‹ L'Independance musicale et dramatiqueChapitre 52 sur 67 · MOZART JUGÉ PAR WAGNER · texte numérisé non relu

MOZART JUGÉ PAR WAGNER

Un des arguments favoris des détracteurs de Wagner consiste à dire qu'il professa toute sa vie le plus profond mépris pour les compositeurs de génie, ses devanciers, qu'il poussait la vanité jusqu'à méconnaître les chefsd'œuvre du passé, et que, dans son fol orgueil, il se considérait comme le véritable créateur de l'art musical. Ceux qui inventèrent cette fable, pour l'exploiter, savaient en général à quoi s'en tenir sur son authenticité; mais les badauds et les ignorants, qui constituent, au point de vue artistique, la majeure partie du public, les crurent sur parole. La légende était établie, le canard prit son vol; et bien des années s'écouleront avant qu'on ait réussi à déraciner ce préjugé ridicule.

Le meilleur moyen, pour arriver à ce but, est de répandre les écrits du maître. C'est ce qu'a pensé, sans doute, un critique musical très distingué, M. Camille Benoît, en nous donnant la traduction des œuvres littéraires do Richard Wagner. En 1884 parut un premier volume sous le titre de Souvenus. Le second travail qu'il a publié cette année, intitulé Musidens^ poètes et philosophes (l), est un important recueil d'extraits empruntés aux divers écrits

(1) Librairie Charpentier, Paris.

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