CHAPITRE II
De la Conduite politique de don Pedro , seul conservateur du régime monarchique dans le nouvel hémisphère.
Tout autre prince que don Pedro , dans un âge où les passions font taire la raison, eût mis aussitôt à profit le conseil de se saisir de la couronne au moindre mouvement qu'il eût été facile de susciter ou de supposer , mais on va voir que ce prince a obéi, jusqu'au dernier moment, aux volontés manifestées par son père, c'est-à-dire, à la volonté des cortès de Lisbonne , qui parvinrent sans peine à subjuguer la personne royale et à lui dicter des lois. On verra que don Pedro se montra même disposé à se soumettre à ceux qui, au nom du Roi, lui ordonneraient de quitter le Brésil et de revenir en Portugal. Mais comme c'eût été remettre ce bel empire aux mains de l'anarcliie , les royalistes Brésiliens se confédérèrent pour sauver leur pays , et supplièrent don Pedro de ne pas les abandonner.
Entrons dans le récit des faits :
Dès Je 29 mars 1821 , les cortès de Lisbonnç^ avaient publié les bases d'une constitution future
( 17 ) qui ne contenait encore que des principes^ c'était aussi avec des principes dogmatiques qu'on avait propage' la révolution française. Ici ^ on voyait le retour d u même fléau ravageant un autre sol et menaçant de nouveau l'Europe , par difFérens foyers établis à Naples y k Madrid , à Turin et à Lisbonne.
L'article 21 de la future constitution , née sur les bords du Tage ^ parut d'autant plus remarquable, qu'il était peut-être le seul qui eût une apparence de prudence et de sagesse. Il bornait le pouvoir de la constitution aux Portugais résidens en Europe^ et ne la rendait obligatoire pour les autres que de leur propre consentement. Il est clair que cette disposition était faite pour le Brésil^ et que les cortès reconnaissaient en principe son indépendance ; car c'est être indépendant que de pouvoir se réunir pour délibérer de ses lois politiques, pour les accepter ou les refuser.
Ces bases de constitution n'étaient point encore parvenues officiellement à Rio- Janeiro , que déjà les corps armés portugais s'apprêtaient à leur jurer fidélité. Le prince régent harangue aussitôt avec fermeté les troupes insubordonnées et déclare qu'il ne prêtera serment que lorsqu'il connaîtra la volonté du peuple à cet égard. Les électeurs convoqués et leurs vœux une fois connus , le serment est prêté à la constitution future. De cette primeur anarcbique, pour ainsi dire , sortit la formation d'une junte associée à l'autorité du prince et formée d'après
( i8 ) le décret des cortès. C'était autant de semences de révolution. Mais tel est déjà l'esprit public des Brésiliens , que n'ayant aucun égard pour la junte et ne lui adressant aucune requête , ses membres , d'eux-mêmes,, jugent à propos de se séparer.
Toutefois y quel tableau présente alors le Brésil! les fonds de la banque dilapidés^ les provinces n'envoyant plus aucun secours au trésor^ les troupes européennes dans une attitude hostile ; la seconde ville du Brésil ^ Bahia , méconnaissant bientôt l'autorité du prince et se rangeant dans le ressort des cortès^ et le Brésil^ comme le Portugal , révélant deux partis : ceux qui voulaient maintenir • ceux qui voulaient modifier les anciennes institutions. La majorité inclinait pour ces derniers. On s'aperçut que les fermens de l'insurrection de Pernambuco agissaient encore sourdement^ et que les amis d'un changement révolutionnaire s'étaient réunis par fraternité d'opinions avec les troupes portugaises.
Dans des circonstances si difficiles , le régent montra une sagesse et un aplomb au-dessus de son âge. Il lit d'abord en faveur du pays tous les sacrifices personnels qui dépendaient de sa volonté, réduisant sa dépense, réformant les 600 chevaux de son écurie, n'en gardant pas méme(i) cinquante,
( 1 ) Au Brésil comme en Espagne , on se sert de mules pouf les voitures.
( 19 ) et vivant à la campagne avec la plus stricte économie. A force de soins, de réformes et de sacrifices, le prince réduit le budget de l'Etat de cinquante millions de francs à quinze millions , espérant le réduire encore.
Et c'était ce même prince , connu jusqu'alors pour aimer passionnément les plaisirs d'Europe , ayant des équipages, aimant la chasse , les amusemens brujans , les fêtes militaires ! Dépositaire du pouvoir, tout-à-coup il s'applique avec zèle et aptitude aux affaires de son cabinet^ il monte à cheval, non par dissipation ou désœuvrement , mais pour un but utile ; combinant la vie agitée avec la vie laborieuse, et forçant tous ceux qui l'entourent à renoncer à leur apathie. Tout annonça bientôt qu'il était appelé à de grandes destinées.
