LIVRE XII
DB l'ateniii bb l'bhpibb indou-bmtanriqub.
Nous avons tenté , dans les études qui précèdent , de tracer une rapide esquisse de rétablissement des Anglais dans rinde.
Nous avons tenté plus encore; nous avons voulu > dans la mesure de nos forces, analyser cet établissement lui-même, en décrire les parties diverses, leur liaisons réciproques, en expliquer le mécanisme. Nous avons montré comment le génie européen est parvenu à le mettre en mouvement, et, par ce moyen, à imposer ses lois, à soumettre à ses intérêts, une population de deux cents millions d'habitants de la Péninsule indoue , à attacher au même joi^ les deux races qui Thabitent depuis trois siècles^ c'est-à-dire les Indous, sectateurs de Brabma, et les Musulmans, leurs vainqueurs et leurs maîtres •
Une autre question d'un intérêt plus grand, d'une importance plus immédiate, se présente pour ainsi dire comme d'elle-même à la fin de ces recherches. Cette question c'est celle-ci : Quelles sont les chances d'avenir de la domination de l'Europe dans la péninsule indoue? Faut-il la considérer comme un fait définitif, acquis désormais à la philosophie politique de notre époque , ou bien au contraire comme un fait éminemment transitoire? La durée de cette domina, tion sera-t-elle proportionnée à ce qu'elle a eu d'étrange, de singulier, de merveilleux? Tout au contraire est-elle destinée à fournir une nouvelle preuve de cette
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loi du monde physique et moral qui veut que la durée des choses soit en rapport avec le temps qu'elles ont mis à s'accroître et à se former ? Faut-il s'attendre dès lors à la voir disparaître et s'engloutir dans l'abyme avec la même rapidité que nous l'avons vue s'en élancer, en quelque sorte , pour s'épanouir dans l'espace et dans lelempst
l'ottte& cë9 questions, ou d^auffes aisalogiieB, doivent se trouver pour ainsi dire résolues', au moins im«pUdtemeni , dafis Pesptit du ledeur, à la suite dès considérations qui précèdent. Nôuà nous bornerons donc à résumer brièveimnt ces considération , c'^t^ à-dire à indiquer là esiiblésse dès institutions politi^ ques et administratives ée rétablissement brifânnique; à montrer comment la conservation de Tempim est une tftche plus difficile que son acquisition ; à faire pressent tir là nature des dangefô auxquels il peut èlt^ exposé, soit au dedaM, soit du dehors, dôrnière consn^érati^nr d'oà devra sortir l'indication du rôle imposé à l^Angie^ terre pour sesc propi^ intérêts penfôfônt la dunée ée sa domination.
CrfAPlTRE I*-. Del«^filbl«09égéiténl6dtt goitveriiwieat dePempire ffedo««>Mltaiiiiki«ew
Le gouvernement anglais danslinde, pow lèiiedire' encore une fois, ne r^sanble à aucun de ceux qui ju&qu'à présent ont paru dana le monde» Cesgouveme*ments peavent en général se classer en deuid grandes divisions : les un^ nationaux, le&afjOres imposte par la conquête. Les^ premier», sortis des eakrailtes: mèmea de
iiv. m. — AYBRn DB L^miraiB nrDovHniiTAinnQts. &S9
la société, nés des besoins qu'ils sont destinés à sa*^ tisfaire, en dépit de leurs imperfections nombreuses, remplissent forcément plus ou moins cette tâche. Ite sont fondés sur Tassentiment national : de là résuU lait pour eux une sorte d'ascendant moral, d'auto<p rite non contestée, surJes peuples. Dépourvus de cet ascendant, de cette autorité, les gouvernanents fondés par la conquête y suppléent par la force. Fondés par répée, ils s'appuient sur l'épée. Mais le gou^. vernement anglais dans l'Inde ( chose plus d'une foia constatée jusqu'à l'évidence ) est à la fois dépourvu d'autorité morale et de force matérielle. Ce qui le oouh stitue c'est une sorte de mécanisme composé de ces trois parties principales : institutions iinancières, ju-: diciaires, militaires; institutions créées de toutes pièces, façonnées de ses propres mains par l'Angleterre^ et auxquelles elle a confié l'avenir de sa puissance. C'est donc de ce mécanisme et de ses parties diverse9 que nous nous occuperons d'abord.
