‹ L'independance pacifique du CanadaChapitre 11 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Lb DEorr ou la liberté de promouvoir l'industrie

IfATlONALE PAR LA PROTECTION OU LE LIBRE-ÉCHANGE, SELON LES BESOINS, LES CIRCONSTANCES ET LA POSITION GÉOGRA- PHIQUE B'tN PAYS, EST ESSENTIEL A LA PROSPÉRITÉ d'uN PEUPLE, INCOMPATIBLE AVEC LE REGIME COLONIAL ET NR PEUT NOUS ÊTRE ASSURÉ QUE PAR L'INDÊPENBANCE.

Le mouvement des intérêts industriels du Canada doit, d'après des observations positives, déterminer la séparation pacifique de la colonie d'avec la métropole, si le lien colonial n'est pas auparavant brisé, violemment, par les Etats-Unis ou par une vigoureuse incursion irlando-américaine.

Apôtre humble, mais ardent et sincère, de l'indépendance canadienne, nous voulons contribuer à ce mouvement, susceptible de mettre \m terme au régime colonial, avec une ferveur et un zèle que nous nous efibrcerons de rendre intelligents et pratiques. Croyant à la possibilité de rallier tous les esprits^ qu'ils soient imbus des idées de protection ou de libre-échange, à une pohtique industrielle et économique, rationnelle, sage^ dégagée de l'exclusivisme des systèmes absolus, des théories abstraites, nous nous évertuerons à opérer cette union de forces divisées et si aptes à s'entendre.

Les libre-échan^tes et les protectionnistes de ce pays sont des hommes également modérés, ayant tous à cœur, au même degré, la prospérité de leur pays. Nous connaissons assez les opinions des uns et des autres pour savoir combien ils dif-

fSrent pèti. Us partent tous, en pratique^ d*un principe conuniin : le développement de notre industrie ; et ils yenlent tous obtenir ce résultat par l'entrée libre des matières premières que nous pouvons manufacturer, et par le prélèvement d'impôts raisonnables sur les articles que nous manu&cturons et que d'autres pays manufacturent aussi: de manière à mettre notre production industrielle sur un pied d'égalité avec la production étrangère, sans augmenter le prix de revient aux consommateurs.

En un mot, tous s^'accordent & ne pas ^perdre de vue la nécessité de ne rien brusquer et la sagesse de fiaire marcher de pair, sous toutes circenstances, l'intéiiSt mnédiat du consommateur et du producteur. Tel qui se croit fib)^e4cbaii« ^te ne Test pas plus que «on voisin qu'il qosQifie de ptotecti«Dii« niste et dont D abhoire les opimons sans leis oonnaStre : et t^l qui se targue hautement d'être protectionniste, s'aperçoit, lorsqu'il raisonne, qu'il ne peut obtenir la protection ou l'encouragement qu'il demande pour l'industrie canadienne, sans avoir recours au libre-échange.

La différence n'est donc que dans les mots. Kos amis les prétendus libres-échangistes et les speudo-protectionnistes s'amusent parfois du spectacle de docteurs en théolo^e ou en loi, se querellant longtemps sur la valeur d'un mot, pour découvrir après deux heures de discussion qu^îl n'y avait aucune (ïïfférence d'opinion entre eux.

Et l'histoire ne rapporte peut-être pas, mais on rapporte certainement l'histoire d'un couple assez souvent en désaccord, et qui dans un moment de douce félicité, se communiquait en termes fort tendres une satisfaction mutuelle sur ses rela^ tiens du moment. Une légère différence d'opinion s' étant cependant manifestée sur l'origine de ces trouhiles et le point important de savoir qui en était la cause, ces bonnes ^ens en vinrent bientôt aux gros mots : puis il y eut libre-échange de coups, malgré lei» protection due au plus faible ; la bonne entente était brisée : elle ne revint que lorsque les parties eurent le bon sens d'admettre qu'elles avaient tort toutes deux de ne pas se donner raison réciproquement.

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'Qtiaid protectîoittdstes cft fibi-e-ëtSlito^tes s'^ercevrbUt qu'ils répètent la même comédie, ils i^ém|)l*essercfnt sanâ feule de (flore tine discttssion qui s'étaie tuï deta mots, — ^sur fcto mots qm ^claiirettt pétrt-ètre la question bu fti^orie, mais çpà la comjiliquetit singulièrement eti pratique.

Le. mouvement des mtéréts i»ât]s(aKè]s au Ûstna^ mérita toute notre attention. En premier lieu, il comporte une condition de vitalité essentielle à ce pays ; néanmoins il n'est pas toujours bien saisi dans son ensemble. En second lieu, ce mot^^nement eonduît inévîtablemenft à Tindépendaûce : il d^ttnineta fort probablement la rupture du ïen colonial.

Qu'on ne s'étonne donc pas si nous nous efforçons, dans len pages qui Vûnt suivre, de donner îl la question du mouvement industriel tous les développements essentiels à sa parfaite in^ telligence, de l'examiner sur toutes ses faces, d'en î:>résentep, à tous les points de vue, les Svers aspects, afin que cliactm puisse en saisir les aperçus les plus importants, Papprécier datnssoh ensemble, oomprendre la^^tuatiôn qu'elle crée dans le présent et celle qu'elle est susceptible de faire naître dans l'avenir. Bi nous pouvons accomplir dignement l'œuvre que notre conscience nous impose, 21 sera difficile par la suite de leurrer le public canadien par des aperçus spécieux, des promesses mensongères et les mirages fliusoires d'un système continu de déceptions.

Trois propositions bien claires se présentent de suite à l'esprit":

1^ tJne industrie manufacturière largement développée, solidement assise, donnant du travail à toute la main-d'œuvre que fournit le Canada, est absolument indispensable à la prospérité de notre pays.

2** he libre-échange et la protection sont deux systèmes dont le mélange rationnel, sagement pondéré, assurerait à notre industrie, sous le régime de la liberté inauguré par Pindépendance, les développements dont elle est suscep-

tible et préparerait les Toies à uue uniou oommercii^e et industrielle avec les Etats-Uzûs.

3° Le régime colonial^ tout en n'étant pas incompatible eu, théorie, avec le développemeiiit de notre industrie, lui esii radicalement opposé en pratique, parce que l'intérèli du manufacturier canadien est toujours opposé et uniformément sacrifié à l'intérêt du manufacturier britannique. Par conséquent, l'indépendance est indispensable à la prospérité et à l'expansion de notre industrie manufacturiàre.

L L'intelligence humaines'estde tout temps évertué^, ayec un singulier zèle, à développer les ressources que la large main du Créateur a prodiguées à notre globe.

Les besoins naturels, les sentiments et les passions mêmes de l'homme, en suscitant sans interruption des désirs, des goûts et des aspirations matériels, ont imprimé à sa volonté une action qui s'est souvent résoute en la découverte, de nouveaux aliments, d'ustensiles perfectionnés, de moyens de locomotion étonnants, de vêtements souvent plus élégants ou plus somptueux que confortables, d'articles de luxe de toute espèce, enfin de moyens de destruction qui ne sont pas une preuve très concluante du respect des gouvernements pour la vie humaine.

L'habitude devenant bientôt une seconde nature, l'hun^anité ne peut guère retourner aux temps primitifs où les produits d'une nature sauvage suffisaient à ses besoins.

L'humanité abandonne difficilement ses moindres conquêtes industrielles : si elle les transforme, c'est pour les améliorer ; et elle ne cesse im instant de les multiplier.

Faut-il en parler légèrement et voir dans les progrès matériels de l'humanité un signe de décadence morale, et des entraves au bonheur des honunes ? C'était, vous le savez, la doctrine paradoxale d'un publiciste incomparable dans sa perfection littéraire : mais les sages concéderont difficilement que les conceptions nées du développement de l'intelligence

humaine, sont une preave d^ rabniiiçsemaQit individuel et de la dégradation sociale^

Faire revef^r l'humadiité à la franchise et à la lojrauté pri-* nûtives dans les relations individuelles, enseigner aux nations que tous les hommes étant frères, les guerres sont fratricides ; conseiller à tous l'usage modéré des conquêtes de l'industrie sur la matière brute ; encourager chacun à augmen* ter la somme de bien-être général afin de dûninuer la sonime des soufirances de classes déshéritées de la fortune et d'indi" vidus poursuivis par une destinée fatale ; tel doit être, dans notre humble opinion, le but constant de la véritable civilisation.

Le motif déternfiinant de cette philosophie se trouve nécessairement dans les besoins créés par la disparition de l'état primitif de la jmture, qui dozmait aux hommes une subsistance suffisante* Cette transformation a créé pour les générations modernes la nécessité de poiurvoir à leur alimentation par des moyens en quelque sorte artificiels.

En développant les goûts, la civilisation a multiplié les besoins. L'homme ne se suffit plus à lui-même. Dans quelque condition de la vie qu'il se trouve placé, il serait privé de beaucoup de choses devenues essentielles, et bien malheureux, en définitive, si au-dessus et au-dessous du niveau qu'il oecupe dans la société, dix ou vingt de ses semblables ne s'évertuaient à satisfaire ses besoins, ses goûts, ses désirs, et quelques-unes de ses passions, sinon toutes. Lui-même s'impose simultanément un labeur qui profite à ses semblables, si toutefois il n'est pas destiné à satisfaire leurs caprices et même leurs vices. . C'est en quelque sorte un bonheur qu'il en soit ainsi, réserve faite des abus ; car le travail sous toutes ses formes, est une nécessité de l'agglomération des individus dans la société. Où des minades infinies d'êtres humains trouveraient-ils leur subsistance, s'ils n'encourageaient la production de choses plus ou moms nécessaires à la vie, en ofirant en échange aux producteurs, mille riens sans lesquels celui-ci croirait sa félicité compromise ?