Mais tous ses efforts pour faire le bien allaient s'évanouir ; les passions politiques n'en tenaient aucun compte^ au Brésil comme ailleurs, existait le préjugé que la liberté doit être l'ennemie du pouvoir souverain. Les ministres du régent que lui avait laissés son père étaient odieux aux uns, comme portugais ; aux autres , comme suspects d'attachement à l'ancien ordre de choses. L'imj)opularité du ministère allait jusqu'à porter atteinte à la popularité du régent j on forma des demandes aux cortès pour obtenir son rappel. De dégoûts en dégoûts, le prince découragé d'ailleurs par le mauvais état des affaires, par l'insubordination des troupes, par
les entraves de la junte, par les exigences des partis, et enfin par l'isolement des provinces qui le réduisaient à n^étre que le gouverneur dfi Rio-Janeiro, n'aspira plus qu'à retourner en Europe. Agité par deux sentimens contraires, il sentit pourtant qu'il avait des devoirs sévères à remplir ; qu'il était retenu au Brésil par l'engagement contracté envers le Roi son père, d'y demeurer pour le conserver, en cas de séparation, à la dynastie de Bragance. Ces nobles pensées prévalurent, etbientôt les Brésiliens, fiers des sentimens qui animaient le prince, furent désarmés j ils reconnurent son activité , sa bonté , l'ardeur avec laquelle il ne cessait de travailler aux affaires du gouvernement; et, touchés de ce qu'il y avait de pénible dans sa position, ils lui donnèrent leur amour en ramenant à lui la popularité. Les sentimens habituels d'affection et de respect pour la maison de Bragance, ralentis un moment par des défiances , se réveillèrent avec plus de force; il s'y joignit un sentiment d'idolâtrie pour les vertus et pour les qualités aussi brillantes qu'aimables de la jeune archiduchesse Léopoldine, fille de l'empereur d'Autriche, et femme révérée du régent don Pedro.
Cependant les cortès de Lisbonne n'avaient ménagé le Brésil qu'autant qu'elles avaient pu craindre qu'il ne repoussât leur autorité. Plus rassurées depuis l'arrivée du Roi , et comptant sur l'appui du parti portugais qui s'était montré au
Brésil, elles agirent dans un autre système^ pour assujettir de nouveau cette vaste contrée au Portugal. Attribuant la décadence du royaume à l'indépendance du Brésil, elles résolurent , dans des vues nouvelles, de ne former qu'un tout de deux royaumes si difFérens et si éloignés Tun de l'autre. La susceptibilité des Brésiliens s'en alarma^ ils voulaient bien aider les Portugais à se donner un gouvernement libéral, mais ils voulaient être libres comme eux. Ils concevaient la révolution comme devant limiter également l'autorité royale en Portugal et au Brésil, vt unissant les deux nations sous un pacte fédéral. Toute autre combinaison leur était odieuse.
Dans les deux pays , en Portugal comme au Brésil , la tendance des esprits les portait à diminuer la prérogative de la couronne. Dès son arrivée en Europe , Jean YI n'avait plus été que l'instrument trop docile des cortès. Sans le concours des députés du Brésil, n'en ayant même aucun des autres parties de la monarchie éparpillées dans le& quatre parties du monde (i), les cortès composées, seulement des députés du Portugal, commencèrent l'œuvre d'une constitution qui devait gouverner toutes les parties de la monaixliie. On aurait dit
(i) Ce n*est qu*à la fin de la session que ieux députés du Cap-Vert et un d'Angola, prirent place dans le congrès de Lisbonne. Nous ne parlons pas des députés des Açores et de Madère, qui étaient censés faire partie du royaume.
que les députés portugais avaient des procurations générales ; que y pour être né en Portugal^ on était plus noble , plus puissant que dans les autres parlies de la monarchie ; et que tous ses sujets dans les deux liémisplières étaient décidés à s'accommoder des décisions ultra-démocratiques de Lisbonne.
A leur arrivée aux cortès^ les députés de Baliia furent les premiers qui demandèrent à être autorisés à exprimer leur opinion sur les articles constitutionnels déjà décrétés; on qualifia leur demande d'effrontée. Un grand débat eut lieu à ce sujet^ et à la fin les cortès décidèrent qu'on ferait des articles additionnels pour le Brésil. Huit mois se passèrent dans des discussions continuelles^ les députés du Brésil protestant toujours contre les délibérations des cortès à l'égard de leur pays, et demandant toujours inutilement ce qu'ils croyaient utile et nécessaire à sa prospérité. Le nombre des députés du Portugal étant le double de ceux du Brésil , ceux-ci succombaient toujours dans les discussions; au lieu de prendre les mesures salutaires qu'ils sollicitaient, on faisait embarquer des bataillons contre leur pays. Les députés du Brésil demandaient des lois; on leur envoyait des soldats.
La constitution achevée, ils présentèrent les articles additionnels qu'on les avait autorisés à rédiger; on ne daigna pas même les lire ; ils furent rejetés. Les cortès nommèrent un comité en lui assi-
^aiarit des bases j il fit des arlicles additionnels sur le Brésil, que les députés du Brésil rejetèrent à leur tour.