L'institution politique, sociale, administrative, de l'Inde , se résumait jadis à peu près tout entière dans l'institution des villages. Les Anglais, en r^versanl cette institution dans une partie de la péninsule, dans la présidence de Bengale et dans celle de Calcutta, ont révolutionné lepays plus profondément qu'aucune autre contrée du globe ne l'avait jamais été. Dans la prési« dence du Bengale, les innovations tentées par eux eu-^ rent pour objet d'imposer à la société certaines formes aristocratiques. Lord Cornwallis se proposa d'établir une aristocratie propriétaire de terres, qui reproduis s!t jusqu'à un certain point sur le soi de l'Inde Ta-» ristocratie anglaise. On sait commet les résultats allè^ rent directement contre l'intention du législat«ur. La.
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classe dont il avait voulu faire celle aristocratie, celle des zemindars, subit la ruine et la misère. La hiérarchie sociale existant avant l'arrivée des Anglais, brisée par le terrible mécanisme alors mis en jeu , couvrit bientôt l'Inde de ses débris. Les zemindars , en ce moment chefs pour ainsi dire naturels de cette société, allèrent bientôt disparaître dans ses derniers rangs. Â Madras, le législateur s'était proposé, peut-être sans s'en rendre compte, l'établissement d'une démocratie : ce fut une sorte d'aristocratie violente , factice, oppressive, qu'on vit sortir de terre. Dans les deux cas, la société fut bouleversée de fond en comble, non pas seulement dans ses institutions politiques et administratives 9 mais dans son essence même. Dans la présidence de Bengale , dans celle de Madras , la constitution de la propriété fut violemment altérée, profondément modifiée, ou, pour mieux dire, renversée. De là les misères , les souffrances , les catastrophes, précédemment racontées ou pour mieux dire indiquées. De là aussi à la place de l'ancienne société , qui depuis ce moment n'a pu sortir de ses débris, une sorte de multitude éparse , sans lien , sans cohésion , que la main de l'Angleterre s'est montrée jusqu'à présent impuissante à constituer.
Les innovations tentées dans le système judiciaire n'ont pas été et ne pouvaient être plus heureuses. L'ancienne organisation politique de l'Inde rattachait aux institutions financières ou municipales les institutions judiciaires. Les zemindars, agents de finances dans une certaine étendue de territoire, jouissaient en outre du droit d'y rendre la justice criminelle ou civile. Les villages possédaient des tribunaux d'arbitres ne manquant pas d'analogie avec notre jury. Les musulmans
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se donnèrent garde d'y toucher; ils se oontentèrent d'établir des tribunaux particuliers pour leur propre usage. Les deux populations continuèrent à être régies chacune par ses propres lois. Les Anglais brisèrent du même coup toute cette organisation judiciaire. Ils en créèrent, ils en façonnèrent une nouvelle à leur guise ; mais celle-ci est demeurée incomplète, insuffisante pour la tâchequ'elle est appelée à remplir; elle détruit déplus toute garantie , elle livre les intérêts les plus considérables, la vie même, à Farbitraire, à l'ignorance de juges européens, c'est-à-dire étrangers , inconnus à leurs justiciables. Plusieurs systèmes de lois d'origines différentes coexistent dans ces tribunaux ; ils s'y combattent dans la plupart de leurs dispositions. Des formalités sans nombre, empruntées à la procédure anglaise, laissent toutes choses à la discrétion, à l'arbitraire des juges. En dépit de leurs talents et de leurs efforts, il n'est aucun de ceux-ci qui puisse se flatier d'accomplir jamais la tâche qui lui est imposée. Les rapports sociaux ayant été violemment intervertis, le nombre des crimes s'est accru dans une progression effrayante. Toutefois ce n'est pas le vol , ce n'est pas l'assassinat, qui font la principale terreur de lindou ; c'est la justice anglaise. Un tiomme a-t-il été volé, at-il couru risque de la vie, ce qui le préoccupe avant tout, c'est de dérober la connaissance du fait au juge anglais. La terreur que lui inspire ce personnage le rend le complice de celui qui l'a dépouillé, le sauveur de celui qui a versé son propre sang.