H est douteux que la nature sauvage et même la culture de la

glèbe pniflsent suffire à l'alimentation d'tm m(mde aniri populeux que notre planète/ Dans ses desseins multiples, la |Voyidence met quelquefois à l'épreuve la raison humaine ; mais des nuages qui l'entouraient jullit, après un examen consciencieux, une lumière que le monde accepte en dépit des thèmes. Cest cette lumière qui éclaire l'humanité dans les Toies larges de Pindustrie et du commerce. O'est cette lumière qui reflète ses lueurs, incertaines ici, éblouissantes à cdté de nous, danQ les usines bruyantes et jusqu'au fond des entrailles de la terre, où l'homme cherche avec avidité la satisliMtion de* ses conymtises ardentes, de ses ambitions sublimes mais non démesurées

Les reflétons qui précèdent sont destinées à cies âmes d'élite, qui ont le tort de perdre, à dé|4orer le sort de l'humanité sortie d'une voie où elle ne peut revenir, un temps précieux^ qu'elles pourraient consacrer à faire disparaître les obstacles opposées au bonheur de l'homme, dans les voies modernes où la main de l'Infaillible l'a sciemment poussé.

Mais les hommes qui prétendent que le bonheur du peuple canadien est incompatible avec le développement de l'industrie, se font de plus en plus rares. Le temps est passé où le manchon de la charrue était offert à celui qm n'aspire qu'à manier le marteau, la varlope ou le dseau. On soutenait alors que la faucille, la pioche et la cognée devaient convenir coûte que coûte à celui qui était plutdt né pour tisser le coton et la laine que pour faire les moissons. Aujourd'hui on accepte la diflS^rence entre le goût de se livrer à l'indusdrie et de confectionner des œuvres d'art, et l'aptitude à défricher la terre et à mettre en tas les cailloux mdenc(mtreux. Les nobles et pénibles travaux de la terre ont le respect de tous, mais on ne fait plus au Oréateur l'injure de croire qu'il n'a pu foire que des laboureurs. D me sera donc facile de persuader à mes concitoyens que l'industrie et les manufactures sont une condition essentielle de la prospérité de mon pajrs.

rv.

Usait qo» le Caooada 'a 6té peu ^uplë, il a pu sang de* grands désaimniages sîapprovinoiiiier à Pétranger. H ftflait dëfincher la terre, la naxÈbpB en cnltnre, onysir les Toies d^ oommaùmdion : cela saffisait pour le inoment à ses fovces et

Idomepae le iemân iftit débhyé et que la poptdation ^eoin^ ssen^ it aB^ag^amâw ; loraquje les TtHages agrandis et Binltififiés fiireut transfoisnës en tilles et «n oités^ rindostrii» nnmvfaotniŒëre devkit im besoin du pi^. Les travaux de dpéfrisfacnoml; cieEfc d» colonisaiÛHi ne pouyakmt suffire plus fattqgtGBipB ; la^pulatien, devenue conikdérable, attendait ImpatiemaeBJt^maiB tropnse lendro oonapte de la «ause de son HisIuœ^kieDfiafion de l'industrie inanufiui^^ Dèeravani 16Btt, la ^population du ^Camtda 'bâtait prête ptMir rindustarie, pour PirHlépendanoe. Ci'est tellement le oas, qa» peu d» teatpQ apFàs leette date, xK)iiuBençait l'émigration de -nos oom» patriotes aux Etets-Hms. Us oommencèvent à ^âsngrer dèa oe tempstlà, parce qu'il n'y mmt pas de traTaQ au Caoïada, paf' censéqu^it pas de pain, et il n'y avadt ni travail ni paûi pour cette pairie de la populatdon qui énugrait, parce qu'à n'y avait pas d'industrie. A mesure que la population du Canada augmenta, la nécessité d'une industrie nationale se fit sentir plus vivement, et comme cette industrie continua de faire défaut, la population continua d'émigrer et émigra d'autant plus, que le travaQ qu'elle ne pouvait trouver ici, appelait aux Etats-Unis les ïras disponibles de l'univers entier.

L'întellîgence la plus ordmaire est susceptifile de comprendre que du moment que la population du Canada eut atteint un certun cbiffire, l'induslriie manufacturière devint un besoin, une nécesàté, telle, que l'eristence d'une partie de cette population en dépendait ! La population destinée dans l'ordre de choses ordonné de Dieu, à gagner sonr pain, sa subastance, dans Pîndustrie manufecturière, serait morte de fiûm en Canada, si la voie des Etats-Unis ne lui

^yait pas été ouverte ! Les économistes de toutes les écoles possibles, admettront avec nous la nécessité d'une industrie manufacturière. La longueur de nos hivers crée par diemême cette nécessité. Pendant cinq longs mois de l'année, la glace ferme nos rivières, nos fleaves et nos lacs, aux vûsseauz du monde comme aux nôtres ; notre sol est couvert d'une épaisse couche de neige ; les opérations de l'agrictdture, du commerce et de toutes les industries journalières sont suspendues, en attendant le retour de la saison printanière et 3a réouverture de nos grandes voies naturelles de cômmunî- •catlon. Dans cet intervalle, un peuple tout entier reste inactif, inoccupé. Les classes ouvrières et l'homme . du labeur journalier, attendent, souvent dans la plus grande gêne, que la nature se dépouille de son manteau de nràgè et de glace et rouvre ses mamelles au besoin général de subsistance. Or, tout ce monde, aisé, indigent ou misérable, pourrait trouver, qui l'emploi de ses capitaux, qui de ses aptitudes, qui de ses bras, dans les manu&ctures. Les manufactures n'existant pas, les capitaux restent inaetife, et cette forte partie de la population qui croupit forcément dans l'oisiveté et l'indigence, va chercher dans la république voiône, le travail que la patrie ne sait pas, ne veut pas et ne peut même pas lui donner, sous le régime actuel.

Le travail est le pain du monde.

Le travail est la source de tous biens, sans compter qu'il est aussi une forte garantie morale pour la société. . Une société qui ne peut fournir du travail à tous ses membres doit nécessidrement subir une déperdition de forces. Si elle importe de l'étranger ce qu'elle pourrait fabriquer elle-même, elle perd le profit réalisé par l'étranger et enrichit ceuxr qui "doivent lui être indifférents, aux dépens de ceux qui lui sont chers.

Ce que la société canadienne paie inutilement, elle le perd. Or nous payons des frais de transports inutiles d'un

eoBtmeiit à l'antre, Qaelle perte immense ! Mantifaetarant obes BOUS, nous économiserions des mSlions, rien que sur le» frais de transport.

La colonie ne perd pas eieulement le profit du travail qu'elle feit fidre pour ainsi dire par l'étranger, elle perd la yaleur enti^ du travail £ût à l'étranger. Un homme n'est utile à la société que par la somme de travail qu'il lui apporte ; que ce travail soit représenté par des capitaux ou de la main-d'œuvre, peu importe. Or la privation de manu, factures diasse nos concitoyens à l'étranger ; leur travail augmente d'autant la richesse de celui«ci et diminue la nStro^ en égale proportion : la colonie perd donc la valeur entière du travail de ceux de ses habitants qui la quittent forcément pour d'autres contrées mieux administrées.

Elle perd plus encore. L'émigré canadien qui enrichit I& pays voisin parce que la colonie préfère importer plutôt que^ manufacturer, eut donné lui-même du travail à ses concitoyens, comme il en procuré aux citoyens de la république oi^ il habite forcément. Il eut procuré du travail au bottier canadien, au tailleur canadien, à l'épicier canadien, à l'avocat canadien^ à toutes les industries de la société enfin ; car il n'est pas de condition où l'homme n'ait besoin de de mander quelque chose à toutes les industries, à toutes les professions. >La colonie perd donc la valeur entière du ti^vsôl que les six cent mille canadiens émigrés aux Etats- Unis procurent nécessairement à ceux-ci.

L'agriculture est certainement l'élément vital, fondamental même^de l'éeononne d'un pays. Si les moissons ne rendent pas BuflGfiamment, toutes les industries, toutes les classes de la société souffirent. Mais il n'en est pas moins vrai que le Cani^ sera éternellement pauvre, ai son industrie n'est pas largement dévelopjpée. La production agricole ne peut rece. voir d'iiÂpulfflon dans un pays où l'industrie est limitée à quelques usines, à quelques échoppes de peu de conséquence.

Cftr qui ait kkdastrie, dit non SQulement produotbii» sam ùoiat mmmsitàou- Plus il y ad'industciea» de ipaimfiiptereiretr d'alelien en activité, plus il y a de conBommateo»» Or oe qu'il &at à L'agrioultare^ oe sont doB coâsomBiateuro. Sq>pplon8 h caA) fort posdble sous un gouyemeioeiàt iodépendînit et habîX^j où rindustrie et les maim&ctiures, lee' arts- et les métîerSt seraient réellement' prospères en notos payjs : rémigration oesserût ; la plupart de no» compatriotes émigrés aux Etats-Unis se rapatrieraient ; la produotioin egrio^ du Gaaada trouverait an sein même du paj^ un aombxie de consommateurs presque saflisant; elle écoulerait sas denrées sur un marché national^ à des prix satisfaisants, et n'aurait plus à redouter les fluctuations des macrahés ^smof gers; elle ne subirait plus le contrecoup de la produotion ^tiaogjKre, et comme elle ne peut atteindre ce niveau- que sous le régime de l'indépendance, eUe n'aurait pas à redouter l'effet, sur la consommation nationale, d'une polUàque métropolitaine hiDistile à l'industrie manu£Eicturidre de notre pays.

Quand le gros de la popidation qui cousomme la jN^oduetion agric(de, sans participer directement* à cette production, est proqpère ; c'est-à-dire quand toutes les classes laboriensee, depuis le journalier jusqu'à l'ouvrier le plus habile et le jâus xangé, gagnent de bons gages, la société est dans la meilleure condition de prospérité possible. Le propriétûre reçoit des loyers rémunérateurs pour ses maisons, l'épicier et le marchand de nouveautés trouvent un large débit, les professions sont encombrées d'affaires et leurs senîces sont libéralement et fidèlement rétribués, le trésor public regorge de fonds, le crédit national est à son apogée, la nation reçoit une impul- «M: iiarésistible et marche à la v^eur* à. de superbes destinées ; son 6Drt est envié par les antres peuples da kk. terre.

