POUB ASSIMILER NOTRE POLITIQUE A CELLE I>E LA MÈRE
" PATRIE ET POUR DONNER SATISFACTION A SON « PEUPLE ET A SON GOUVERNEMENT."
En face d'une déclaration aussi solennelle, venant d'une autorité aussi certaine, et arrachée à l'âme gouvernementale par la pression de l'opinion publique, nous sentons le besoia de nous recueillir et de poser à nos compatriotes une simple et unique question, précédée d'une très courte observation i
Depuis que la constitution de 1840 vous a été octroyée^ les partisans du régime colonial n'ont cessé de voua dire que TOUS jouissiez de toute votre indépendance et que la métropole n'intervenait jamais pour contrecarer vos aspirations^ nuire au développement de vos ressources et à l'administration générale .de tout ce qui pouvait concerner ou intéresser la colonie :
Cela étant posé et admis de tous, nous vous le demandons avec toute la gravité que le sujet et les circonstances imposent ai^ publiciste :
. La prétendue indépendance dont on a bercé votre ima^-
nation, n'est-eQe pas un leurre, une déception, tm mensonge ???
Yotre prétendue indépendance n'est rien de plus ni rien de moins qu^un perfide esclavage !
Vous TOUS croyiez libres, au moins, de prélever l'impdi; comme vous l'entendieE.
Mensonge!
Le gouvernement colonial vous le déclare firallbchement, liardiment : Vous vous trompiez ! Le peuple d'Angleterre, c^est-àrdire le grand débitant d'articles manufacturés, et lé gouvernement impérial, qui est tenu de défendre les intérêts d e ce grand débitant, avaient les yeux sur vous, et du momenj; que, par un tarif qui protégeait votre industrie, vous avez fait mine d'iiser de cette prétendue indépendance dont on vous berçait, le débitant en gros d^ Angleterre et son gouvernement ont mis les scellés sur l'édifice de votre prospérité et ils vous ont ramené à leurs comptoirs, en disant : ^^ Vous ne vous appartenez pas, vous n'avez pas le pouvoir de vous fiiire une existence à part. Vous existez pour nous et par nous. Votre commerce, votre industrie sont à nous : c'est notre bien, c'est notre chose : nous pouvons en disposer comme bon nous semble ! Bn votre qualité de colons, vous êtes, c(»mne nos simples fermiers, tenus de venir vous approvisionner à nos usines, à nos magasinSj à nos boutiques, à nos échoppes. Fermez vos manufactures, videz les nôtres de ce qu'elles contiennent, et, en échange, donnez-nous vos espèces monnayées ! ^'
Voilà le langage que ^^ le peuple d'Angleterre et son gou- Temement '' vous ont tenu ! Vcnlà ses sentiments ! Votre
position et* la leur 8<)nt clâîreiBeni dëfinie^'! Ils sont vdë mftftres et yos bras sontcbargës de'éliàtnés. ' tJn simulacre de liberté les cache à votre vue, et votre habitude de les porter vous empêche d'en» Éféntir le poids, voilà tout. Elles ont traîtoé de nos înéfflfeurs con<âtoyens jusqu'à Péchafaud i elles se sont acharnées à d^àutres jusque dans un loiptain eidl'j'et aujourdTiuî encore tme multitude de nos compatriotes lie les secouent qu'avec' la poussière dé leurs sandales en traversant la frontière qui sépare la patrie de la terre de la liberté ! :.;.....
Des chaînes ! • Le mot est dur, mais la réalité Teôt elle moias? ......;/... : ..ï. ..
Bticfô ne'BOftt pas vos cbaîhes encore comme votre hôntf (pà sont lourdes à porter. Oui ! vôtre honte d'être victimes de vôtre propre faiblesse, de votre défaut d'initiative, de votre apatibie, de voti^ négligence à vous élever au rang d'un peuple libre- et d'en exercer les attributions ! Que vous répond l'Angleterre, quand vous vous plaignez de sfes exigences qui pèsejt fatalement sur votre commerce, sur votre industrie, et qui les étouffent; sous le poids des produits et de l'égoïsme métropolitains ? EDe vous fait tenir par nos nÛDtstres coloniaux, sest agests, âes messages oomme oelui qiie.vous.traDsmettBit FhonèirablëiiXkiEâstre des finances même, dtttt le disQOurs que nous avoBB déjà cité^ Il disait alors :
^^JKoufiTdpoBaat sur la mfétropole p<mr notre défense, lui demasidajit Fûde^ de ses troupes pour protéger nos frontiàses, nos meiBiintérieiii'es^etnoBpèeheurs sur nos côtes, H«> dewnêHKumi: fc» 910^1 eciiuidéver Umu de faire ^^noorder' naàre./jpUtique fiscales^ tmeela Mmêne^et d'adopter tme conn dmtà qui êeru agréable d la méttôpjoile ,et avantageùêed la colonie /"
• AÎBffl^ la. chose est éiddente l' Sa retour de la protection qn^ella vcras aooorde^ila'métiiopdéjfp'attend à ce- que les inté^ rets les plus yitaaz du pays lui seienck^ sacrifiés. - ^ '■■■'^ i •:
yotee.eoiimien;e'pro8père-t*i}^ti >nm& def^ea fermer Mu^tie; tt/iOEiftne vous approviûMoietipas cbMene-; n^ vousfpto-
t^^t-eUe paa contre le$ lEéqS»m, aea pfùgtH' eimemi% et ne défend-eÛe paa tqs p^c^iedea^ (joi 9c»t le/i eimm fito^ qu^e les vôtres !