Cependant le roi Jean YI, témoin de ces débats ou plutôt de ces déchiremens, et pouvant juger des effets qu'ils produiraient au-delà des mers , jura la constitution , cette même constitution que le Brésil repoussait. Son rejet, le Brésil le manifestait et par les protestations de ses députés, et par ses insurrections contre les décrets des cortès portugaises. En prêtant serment d'observer cette constitution, le roî semblait ne plus liésiter dans le parti qu'il voulait suivre j il se rangeait, au détriment du Brésil, du côté du Portugal. Il ne fit en son nom aucune proposition au Brésil ; aucune loi fi^ndamentale ne lui fut proposée ni offerte- or les Brésiliens se trouvèrent dans la nécessité ou d'adopter fi)rcément une constitution démocratique qu'ils ne voulaient pas , ou de se détacher du Portugal.
Bientôt la dissidence entre les deux pays fit sen-^ tir aux Brésiliens le besoin de la royauté. La précipitation avec laquelle les cortès avaient rédigé la constitution, et même les articles relatifs au Brésil sans attendre ses députés , le peu d'égards qu'on €ut ensuite pour leur réclamation , augmentèrent le mécontentement et la défiance. Au contraire, la confiance se rétablissait graduellement entre le prince-régent et les Brésiliens. Déjà ils ne voyaient plus les troupes portugaises comme les auxiliaires
lAe lewrs opuiMBs, maÀs cûttuue des eiiBesms da Br^âi q«ii axaiesil cnTue de r^ssenrir.
£tt«fteiipkèrdittt plus d^'autoritê^ ler^ent sentit t^ue ie silal de FAïaèrîqiiepfKtiigiaise^ ci ce quaa pournii oaDsanrer de sûauukui aiTec T , ishtinney en^eait ^ il se dêckrât le dief dm jpurti luréàim ^ car lie îràidie iLUOL Foartn^ais punir leur soumettre la nou- T«ile «MMBindûe^ n aimit âitqu eutraiifeer iai pi\>pf^^ riiùie el précipiter nadêpeiidance da Brêàl^ qui se soauà Qt]guibê ea r<^WLbftîi|iftes iëdëratîresw
Tooilefcis; le prince lelosaL d'abiHrd la ctwitwiiie bBpmalequon To^dut lui décerner dé>les prciiikt^ îfwss d*«>ctol)ffe i^:îi. Presi^ueau Btèuie futCMCueut, li»; c«xtês de Lisboniie^ a^eu^ées ou etupo^têes par la passàfAy leBdakntt kvur dêerei du sg^ squleiabre^ portant que le Bkéàl;^ dissous eu §()tt¥enieiiie&$ proTÎDCÎanx^ c«irTe^p«iiidrail dêscvniab a^ee le milùstèredn INoirtn^f que les tribunacLx supérieur» supfiiriafeés; que le piiBce^-ré«<eiit levi^^ . et qu'à âfiMi retour il Ti}ja«exak en £>- France et eu An^eterre, acGOotpa^né par les ctNrtes.
Cétak Tcndûir que le Brésil obât a un décret qui lu ùtait tente espérance de rotraulé, et qm mettait HMÉt le ^KiMiieau-Muiide dans les uiaiiLs de ia deiiiocratie. Tel était le plan des révoluljkxiiiiaires de la Féninsnle.
llak «ntel décret ne pourak manquer d'ctre le de la sépaiaiim cunplete. Bka ne derait
plus irriter les Brésiliens que le morcélement de leur pays , que la suppression de la cour et des tribunaux^ que la dureté du traitement imposé à riiéritier du trône, rappelé comme no simple fonctionnaire amovible; don Pedro ne poaTait voir qae des espions dans les comparons forcés qu'on lai destinait.
C'est ainsi que Lisbonne rérololionnadre créa un centre à l'émancipation du Brésil, en offrant pour ainsi dire à un prince d'un caractère £« et d'une résolution forte, une contrée entière prête à le défendre. Les décrets des cortés arrÎTent à Rio-Jarneiro le lo décembre. Aussitôt la plus grande fermentation règne dans la capitale; tout y prend an aspect bostile sans que les bataillons portugais puissent intimider les Brésiliens. Presque à-la-foîs les trois provinces de Saint-Paul, de Bio-Janeiro et de Minas^ auxquelles se joint celle de Bio-Grande, adressent au prince des représentations veTiémentes. La presse , les discours, tous les organes par lesquels se manifeste l'opinion du public, indiquent la plus violente agitation. Le président de la dépatation municipale de Bio-Janeiro dans sa harangue an prince s'exprima en ces termes : « La sortie de vo- » tre Altesse royale des états du Brésil , sera le dé- M cret qui sanctionnera pour jamais l'indépendance »de ce royaume.»
Cette indépendance n'était autre chose que U formation du Brésil en républiques ; car pour sa
■ - , ' . ( ^-fi .)
recolonîsation ^ elle était impossible. Il n'y avait plus qu'un seul lien entre les deux pays^ et c'était le prince qui le formait et qui seul pouvait le maintenir. (( Puisque c'est pour le bien de tous, dit- il au M sénat municipal , et pour le bonheur général de la » nation , je suis décidé : dites au peuple que Je » reste. Je n'ai plus qu'à vous recommander l'u- » nion et la tranquillité.»
