‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 66 sur 101 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la politlqae saif ie par PAngleterre en Orient poar lotter contre l^inflaence (oqjonra croissante de la Rouie.

Dans cette grande partie où doit se décider un jour Favenir de l'Asie nous venons de voir le jeu de la Russie, s'il est permis de s'exprimer de la sorte. Le moment est venu de jeter aussi un coup d'œil sur celui de l'Angleterre. Examinons par quelle suite de mesures politiques, de décisions tantôt habiles, tantôt hardies, elle s'est efforcé de lutter contre ces agrandissements qui rapprochent incessamment d'elle la Russie, contre rinfluence toujours croissante de la politique russe.

Pendant long-temps l'Angleterre et la Perse eurent réciproquement besoin Tune de l'autre. Mais ce fut l'Angleterre qui, menacée par Zemaoun-Shah,à la tête d'une armée afghane , réclama la première Fappui et la bienveillance de la Perse. Les communications furent entamées sur ce sujet entre les deux puissances, de 1399 à 1800. L'Afghanistan n'a jamais cessé, en effet, d'être une menace perpétuelle pour l'Inde. « Depuis l'antiquité la plus reculée, nous dit Abdul-Fazil , Kaboul et Kandahar ont été considérées comme les portes de l'Indostan : F une y donnant entrée du Turan, l'autre de l'Iran ; et si ces places sont convenablement gardées, le vaste empire de Tlndostan est à l'abri des invasions de l'étranger (1). » Le seul remède à cette situation pour les gouvernements de l'Inde, <[uand ces

(I) Ayen-Ackboug, t. H, p. 165.

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postes sont au pouvoir d'une main ennemie , c'est une alliance intime avec la Perse; une armée persane qui eflectue une invasion dans l'Indostan ou seulementl'en menace contraint les possesseurs de cette contrée, quels qu'ils soient> à se défendre chez eux, au lieu d'aller attaquer les autres. Nous avons dit comment ce fut précisément ce qui se passa en 1800. Zemaoun-Shah , d'intelligence avec Tîppoo, avec les états mahrattes , et , à ce que Ton craignait , avec les chef français au service du Nizam , semblait menacer l'Inde d'une invasion. Lord Wellesley, alors gouverneur général, s'empressa de négocier une alliance avec la Perse. Le capitaine Malcolm se rendit à la cour de Téhéran. L'objet de sa mission se trouve clairement exprimé par lord Wellesley lui-même. « Le but de votre mission, disait-il, est d'empêcher Zemaoun-Shah d'attaquer l'Indostan ; dans le cas où il l'attaquerait cependant ^ de le contraindre j en lui donnant des inquiétudes sur ses propres états , à abandonner cette expédition (1). » S'il arrivait que ce dernier franchit l'Indus, il s'agissait de persuader au roi de Perse « d'adopter telles mesures qui seraient jugées çonvenablesr dans le but de contraindre Zemaoun-Shah à retourner immédiatement à la défense de ses propres états (2). » Le gouvernement indou-brîtannique, comme prix de ce service , s'engageait à solder au shah « soit une pension annuelle pendant la durée du traité, soit un subside ou une indemnité de guerre (3). » Il s'engageait en outre solennellement à n'élever aucune prétention à une portion quelconque

(i) Wellesley, t. T, p, 85.

(î) /d., ihid., p. 87.

(5] Id., ihid., p. 85.

SlO l'iNDB 0OOS LA DoHtNATIOfC ÂNGLAlâfi.

des territoires qui pourraient être acquis par le Shab aux dépens desÂfghans, dans l'éventu^î té d'une guerre entre ces derniers et la Perse (t). » La durée du traité était limitée à trois ans ; espace de temps qui semblait suffisant à lord Wellesley pour se mettre eo mesure de n*avoir rien à craindre des Afghans.