L'armée anglo-indoue peut être considérée comme la pierre fondamentale de la domination anglaise. Mais cette armée, au moyen de laquelle a été effectuée la conquête de l'Inde , n'est plus, à beaucoup près, dans
h^6 1*111118 8008 LA DOMINATION ABMLilSB.
ses éléments, œ qu'elle fut dans les premiers temps qui suivirent sa formation. L'organisation de 1796, toujours existante y a tué l'esprit yraiment militaire > l'esprit belliqueux des premiers temps , au profit d'une imparfaite imitation de discipline européenne. Nous avons dit comment lesdpayesétaientjadisfortement attachés aux oQiciers anglais; mais ce lien s'est relâché, il s'affaiblit de jour en jour, il menace de se briser au premier choc. L'armée, en revêtant une apparence, en subissant une organisation plus régulière, a vu s'attiédir, se refroidir cette ardeur qui jadis la distinguait. Le guerrier des premiers temps, le compagnon de Clive, deCoote, de Gornwallis, a disparu pour toujours; il a fait place au mercenaire, à un soldat devenu hostile, étranger à l'oflicier. L'avantage de la solde, les difficultés de trouver ailleurs d'autres moyens de subsistance, voilà les seuls motifs qui retiennent aujourd'hut rindou sous le drapeau anglais. Mais ces motifs, qui peuvent enchaîner l'obéissance en des temps ordinaires^ deviendraient impuissants dès que les circonstancear acquerraient quelque gravité. Tout ce qui faisait jadisi le mérite propre de cette armée, tout ce qui l'avait distinguée dès le commencement d^ son histoire, le lé* gislateur l'a sacrifié à une idée presque puérile, à la» fantaisie de la modeler plus exactement sur le type de nos armées européennes, ou pour mieux dire de l'armée anglaise. C'était commencer par lui ôter la vie pour en tailler plus commodément le cadavre sur uit patron étranger. La faculté de dévoûment du soldat à son chef, poussé chez l'indou plus loin que chez tout autre peuple , c'était bien, en effet , la vie de cette armée. Or nous; avons vu comment on a f^it tourner contre l'institutioa militaire cette précieuse, cette admirable faculté. Les^
seules relati^ms conservées entre la partie indoii» et la partie ^iropéenne de Tarmée sont devenues pour la première autant d'occasions de souffrance , autant de iwjets de douleur et d'humiliation. Les seuls points de contact ménagés entre les deux races sont précisément ceux où elles se blesseni le plus profondément, se repoussent le plus énergiquement. En un mot, une scission profonde a été creusée là où il fallait avant tout Funité, la fusion.
Le gouvernement de l'empire, eût-il toutes les perfections qu'on pourrait lui souhaiter, pécherait encore par une sorte d'insuffisance et de faiblesse générale qui menacemient de les rendre inutiles. Le nombre des fonctionnaires se trouve trop peu, beaucoup trop peu considérable pour la tâche qui leur est assignée. 11 semble à la vérité, qu'il est possible, facile, de remédier à cet inconvénient en augmentant leur nombre. Mais là commence la difficulté. Ce gouvernement, en même temps qu'il demeure insuffisant pour la tâche qu'il doit remplir, n'en est pas moins trop coûteux pour le budget qui te solde. Depuis long-temps ses dépenses surpassent de beaucoup ses recettes. Le déBcit a été comblé, mais c'est seulement grâce au monopole de l'opium^ c'està-direau ftioyen d'une ressourcé étrangère au pays, et qui par sa nature est tout à fait accidentelle. Or non seulement toute augmentation d'impôts ' est chose impraticable dans l'Inde, mats Texagération de l'impôt est de plus arrivée à ce point que son recouvrement devient de jour en jour plus difficile, qu'il menace dans certaîneslocaKtésdedevenirimpossible. D'un autre côté cette faiblesse pour ainsi dire matérielle du gouvernement n'est peut-être que le moindre de ses inconvénients. Le législateur eût-îl en main les moyens
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de doubler, de tripler le nombre des fonctionnaires^ n'aurait encore résolu qu'une partie de la question, et la moins importante : car les conditions sous lesquelles seraient tenus d'agir ces fonctionnaires plus nombreux continueraient de demeurer les mêmes; le mécanisme de ce gouvernement étranger n'en continuerait pas moins de froisser, de blesser de mille façons les populations sur lesquelles il est appelé à agir. Le levier aurait plus de puissance ; l'impulsion à laquelle il obéirait demeurerait également fausse et funeste.