Don Pedro voulant sauver le Brésil^ avait pris la résolution d'y rester. Pouvait-il et devait-il agir différemment? qui oserait soutenir l'affirmative? En obéissant aveuglément aux délibérations des cortès, dont le but sinistre était connu ^ le prince aurait trahi à-la-^fois le Brésil et les intérêts de sa famille. La famille de Bragance était en péril sur les bords du Tage^ et la monarchie portugaise expirait. D'un autre côté ^ la guerre civile dévorait le Brésil, et la démagogie étendait ses ailes malfaisantes sur cette seule partie de l'Amérique qui s'efforçait de lui échapper. Admettons que le Brésil y eût cédé avec les mêmes penchans que le Portugal : que serait devenue l'Europe? A cette époque^ presque tous les trônes du midi chancelaient. Quelle force auxiliaire de plus n'auraient pas eu les révolutionnaires de la Péninsule !
La notification faite au peuple par le sénat municipal de Rio-Janeiro^ le 9 janvier 1822, fut reçue au milieu des acclamations et de l'ivresse générale. tes seulçs troupes portugaises restèrent mornesj le
(27) bruit se répandit qu'elles voulaient mettre à exécution à force ouverte le décret des cortès et enlever le prince. Ces bruits émurent le peuple. Le général portugais Avilez ayant donné sa démission et demandé son retour en Europe , les soldats prirent les armes le 1 1 pour se donner un autre commandant. En apprenant la prise d'armes des bataillons portugais^ les Brésiliens les imitèrent. En peu d'heures le camp de Sainte-Anne fut couvert de troupes créoles et d'une foule d'iiabitans armés. On était à la veille d^un clioc j des deux côtés on avait de l'artillerie. L'aspect d'une population entière sous les armes refroidit l'ardeur des troupes européennes; elles négocièrent: c'était s'avouer vaincues. En effet^ à la suite d'une capitidation brusque, on les dirigea sur Praja- Grande de l'autre côté de la rade^ et on prépara tout pour leur embarquement.
Là ^revenues de leur émotion^ elles prirent de nouveau une attitude menaçante^ déclarant qu'elles resteraient jusqu'à l'arrivée d'une expédition européenne déjà annoncée. Le moment pressait; il était grave. Le prince fait armer des vaisseaux; appelle des renforts de Saint-Paul^ de Minas ^ et fait bloquer par terre et par mer la petite armée portugaise. Se plaçant lui-même à bord du bâtiment commandant^ il saisit la méclie d'un canon qu'il fait tourner contre l'armement portugais , puis crie au général ennemi en se montrant à découvert :« Ce
( =8 ) i) canon est à moi, et vous reconnaîtrez le premier }) coup, car ce sera moi qui le tirerai ! » Ces paroles royales font une telle impression , que les troupes portugaises, dans les journe'es du 12 et i3 février, se rembarquent et mettent à la voile. On les avait déjà perdues de vue quand fut signalée une autre flotte européenne portant de nouvelles troupes. L'expédition était composée de différens bâtimens de guerre, entre autres du vaisseau le Jean VI , à horà duquel le commandant Maximilien était chargé de ramener don Pedro à Lisbonne. Ses instructions portaient de se mettre aux ordres du prince à son arrivée à Rio- Janeiro. Le prince lui ayant dit publiquement: «le seul ordre que j'aie à vous donner, c'est de vous en aller; » et défense ayant été faite aux troupes de débarquer, l'expédition , moins une frégate que retint le prince^ remit à la voile. Le commandant subit à son retour à Lisbonne une enquête pour avoir suivi trop à la lettre ses instructions, et fut immédiatement révoqué.
En rendant compte au roi de ces graves événemens, don Pedro lui exposa le vœu des provinces pour conserver au Brésil un centre de gouvernement unique, mais assujetti , quant à la législation et à l'administration générale , au roi et aux cortès.
Celles-ci , effrayées à l'arrivée de ces nouvelles et redoutant l'émancipation entière, décrétèrent le 6 mars qu'on ne discuterait le titre de la constitution jj'elative au Brésil qu'après aVoir entendu ses dépu-
(^9) tés; puis une commission proposa de suspendre le départ du prince régent et de surseoir à la désorganisation des magistratures centrales jusqu'à leur remplacement ; elle offrit en outre une ou même deux délégations du pouvoir exécutif au Brésil. Ces propositions étaient insidieuses; la division du Brésil en deux parties eût été l'équivalent de sa soumission à Lisbonne, car il n'aurait plus offert aucun moyen efficace de résistance.