Mais A l'industrie végf^te, les cooleun vivent, du taUeau eooial «B rambruoiasent, et, À travers les ombres qui prc^ettent SOT la situation leur sinistre obacurité, l'on vioit le peuple a'éieigper: ea silenoe de la patrie, eondnit ooimie les enfiuits

dlisr«Si. cberchant là teirre pronnse, par la colonne dfer fèn qni VâêVe des fiMirtiatix indnstrids de la.rëpuMique yoisine'. Bia&B le langage sablimo' du grand anglais Bright; le canadien comme Pirlandass est plutôt demi le pays qne du ^ys* ■ L'un et l'autre tournent leurs regards, non pas' du côrfcé de l'Angleterre, mais rers les Etats-Unîs. L'ancien Itébreu dans sa captivité, ouvrait ses fenêtres du côté de Jérusalem, lorsqu'il priait ; le sectateur de M5ahomet n'offife «a prière qu^en regardant du côté de La Mecque ; et le paysan irlandais, comme le canadien, quand il veut du pain, de la liberté et du borfieur, suit le soleil jusqu'à son couchant. Les aspirations du cœur irlandais traversent I0 vaste Atlantique, et, comme le prolétaire irlandais, le prolétaire de l'Amérique anglaise, presse en esprit la main de la république >

de l'Occident, en attendant qu'il se jette dans son sein.

AxjL yeux de tout habitant du Canada qui tient à honneur de ne pas être aoeusé d'une ignorance grossière des intérêts et de la situation de son pays, il n'est pas nécessaipe d'appuyer nos affirmations de citations qui les confirment. Mais pour l'étranger qui honorera ces pages de son attention, la citation stdvante aura un double prix» Si elle constate des infortunes, elle eetnn noble tribut d'éloges ofiért à la population cana- «dienne-fifançsûse, qui, du reste, a mérité à maintes reprises •des témœg^ges analogues. La brise républicaine nous apporte qaeh}ue^is de semblables éloges de nos compatriotes : c'est la V(»2 de leurs nouveaux conciftoyéns qui charme leur exil par l'expresÂon d'tme estime qui honore notre race.

Yoici ee ^e cKsait l'hon. M. Bose^ dans son mémorable discours du 12 juillet dernier :

'' Je OTQfit que nous ne pouvcMiS' omette eertûnes dironstttQ09S relative» à notre position, qm a!impo0ent à la solUoitude de la Chambre et À l'attention dû paye, Pendant vu eertaôn nombre de m(ne ée Faonée, IVymiveié est en qu^ue sorte ûopodée à une large portion de nelare populatioUé Ni»

fleuTee et nos lacs sont scellés, nos pêcheries pt nos opAntions agricoles sont suspendues. Donner des occupations et de l'emploi profitables aux masses, afin d'empêcher l'oisiveté et toutes ses conséquences pernicieuses, est un devoir qu'aucun homme d'état ne peut impunément neiger. Et, qmmd on voit des centaines de milliers de notre population s'expatrier, pour échanger leur travail contre leur subsistance dans un pays étranger, c'est une autre considération qui doit commander impérieusement l'attention de la chambre. Nous devons considérer s'il n'est pas possible de garder cette population au pays, at home : notre législation devrait même tendre, autant que possible, à rapatrier cette population et à garder celle qui menace de la suivre. Elle est industrieuse, fiiigale, sobre, obligeante, fermement attachée à ses foyers ; je le répète, notre législation devrait autant que possible s'évertuer à trquver pour tous au Canada des occupations qui ajouteraient du reste à la richesse du pays. Je ne suis pas de ceux qui, pour une idée ou une théorie, consentiront à tenir en oisiveté une population aussi bonne et aussi industrieuse qu'il soit possible d'en trouver sur la siufacedu globe. Allez aux ateliers de Concord, Manchester et Lovell, dans la Nouvelle-Angleterre, et vous y apprendrez que la population la plus sobre, la plus industrieuse et la plus hajbile est la popul^n ciM^adieune-française, qui s'y est établie pour avoir de . l'emploi, et je maintiens que l'on devriât trouver quelque moyen de garder au Canada une pareille population en lui procurant de l'ouvrage à des taux rémunérateurs. Aucun homme d'état ne peut trop se hâter de se saisir.de cette considfération et d'a^^ en conséquence. Yoya^z sur les chemins de fer de Montréal à Portland ou Boston, et en peu de temps vous y v:errez passer des cent^ûnes de jeunes gens des deux sexes qui se rendent au:i E^jate-Unis* ;Gfëst un fidt sur lequel il faut^ s'arrêter. J'en. appelle au. prpeureur-glSnéral . du Bac(-Qanada, et je Ijui demande s'il est disposé à paaaer Autre s^ns s'occuper de cette, grave. confddérâtion^ eb si un honune d'état ne devrait pas se mettre de suiÉe à l^oauv^e pour disposa d!ime manière patriotique -d'an fait apiâ txmâidérable. (Ecoutez, écoutez, applaudissements.)"

Vhxm. d^ptité «outient ei^^v^to qu'en ixapœaat quelques <broit8 modérés sur les articles importés de l'étranger et que l'on peut jBMu&ctoer ici, op empâchecsât cette désastreuse 4aà^Atàm oai^enne aux Etats-Unis.

G'eet donc un fait incontestable que l'industrie canadienne ibji sQuS:aA(^ anrael^ de tellee plaintes aux partisans ouîbiés 4e la CQimQ3;J9n impériale ! Elle doit être bien triste la conii]Ution d'un, pç^yç .(pJL. pi;oypque de telles dénonciatiçns de la part d'hommes voués au maintien de ce môme ordre de choses. Bien moins que le vide qui se fait partout au Canada, faute ^'occupations pour les bras vigoureux des artisans et des ouvriers, justiSe,.daQS le sein d'une l^^ature, de la part 4'hom9ies ayant w^ grande reapoxujiabilité, des paroles ;auia^i jg^ves. On pe constate pas sans z^écessité que la patrie ./<)hasse ses en&gts, quand elle pourrait les retenir ausol^atftl par une législation en accord avec leurs besoins. On ne dit pas, saDS y ètre^ poussé par l'irrépressible force des choses, .au ohef d'une race, quand on est de ses aqiis*: ^' Six cent fi^e de vos compatriotes ont déserté le sd natal, parce que vous n'avez pas su leur donner de l'ouvrage ; vous n'êtes p^ un h<;»9ime d'état, vous n'êtes pas un homme de cœur, -si vous n'arrêtez pas, par une législation sage, le flot d'émi- ^ation de vos frères malheureux !" ^.

L'homme auquel ce sauvant reproche s'adressait, fronça le sourcil, s'assura s'il avait encore son portefeuille en poche, palpa son or, sourit à l'^gie de l'autorité impériale, tressaillit 4'$âse à l'espoir d'être bar<mnet, ne rendit pas le coup terrible qu'il avait à peine ressenti, supporta de toutes ses forces ^ politique destinée à précipiter l'émigrfitio^ de ses compatriotes, accueillit avec grossièreté ceux qui s'opposaiejit à <$ette .politique, trioDpiiM sur presque toute la ligne, et se jrencUt en .Â^D^terre, pour y consommer sa tralûson et e^ jneo^^ le prix.

Ce in^oe homme a été l'advenuûre rebelle de l'autorité «^i*lô 1

Le régime colonial çn a fait résclave de cette même autorité !

L'étranger ne pouvait faire meilleure conquête • n faut des convoitises insatiables et des médiocrités or* gueilleuBes aux systèmes qui ne se soutiennent que par les honneurs flétris et le vil métal de la corruption !

vin.

S'il me restait quelque chose à ajouter pour exiger pour mon pays l'encouragement du travail industriel, je ferais aux yeux de l'étranger étonné un tableau de l'énorme puissance motrice que le Créateur a distribuée sur la surface de notre pays et qui nous donne la certitude que, laissé à ses destinées évidentes, le Canada défiera le monde entier pour la productî<»i industrielle et manufacturière. Mais je passe outre, pour condure de suite qu'un pays qui ofifre tant d'avantages et dont ta population est forcée d'émigrer, parce que ces avantages ne sont pas appréciés à leur valeur par les autorités coloniales et sont méprisées par le gouvernement métropolitain, n'est certainement pas dans la position qui lui convient. L'industrie est •nécessaire à sa vie. Autrement le meilleur sang disparaît du corps social et son âme se divise. Condition essentielle de notre prospérité, l'industrie doit donc être l'objet de tous nos efforts. Elle est indispensable à la prospérité du peuple canadien. Nous verrons bientôt qu'elle ne peut se développer sous le ré^me colonial. Constatons pour le moment son absolue nécessité: nous en avons la preuve dans l'exode dont s'affligent tous les hommes de sens et de cœur, et dans ce fait — que nos compatriotes qui s'éloignent du Canada, se dirigent de suite dans les manufactures et les ateliers de nos voisins. Si nous avions id des . manufactures et des ateliers, ils y travailleraient, de préférence aux manufactures américaines. Pourquoi n'aimeraient-ils pas mieux le travail au Canada, que le travail à l'étranger ? Ce sont des hommes

smsibles, inielfigenls et m^ : ils piéférer^ont ' Ia;patn6 avec la frugalité, à l'exil avec l'abondance. Ayons l'indnch trie à tout prix, âévielopfK)BS nos ressoiircea, donnons, donnons eoûte que coûfe^ du traVayl et de bons gage» à l'oumer, iunétons le flot de l'émi^tioD: ^m déshonore le ré^me que nous subissons et qui mine le pays dans le présent et dans l'avenir, ou renonçons aux attributions d'un régime qui,^ à F^xemple^de Saturne, dévore ses propres enfants, et descendons sciemment, volontairement, à la condition d'escla^BS»? Ou expaèrions^noius en nfasse! Buvons d'un seul trait la coupe fatale jusqu'à la lie !

Une jeune nation, ayaait lin sol fertile, d'incomparables resseurces, des éléments d'industrie d'une, majesté grandiose et d:'ane étendue incroyable^ est forcée d^aller mendier du travail ft ses vmsins, en leur montrant des bras décharnés par la miqui laisse à nn leur vigueur naturelle ; l'ouvrier canadien multiplié les chefs-d'oeuvres de son intelligence sur le sol étranger et lui prodigue les invei^ions de son génie, les œuvres admirables de son industrie^ patiente et infatigable : quelle honte pour les gouvernants de cette colonie! quel déshonneur! quelle ignominie ! quelle perte irréparable pour le pays !