L'Angleterre, en raison même de sa situation dans rinde, ne saurait, en effet, suppléer par la force morale à la force matérielle qui lui manque. La civilisation européenne, dentelle est le représentant, et la civilisation indoue, en face de laquelle elle se trouve, se repoussent par tous les points. La conversion des Indous et des musulmans a bien été espérée, conseillée par quelques publicistes ; elle a été tentée par un certain nombre de missionnaires; on s'est flatté d'en faire un moyen de triomphe pour la civilisation européenne, et, par suite, d'affermissement de la domination anglaise. Mais jusqu'à cette heure toute entreprise de cette sorte n'a obtenu aucun résultat. Le brahminisme et le christianisme demeurent séparés; leur conception fondamentale de Dieu, leur manière d'entendre les rapports de Dieu au monde n'ont rien de semblable, rien d'analogue. Les premiers missionnaires catholique sont pu se féliciter d'avoir surmonté cette difficulté; mais c'était en raison même de leur ignorance à ce sujet. Nous l'avons dit, la multitude des conversions dont ils ont d'abord pu se croire les instruments tenait à une véritable illusion d'optique ; elle s'est évanouie dès que le point de vue a été changé. Le christianisme non seu-
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lement ne parait pas en progrès, mais plutôt en décadence. Toutefois de ce côté aussi il Ëuïdrait se garder d'une illusion d'optique en sens inverse. Si le christianisme parait en décadence, c'est seulement parce que aujourd'hui , le brahminisme étant mieux connu , les missionnaires demandent plus soigneusement aux néophytes à quelles conditions ils prétendent se faire chrétiens. La conversion des musulmans ne présente pas déplus favorables résultats. Les deux cultes se repoussent, comme nous l'avons expliqué, en raison de l'analogie de leur origine , comme le christianisme et le brahminisme par leur contraste.
La colonisation de l'Inde par l'Angleterre , cet autre moyen de suppléer à la faiblesse morale et matérielle du gouvernement indou-britannique, doit encore être rangée dans la classe des impos^bilités.
La constitution de la propriété Ëiit de l'Inde un pays absolument différent de tous ceux où se sont établies des colonies européennes. La première condition qui rende possible une colonie quelconque, c'est en effet un territoire sur lequel die puisse s'établir. Or ici le territoire ne saurait être possédé qu'àdes conditions qui en frapperaient la possession de nullité. Quel parti tirer d'un domaine dont le propriétaire doit d'abord payer, sous le nom d'impôt, une somme d'un tiers supérieure à celle qui fait le revenu de toute propriété foncière en Europe. La culture de l'indigo , l'établissement de certaines industries particulières, peuvent bien apporter quelque exception à cet état de choses; il n'en demeure pas moins vrai dans sa généralité. Le gouvernement concéderait-il des terres à de mdlleures conditions à ces nouveaux colons? Mais c'est }à un parti dont nous avons montré tous les inoonvé.
nientSt pour mieux dire toutes les impossibilités. D^abord c'est là un sacriGce que le gouveraement, déjà «fi dessous de ses af&ires comme il est, ne saurait s'imposer. D'im autre côté, ce serait créer deux portes de propriétés^ deux propriétés de iMUwre diverse sur le même sol: l'une privilégiée, l'autre écrasée sous un fardeau au dessus de ses forces. Ce serait en un mot semer à pleines mains les germes d'inextricables embarras dans ravenir. Eifiaore-passons^nous^soussilwce 4'insurmontable difOculté pour le goui^raement de régir simultanément deux populations de races, d*habitudes , de prétentions différentes.