Mais tandis qu'on délibérait sur les bords du Tage, on agissait au Brésil. Minas et la capitainerie de Spiritu-Sancto adhéraient au système brésilien. A l'exemple des habitans de Rio , ceux de Pernambuco venaient de renvoyer en Europe leur garnison portugaise. L'élan était universel ; mais il fallait diriger ce mouvement national. Or , le prince crut qu'il était temps de donner à ses opérations la sanction d'une sorte de représentation brésilienne. Ne pouvant pas, dans le système d'union qu'il était résolu de maintenir, attribuer à ce corps l'autorité législative , il se composa un conseil-d'état électif formé des procureurs généraux de toutes les provinces, et présidé par le prince luimême. Dans les idées des cortès, c'était le gage et le garant de l'union des deux royaumes ; elles ne le considérèrent pas ainsi. Après avoir long-temps discuté, elles décidèrent qu'il y aurait au Brésil autant de délégations de pouvoirs que les provinces en manifesteraient le désir. Ce n'était là qu'une nou-
( 3o ) velle tentative pour y jeter la pomme de discorde. Mais les députés du Brésil se montrèrent dignes de la confiance de leurs commettans; ils brisèrent dans les mains des oppresseurs du Portugal les fers que ceux-ci avaient forgés pour le Brésil.
Toutefois le Portugal continuait à poursuivre et à tourmenter le Brésil ;, et voyant que don Pedro n'obtempérait pas à ses ordres^ il avait donné pour instructions à ses émissaires ^ de faire croire aux peuples de cette contrée que le prince n'y restait que pour les assujettir et lesrendreesclaves.il fallût prouver le contraire par une conduite non équivoque. Ce fut alors que don Pedro fut proclamé défenseur, perpétuel du Brésil, titre qui rappelait celui qu'avait pris l'héroïque Fernandez Yieira ^ lorsqu'il arracha le Brésil à l'occupation hollandaise. Ce nouveau titre fut conféré au prince le i3 mai 1822.
Le prince aurait voulu s'arrêter là^ et sauver son père en Europe^ en faisant tomber la constitution démocratique du Portugal ; mais il ne lui fut pas possible d^arréter l'élan des peuples du Brésil. Le vœu de l'indépendance ^ vague d'abord, prit un caractère plus prononcé^ et le pouvoir monarchique prit un peu plus de consistance. Mais de tous ^ côtés on réclamait impérieusement la séparation.
D'abord les Brésiliens n'avaient demandé que l'égalité dans la coopération au pouvoir législatif des cortès^ une délégation locale du pouvoir exécutif, des magistratures centrales, et une liberté
( 3i ) égale dans le commerce. Il n'était point question là d'abstractions ni d'une reVolution dogmatique.
Maintenant, ils exigeaient une législature séparée, ne voulant plus qu'une alliance entre les deux nations sous la protection et la direction du monarque. Aucune dissidence ne se faisait remarquer entre les divers partis qu'avaient fait naître les troubles du Brésil, ni dans leur intention et leurs vœux contre le rétablissement de l'union ancienne avec le Portugal j c'est d'ordinaire ce qui arrive dans les divisions intestines qui sont presque toujours assoupies par les querelles extérieures.
Le Brésil marchait à grands pas vers un autre ordre de choses. Avant même que les procureurs généraux des provinces qui devaient former le conseil-d'état fussent assemblés^ les autorités locales avaient demandé une assemblée constituante et législative ', le conseil-d'état lui-même , à la première séance , déclara son insuffisance et réclama la même convocation.
Le prince l'accorda par son décret du 3 juin, jugeant indispensable de renforcer l'unité brésilienne par l'élection d'une assemblée^ mot français adopté de préférence à celui de cortès.
La marche des cortès de Lisbonne à l'égard du Brésil, ne cessa pas un moment d'être passionnée et incohérente. Après avoir détruit ou singulièrement modifié^ comme illégal et despotique, le pouvoir que le roi exerçait sur le Portugal y elles auraient voulu
se servir du même pouvoir pour faire prévaloir en Amérique le même système qu'elles avaient renversé en Europe, Toutes les demandes du Brésil furent rejetées , et un nouvel ordre pour le retour du prince en Portugal , fut notifié à la suite des actes du6juilletj qui justifièrent la convocation de l'assemblée brésilienne dont les eortès n'avaient pas encore connaissance.
Mais toutes ces mesures^ empreintes de hauteur, et respirant la menace de la part du plus faible, ne faisaient que décider et accélérer les mesures d'énergie et de résistance de la part du plus fort. Les récriminations furent réciproques. Les Brésiliens reprochaient avec raison aux eortès de Lisbonne leur tendance démocratique, la captivité du Roi et l'oppression de la métropole; de leur côté, les orateurs du congrès lusithanien ne manquaient pas de taxer d'hommages serviles,les hommages rendus au prince régent, et d'usurpation l'extension d'autorité qu'on lui conférait. Ils allèrent jusqu'à l'accuser de despotisme , parce qu'il convoquait une assemblée constituante législative. Ne pouvant faire la guerre, les certes refusaient de négocier , et , contrefaisant le sénat Romain, qui vendit le champ où était campé Annibal, elles disposèrent du Brésil comme si ce royaume eût encore été sous leur dépendance.
