‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 74 sur 101 · CHAPITRE le · texte numérisé non relu

CHAPITRE le

DDromeBt toute réforme législative doit s'attaquer aui grands faits qui constituent Tét^àt sœid et polit^ué ée l^nde.

Jeân^Jacqiies a dit : « Le preniier qtii, entourant un chdRip d^une baie cil d'un fossé, a dît : Ceci est à moi, celuMà flit te irrai fondateur de la société bu* tnaine. »

La propriété est en effet demetirée la base de nos sociétés; le cours des siècles ne Ta pas encore déplacée > ne la déplacera peut-être jamais. Mais s*il en est ain^ si, si l'établissement de la propriété n'est autre que celui de nos sociétés elles-mêmes^ il en résulte que les différentes Êtçons dont elle fut cohstituée dans la suite des temps n'ont pu manquer de former le trait le plus saillant de ta constitution^ de l'organisation de ces sociétés^ Ei^aminons^ par eicemple, avec quelque attention la situation sociale de t'Inde, comparons-l;} avec celle de quelque autre pays^ nous voyons^dd premier coup d'œil que ce qui Ten distingue , c'eslprécisé-^ meut la constitution de la propriété. Tandis qiie par-^ tout ailleurs le sol se trouve morcelé en une mifUitude de porriêns, réparties entre uïie multitude de proprié'» taireS) dans l'Inde il appartient au gouvernement tout entier/ de droit et de Mt. t)'autî<es souverains s'étaient bien en effet attribué ce droiC die propriété éxdii^

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sive du sol. Nous avons cité à ce propos la France et F Angleterre. Mais dans Tlndete droit a été assez puis-^ sant pour se convertir en fait^

De là il est résulté que le gouvernement s'est trouvé vis^à-vis de la population de Tlnde dans une situation diflerente de celle où aucun autre s'est jamais \m. Il a été pour elle ce qu'est un propriétaire pour des fermiers auxquels il afferme sa terre, dont tous les rapports avec ceux-ci se bornent à leur louer le plus cher possible, puisqtti fait recouvrer le prix du bail par des agents à lui, sans se mettre en peine du bien-être et de la silualion du tenancier. U n'a d'aqCrefiouci que de faire prélever tout le prix du fermage, il ne se préoccupe nullementde savoir si une partie de ce prix, laissée dans les mains du cultivateur, ne pourrait pas prospérer de manière à produire des avantages plus ou moins prochains, plus ou moins considérables, d'abord à ce dernier, plus tard à la société elle-même.

De là trois faits principaux, ou» si l'on aime mieux, trois laces diverses de ce grand fait fondamental de la concentration de la propriété dans les mains du gou»vernement , à savoir :

Quelapr(>{>riétéparticulièren'existepas dans l'Inde^

Que le gouvernement s'y résout tout entier dans la collection de l'impôt ;

Que la presque^tetalité des impôts s^y résume dans l'impôt territorial j

Trois faits essentiels, trois faits d'une immense por* tée> qui constituent, dominent la situation sociale, ad* ministrative et financière , de l'empire indou-'britanniqne.

Cette situation nous l'arons décrite sans ameriume et sans exagération , en nous efforçant de demeurer

i KIT. H». «^ AÉrOfttttS 90GÛLBS BT POLITK^BS. $^57

^ dans les limites de^ la plus complète impartialité. EHe^

nous a démontré l'impossibilité, pour le goaTerâe^^ ' me»t de venir au secours de la populâtioiè dSs Fliide ,

^ à moins que les circonstances où il se trouve ne fussent

grayemeitt modiiiées, à moins qu'il ne réussit au préa-* * table à créer dans FInde un état social, administratif

' et linaticier, q^ui différât sous tous les rapports de

t eelot qui existe aujourd'hui.

f Toute tentative de réforme et d'amélioration politi-?

que dans rinde ae saurait avoir d'efficacité qu'à la ponditio»

De créer, d'établir sur ime large base la propriété partiticulière ;

De substituer un autre système de gouvernement au gouvernement aujourd'hui existant et fondé sur la colr» lectionderimpôt;

De transformer une certaine portion , mais nécessairement considérable , de l'impôt territorial , en impôt indirect ou de consommation .

Mais si ce sont là les seuls remèdes efficaces aux mi^ sères^ aux soufl'rances de la population de l'Inde, lé gouvernement a-t41 le pouvoir d'en faire l'application? A cette qifôstion qui ne manque pas de se présenter, BOUS ne craindrons point de répondre par rafïirmative. Le gouvernement, selon nous, ace pouvoir, au moins jusqu'à ua certain degré, dans certakies liïnites. L'im^ portance même du rôte de la propriété dans la constitution de L'ordre social nous en paraît la preuve : car, par cela même que le gpuvet*nement de l'Inde possède le sol , il possède aussi une puissance immense; toutes les forces vitales dupays sont pour ainsi dire dans sa main. 11 peut laisser à celles-ci pleine liberté d'action pj peut amoindrir, annuler celle-là. Il est vis-à-vis l'Inde ce

SS8 M.*wmm sous i*â ômhnaum iHCtLAioL

qifest la Pirovidelice vi$ à-^visle reste du moade. €etimpAt qui absorbe la totsdilé du revenu est ua levier q^û petit soidever le monde politique. Certains cbaagettentsdans le système de collection de Titopôt avaient para suffisants pour créer line aristocrate dans la présidence^Q Bengale; ils créèrent de fait à Madras tine démocratie propriétaire. Qu'on juge par là de Tefllcacité d'un semblable instrument dans les mains d'iin pouvoir qui en Comprend toute Ténergie, en mâne tenps qu'il est fermement fîésotu à l'employer au bien du peuple dont les destinées lui ont été remises par la Provjdfince. Chose étrahge! le remède peut naître de l'immensité même du mal.

Noos, tenterons dans un moment de tious rendre compte da parti qu'il nous semble possible ans Aoglais de tirer de cette situation ; nous dirons odul qu'il nous semble désirable qu'ils veuillent en tirer.

Mais 9 avant tout, iious commençons par in^ter quelques moments encore i^r les trots faits pdlitiques et sociaux qui vtenneht d'être signalés; considérons^les î^lément l'un a|>rès l'autre.

UT. *EI. ^ HfirCMniSS SOCIAltS BT rOl'ITfOUBS. S59

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