T. II
iVi L JADE SUUS LA DU)ii:<ATIO?( AMtil.AISK*
encore aiijourdliui ce qu'elles étaioiil du leiiip^deXercès. Les troupes qui Tont la guerre en A«ie, en raison même de rorganisalion sociale du pays, sont dans l'obligation d'amener avec elles tout ce dentelles peuvent avoir besoin^ Nous avons parlé de ces longues lilès de charrettes, de mulets, de chevaux» qui suivent Tarmée anglaise. II. faudrait multiplier toutcela pour ainsi dire à l'inQni pour arriver à se faire une idée de tout ce qui encombre la iliarche d*une armée indou- britannique. Nous avons parlé aussi de ce grand nombre de femmes, d'enfants, qui les accompagnent. Mais ici ce sont véritablement et sans exagération des populalions entières <|ui suivent Tarmée. Les colonels, les capitaines, les simples lieutenants, ont droit à. un certain nombre de domestiques. La cavalerie en réclame à elle seule au moins autant que de combattants; le cavalier ne saurait couper Therbeque doit manger son cheval, etc., etc.
Mais ce n'est pas tout : à côté du camp s'élève , sous le nom de bazar, ime véritable ville. Le bazar est un immense marché où se. trouve tout ce que les soldats peuvent avoir besoin de se procurer.
Enfin l'armée indou-britanniquo se divise , comme l'armée anglaise, en deux classes également séparées par un abyme infranchissable : d'un côté les ofli* ciers européens; de l'autre les officiers , sous-ofliciers et soldats indigènes. Mais ici ce ne sont pas seulement les distinctions sociales qui creusent, élargissent cet abyme; ce sont encore les différences de nationalité. Les deux classes composant cette armée appartiennent à des religions, à des civilisations, à des races didérentes; sont plus séparées, par les usages, les habitu* des, les mœurs, que par les espaces de l'Océan que la
IJV. YTI. — l?(STITïrnoMS MILITAIUES. 35
nature avait placés outre elles. Sous ce rapport, comme sous plusieurs autres , l'armée indou-brîtannique reproduit, en les exagérant, les trails principaux de l'armée anglaise. Convertissez à Tislamismejetau brahminisme les sous-oflicîers et soldats de Tarraée anglaise, et vous aurez l'armée indou-britannique; convertissez au christianisme les officiers, sous-officiers et soldats de Tarméo indigène , vous aui?ez Tarmée britannique. Toutes les deux, au point de vue de simple organisation militaire, sont donc parfaitement identiques sous ce rapport essentiel, qu'elles sont séparées en deux classes absolument distinctes: seulement, dans un cas ces* deux classes appartiennent à une môme nationalité ; dans l'autre, à des nationalités différentes. Mais toujours est-il que c'est l'idée vraiment anglaise de la séparation absolue de ces deux classes qui a été transportée dans l'Inde; elle a servi de base à l'organisation actuelle de l'armée indou-britannique. Elle ne pouvait manquerd'y acquérir plus d'importance réelle que dans l'armée qui lui a servi de modèle.
L'expression d'ofikaer indigène , dont'nous nous sommes servi souvent, paraîtra sans doute, au premier coup d- œil, contradictoire à ces dernières assertions. Nousdevotis donc expliquer avec quelques détails ce que c'est qu'un officier indigène, quelle est sa position , en quoi consistent ses fonctions militaires.
A vrai dire, c'est dans la singularité môme di^cetle situation que se trouve le trait caractéristique de l'organisation de l'armée indou-britannique.
r)G L >M>f- !i<>l<S LÀ bOMlMlTKIN ANai.«l!tK.