La prospérité du pays placé sous la 4ominati^i de l'Angleterre est^Uedumoins de nature àprèter au gouvernement cette force que nous voyons lui manquer de tous côtés? Mais la.constitution sociale de l^indeVop* pose à ce qu'elle parvienne jamais à un grand développement ; de richesses. La condition ^première du déve* loppement industriel et commercial de tout pays lui manque. Non seulement la production ne dépasse en rien la consommation , mais elle ne suffit pas à gacantir.de la misère et delà famine les popidationsde lapéninsida. ;L'Indou, voué dès sa naissance, à umtravafl tnfruo» tueux, subit dans toute leur dgMwr les paroles du poète : Stc vas non mbist Dan& toute la force du Jtermq, rinde n^est qu'une vaste manufaqturei^ricole exploitas parl'Angleterre; ses babitants sont.i^ulantfdft leoaar mrSy ou, mqins encore,, de |oumaliers cultivant un^sdl qui ne leur appartient paç* Ils labourppt eesoi, tl&eipi Tecuettlent les produits; nu^s c'est pour les livrer à 4es mattres , à des vatnqiieiH)Sr ai. échangera modique ^airequ^l plaltà ceux*<»de lesr^abandonaer. Rien^ne Jour reste qui , féomdé' par le eoBomerce eu l'industrist
puisse devenir un soulagement à cette misère extrême. Les plus ricttôs moissons couvriraient donc vainement le soi de Tlnde : ia misère et la faim n'en resteraient pas moins ie partage de ses habitants. Suivant l'éner*gique expression que nous .ne cessons de répéter, « il en serait de même quand la terre produirait non du bléj mais de l'or. » Car ce que la terre produit, ce n'est pasrindey mais l'Angleterre, qui en profite. Doncenfin, sous la constitution même de la propriété, qui est la ibasediigouyerneme&i anglais, par le seul fait de l'existence de ce gouvernement, llndese trouve privée de tout moyen d'amélioration et de développement social.
Les habitudes anglaises, c'est-à-dire la hauteur, la iierté, le dédain à l'égard des peuples étrangers, viennent s'ajouter à la différence de reh'gion, de mœiurs, pour tenir les maîtres de Tlnde éloignés de leurs sujets ; elles achèvent de leur enlever tout moyen d'influence ^morale. Les injonctions les plus pressantes du gouveriiement anglais demeurent sans résultat dès qu'elles prescrivent les moindres égards à montrer aux Indous 'OU aux musulmans. L^ ofliciers de l'armée, les em* ployés du TOvenu, dont quelques uns appartiennent -peu^-étre à des fomill^ jadis puissantes, peut-étreà des tprinces qui ont régné sur le payis, ne sauraient obtenir la moindre marque d'égard, le plus léger signe de déféreDce,dela part dudemier fonctionnaîreangIais«{Fidèle dftnsrindeauxbafaitud^ desapatrie^ l'Anglais demeiu*e icomme campé au milieu des populations étrangères ; H «e tient séparà d'elles par un abyme qu'unorgueil impi- ^oyaUese plait à creuser chaque jour plusprofondément.
Enfin le soi de l'Inde ne voU pas s'iacdioiater de cos races mixtes provenant du mélange des vainqueurs et des vaincus, propres à devamr un aonoau qm les
&3â L*INDB BOUS LA DOMINÂTIOM ANaLÀISB*
unisse. Le petit nombre d'individus nés de ce mélange est demeuré stationnaire depuis le moment où il a été possible de Tobserver. Une imperceptible fraction de ceux qui le composent parvient à se glisser dans la so« ciété anglaise ; la presque4otalité va di^araltre au sein de la population indigène, dont rien ne lailistingue.
Quant aux descendants des Anglais eux-mêmes, aux Anglais nés sur le sol de l'Inde, Tlnde semble se plaire à les dévorer dès leur jeune âge; elle moissonne dans sa fleur cette postérité de ses maîtres qui semblerait devoir assurer leur conquête.