Nous ne pouvons donc trop le répéter : l'industrie est essentielle au bonheur du Canada et à son existence même. Sansindustrie, le bilan de iiotre peuple est : pauvreté, détachement du sol, exil ! avec l'industrie : prospérité, attachement au sol, antôur d^ la patrie !

Concitoyens ! votre choix peat*il être douteux ?

II. examinons maintenasit.la seconde proposition que nous avons énfise.

' Le libre-échange et la prdkection.sont deux systèmes dont

-le mélange rationnel, sagevie»t pondéré, assurerait à notre

industrie, danp la situatinn qui lui a été faite et sous le régime

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gorenût l^WEépenduoe, les détriappoiioida dont elle ^aà 4NBoeptiUe«

Toite ohose, à «m origfaie/'a liaaèin Ae ipiotoctièiu Là idante qui otoit et fleurira, Fwbaite qû gouidH et (pûmm Ijéanty le génie le plus pitfoooe, ia rjeittietae doilt i^eapiifc ■vivace s'aflbnne par de fixvtee aspmtiQw ^ ame «noble ^ ipabnetiqne ambilion, <toat oela a besoMt de 'protoctiaQ. La -vieillesse même iie peut ^en "êtee 'privée ; senlemeikt lâ ieb fCMmres de son passé sont .grandos et mériMrea, elle ::peùt /sans crainte fidre avec ees ccmlcmponips lerI3Mre*4oliaDgerCb ses souvenirs.

Oui, tout dans l'ordre matérieliet daas l'ordte moral mâme, « besiân d'une tutelle, d'une pteAeotion. lia fi)ree, la virilîM, 3a eapadité ne s'aequidrent qu'à ras eendiiioQS. Leararte •n'ont jamais 'fleuri que lonque ks 'gouvemements ^ié su I«b •encourager par une généreueeipvoteotion. L'iaetruetioa, qui est oomme le dernier mot et Fecpreamn pàrfiûte de la eivi- -lisation, n'est k la hauteur de sa miesten que lorsqu'elle est 'Convenablement protégée .par les gouvernements* La relî- Igkxi même demande quelquefois «au bras eéeulîer une protection opportune.

Mais s'il eet,- dans l'ordre matériel, quelque chose dont la .prospérité dépende entièrement de rla seUieitude de l'autorité .politique, c'est l'ÎDânstrie mamAetiàre d'un jeune pa^ys.

L'industrie manuâMsturière ne p0ui prosp&ror ,qu'en autant que les lois qui régissent l'éconokm^ d'^m peuple sont jEekvorables à la création et au dével<q)pement de toutes les branches de cette industrie. Or^pas d'industrie possible dans un pays jeune, et même pas de développements posribles pour l'industrie dans tout pajs'où elle n'est pas encore solidement assise, sans la protection.

Nous n^entendonr pas dire,.pa(r cette déflnitimi:généliale que l'industrie d'un pays n'est susceptible d'être -eneouraigée que parle système de la ^^ praÉeotien." Vior pr^ié^tian en général, «ions 'entendons (êncBmmffmiKat xxfffmkm^ judioieuar, fandérsur ies avantages paBlioB)îere)àrun/|^i^^<ses beseiw distincts,' sa position^éogEptidiB}uar;et la «isiatmn'Jiue'hâ ooib fiûte les ré^mes du passé.

Mt

Q èg c ti^tt d» pam qwrinbeà pour le peii|£e da Gmada^ question de vie ou de mort pour notre pays, considérée dajur son e^tence matérielle et même nationale, elle « été jetée avee une yiguûi^ ufiuveUle, et fi)i^ peu de patriotiame^ sur ]0 tapa dft la discnscnon pnUîqiue, par le minist^ adiuel. Hi lUM» a tardé de la poser d«iraixt. nos leeteursi, pûor leur d^^r à œ sujet toute la Yisîté.

Nous entrons dans cette m/itàèm ajrec twjb de confianQd chttm te e^tude» fendâe sm^ lea^ faits et l'expérience, de ce qpe mu» allons dire» qi»^, quoique nofare opinion puisse en oertsws om ne pas s'aeoMd^ sut^c les vues des partiç^ nous sQiiuuefl c^aîn de ne fHA i^mmuc l'esprit public. Puissîwi£H»ous esprâier dea yuenqpÛBiéritent ra8senjtiiaa[it g^n^- Dal, et dépoDdHer la questîcm d^ tous les W9^s dont Ya^i emf^lopfé^ les écrits à i^stdmes, qui.se payent de mot^ jlbM^^ que de faiibs, et d'ai^uties plutôt que d'airg^mei^t^ BKW et solides.

Ou parle de deux systèmes : le libre échange et la protect£Qn*

Qu'estKse que le libro éohaoge ? qu'est^se que la protec* iâkm?

Le lUbore^éckai^ doit ôtre la eonvention, entre deux ou phnedeura pays, de réduire réciproquement ou d'enleyer touir M'ait et en même temps des deux parts, les droits ou impôts sur urne partie ou sur tenâ leurs articles fabriqués et sur les pnxhdts naturels de lenr sol. Pour que le Ubre-échan^ sfài pratique et rationnel, ii fimt qu'il ne s'applique qu'aux afftîclefl OH produits qui pemient avantageusement soutenir la concurrence avec l'étranger, afin de ne pas infliger de saori^ ficea à oertainoB catégdries de manufactures^ qui ne sont pas OMOve préparée» à la -oeuGwivenoe, hormis qu'on trouve dans u]ift>lâberté compldte des oempensations teUes, qu'elles justi^ fioàt/le di^lâoeaent des casfittna. engagés, et leur placement

dans d'autres indnstnes plus luontiroB et plos nat tge lto fl à

on pays.

Exemples :

Le traité de réciprooité entre les Etats*Unis et les odkH nies britanniques de l'Amériqae du Nord, par lequel les produits naturels du sol, etc., étaient importés et exp<»rtés réciproquement, sans être frappés d'aucun impdt, était une application partielle du libre-échange.

H 7 a à peine quatre ans qu'un traité de libre-échange général a été conclu entre les gouvernements de T Anj^eterre et de la France, et les produits manufact(irés ou autres des deux pays entrent, depuis cette époque, sur un pied d'égalité dans leurs ports respectifs; les produits britanniques ne sont pas sujets, en entrant en France, à plus de droits ou d'impôts que les produits français en enlarant dans aucun des ports de la Grande-Bretagne. Sur la plupart des articleSy les deux pays ont renoncé aux droits ou impdts qu'ils exigeaient respectivement depuis des siècles

Qu'est-ce que la protection ?

La protection doit être le système par lequel un pays, par sa législature ou son gouvernement, prélève, sur une certaine catégorie de produits étrangers, des impdts assez forts pour prohiber ou rendre l'importation de ces articles si peu profitable à celui qui veut les revendre ou les consommer, que l'importation en est considérablement réduite ou complètement prohibée. Les articles dont l'importation est ainsi prohibée, doivent être ceux qu'un pays peut lui-même produire ou manu£EM3turer avec avantage, sans faire violence à la nature et aux conditions de production et de &bricatibn d'un pays, et à aussi bon marché que l'étranger peut les fourmr au consommateur.

La protection emprunte au libre-échange une exception à son système, en réduisant les impôts, ou en les enlevant eoah plètement sur la matière première qui lui sert à &briqaer cer* tains articles manufacturés, arec cette même matière première dans les pays étrangers. Tel serait le cas où on frapperait

là flanelle fabriquée en An^et^rre d'un impôfc considérable, en même temps que l'on impoaemt peu ou point d'impôt sUr la laine avec laquelle la flanelle es.t manufacturée en Angleterre et peut être manufacturée en Canada.

L'exemple le plus frappant que nous pouvons citer de l'application du système protecteur, est celui par lequel ha Etats-Unis vieiment de frapper les céréales et les produits de la ferme du Canada. Notre gouvernement ainsi que la métropole dont nous subissons le joug, s'étant montrés hostiles à la puissante république, lors de la grande épreuve que la Providence lui fit essuyer sous la forme de la plus terrible et de la plus sanglante des guerres civiles ; de plus l'Angleterre et ses agents ayant refusé à nos voisins industrieux et indépendants du reste du monde, l'entrée libre au Canada, des paroduits de leurs propres manufactures, ceux-ci résolurent de noua fermer leur inappréciable marché par un retour au système prohitif.

Les déflmtions qui précèdent sont autorisées, croyons-nous, par le bon sens pratique qui distingue le manufacturier et le négociant canadiens. Les exagérer serait outrepasser les limites que l'expérience a posées aux doctrines du libreéchange et de la protection ; ce serait tomber dans l'absurde

et invoquer l'arbitraire, ce qui est le vice fatal de toutes les théories abstraites.

Maintenant, quel est le meilleur des deux systèmes, nous demandera-t-on ?

Distinguons.

Dans les pays où les manufactures et l'industrie datent de longtemps, nous parlons de la France, de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la Suisse, de la Belgique, le libre-échange s'adai^ £EU)ilement aux intérêts des producteurs et des con* Bommateurs. Le perfectionnement des outillages, l'ext^asion et les développements des industries diverses, la richesse des producteurs, l'immensité des capitaux, l'étendue des nuurohés £mitro{^es ou lointains, sont autant de garanties qui assurent

lis

9 Pkkdctttrie «irtopémme lés wmàiàgbà es là edai^tiiiaa'ffli^ nàtée et la pfémnnififleni contre les danger* de ce systène.

Maïs ceBAnenk l'Angleterre, la France, b Se]^<]iie^ lai Stdsse, sont-elles arrivées à ce de^ de pvo^pérîttf indu».» trielle qm lenr peormet de se Ufaàre la main et de devenir réciproquement un marckë comnmn et nmfoiine ? Fkr lai protedion ! par la protection, saobea^le-lûen ! o'est'^à'âire eok excluant les produits manu&cturée et en admettant la matièio qui sert à leur fabrication. Lorsque leur industrie en étaîb à ses débuts, elles ne se sont pas rapprochées pow se favei concurrence^ Au contraire, ellee se sont Soignées se^iec^ tiyement et chaclune a dit à l'auftiKf : ^^ Laisses^ieos fiûre 1'^ En un certam nombre d'amiéesy ^es ont créé et développé leur industrie ; elles se sont suffi ^ eOè^mêmes d'abord, ytàa elles ont produit un surplus qu'dSes ont exporté, et, en déft* nitîve, se sentant fortes de leurs forces acquises i^ Fombrei de la protection, elles voient sans de trop vives alarmes led portes de leimi marchés respectif s'ouvrir à une concurrence réciproque, à une émulation avantageuse à toutes.