La mission du capitaine, depuis sir John Malcolm^ eut tout le succès qu'en pouvait attendre lord Wellesley. « L'envoyé anglais non seulement réussit à persua-* der au shah d'attaquer de nouveau le Korassan^ ce qui eut pour effet de contraindre Zemaoun-Shah à abandonner ses desseins sur l'Inde, mais encore il détermina jce prinœ à conclure avec le gouvernement anglais un traité de commerce excluant complètement les Fr^Oçais de la Perse (2). »

!2emaoun-Shah trouva bientôt en effets grâce aux soins du gouvernement anglais ^ assez d'occupation chez lui pour se trouver contraint d'abandonner ses projets sur l'Inde. Mahomet et Soudjah, ses Frères, trouvèrent dans leurs prétentions des appuis actifs et puissants du côté de la Perse. Une tribu nombreuse (celle des Baracksâîs)^ qui l'avait porté au trône, prit les armes contre lui. Une conspiration fut découverte; six des principaux conja^rés furent mis à mort. Un Instant de tranquillité suc* »eéda à ces agitations; puis bientôt des guerres naquirent sans fin les unes des auti:es. L'unité monarchie que, qui s'était reconstituée plus fortement que jamais dans les mains vigoureuses de Zemaoun, fut de nou<veau brisée. L'empire indou^britannique pendant longtemps n'eut rien à redouter de ce côté. Le désordre, la

(1) Wellesley, t. V, p. 85.

(2}Malcolm,t. I,p.S72.

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guerre, Tanarchie sanglante, veillaient pour lui à ces portes redoutables de Flndostan, pour employer encore l'expression d'AbduI-Fazil.

En ce moment rinfluence anglaise dominait toute* puissante à la cour de Perse. Elle régna seule exclusivement pendant plusieurs années. Mais, tranquille du cùtéde rAfghanistan, qui la lui avait d'abord fait rechercher avec tant d'empressement, peut-être cessa-telle de la cultiver avec le même soin. La Russie continuant à là presser avec une supériorité toujours plus menaçante, fie shah, refroidi sur l'alliance anglaise^ ébloui peut-être de la gloire de Napoléon, voulut s'en rapprocher (1). Un envoyé persan accompagnait Napoléon à Tilsitt. Napoléon n'avait jamais cessé de se préoccuper de l'Orient; il profita avec empressement de cette occasion qui venait s'offrir. Une ambassade en Perse, d'abord destinée , assure-l-on, à Lucien, fut en définitive confiée au général Gardanne. Une mission persane montée sur un pied brillant, chargée de présents précieux, était en môme temps dirigée sur Paris. Le monde ne vit jamais de présents mieux assortis à celui Jqui devait les recevoir. Le shah faisait mettre aux pieds de l'homme des Pyramides, d' Arcole et d'Austerlitz, qui fut plus tard celui delà Moskova et de Waterloo, deux sabres : l'un ayant appartenu à Timour^ l'autre à Nadir.

L'Angleterre sentit se réveiller tout son intérêt pour It Perse du moment où les Français y mirent le pied. Le gouvernement général de l'Inde se hâta d'envoyer de son côté un plénipotentiaire à la cour de Téhéran, C'était ce même sir John Malcolm déjà chargé d'xme

(0 Progrès de la Russie, p. 84.

su L*t1fDB SOOS LÀ DOMtlfÀTtOlf AMtklêté

mission semblable peu d'années auparavant. Cette foid rissue en fut ditTérente. Sir John , arrêté par des diffl-* cultes de toute sorte sur les frontières, lîe put parvenir à Téhéran. Il refusa de traiter avec un sujet du shah, pendant que l'envoyé d'une autre puissance était à la cour. Il prit le parti de retourner dans Flnde. Sir Hartfort Jones, venu peu après au nom du roi d'Angleterre, fut plus heureux. Sir Hartfort jouissait alors d'une grande influence en Perse, grâce à un voyage faitprécédémmentdanslesintérêtsdu commerce. L'ambassadeur français se voyait au contraire de jour en jour plus impuissant à remplir les promesses d'abord faites par lui, mais dont la réalisation était devenue impossible par suite de la situation de la France. Le moment vint ou il dut se retirer. L'influence de la Grande-^Bretagne redevint encore une fois dominante à la cour de Perse. tJn ambassadeur persan fut envoyé à Londres, et une alliance intime fut conclue entre les deux puissances. Sir George Ouseley vint remplacer sir Hartfort Jones en 1811. Des officiers anglais succédèrent à un certain nombre d'officiers français auxquels le shah avait conHé le soin de discipliner ses troupes à l'européenne.

