‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 83 sur 101 · LIV. XI. — AéfORlIES SOCULBS ET POLlTÎQtfiS. Z^B · texte numérisé non relu

LIV. XI. — AéfORlIES SOCULBS ET POLlTÎQtfiS. Z^B

meï)t> je dirais yoIoq tiers plus généreusement effacée devant ce droit de tous les hommes à la jouissanee dies avantages de la société au milieu de laquelle ils ont reçu le jour. Combien cette disposition n'est-elle, pas supérieure aussi à cette &stueuse charité dont se vante l'Angleterre dans sa taxe des pauvres! Là le riche épargne, il eât vrai, quelques miettes de son festin; mais c'est lut qui les partage ^ les distribue à sa guise, en fait les parts au gré de sa fantaisie. Dans la commune rurale de la Lombardie, c'est le pauvre lui-même qui, en sa qualité d'homme, d^s sa dignité de citoyen, en vertu de son propre droit, participe à. l'administration , par suite aux avantages de la comnuir; nauté.

On ne saurai! s'en étonner : comme tant d'autres inr stitùtions du même genre , ce touchant système eommu nal est peut-êti^ né au souflQe de L'in^iration cathoii-: que; au moins le législateur de 176S avait-il eu dans^ Charles Borroméé un noble prédécesseur ; le grand ar^. chevêque l'avait devancé dans quelques parties de son. œuvrie. Borroméé , un de ces hommes qui resplendissentà travers les âges^ couronné d'une sainte auréole de charité, avait ordonné l'ouverture d'écoles publiques et gratuites dans toutes les parties de son diocèse. Il avait de plus voulu qu'elles bissent tenues par les curés, et ,. à défaut d'autre local, dans les églises elles-mêmes.

Toute comparaison entre la commune américaine et la commune lombarde est sans aucun doute &vorable à cette dernière. Les habitants de l'une et de l'autre prennent'une part égale à la gestion de leurs affaires, à' la nomination de leurs employés; Tune et l'autre iu>^ vestissent directement de fonctions communales le^ agents dont elles ont le besoin. L'exercice de la liberté

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individuelle est paiement garanti pat* toutes deut; les intérêts et les fonds communaux sont également surveil-* lés. Au delà de ces différents points, tout Tavantage est à la commune milanaise. Tandis que le principe de la M* berté demeure stérile sur lé sol de F Amérique $ fécondé par la charité chrétienne, il porte en Italie d'adroira-» blés fruits ; on devine que nous voulons parler de Tobli^ gation pour chaque commune d'entretenir un maitre et une maltresse d'école, un chirurgien , un médecin , de distribuer des secours aux malades et indigents. La commune américaine assure à chacun la jouissance de seS'&cultés, la sécurité de ce qu'il possède; mais tous les avantages qu'elle garantit à l'individu sont précisément ceux dont il jouit déjà par lui-même, par sa pro« pre situation sociale. Loin de là, la commune lombarde s'occupe principalement de celui pour lequel la société générale n'a rien fait; elle veille sut ses besoins, l'ap* pelle à la science, le défend contre la maladie. Dans la commune américaine et dans la commune lombarde les frais du culte ne font pas partie du budget communal. En Amérique le prêtre est payé par des cotisations individuelles et volontaires. Dans le nord de l'Italie le clergé est demeuré propriétaire»

La commune loml)arde l'emporte donc sur la commune de l'Amérique du nord; mais celle de l'Inde l'emporte plus incontestablement encore sur toutes deux. L'universali^ des habitants d'un village indou» non pas seulement la grande majorité, est appelée à délibérer sur les affaires de la commune. Dans l'origine, c'est die qui , en vertu de sa souveraineté, a partout nomnié le chef et les fonctionnaires de chaque village; plus tard les mœurs, les habitudes de l'Inde, rendant ceux-ci héréditaires, établissaient des liens pour ainsi

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dire de famille entre eux et la communauté. Les besoins de la société sont pourvus avec autant de prévoyance, avec plus de prévoyance, dans le village indou que dans la commune américaine. Tandis que celle-ci ne compte que dix-neuf fonctionnaires ou employés, la commune de Tlnde en compte vingt-quatre. Le village indou s'occupe aussi de pourvoir à d'autres besoins intellectuels qui sont négligés dans les communes lombarde et américaine : nous avons vu figurer dans la liste de ses employés le poète*, la danseuse, le musicien. Les maîtres d'école , les soins gratuits pour les malades appartenant au village, s'y retrouvent comme en Lombardie ; mais de plus l'hospitalité envers les étrangers}, Taumône envers les pauvres qui le traversent, sont .encore des obligations communales. L'administration villageoise rend la justice et solde les frais du culte, ce que ne font pas les deux autres municipalités. Elle assure la liberté comme la commune américaine, elle pratique la charité comme la commune lombarde; enfin elle a fourni le premier type , la première réalisation pratique de ce grand principe de l'association, destiné peut-être à changer la face du monde. Le village indou n'est pas seulement en effet un petit état; c'est aussi une vaste association agricole où se trouvent la division des travaux, la liaison des intérêts particuliers aux intérêts généraux , la mise en commun d'efforts divergents, mais dirigés vers un seul but; et parla il représente par anticipation comme une sorte de type de la société rêvée dans l'avenir par les économistes les plus avancés de notre époque.

On comprend dès lors Timportance dont serait pour l'Inde entière le rétablissement dans leur intégrité des anciennes institutions villageoises* À ce, sujet c'est avec

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toute raison que le colonel Wilkes écrivait : « Il est an pouvoir d'une compagnie de simples marchands de conférer de plus solides bien faits à ces contrées (de rinde) que ceux jadis annoncés ou promis aux cités de la Grèce dans les splendides proclamations des consuls romains. La liberté, dans sa forme rationnelle et la plus acceptable, peut être accordée aux petites républiques de rinde par la déclaration du revenu fixe et modéré que chacune d'elles devra payer à l'avenir, à la condition d'en abandonnera elle-même la répartilion intérieure, se réservant de n'intervenir que sur l'appel de leurs petits magistrats, soit sur les questions du revenu, soit sur celles de propriété territoriale ou personnelle (1).

Le rétablissement des institutions villageoises suppléerait donc à cette absence de gouvernement que nous avons remarquée dans linde. Ces institutions, s'il était possible de leur restituer leur force, leur énergie première, remédieraient aux vices d'un gouvernement établi pour ce seul objet, la collection de l'impôt. Elles constitueraient une administration qui , commençant à ou finit l'institution politique et administrative de l'Angleterre, s'enfoncerait jusque dans les entrailles mêmes du soi.

Enfin c'est aussi cette institution qui seule peut donner le moyen de créer dans l'Inde cette propriété particulière, ou, si l'on aime mieux, ce capital productif, d'où peut provenir sa régénération.

(1) Cité par William Monnier, Enquête^ U HI, p. 58i.

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