^Angleterre, qui est devenue H)re*échaB^le, n'a pa0^ apporté un seul changement à om tarif, de 1829 à 1^40^ comme on Fa dit, et la sollicitade de son gouvernement pour les manufactures, était teQe que, quoique les nuufchands de^ Londres fussent favorables à la liberté commerciale, â y avait encore à cette époque de douze à treize cents impôts différentiels sur les importations. La métropole, qui nous refuse aujourd'hui la protection que nous demancbns pour notre jeune industrie, prohibait jusqu'à l'exportation d'ao^ cun outillage en usage dans l'industrie nationide, de crainte que la compétition étrangère n'en profitât pour ftîre cencur- ^neé au maouifàcturier aBi^ais* Une loi autorisait mêdie U saièie dtr navire an^llûs qm osait eiififeindre ce règlement 6b* Cd, et h &utff capitÉgne étaitrcondà^é à une amende et jeté en piismi L'Anglè^^è ne protégeait pas seidenient «m indiÂtrie péa^ les èt(Ât» -ptoiMS» et modelées que nous hA de^ mandons- humblement la^ pemii»tion d^inq»M»r luur àxkaai^ qttebpi^èncouEragefiient' ii no^ jeune industrie j mais efle- jfMrèh

lia

1âqi«Dl)['P6aÉriiiffldii(]à jStncxigîêi et IspkisàlwdQeé Xort^dw âéfdoppetmentsqc^dleaEvsaiiaiisi àoDnés àseBmadDuSiDctnreSfr eHë iwaverfla en; ISSB la^ munaifle qa^eDe avait âevée aatotir do Bœiusmeff, ei^tonaa* I0 asonde- par le bon navohâ et la^ peifeoticn de ses produits liiaiiii&otariers.

Et les EtatB4UBis, à ^oi doÎT^i-ils iaot les^ déreloi^'ments^ inoins^eii tm égalespaee de temps, de leur indostrie ma-^ Boftotoiidre et de Fexpl<ntation de letu&Ticliessesnatus^Qes ? K'esé^e pa» Jk la^ptioteotidn ? Trop perspieaoes, iapop po8t1â& daBSilemrsoadeidsiiâ&ûs^ p<mr se kissep aller aitveiiige d'une pseepérité indooiparalUe^A quet Système Tecotûreid>-i]s pour asseoie ]&m indmstsie sud des bases solides et lui denneir h»^ peiJfeetiaBaemeniB (pi'eHe peut encore envier aux at^exa eiitopéeii&? A la pretteetion, à la prohibitien même ! Dâsr^ tetirs de q& peuple^ qui méoonnaisseB ses yertus eifviqueB oa. BoeiateSy xecoimaîsseK' aa. mokis qu'il est subHme dans se» conceptions économiques et dans ses succès industriels et meceaMalesl lit tous, libres^^éoiiangisteSy mais admirateurs pasnoQo&és ds ses Ëbestês sociales et pdiMques^ rabattez un. pèu^ sëraitHse h t(»rf, de votre entixousîasme k ee sajet, et re* Qdnnfâsaea^ — la cahose se peut sans trop rcn» humilier-^iue* aen-senftinfaHlible eaâconcBnie politique et 'âes succès éola^ tente dans Pihdùstrie, nous autorisent à imiter son système pro^tunuiistev

«F'ééâuiais au oapitele de Wadii&gton, aa mois, de joia décnibr,.la discusnon sur le tarif MorriU, qui poosss la pr^ teétké. à ses extrêmes limites^ k l'entière satisfactioci de la grande masses du peuple am/érioain, comme le prouvent les viiktoires du para républieaâ):. De» voix rares et pourtant fer* mea s^âevarânt de tempe à. autre-eontre le^ oaiaetàre prebitif du nevnr^m tari& ^^ Nous achetons pour des milMons ea ^^tenrey disaient les représentants de New^Y<n^ votro tarif vft tuer notre cxmaiKBecey kfi droits que vnos pn^iûsez de» préli^rer sont 4â éle^ que l'inipCTtatiDa^v^deTeniflr imposair

*^^£roaBin&prélevDBSidetdroitsprolDti6^di8emili Mi^MorrilI #t M» «VBSy KfÊ» Bwùia lÉrtides dêt luxei Ibi emfisangmxk^

par des droits modérés ou l'abstention de tout impôt, l'impoi^ tation de la matière première ou des articles partiellement manufacturés qui sont en usage dans l'industrie nationale, nous donnons du travail à notre population. Notre marché est assez grand pour acheter de nos manufacturiers tout ce qui sort de leurs usines et de leurs ateliers. De l'ouyrage, beaucoup d'ouvrage, infiniment d'ouvrage à nos ouvriers, aux ouvriers du monde entier, si la chose est possible, afin d'agrandir notre marché et de ne pas dépendre de l'étranger pour l'écoulement même de notre production manufacturière, voilà ce qui importe à la prospérité réelle de la république. Quant à ceux de nos nationaux qui s'évertuent à verser dans les coSires de l'étranger la plus grande partie des profits qu'ils font sur les articles de luxe qu'ils importent, pour les revendre avec bénéfice, à des gens légers et extravagants, ils sont, ainsi que leur industrie, la dernière de nos préoccupations !"

C'est donc à une protection sage et rationnelle que l'Europe et les Etats-Unis doivent de pouvoir se mesurer dans la vaste arène de la concurrence internationale. Ils se sont préparés graduellement, sûrement à cette grande concurrence, par la compétition salutaire et adéquate à leurs forces primitives, ^]u'ils ont d'abord rencontrée chez eux. Si l'industrie de ces pays n'eut pas été protégée à ses débuts, loin de pouvoir défier le monde, elle n'existerail peut-être pas. Elle ne se fût certainement pas développée dans les mêmes proportions. T^e industrie qui existe en Suisse, en Belgique, et même en Angleterre et en France, n'aurait pu tenir à la concurrence qui lui :aurait été faite à sa naissance par ses rivales étrangères. Le libre-échange qui se flatte, — ^par la bouche de ses partisans aveugles et fematiques, qui n'admettent ni circonstances particulières, ni exceptions, ni fSûts spéciaux, et non pas de ses partisans modérés, avec lesquels il est toujours assez facile de s'entendre, — ^le libr^échange qui se flatte, àiaoôsHunaê, de détruire les monopoles, aurait été, dans un temps donné, k plus sûr mojen de les créer et de les fortifier chea certains peuples au préjudice non-seulement de certains autres pevqpleSy

mais <le teuEU Je dis de tous, car les naonc^les créent la diert^ au dedans oonmie a^ dehors du pays où ils e;dsteat. Ce que fout les pays, vieux dans l'industrie, perfectionnés daus la production manufacturière, est donc ])i;en fait. Ces sociétés riches et solidement assises j trouvent leur compte.

xiï.

MsSs les peuples qui ont encore tout à créer, n'arriveront jamais au but ooDsidéré comme l'idéal du bien-être terrestre, par le chemin de l'exil, et encore moins en gisant, épuisés, dans l'omit profonde de la misère.

Aussi longtemps que les théories de la pairie universelle n'anront pas triomphé d'obstacles naturels et peut-être insuiv montaUes ; aussi longtemps que les hommes considéreront comme leur patrie le pays où ils sont nés ou qu'ils ont défini* tivement adopté ; aussi longtemps que les intérêts industriels de certains pays comme le nôtre, ne pourront trouver, par des développements certains . et fort étendus, leur bien-être dans l'universalité de leur action et daD^ un défi à ja concurrence de leurs voisins et du monde entier, la protecticm de l'industrie nationale sera due aux gouvernés par les gouvernants, car les gouvernants sont tenus de donner aux gouvernés tout ce qui peut contribuer à leur rendre le séjour de la patrie agréable et avantageux. L'mJ, qu'on veut bien ajf^eler volontaire^ du gouverné, n'est rien moins que la proeeription du citoyen innocent de tout crime, par des gouvernants mal îAspirés et indignes de leur position, lorsque le citoyen émr gre à défaut d'ouvrage ou d'avantages matériels suffisants.

En principe— en thèse générale— abstraitement parlant, si l'on veut, le système protecteur est donc la vérité, la justice et la raison, en écoiM)mie politique. C'est la base fondamen* taie de la convention ta(»te ou expresse intervenue entre les gouvernés et les gouvernants, de conserver le patrimoine national, d'en eiq^loiter les ressources, d'en dévdopper ks élézHÉita d« richesses pour le profit des gouvemés-^-ponr le plus grand avantage ,des hàbitim^ de la patrie. Dana un

oertasn mus, les protecteun sont leB pairiHeê •* à teat il» préfèrent h patrie. Les Vbre^dMmgiu^ê^ aja&t toot Vuntrvers en lenr oœnr, pourraient reeevoir et rece<7Fon4 peut-être, lorsque la questicm de Péconomie du monde se sera eompldte» ment emparée des esprits, la dénommatiixi d^MnmnuUêteê,

Avant 1837, tons les patriotes étaient protectionistes, et l'hon. Louis Joseph Papmeau, leur chef, conseillidt au peuple^ dont il commandait l'attention et le respect par sa parole passante et son patriotisme à toute épreuTO, de s'abstenir d'acheter \m seul article fabriqué en Angtetem* Aujoor^ d'bui, beaucoup de libre-édiangistes sont patnotoa et bai nombre de protectionistes ne le sont guère. Noos dànonfcrerons bientôt que tous sont f<»«és, néannoins, d'iadmetkre que la piotection nous est nécessaire, soit qu'eUenous aoit assurée par une assinâlation fiscale et une rédpioeité c(Hnplète avec les Etats^nis, dont le tarif resterait prohibitif à l'égard d^ VlËaiùpej soit que, prenant notre parti de la situation imposée à notre pajs par le régime colonial, eUe s'exerçât envers les BtatchUnis comme envers la métropole.