Vos manufi^etares aQ^t-e^e& en. pleme agératî^iv ? le- ùjifmç^t anglain prête qne oreille jflouae aux rmaeura ioitapt-4ei ces ruches, huioidpes^ s'imaQbae' que voo»^ le rouies en toios protégeant, fait crouler lee baxriéres proteetiricas de; votre tarif, inonde le marché canadien 4e aeSr produits^ et :fiBflrme vos mapufactures :. n'est-il pas le maîtce, et les soldate- ^'il paye ne sont-ils pas vos défenseurs contre les ennemi» de t Angleterre f
Compatriotes, comparez la protection que vous. recevez de la métropole, au prix qu'elle vous coûte. Voue en arriverez de suite à la conclusion que* vous êtes les perdants à oette^ échange de votre prospérité pour une proteeticm contre.dea attaques dont vous êtes toujours Sfdidaires et que vous ne provoquez jamais
Ooncluons.
La politique commerciale de la: métropole, qui ne peut Qsercer les attributions de sa tuteUe sana en. retirer desarvany tagee équivalents, noua impeee donc, dans )rordre maliénely Tabsurde et rimposnfole^ en éûbange de. notre pvraistance à rester colonie. Il est inutile d^q^érer^ u& changameait à notre condition commerciale' et^ le dévelèpperneBÉ vigoaseux et complet de nos resaousces,, aussi longtrânps que dasei»> le ré^e. colonial. Toute tentatite de« redressement n^aboch tira toujours, soue ce régime, qu^à des. tiraillenients et^ à dee déceptions.
Irindépendauce noue aasureosit.le drràt 4e cenoluve avec 1^ Etats-Unia, ou toute antte nation^des cssnrentîens. comn merciales en accord avec notre dtuationigéMigniphiqqeket noe v^ti»bles intéifêts mercmytiteiB* Si noms renDcntriona des objections de leur pait^ upua. penmoDt aris»ir> nom-aâme»
iCb»^ Batipns.i$v^.$^iétadieyr9ieirt tes «v^
pafiQd ^?y ]|)% DKMi» domie pai» même la £^e«l^ <)e JsewN'Iek'^ représenter à l'étranger. Lorsque nous yoolo^ ét^fiiç^ ]m avantages de relations nouvelles avec les peuples d'Amérique ou d'Europe, nous sommes obligés d'envoyer des commissions qui recueillent dans des discours échevelés, prononcés après de copieuses libations, des données qui n'ont aucun sens pratique.
Une maison commerciale du Canada veut-elle se mettre en communication avec quelque pays éloigné, elle n'a personne chez celle-ci chargé de prendre soin des intérêts canadiens. Qui s'aventurera, sous ces circonstances, à fréter des vaisseaux et à les remplir de produits qui fermenteront à la température ardente des zones tropicales,? Pareilles entreprises se résoudent invariablement par la ruine des négociants qui s'y engagent.
xvn.
Malgré toutes les entraves du régime colonial, un représentant de la France à Québec a pu, en peu de temps, quadrupler au moins notre commerce avec son pays. Le droit de nous faire représenter à l'étranger produirait des résultats analogues. Devons-nous donc hésiter un seul instant à demander notre indépendance, lorsqu'il est si bien prouvé que le droit de conclure des traités de commerce et de nous faire représenter à l'étranger est essentiel à la prospérité du pays ?
La privation de ce droit nous laisse à la merci d'intérêts étrangers. L'usage de ce même droit donnerait la priorité à nos propres intérêts, sans nuire aucunement, du reste, aux relations commerciales que nous devrons toujours avoir avec le Boyaume-Uni.
L'Angleterre le reconnaît et n'hésite pas à accepter les
omeéqnenees de son admîasnon aun senBée qu'inteOigentew Cest à nous, colons, à nous prévaloir, dans nn but d'intérêt ooimnnn, des bonnes dispositions de la métropole. La poli-^ tique contraire est tm soicide, et le suicide n'est pas seulement une folie : c'est une faute— disons le mot : c'est un crime, un crime d'autant plus odieux dans ce casKsi, qu'il enveloppe tout un -peuple dans une ruine et un ment inévitables t