Le 19 septembre, il fut statué à Lisbonne que la convocation de l'assemblée brésilienne était nulle ; que le gouvernement de Rio-Janeiro était illégal ;
( 33 ) que la délégation du prince cesserait à Finstant ; qu'il serait tenu de revenir en Europe dans quatre mois^ pour tout délai, sous peine de déchéance de ses droits héréditaires j et eniin^ que les ministres, les commandans de terre et de mer, seraient responsables de leur obéissance au gouvernement intrus.
Qu'arriva-t-il ? Un an ne s'était point encore écoulé, à compter de ce décret imprudent, et déjà l'assemblée du Brésil était installée ,* le gouvernement du prince-régent s'était transformé en gouvernement impérial j ses ministres exécutaient ses ordres^ et les commandans de ses troupes de terre et de mer lui étaient soumis; tandis qu'à Lisbonne, ceux qui avaient prononcé contre lui des décrets iniques n'avaient su conserver ni leur.pouvoir , ni même un asile.
Jusque-là , on peut dire que les peuples du Brésil avaient désiré leur séparation, mais n'avaient pas songé sérieusement à l'effectuer. Les proclamations du prince et les délibérations qui les avaient sollicitées , l'attestent suffisamment.
Le ler. août encore, au moment où le prince décida qu'il ne serait plus reçu de troupes auxiliaires au Brésil, et que si elles se présentaient on les repousserait par la force , S. A. R. déclarait que son peuple et lui regardaient toujours les Portugais comme leurs frères.
Mais le dernier décret des cortès resserra de plus enpluslenœudde l'union brésilienne; Bahia même
ad]iéra aux vœux des autres provinces , et Monte- Video, considéré jusqu'alors comme Etat indépendant , sollicita sa réunion au Brésil.
Une escadre portugaise, il est vrai, porta dans Baliia , vers cette époque , toutes les troupes dont les cortès avaient pu disposer, et le général Madeira parvint à assujettir la seconde ville du Brésil^ ;tnais il ne put jamais s'étendre hors des murs, et toute la province, les îles même de la baie demeurèrent dans l'unité brésilienne. Il en fut de même des provinces de Para et de Maranham, hors des murs de leur capitale.
Au dernier moment de leur existence politique, les cortès affectèrent encore plus de hauteur j elles abrégèrent le délai donné au prince-régent pour son retour en Europe , le menaçant de l'exclure de la couronne de Portugal s'il n'obéissait, et ordonnant de traduire devant les tribunaux les signataires de l'adresse de. St. -Paul, premier brandon de l'insurrection brésilienne; enfin, elles déclarèrent que les armes et les munitions de guerre ne pourraient plus être exportées pour le Brésil, ordonnant la confiscation de tous navires qui seraient pris avec de tels chargemens , et mettant ainsi en état de blocus fictif, à l'instar de Napoléon, douze cents lieues de côtes du Brésil.
Quant à l'unité de l'administration brésilienne , vœu universel des habitans,les cortès décident d'abord qu'il n'y aura qu'un centre d'action, et immé-
( 35 ) diatement après anéantissent cette disposition ^ en autorisant chaque province à relever directement du Portugal , sorte de dérision et d'outrage , qui indisposa au plus haut degré les Brésiliens. •
A ces mesures hostiles succéda un véritable état de guerre ; car il y avait encore des troupes portugaises à Bahia et à Monte-Video. A Bahia^ elles furent bloquées par les milices de la province et des provinces voisines j à Monte-Video , la garnison constituée en corps délibérant avec un conseil électif^ attendit les ordres des cortès pour remettre la ville j non au régent du Brésil^ mais plutôt aux Espagnols. Ainsi la guerre était déclarée et flagrante ; mais de la part des Brésiliens^ elle n'était nullement dirigée contre l'autorité royale de Jean VI , alors captif et au pouvoir d'une poignée de démagogues.
Dans cet état de choses , il fallait que le Brésil eût une existence indépendante et forte qui le mît à l'abri des révolutions. L'accord des provinces ^ la proclamation du prince^ comme défenseur du pays , la convocation du conseil-d'état électif et d'une assemblée constituante^ avaient établi le fait d'une séparation complète , c'est-à-dire , que le régent , pour conserver le Brésil , avait consolidé le système établi par le roi son père . à son arrivée à Rio- Janeiro.
Cette première période du gouvernement de
don Pedro fut marquée par deux publications d'une haute importance : l'une est son manifeste , sous la date de Rio-Janeiro, le ler. août (1822)^ et adressé aux peuples du Brésil ; l'autre est un second manifeste adressé aux gouvernemens amis et aux nations étrangères.
Dans le premier , qui est une sorte d'appel au peuple et dont nous allons donner la substance, le prince faisait d'abord connaître aux Brésiliens que le Portugal détruisant toutes les formes établies et changeant les institutions antiques delà monarcliie portugaise ^ voulait contraindre le Brésil à le suivre dans ce système de honte et d'avilissement.