Bst-ce à dire que nous nous opposons à la marche général» du progrès qui, heureusement^ semble prendre de plus &bl plus^ souvent en dépit de gouvernements mal aspirés, la direciâon d'une entente oommune^ et générale eniare les peu- {des civilisés de l'Ancien et du Nouveau-Monde. Comme ïe disait Vhon. M. Rose, ^^ la véritable politique d'un pays, est de tendre à dégager le commerce de toutes les* restrictions, de tous les embarras, et d'établir un échange de ses propres produits contre ceux de l'ék^anger, qui soit libre de^ entraves auxquelles la protection et les tarife assujettisent le commeree." Nous désirons même que cette entente devienne générale et complète à tous les p(nntB de vue, et nous aimerions voir disparaître entre chaque pays toote ligne de démarcation qui ne eonkibue pas à leor prospérité, à leur bonheur^ à leur progrès intellectuel et à leur ^îre nationale. Loin de nous cette pditîque étroite qui n'est plus de nofare âgje, grâce an piogrès que nous devons au passé, qui daaa ancuie d* ses phases^ n'est à mépriser, au yeu du pbikNK^e ohc^tîaii.

Ceet'^aélevBat chaque peuple au pins bautilegré de la wo- :993i^ «^t àe b prospérités qu'ilspéiaétFevc^itous graduelleme^ty par loiirs v^îes^ecipectiFeBy daoïB le domaine de lapins liaute tOÎvffîsatioQ, et'qu% se dQzmercmt la .muia de la fi^atemité 'dxoa Vhfntv^cm» tmivei^elle/fii tant egt que cette œnurre^ ik laquelle nous «oaoaes teuasdu reste de tcavaiUer dana la }«aesiu^ de nos fopceSy est 'enregistrée par la main de Dtieu, tàûm les déorelp aaorésdd l'ATemr.

vSSd*

CeB lé^mes ^bspirvtiws n'empêchi^ pas, nous le xépe- 4m»f que, abstraitement ji>arlantj en théorie 'absolue^ :1e «tystàme protecteur Boit juate. Si les peuples avaient ^ choi- 4sir eàtoe Ihin-et l'autare systèmes, sans pouvoir les^j]^)Iiquer tous les deux «n même tempe, ils devraient adopter, aussi .longjteiieqps qu'ils fbri(ner(mt des ^orgimisations poUtiques et mationalee, distuictes et séparées, le système protecteur. La .maison en est simple eti^e trouve dans te mot même qui indiqi^e et qualifie le système. Qui dit protecticox, dit aide, secours, «encouragement, défense. Or, le gouvernement n'existant .pas seulement pour la défense du territoire contre les armées ennemies, mais aussi pour protéger la richesse et les ressour- <;eS'd'un pays contre les empiétements et les tentatives de .aes rivaux, il doit protectipu à l'industrie nationale^ — ^nous iparions de ^industrie générale d'im pays, ce qui comprend i^agricultnre, les manufactures, les arts et métiers.

Mais les nations n'en sont pins à l'enfance de l'économie .politique, ni à la raideur qui caractérisait autrefois leurs velaiions. filles com^Hrennent que le libre-échange devient à son Jbeure, mais rwn aii^m'<wcmt^ ^la protbctxon de l'industrie /Bfitionale et la sauvegarde ^du consommateur. Lorsque l'industrie manufacturière d'un pays est hurgement développée .et «didement aasise, grâoe à re>ctbn de la protection et à la jSK>lUoitttded^un:geuvemement attentif et bien renseigné sur les ressources naturelles d!un pays,. le libre-échange doit, être Appelé à lui ouvrir de nouveaux marchés. Alors^dt oLots

teulement, le libre^change active et agran^t l'indastrie nationale, protège pour ainsi dire son extension extérieure et proxnouvoit les développements dont elle est sosceptîble.

D'aillenT^, la protection doit tenir compte des circonstancoË^ et de la position géographique d'un pays, si elle veut exercer ' son action d'une manière intelligente et efficace.

n faut, par exemple, qu'elle sache attirer des autres pays les matières premières qui sont susceptibles d'une fabrication facile et économe. Elle y parvient en ne prélevant que des droits peu élevés, à l'entrée de ces matières premières dans le pays dont l'industrie doit être protégée. Elle doit en même temps ne prélever que des droits nominaux sur les articles qu'elle ne peut fabriquer avec avantage pour la masse des consommateurs. De cette manière elle favorise, à son propre avantage et pour le bénéfice du pays où elle s'exerce, certaines industries de ses voisins ou de peuples éloignés même, car elle s'assure, dans ces pays, des avantages équivalents pour les articles qu'elle peut fabriquer à meilleur marché qu'eux. H s'établît ainsi un échange de produits manufacturés ou autres qui est tout à l'avantage des consommateurs, c'est-à-dire des peuples qui adoptent cette politique écono- - mique, aussi adroitement calculée que sagement adaptée aux besoins universels.

L'homme d'état doit aussi tenir compte de la position relative d'un pays, savoir choisir l'heure où il doit ouvrir les portes à la concurrence étrangère, et discerner ceux qu'il peut appeler avec avantage à faire concurrence à l'industrie nationale et ceux qu'il doit en exclure.

L'examen des circonstances où s'est trouvée placée Piur dustrie du Canada à une certaine époque, circonstances quiont été transformées par la législation postérieure du gouverment colonial, ofire peut-être l'illustration la plus firappante que la politique fiscale d'un peuple doit s'adapter aux circonstances, et que, dans des situations différentes, les intérêts industriels peuvent être promus par deâ systèmes tout opposés, ou par leur mélange rationnel, judicieux et différentiel. " * ' • . • • i.

Etudions cette intéressante situation sur toutes ses faces»

AbstnôtemeBt pftrlant, c'eBt*à-dire en ne tenant ancua compte ni des ciroonstances, ni des exigences de la situation^ ni des vues de nos voisins, ni de la position que nous fait le léf^aok» colonial et dont nons ressentirons les effets pendant qndqne temps encore, alors même que nons serons indépen* dpmts, le libre-échange ne s«rait-il pas le système le plusavantageux pour notre industrie.

Cette vpropontion mérite un sérieux examen.

Nos poQvoîrs d'eau n'ont dans le monde rien de comparable^ Les ^convulsions intérieures du sd qui ont évidemment marqué la formation du globe, ont bouleversé le lit de nos fleuves comme pour en interrompre le couiis : mais leurs eaux élevées sur ces montagnes séculaires, en tombant d'une hauteur verti^* neuse, ayec une force et une rapidité étonnantes, creusent des abîmes insondables. Détournées de leur cours par des viaducs artificiels, elles peuvent mettre en mouvement des machines hydrauliques d'une force incalculable, remplacer gratuitement la vapeur obtenue à de grands frais par la combustion et activer par conséquent, en les rendant trèspn^tables, les entreprises industrielles du génie moderne.. C'est le levier d'Archimède, destiné à soulever le monde» Toutes les manufactures du globe pourrsdent trouver place sur les bords de nos rapides^ de nos torrents, et mêler le bruissement de leurs mécanismes et le cliquetis con- . tmu de leur outillage perfectionné, aux mugissements solennels et ininterrompus^ de nos cascades merveilleuses et de Uos chutes grandioses.

Le bon marché de la main d'œuvre est une autre conséquence nécessaire de la nature m Canada. L'homme dés diamps et l'ouvrier, "Condamnés pendant l'hiver à dépenser dans l'oisiveté le peu d'argent qu'ils ont économisé durant l'été, ne demanderaient pas mieux que de se livrer, pendant la rude saisbn.de l'année, à un labeur lucratif dans des man^.* fiustures bien conditionnées.

Personne ne conteste, non plus, qu'avec le libr^*écba(nge^

la matière première et les eajôtauz afflaeraient au Oanada et que de grands marchés, tels que les Etats-Unis par exemple, «ement ouverte à réooDiemeat et à la.oopMOMMJîon ée nos .pKodwte maonfiMiaréSy de nos céréales, ete., /eàe.

Uéwiie proteotk>niûste troaTeraît, dauB le libro^ehioge 4IT6C les fiMa^Unis et Tassociation èd notne tarif au bar, -une protection efficace, parée qu'elle joniraîtdes dfdtepsokeo- 4enrs que le tarif américain kapoae aur les4mportalionsiqiii ne tombent pas dans la catégoxie des maiâàres preaûères étrangères à son soL L'éccde libre^ëohan^te se CKmsolerait 4e la politique proliihitiTe des Etats-Unis, en TOjfant oeox-ci jaice une exception pour le Canada.

les Etats-Unis con8entiront<ils au Iftre-échange arec rBOus ? Nous aurions dû leur en &ire Fofie en 1854, et nous aurions dû accepter l'ofie qu'il nous en ont ftite en 1866. Hais la connexion impériale rendait la chose imposable. Les Etats-Unis n'accepteront le libre-échange a?ec le Gana- -da, que lorsque l'indépendance aura dégagé notre responsabilité coloniale des fautes réelles ou supposées de TAn^ieterre conke les Etats-Unis.

D'un autre côté, nous ne pouvons espérer obtenir le Mbre- ^cbange avec les Etats-Unis, aussi longtemps que la métrofiole persistera à faire prédominer les intérâto de ses manujM^turiers sur les intérêts des manniiotcturiers canadiens. L'Angleterre qui ne veut pas consentir à protéger «notre industrie, parce qu'elle porte toute sa sollicitude sur la sienne même, ne voudrait pas renoncer à «a bonne fixrtanemi &veur des «ttnnûicturiers américains. Le libre«4ehange partiel -qui existait entre les Etats-Unis et nouiS^a été rappelé, oconme nous l'avons dit, parce que l'Angleterre s'opposait à son extension naturelle, pour des raisons politiques et k cause de la protection qu'elle doit aux manufacturiers anglais. Bien ;ne fera disparaître ces deux grandes objections de rAnglaton» «u Iibre*^hange entre les Etats-Unis et ms cohmieside l'^bné-

Tique du Nord, aussi longtemps que nous ne pourrons exercer les lattributionB d'un peuple libre !