La Russie se trouvait en ce moment même en guerre avec la Perse; mais c'était aussi le moment de sa grande lutte avec Napoléon : elle ne pouvait employer qu'une bien petite partie de ses forces en Orient. L'Angleterre entremit ses bons offices pour amener la paix entre les deux puissances. Son propre intérêt la poussait à agir en ce sens par deux motifs : d'abord en tant que puissance européenne, en ce moment alliée intimement avec la Russie; d'un autre côté comme puissance dominatrice dans l'Inde, et trouvant dans ces allianceS; comme en 1800, de nouveaux motifs de sécu-

tfV. 1. — t*ÀN6LÉT£ttRfi fit lÀ fittSSffi. 813

rîté. Elle s'y employa avec toute Factivîté de l'intérêt personnel. Le trailê de Goulistan fut conclu par ses soins à la fin de 1814. Mais ce traité, comme déjà nous^ l'avons dit, laissait indécises certainesquestions de frontières dont la décision fut de nouveau remise aux ar* mes, pour être définitivement tranchée dans le traité de Turkmanshaï (en 1828) (1), traité qui étendit l'influence russe jusqu'à Téhéran, où elle vint remplacer l'influence anglaise. Des événements prenant leur source dans le même traité de Goulistan, conclu quatorze ans auparavant, sous l'influence dominante de l'Angleterre, en amenaient alors le renversement. L'Angleterre perdit en même temps toute sécurité du côté de l'Afghanistan. L'alliance de la Perse l'avaient rassurée à cet égard depuis bientôt trente ans. La perte de cette alliance la laissait de nouveau à découvert. Bien plus, elle pouvait, le cas échéant, n'avoir plus seulementà redouter l'Afghanistan par lui-même, mais aussi l'influence perse sur l'Afghanistan, influence nécessairement exploitée par la Russie. La Russie ne touchait pas seulement à Téhéran, dont l'Angleterre l'avait te* tiue si longtemps éloignée, mais à Kaboul et Kandahar. L'Angleterre dut s'occuper dès ce moment, avec une inquiétude plus jalouse que jamais, de l'Afghanistan. Zemaoun-Shah , qui un instant avait §i vivement alar* mé lord Wellesley, trahi par l'un des siens, fut livré à Mahmoud. Ce dernier lui fit arracher les yeux. En 1803 Mahmoud fut à son tour détrôné par Soudjah, qui, pendant les six années qui suivirent, se maintint avec peine, au milieu du désordre et de l'anarchie, sur un trône chancelant. Ce fut l'époque de la fameuse mis-

(1} Progrès de la Rassîe^ p. 144.

8iA L*INI>X SOCg LÀ DOMINÀnOV ANGLÀlSS.

sion d'Elphinstone à Caboul. L'année suivante (1810) une nouvelle révolution rendit la couronne à Mahmoud. Il conserva le pouvoir^ ou du moins les apparences du pouvoir, qui dans la réalité était exercé par le visir, jusqu'en 1818 (1). Pendant ce temps Shah- Soudtjah fit plusieurs tentatives pour recouvrer le sceptre, mais sans succès. C'est à Lahore qu'il avait cherché un asyle; il le paya chèrement. Runjet-Singh, dans le but de s'approprier les trésors du fugitif, entre autres ce diamant fameux dans tout l'Orient sous le nom du Mont de lumière, lui fit souflrir les plus atroces tourments de la £aim et de la soif. S'éd»appant de l'étroite prison où le retenait le Mahahrajab, il fit une nouvelle tentative sur l'Afghanistan; il échoua, et vint alors chercher définitivement un asyle sur le territoire anglais à Loudianah (1816). Il reçut une pension du gouvernement britannique (2). Sous la main vigoureuse du visir (Futtah-Khan), la monarchie afghane n'avait cessé de tendre à se reconstituer ; mais ce dernier fut assassiné par ordre de Shah-Kamran, fils du souverain nominal. La tribu puissante des Baracksaïs, à laquelle il appartenait, se révolta. La monarchie se déchira de nouveau; ses diverses provinces passèrent sous la domination des différents chefs baracksaïs; puis un moment vint où ceux-ci, fatigués d'une guerre sans résultats, finirent par vouloir s'entendre sur le partage.