« Mais les provinces méridionales du Brésil , » ajoutait le prince, se liant entre elles ^ prenant » l'attitude majestueuse d'un peuple qui reconnaît, » au nombre de ses droits , celui de vivre libre et » heureux^ ces provinces jetèrent les yeux sur X) moi , le fils de leur Roi , moi , leur ami , qui , les )) regards fixés sur cette riche et immense portion » de notre globe, connaissant les talens de ses ha- » bitans, les ressources inépuisables de son sol, » voyais avec douleur la marche tyrannique de » ceux qui, après avoir si indignement usurpé le » titre de représentans du peuple de Portugal , » s'étaient faits les . souverains de la monarchie
» portugaise En me confiant toutes leurs
M espérances, c'est elles qui ont conservé la mo- « narchie dans le grand continent américain, et
(37) » consacré les droits reconnus de Faugustc juaison
» deBragance
» Sans le cliquetis des armes, sans le tumulte » de l'anarchie, elles me demandèrent, comme )) un garant de leur liberté et dé l'honneur natio- » nal, la prompte installation d'une assemblée gé- » nérale constituante et législative au Brésil. J'au- » rais voulu la différer pour voir si la folie des » cortès de Lisbonne céderait enfm à la voix de » la raison et de leurs propres intérêts ^ mais l'or- )) dre qu'elles suggérèrent, et qui fut transmis ati » consul portugais, d'empêcher toute expédition » de munitions de guerre pour ce pays , fut une » déclaration de guerre et le commencement des ». hostilités. Si je faiblissais dans ma résolution, je » manquais aux promesses les plus sacrées, et il » n'existait plus de moyens de contenir les maux » de l'anarchie j d'empêcher toutes les fureurs de » la démocratie et le démembrement des provin- » ces. Quelles luttes allaient s'élever entre des partis )) acharnés , entre les mille factions qui se seraient » successivement agitées et renversées î A qui de- » vaient rester cet or et ces diamans de nos mines » inépuisables ? Pour qui auraient coulé ces fleuves )) immenses qui font la force et la richesse des » états ? A qui aurait profité cette fertilité de notre » terrain, source intarissable de notreprospérité 7 . . . » Je résolus donc," Je pris le parti que les peuples » désiraient, et j'ordonnai la convocation de l'as-
(38) » semblée du Brésil, afin de cimenter l'indépen- » dan ce politique du Brésil sans rompre entièrej) ment les liens de fraternité avec le Portugal. » Mais les actes du congrès de Lisbonne relative- » ment au Brésil, sont un monument continuel de )) tyrannie et de délire. Le congrès a établi des dis- )) positions législatives pour le Brésil sans avoir at- » tendu ses représentans , faisant ainsi injure à la » souveraineté de la majorité du peuple.
» En même temps il désarmait vos forteresses, » dépouillait vos arsenaux, laissait vos ports sans » défense, appelait dans ceux du Portugal toute » votre marine, et il épuise vos trésors.
» S'il présente un projet de relations comm er- » ciales sous de fausses apparences de réciprocité' » et d'égalité, c'est pour faire le monopole de vos » richesses, fermer vos ports à l'étranger, ruiner » votre agriculture, votre naissante industrie, pour » vous réduire de nouveau à l'état de pupille et de » colon. Qui pourra le croire? il ose vous menacer » de rompre les fers de vos esclaves et d'armer leurs )) mains contre leur maître.
» Au lieu d'un seul centre d'autorité dont vous )) aviez besoin , le congrès veut bien vous en accor- » der deux ou davantage. Quelle générosité ! ou » plutôt quelle perfide adresse pour détruire la )) force que cet état tient de son unité, armer les }) provinces contre les provinces et les frères contre )) les frères!
» Que vous reste-t-il à faire, Brésiliens? à vous » réunir dans un même intérêt , dans une même » affection, dans les mêmes espérances^ à mettre » en exercice de ses fonctions l'auguste assemblée » du Brésil; elle consacrera les vrais principes de » la monarchie représentative; elle prouvera que » les idées utiles au bien public ne sont pas seule- » ment faites pour orner les pages d'un livre. Bré- » siliens î vous êtes entrés dans la grande société » des nations indépendantes ainsi que vous en » aviez le droit; vous êtes un peuple souverain ; » voyez la perspective de gloire et de grandeur )) qui se déroule devant vous. Si vous êtes retardés » ne vous découragez pas : des déserts de la Gali- » fornie jusqu'à ceux qui bordent le détroit de » Magellan, le torrent de la civilisation court et » coule à pleins bords. Constitution et liberté lé- » gale, sont les sources intarissables de prodiges, » et les moyens qui nous amèneront tout ce que » possède encore de bon cette Europe dont la » vieillesse se débat dans les convulsions révolu- » tionnaires. Ne craignez point les nations étran- » gères; l'Europe qui a reconnu l'indépendance » des Etats-Unis, et qui est restée neutre dans la » lutte des Espagnols avec leurs anciennes colo- » nies , reconnaîtra le gouvernement et la consti- » tution du Brésil. ^
» Mais que l'on n'entende plus qu'un cri, union !