On noue dira peut-être que la métropole consentirait au libre-échange entre le Canada, d'une part, et l'Angleterre et les Etats-Unis de l'autre. Non. L'Angleterre y verrait ^vec raison son désavantage : car le manufacturier américain peut produire une multitude d'articles et nous les livrer ici à meilleur marché que l'Angleterre ne peut le &ire. D'un -autre côté, l'Angleterre aurait encore, dans ces conjonctures, les mêmes objections qu'aujourd'hui à favoriser largement notre industrie nationale. Et, certes, le libre-échange entre le Canada d'un côté, et les Etats-Unis et l'Angleterre de l'autre, donnerait une grande impulsiem à nos manufactures, surtout si nos manufacturiers en recevaiei^t avis, à temps pour ne subir aucune perte sensible sur la production qu'ils auraient en mains, au moment où s'opérerait ce grand changement. Plusieurs manufacturiers sont tellement con- &ûits de pouvoir soutenir la concurrence, qu'ils accepteraient •de suite le libre-échange avec les Etats-Unis et T Angleterre, et, par conséquent, avec le monde entier.

Quant au libre-échange avec l'Angleterre seule, il ne nous -serait d'aucun avantage : ce que nous manufacturons, elle le manufacture elle-même, et si nous pouvons le faire à meilleur marché, le coût du transport ou le fret comblent cette différence. Notre marché ne se trouverait donc pas agrandi, tandisque les avantages du manufacturier anglais seraient considérablement augmentés. Il noierait nos manufactures ^njetant-sur notre marché, même à perte pour un temps, de grandes quantités de ses produits manufacturés : de cette manière il obtiendrait le monopole, et le Canada paierait alorr fort cher ce qu'il aurait cessé de manufacturer. Son industrie manufacturière n'existerait plus, et le consommateur • ainsi que l'ouvrier, seraient victimes du système du libre-éUiange enire le Canada d'une part et l'Angleterre, seulemeat, de Tautre. Aux Etats-Unis, et aux Etats-Unis seulement, — qui deviendraient par le libre-échange tout autant le marché du Oanada que le Canada deviendrait le marché des Etats^-Unis,

— noua pouYons trouver un nombre de oonflommatooni qui justifiera Tadoption du libre-échange. Lear tarif aatureraît une protection infiûllible à notre industrie manuiiEKsturiàiie et leur xaarehé, leur immense marcy, activerait son extension et s^ déyeloppements sur une échelle incomparable.

Le libre-échange avec les Etats-Unis est la protection la plus efficace que puisse recevoir l'industrie canadienne. Le libre-échange afqpellerait ici les capitaux des Etats-Unis et de l'Angleterre : car, ainsi que nous l'avons d^à ditj auQun pays n'oSre autant d'avantages aux entreprises industrielle!. Au lieu de diminuer nos manufSp>ctures, le libre-échange avee les Etats-Unis les multiplieraient. San^ le libre*4chan^ avec les Etats-Unis, notre industrie ne peut se développer que très lentement. La nûson en est éohM^ote. Nous ne p03)V0QS içanufacturer que pour la consommation nationale, tant que les droits probitifs des !(!t%ti9-Uili8 ^pu^ ferment les portes de leur immense consommation* C'est parce que \^ libre-échange nous les ouvrirait que nous pourrions manu&Qturer non-seulement pour nous, mais pour eux eti fiure à leivr industrie une concurrence très avantageuse.

Mais, quelles que soient les préventions écoi|(Mmques d'un certam nombre de nos concitoyens, contre la pifiptectidn et les avantages réels que nous offrirait^ de l'aveu dç tous^ le libr^échange avec les Etats-Unis, nous ne pouvons espéi^r obtenir l'application de ce système tant que. nous resterons colcmie.

Si nous pouvons avoir le Ubre-échange avec 1^ £tat»-Unis^ lorsque l'indépendanoe sera accomi^ie, nous devxopis l'aceepter àt bras ouverts.

Mais pourrionsrnous l'avoir ? les Etats-Ums y consentiraienyis ? Voilà la question. C'est ici le noaud goxdien oà les protectionnistes du Canada^ en 'poussant le raLs<mnement juaqp'à l'extrême mak irréfutable limite de la logique» truichent la question en leut: 6.veur, et prouvent que la politique patriotique dk suivre, dans. 1a situation que noua Uât l'état colonial et -qu'il léguerait à l'indépendance, consiate on une protection raisonnée, sage et diffé.'entielle.

C^e^t parce que le Canada fie peut pas avoir le libreéekange avec les EtaU- Vnisy tant qm dure le régime colonial ; e^c9t parce que le Canada WeH poê même certain d^ avoir h 'Ubre-ëdhange avec les JEtats-UniSj loruqu^il sera devenu indépendant j quHl lui est non-seulement utile mais essentiel de se confier à une protection modérée et de demander à ce dernier système tout ce quHl offre de rationnel ei W avantageux ^ sans repousser les avantages que le prélèvement de droits nonnnaux peut nous assurer, surtout pour Timportation de la matière première.

Pourquoi courir, si nous étions indépendants, après Fombre du libre-échange absolu, qui fuimt peut-être d'autant plus vite que nous serions plus empressés de l'atteindre. La protection peut toujours être très utilement employée à développer notre industrie, d'abord pour satisfaire les besoins de la consommation nationale, puis pour saisir toutes les issues par leàquelles ceux de nos produits manufacturés que les Etats-Unis ne peuvent produire du tout, ou qu'à des prix plus élevés qu'ici, pourraient être jetés sur le marché de nos voisins. Par ce moyen, notre industrie se développerait lentement et sûrement, avec mcnns d'avantages que le libre-échange pur et simple, il est vrai ; mais un peuple doit accepter la situation telle qu'elle s'impose, et en tirer tout le parti possible, lorsqu'il n'est pas en son pouvoir de la transformer. Nous ne pourrions pas plus imposer le libre-échange ou la réciprocité aux Etats-Unis, si nous étions indépendants, que nous ne le pouvons à l'état de colonie. Par conséquent, il est très important de comprendre que tant qi;e nous n'aurons pas le commerce libre avec les Etats-Unis, nouff devons avoir recours à une protection rationnelle et adaptée aux ressources industrielles du pays, — à cause d'une raison concluante pour tous )es esprità pratiques. Si nous n'imposons pas des droitis protecteurs, tant que dure la prohibition de nos voisins, qu'arrive-t-il ? Notre maàrché est tout-à-coup inondé de produit 2nanu£a)Cturés américains, tantôt dans une branche d'industrie, tantôt dans une autre. Nos voisins submergent le Canada d'un surplus accidentel qui leur reste sur les bras. Il eh

résulte inévitablement que les produits des manufactures correspondantes du Canada sont dépréciés; nos fabricants i^uinés ferment leurs manufactures ; puis le surplus des produits de nos voisins s'écoule, les prix remontent à leui" niveau ordinaire aux Etats-Unis et augmentent peut-être considérablement, et le Canada, n'ayant plus de manufactures du genre de celles que l'inondation temporaire a nojéos et £Bdt disparaître, est obligé d'importer à des prix rumeux pour le consommateur, ce que nous manufacturions auparavant à bon marché.

Je conçois que si nous n'avions pas de manufactures, si nous manquions complètement de capitaux, nous devrions ouvrir notre pays aux industriels du monde entier, en proclamant le libre^écbange sans la réciprocité. Mais, sans compter que l'Angleterre n'approuverait pas cette action bajrdie qui la mettrait en concurrence avec Tunivers sur not^e marché, tandis que, sous le régime colonial, elle s'en assure le monopole dans une certaine mesure, il ne conviendrait pas de donner aux manufactures des Etats-Unis un avantage qu'ils refusent aux nôtres. La protection incidentelle que nous avons eue pendant plusieurs années, a développé notre industrie, des capitaux considérables loi ont élevé un certain nombre d'usines, une main-d'œuvre relativement ilombreuse y trouve de l'emploi ; noyer les produits de nos manufactures en ouvrant les portes du libre-échange uni-latéral, ce qui est bien différent dii libre-échange mutuel ou de la réciprocité commerciale et industrielle, ce serait étrangement s'abuser sur la nature et les effets du libre-échange et lui attribuer des vertus qu'il serait injuste d'en exiger. IIous ne pouvons donc ignorer l'existence d'un commencement d'industrie qui est susceptible de grands développements, surtout si l'indépendance nous rendait libres de formuler et d'établir la politique fiscale qui nous conviendrait et de la modifier selon les exigences des temps et des situations, sans

avoir à nous préoccuper des intérêts distincts et opposés de la métropole.

Nous aurions alors, sans contrôle, le choix des moyens pour protéger notre industrie et pour préparer les voies à la liberté commerciale entre le Canada et les Etats-Unis. Kotr^ situation serait celle de FAngleterre envers la France, ou de la France envers l'Angleterre, antérieurement à l'époque où ces deux pays ont cru le moment opportun de conclure l'union commerciale et industrielle qu'ils avîdent préparée par une sage protection.

Nous pourrions imposer sur les produits manufacturés américains que nous pouvons fabriquer nous-mêmes, des droits élevés qui protégeraient chez nous cette catégorie ou ce genre spécial d'industrie, et nous pourrions en même temps admettre en franchise ou à peu près, les matières premières que le Canada peut manufacturer avec avantage. D'un autre côté, nous pourrions, sans craindre l'intervention du manufacturier anglais, admettre en franchise les articles manufacturés aux Etats-Unis et que nous ne pourrions manufacturer nous-mêmes, ou ne prélever sur ces articles que des droits nominaux, pour favoriser la masse des consommateurs. Et par un échange de procédés bien naturels, les Etats-Unis admettraient en franchise, ou à peu près, les articles que nous pouvons manufacturer et qu'ils ne produisent pas, soit qu'ils ne le puissent avec avantage, ou pour d'autres causes.

Chose certaine, nous serions assurés de pouvoir librement tirer parti de notre position et de développer notre industrie pour tous les besoins de la consommation nationale.