La monarchie afghane fut subdivisée en quatreétals: Kaboul, Kandahar, Peschawer et Hérat. Les trois premiers obéissaient à différents membres d'une famille appartenant à la tribu des Baracksaïs. Le qua*

(1) Fattah-KhaD.

(2) 50 mille roupies*

tlV. 1. -^ t'ANaLflTfiailË £T LA EtSSIIE. 315

triéme^ Hérat, était demeuré dans les mains des succès^ seurs de Mahmoud-^Shah-Kamran, seule partie de territoire qui fût restée en la possession de la tribu des Dou« ranniens. Les émirs du Scindh, jadis vassaux de la monarchie afghane, au temps de la domination desDourannienS) avaient secoué le joug. Divers traités étaient intervenus entre eux et le gouvernement de llnde britannique. La provinoe de Balk était tombée au pouvoir de Bockara; les provinces de Moultan, de Cachemire, de Peschawer, obéissaient à Runjet-Singb. Pour ajouter à la confusion, la principauté d'Hérat^ en dépit de rindépendance réelle dont elle jouissait depuis longtemps, en raison de ses antécédents historiques , qui la liaient au Khorassan, était censée sous la suzeraineté de la Perse.

Or tous ces événements étaient le résultat des mesures jadis prises par la Perse, à l'instigation de l'Angleterre, contre TAfghanistan. On voit qu'ils ne laissaient pas grand'chose à délirer à celle-ci en Êiit de sécurité. II devait se passer bien du temps avant que l'Afghanistan devint encore une fois redoutable à Tlnde britannique^ comme au temps de Zemaoun. Néanmoins Dost-Mahomet,celui des chefs baracksaisqui régnait à Kaboul, montra de rintelligence, du talent, de Ténergie. 11 n'aurait pas été impossible qu'il fût parvenu, à l'aide du temps, à reconstituer à son protit l'ancienne monarchie afghane. Les événements ne lui en laissèrent pas le loisir.

La principauté d'Hérat, nous venons de le dire, tenait à la couronne de Perse par un lien de vassalité féod^e, lien fort relâché sans doute , mais toujours subsistant. D'ailleurs Shah-Kamran , alors régnant, avait donné à la Perse différents sujets de plainte. Il ravageait avec impunité la province de Khorassan ; conduite qui sans

SI 6 L*INDB BOUS lÀ DOmKÀTXON ÀNGlAtSK.

doute, abstraction faite des liens particuliers qui rattachaient la principauté d'Hérat à la Perse, eût déjà suffi pour amener et justiRer la guerre. Ce cas, quel élait-il? Celui où deux souverains indépendants, ayant ou croyant avoir à se plaindre Tun de Tautre, en appellent aux armes. L'envoyé anglais à la cour de Perse, au sujet des veilléités guerrières du shah, écrivait : « J'ai eu aujourd'hui une audience du shah. Sa Majesté m'a fait observer que, comme roi et comme musulman, les plus fortes raisons lui faisaient un devoir de marcher sur le Khorassan ; que Kamran avec ses Afghans avait enlevé douze mille sujets persans pour les vendre comme esclaves, etc. » — « Le shah, ajoutait un peu plus loin l'envoyé anglais, est par conséquent en droit d'exiger satisfaction par la force des armes. » Un autre envoyé anglais, successeur de celui-ci , écrivait encore : « Mettant de côté les prétentions de la Perse à la souveraineté de Héral , et considérant la question comme subsistant entre deux souverainetés indépendantes, je suis porté à croire que l'on trouverait que c'est le gouvernement de Hérat qui a été l'agresseur, f Ailleurs : ff Dans ces circonstances, il ne saurait exister de doute quant à la justice de la guerre que le shah veut entreprendre; et, bien que la prise de Hérat fût sans aucun doute un grand malheur pour nous, nous ne devons pas nous étonner que le shah , sans égard pour nos remontrances, etc. (1). »

Ici encore admirons un de ces retours singuliers de la fortune. L'intervention de la Perse et l'anarchie de l'Afghanistan avaient eu jadis pour cause principale la

(I) Papiers relatifs aax affaires de Perse mis devant le Parlement — PoiHm.