)) Que des Amazones à la Plata, réclio ne répète » d'autres mots que celui d'indépendance j que » toutes nos provinces réunies forment un faisceau )) qu'aucune force humaine ne puisse rompre !
» Illustres Bahians ^ portion généreuse et infor- » tunée du Brésil^ vous dont le sol est encore infesté w de ces voraces et dégoûtantes harpies, combien » me navre votre destinée j chassez d'au milieu de )) vous des monstres qui se nourrissent de votre )) sangj déjà ils ne sont plus Portugais; chassez-les^ » et venez vous réunir à nous; nos bras vous sont » ouverts.
» Vaillans Mineiros , intrépides Pernambucans , » défenseurs de la liberté brésilienne, volez au se- » cours de vos frères, de vos voisins. Ce n'est plus n la cause d'une province, c'est celle du Brésil en- » tier qui se défend sous les murs de la fille aînée )) de CabraL
» Habitans de Giura, du Maranham, du riche )) Para , vous tous de ces belles et fertiles provinces » du Nord, venez rédiger et signer avec nous l'acte » de notre émancipation^ afin de nous constituer, il >) en est bien temps , en un grand corps politique. » Brésiliens, mes amis, réunissons-nous, je suis » votre compatriote, votre défenseur; mon bon- )) heur, soyez en persuadé, est dans votre bonheur; )) ma gloire est de gouverner un peuple généreux \\ et libre ! »
Dans son manifeste aux nations étrangères ^ sous la date du 6 août, le prftice proclamant à la face de l'univers Tindëpendance du Brésil comme le résultat de la volonté générale de ses habita ns, exposait de la manière la plus énergique les griefs du Brésil contre le Portugal et contre le congrès de Lisbonne. « Selon les vues du congrès, disait-il, le )) Brésil ne devait pas être royaume , il devait des- » cendre de son trône, se dépouiller du manteau » royal, déposer la couronne et le sceptlre, et rétro- » gradant dans Tordre politique de l'univers , rece- » voir de nouveaux fers et s'humilier comme esclave » devant le Portugal.» Plus loin, le prince assurait que les cortès de Lisbonne avaient fait l'offre à la France de lui céder Une partie de la province de Para, si cette puissance voulait leur fournir des troupes et des vaisseaux avec lesquels on pût réduire le Brésil; et à l'Angleterre , dans les mêmes vues, la proposition de perpétuer le traité de commerce de 1810, etméme de l'étendre par de plus grands avantages. Don Pedro terminait ainsi son manifeste : « Je viens d'exposer avec précision et » sincérité aux gouvernemens et aux nations aux- » quels je m'adresse , les causes de la dernière » résolution des peuples de ce royaume. Si le » roi, mon auguste père, était encore au sein du » Brésil, jouissant de sa liberté et libre autorité, » certainement il se 'omplairait à remplir les vœux
» de ce peuple loyal et généreux j et rimmortel )) fondateur de ce royaujne, qui déjà en février » 1 8 2 1 , appelait à Rio-Janeir o les cortès brésiliennes, » n'aurait pas manqué dans ce m ornent- ci de les » convoquer comme je l'ai fait^ mais notre roi se » se trouve prisonnier et captif^ c'est à moi de le » relever de l'état d'humiliation auquel l'ont réduit » les factieux de Lisbonne. Il m'appartient comme » à son délégué et à son héritier de sauver non-seu- » lement le Brésil , mais toute la nation por- » tugaise.
» Ma ferme résolution, ainsi que celle des peu- » pies que je gouverne, est légitimement promul- » guée; j'espère donc que les hommes sages et im- » partiaux du monde entier, ainsi que les gouver- » nemens et nations amis du Brésil rendront justice )) à des sentimens si justes et si nobles. Je les invite » à continuer d'avoir avec le Brésil les mêmes re- )) lations d'amitié et d'un mutuel intérêt. Je serai » prêt à recevoir leurs ministres et agens diploma- » tiques et à leur envoyer les miens tant que durera » la captivité de mon auguste père. Les ports du » Brésil continueront à être ouverts à toutes les na- » tions pacifiques et amies qui voudront faire le » commerce que les lois ne défendent pas.
» Les colons européens qui voudront venir ici^, )) pourront compter sur la plus juste protection )) dans ce pays riche et hospitalier. Les savans, les
(43) » artistes, et tous promoteurs d'établissemens^y trou- » veront aussi amitié et bon accueil ; et comme le » Brésil sait respecter les droits des autres peuples » et des autres gouvernemens légitimés , il espère M aussi que, par une juste réciprocité, ses droits ina- » liénables seront reconnus et respectés.
%/\/%%n/%i%nfvw%>%r%/\iWM%fV% %r%/\>\fy\i%n^%iv%i%/v\i%/VM%iVM%j\/\)%/y\,\/v\%/\>\ w«