Aujourd'hui, nos relations commerciales avec les Etats-Unis sont compliquées de tous les intérêts rivaux de l'Angleterre et de nos voisins, de toutes leurs jalousies, de toutes leurs difficultés internationales. Pardessus tout, nous sommes à la merci du manufacturier anglais, comme nous le démontrerons dans l'ordre que nous nous sommes prescrit

Nous avons examiné sur toutes ses faces, cette question :

'^ Quel est le systèsod économique qui ooDYient le mieux au Canada? " et notre conclusion est forcément celle-ci :

En vue même de la liberté covunerciale, à laquelle le Canada doit aspirer, grâce à des ressources et surtout à des pouvoirs d'eau immenses, il est forcé de rechercher dans une protection intelligente, le moyen de préparer le grand avenir industriel et commercial que rindépendanee lui tient en réserve.

Nous résumerons, à la fin de ce chapitre, les deux {Mropositions que nous avons développées et celle qui va suivre.

xvm.

Mais on nous dira peut-être : votre système protecteur ne ierait-il pas cause que le prix de certains articles sera plus élevé que si vous adoptiez le système du libre-échange ?

Cet argument a une force qui n'est qu'f^parente et qui disparaît bientôt, si l'on considère que le Canada pourrit manufacturer au moins à aussi bon marché que les autres paya, si l'industrie y était encouragée. En supposant même qu'elle y serait sous le coup de quelque désavantage, les frais de transport et les impôts plus ou moins forts, prélevés sur les articles fabriqués à l'étranger, laissent à Tindustrie canadienne une marge qui lui permet de livrer au consommateur canadien des articles manufacturés, à aussi bon marché que s'ils étaient importés des autres pays. Ce qui manque surtout à notre industrie, c'est un marché considérable, qui l'incite à manufacturer sur une grande échelle, pour donnée du travail à la population et lui assure l'écoulement de ses produits manufacturés.

Il faut aussi considérer que plus Tmdustrie manufacturière est prospère, plus la vente des produits agricoles est facile et profitable ; plus l'industrie manufacturièreest prospère, plus les propriétés augmentent en valeur ; plus l'industrie manufacturière est prospère, plus les négoces de tout genre, les corps de métiers, etc., etc., s(mt encouragés et rémunérés.

Mais il edt une réponse encore plus concluante à rot^ection que no^s sigtialioiâ il y a un ixtstlint. Cette preuve nous la tirons dés faits. Avant d'adopter le libre-échange, TÂngléterre ne {^rôâuisaitrelle p$fi à excessivement bon marché ? Il n*y a pas de pays où la protection soit pliû absolue qu'aux Etats-Unis, et cependant ils peuvent faire concurrence au Canada et à la libre-échangiste Angleterre, pour un cértcûn nombre d'articles, même en payant un droit de 12^ à 15 pour cent, outre les frais de transport.

Et l'immense émigration qui se fait de tous les pays du monde aux Etats-Unis, n'est^^lle pas une preuve que la pro* tection n'éloigne pas l'étsanger et encourage, au contraire, rétablissenieu': et la colonisation des territoires du Kouveau- Monde ?"

Autre f^it :

En Canada, plusieurs industries manufkctûrières-, qui se sont développées sous un tarif légèrement protecteur, de 1858 à 1866, ont livré à la consommation ou à l'usage du public canadien, des articles d'excellente qualité, à nieilleur marché que les importateurs ne pouvaient les fournir. Nous signale* rons, entre autres industries couronnées de succès, celles des outilIiBkges et machines, des cuirs, des chaussures, dé l'éttipoi, du fer, de la distillation, de la raffinerie, des meubles de m^drge, du tabac, de la savonnerie, de rimprimèrie, de la reliure, du caoutchouc, des étofies en lâine^ de la yerreric) dés huiles, des balais, des instruments d'agriculture, de la diapellerie, de la carosserie, etc., etc.

Ces faite sont à la connaissance de chacun. La preuve de l'erreur commise par ceux qui croient que le consommateur est victime de la protection j est donc représentée dans la bourde • dcchacun par une balance qui ne s'y trouverait pas, si les manufactures canadiennes n'avaient fourni à toUs^ pendcbnt plusieurs années, nombre d'articles manufacturés, à meilleur marché que n'auraient pu le faire les importateurs de ceS mêmes articles fabriqués à l'étranger.

Au reste, les manufactures qui ont été établies sur divers points du pays, au milieu de cantons ruraux, font apprécier

aux agricolteurs toute l'importance d'avoir à leur porte, tin marché certain pour leurs produits. Daiis les petites villes* comme Sherbrooke, St. Hjacii^ei les avantages des manu*^. factures se font sentir directement dans un circuit de plus dedix lieues. La propriété foncière dans ces villes est considérablement augmentée ; chacun trouve dans ces manu factures de l'ouvrage lucratif, le salaire qui donne l'aisance. Le chifire de la population s'est accru d'une foule de famillesqui ont besoin de toutes les choses nécessaires à la subsistance. Les viandes, les végétaux, les grains, les produits de la laiterie et de basse-cour, les épiceries, les étoffes pour vêtements, etc.^ etc., sont proportionnellement en plus grande demande. Qui profite de cette nouvelle situation, de cette agglomération defamilles, de cette croissance industrielle ? L'agriculteur, qui trouve à sa porte un marché pour ses produits ; l'épicier qui double son commerce, le négociant en nouveautés ou mair(A,andiseê sèche^j l'homme de profession, toute la société enfin,, non-seulement dans la localité même, mais par tout le pays^ en général. Ces vérités sont du reste élémentaires: il est seulement malheureux que la nécessité de les développer pour les faire apprécier, se fasse encore sentir.

Personne ne peut en demander de meilleure preuve que ce fait indéniable : Antérieurement à l'établissement de manu* factures au Canada, la balance du commerce était invariablement au débit du Canada. Nous importions plus que noua n'exportions. En manufacturant chez nous ce que nous exportions à l'étranger, nous avons produit le résultat contraire. Autrefois nous ne pouvions suffire à exporter pour payer nos importations. Aujourd'hui, quoique l'état de choses soit loin de donner une entière satbfaction, nous avons considéra* blement diminué le mal. Poursuivons notre carrière, enlevons les entraves que l'on nous impose de nouveau, substituons, l'indépendance au contrôle qui nous écrase de l'aveu de tous,, et nous arriverons bientôt, comme les citoyens de la répu*^ blique voisine, à l'apogée de la prospérité.

III. Exaxxdnons maintenant et prouvons la proposition la plus formidable qui puisse se débattre autour de la question d'indépendance :

L'incompatibilité en pratique sinon en théorie, du régune colonial avec le développement de l'industrie et des manufactures en Canada, et la nécessité essentielle et absolue d'une existence politique indépendante pour prévenir le dépérissement matériel de la société canadienne, remplir les vides immenses du passé et développer dans les limites da possible, la somme de bien-être que la Providence nous a prodiguée à l'état de nature, et qu'il est de notre devoir d'exploiter avec intelligence, dans toute son immensité.

Qui veut sincèrement la fin, adopte franchement les moyens légitimes de parvenir au but désiré.

Or, comme on ne peut asseoir l'industrie de ce pays sur des bases solides, inébranlables, que par une protection suffisante, tout en étant rationnelle, il faut donc, pour obtenir ces résultats essentiels à notre prospérité, la protection ! la protection ! et encore la protection ! dans les conditions et sous les circonstances que nous avons énumérées et définies.

Mais comment pouvons-nous obtenir la protection pour notre industrie nationale, tant que nous dépendons d'une puissance étrangère, qui a des intérêts diamétralement opposés aux nôtres, au point de vue étroit des bénéfices immédiats et certains ?

La loi industrielle qui nous régit est tout autant la loi anglaise que notre loi politique. L'une et d'autre sont des conséquences fatales de notre état colonial. Pouvez-vous espérer, tant que vous serez colons, que l'Angleterre n'affirmera pas de quelque manière son contrôle et son joug politiques î Renoncerart-elle, par exemple, aussi longtemps qu'elle sera notre métropole, à son privilège ou à son droit d'envoyer ici uu gouverneur pour la représenter et nous imposer, par une près* . sion qui redevient de plus en plus sensible, les engonces des^ manufacturiers de Manchester, de Sheffield, de BinQingham.

«t de tous les grands centres iadustrieLi de l'Angleterre ?

Non ! La chose n'est pas possible, elle ne serait pas même raisonnable !

Rien, du reste, ne notts parait si naturel et si logique, tant ^e nous acceptons la tutelle de PAngleterre, que l'obstination de celle-ci à user de nous comme sa cdome et sa chose, n est vraiment singulier de trourer des gens qui s'en étonnent. Nous ne pouvons même nous attendre à ce qu'elle nous offre de solder la note annuelle de 982,000 que nous pajons à son propre représentant, tant que subsiste le régime qui nécessite la continuation de cette charge. Or, il est pour le moins tout aussi logique et tout aussi naturel que 1^ Angleterre, c'est-à-dire les fabricants anglais, ne renoncent pas» tant que nous serons une dépendance coloniale de l'Angleterre, à leur privilège de nous imposer les produits de leurs manufactures. Nous accorder ou nous laisser établir un systênie de protection pour créer et développer une grande industrie manufacturière au Canada, serait leurrenonciation à ce privilège. Quand nous manufacturerions ce qu'ils nous vendent, ils ne nous vendraient plus ce qu'ils manufacturent. Le jour où nous obtiendrons d'eux cette concession, ouïe jour où. nous aurons l'énergie d'imposer à l'Angleterre un droit né ici, et que les progrès du pays grandissent au point d'en rendre l'exercice d'une nécessité absolue, nous aurons virtuellement conquis notre indépendance, car nous aurons fait disparaître le grand sinon le seul intérêt matériel de l'Angleterre à maintenir la connexion coloniale, intérêt qui consiste à jeter sur nos marchés les produits de ses manufactures.

Un journal de Londres disait dernièrement : '^ Nous sommes d'avis de ne maintenir le Een colonial qu'en autant que la colome l'acceptera volontiers et subira kotrb loi com- MBROIALB Ef INDUSTRIELLE. Le jouT OÙ Boh tarif ne ^ÛC- 'œrderaitpM avec nos intérêtSy ou le Jour oô la majorité de^ cbbmê du Canada demandera 80n indépendancej nous Dfi-

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