LIT. X. — l'aMGLETERBE ET LA RUSSIE. S17

politique anglaise; et voilà que maintenant Fun et l'autre tournaient également contre cette politique!

L'ambassadeur anglais s'interposa vainement en effet entre la cour de Perse et le khan de Hérat. Kamran, secouant toute dépendance, même nominale , à l'égard de la Perse , prit le titre de shah. L'armée persane alla mettre le siège devant Hérat. Un officier anglais qui se trouvait alors dans le Kaboul , chargé d'une mission d'observation par le gouverneur général, se jeta dans la place; il en dirigea la défense pendant toute la durée du siège. L'ambassadeur de Russie et celui d'Angleterre accompagnèrent le shah à l'armée ^ le second ne cessant d'offrir ses bons offices pourj^la conclusion de la paix. L'Angleterre continuait en effet de s'opposer par tous les moyens possibles à la poursuite des projets du shah. En ce moment même un agent russe ( Vicowich ) avait été reçu à merveille par le prince de Kaboul, ce qui achevait d'effrayer l'Angleterre sur les périls de sa situation. La question même de l'Afghanistan , hous voulons dire la question de savoir à quelle influence, russe ou anglaise, l'Afghanistan obéirait dans l'avenir, était ainsi nettement posée devant Hérat. Bien plus, l'Angleterre et la Russie s'y trouvaient déjà en face l'une de l'autre, et les armes à la main , au moins par représentants. Un officier anglais dirigeait la défense de la place , des déserteurs russes servaient en partie Tartillerie des assiégeants. L'envoyé russe aidait l'attaque de ses conseils; l'envoyé anglais avait des intelligences avec les assiégés. Ce dernier, qui peu à peu avait 6ni par perdre le caractère de représentant d'une puissance neutre , vit ses rapports s'envenimer avec la cour de Perse, 11 prit le parti de se retirer, et se

318 t*INDB SOUS LA DOMINATION ANGLAISE.

mit en route pour la Turquie. Mais alors une expédition anglaise, faisant une diversion hardie en Taveur de Kamran^ vint mettre les choses sur un tout autre pied. Un corps expéditionnaire anglais débarqua dans rîle de Kharach, dans le golfe Persique, et s'en empara. Le shah , qui venait d'échouer dans un assaut au corps déplace, alarmé d'ailleurs par le débarquement des Aurais, se décida à lever le siège et à regagner la Perse. Jadis le gouvernemen: anglais s'était procuré de la sécurité du côté de l'Afghanistan en le faisant attaquer parla Perse; aujourd'hui il recherchait encore cette même sécurité en attaquant cette dernière puissance. Le but était le même , les moyens divers.

Dès ce moment l'Angleterre prit le parti d'agir; dès lors aussi elle le fit avec vigueur et énergie. C'est le propre du génie anglais d'apporter beaucoup de lenteur dans la délibération , une impétuosité ardente et passionnée, sans retour sur elle-même, dans l'exécution. On en vit de nouvelles preuves dans cette circonstance. Une armée considérable fut promptement rassemblée dans le but avoué d'une intervention dans l'Afghanistan. Dans une proclamation qui précédait son entrée en campagne, le gouverneur général disait: «Dans l'état critique des afiaires depuis le d^art de notre envoyé à Kaboul , le gouverneur général a senti de quelle importance il était de prendre des mesures immédiates pour arrêter les progrès rapides de l'influence étrangère, et de l'agression qui menace notre propre territoire (1). » Puis , à propos du siège de Hérat : « Les assiégés se sont conduits avec une bravoure et une énergie

(1) Revae des Deui-Mondes. 18iO. Dabois de Jancigoy.

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