dire , lorsque les vaisseaux russes déployaient leur pavillon sous les murs du sérail, était-ce bien encore la capitale des sultans qu'ils se disposaient à défendre. Le poteau dressé par Catherine avec l'inscription frimeuse: « Chemin de Constantinople » , est sans doute abattu: à quoi pourrait-il servir? Est-il un soldat russe qui n'y puisse aller les yeux fermés? Les étapes n'en sont-elles pas toutes tracées dans les traités d'Andrinople etd'Unkiar-Skelessi ?

Les progrès de la Russie du côté de la Perse ne furent ni moins continus , ni moins considérables. La

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Géorgie, après avoir d'abord appartenu à la Perse, s'en était détachée quelques années avant l'usurpation de Nadir. A celte époque elle se donna à la Turquie. Plus tard elle revint à la Perse,, au moins nominalement. Un vally ou vice-roi qui recevait son investiture â Ispahan la gouvernait. Une garnison persane , occupait la citadelle de Tiflis. Abandonnés à eux-mé* mes par suite du désordre et de la faiblesse où tomba le gouvernement de la Perse, les vallys de Géorgie acceptèrent l'assistance ou le protectorat de la Russie. Un ukase de Catherine, à la suite d'événements, de transactions, étrangers à notre sujet, avait garanti là couronne de Géorgie à Héraclius et à ses successeurs. Mais c'étaitlà un ukase d'impératrice qu'un ul^sed'empereur pouvait fort bien annuler. Paul décréta la réunion de la Géorgie à l'empire russe. (Un vally ou gouverneur rebelle à la Perse avait commencé par y appeler les Russes. ) Alexandre , en montant sur le trône ensanglanté de son père, confirma cet ukase. La Perse, qui n'avait nullement consenti à la cession , prit les armes. La guerre fut conduite assez mollement par la Russie ; se voyant par anticipation menacée dans Moscou, elle ne pouvait guère songer à ses conquêtes du Caucase.

En ce moment la France vint rendre à la Perse une importance politique à laquelle celle - ci ne songeait guère, et qui devait s'accroître plus tard. Elle lui offrît son alliance, ce qui la faisait entrer dans le système * politique de l'Europe. Elle lui offrait encore son secours pour la continuation de la guerre contre la Russie. Nous dirons plus tard comment l'Angleterre, survenant, ^proposa au contraire ses bons ofBces pour la conclusion de la paix, et se lit écouter. Quoi qu'il en soit, un

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traité fut alors conclu à tioulistaii , sous la médiation anglaise. La Perse at»andonna toutes les acquisitions faites par la Russie au midi du Caucase ; elle renonça à entretenir aucune force navale sur la Caspienne ; elle mit la Russie en possession de la Géorgie , de riremétrie, de la Mingrélie, de Bakou, duDaghistan, du Shirvan, de Shaki, de Gangie, deKarabaugh, d'une partie du Mogan , et de Talisbe. Une politique habile , sachant tour à tour employer la force et la ruse, les armes et la diplomatie, rendait ainsi à la Rus^e, au bout d'un siècle, les conquêtes ou Téquivalent des conquêtes feites jadis tout d'un coup par Piarre le Grand , mais aussi à l'aide d'une sorte de surprise.

Le traité de Goulistan , aussi bien que les anciens traités, avait laissé beaucoup de vague dans la délimitation des frontières de la Perse et de la Russie. Plusieurs commissions mi-parties russes et persanes s'assemblèrent pour les régler. Les Russes, enorgueillis par leurs succès> les Persans, aigris par la défaite, étaient dans les plus mauvaises dispositions pour s'entendre. Rien n'était encore terminée la mort d'Alexandre. Les événements sanglants qui marquèrent l'avènement du nouveau souverain furent accueillis avec joie par la Perse; elle crut à un soulèvement général des tribus du Caucase, alors fatiguées de la domination russe, comme elles l'avaient été jadis de la sienne. Elles implorèrent, dit-on, le secours du shah, comme d'un des protecteurs naturels de l'islamisme. La cour de Perse se flatta d'avoir trouvé une occasion fevorable de revenir sur les concessions jadis faites par elle à son ennemie. En ce moment le prince Menzikoff arrivait à Téhéran chargé de notiiier au shah , l'avènement de Nicolas à la couronne. La Perse réclama avec insistance l'évacuation

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par led Russes d'un territoire demeuré en teiir possession. Le prince n'avait aucun pouvoir pour traiter. La guerre s'ensuivit. Les troupes persanes , dans leurs reneontres avec les Russes , montrèrent souvent du courage et de Fénergie. La Russie^ grâce à la supério^ rite toute-puissante de la discipline européenne, ne s'en trouva pas moins , au bout de fort peu de temps , en mesure de dicter les conditions de la paix.

Un traité fut négocié à Turkmantschaï (février 1828). Le vainqueur demandait pour frontière le cours de l'Araxe; il exigeait la cession des principales villes ou forteresses qui se trouvent dansle voisinage de fleuve , €nfin le remboursement des frais de la guerre (1), Les conférences diplomatiques portèrent sur cette base; mais à la fin des conférences les condHions d'abord mises en avant par la Russie se trouvèrent quelque peu modifiées^ et> comme de raison, à l'avantage du plus fort* La Russie se trouvait nantie des districts de Tâlisb et de Mogan , ^tuéssur la rive droite de TAraxe, sur te bord de la Caspienne , au delà de ce fleuve par rapport au territoire russe; de telle sorte que la Russie, couverte par le fleuve sur son propre territoire , avait en même temps le pied sur le territoire persan , m trouvant de la sorte également en mesure pour l'of^ fensive et la défensive (2), La Perse , comme dans les traités précédents, s'engageait en outre à n'entrelmir aucune force navale sur la Caspienne.

Mais si le drapeau russe à cette époqud s'arrêta sur les bords de l'Araxe, l'influence la Russie devait franchir ces limites. Le souverain de ta Perse , comme celui

(1) Progrès de la flussie , p. 144-5.

99% 1*IN0B 80178 LA DOMUIAnON AlfGLÀISK.

de Gonstantinople , ne doit qu'à la prudente lenteur de son adversaire, nullement à sa propre force , de demeurer sur le trône. La Russie veut bien condescendre iTy tolérer; mais c'est T Angleterre, non la Perse qu*elle croit prudent de ménager quelque temps encore

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