‹ L'independance pacifique du CanadaChapitre 9 sur 12 · Sl · texte numérisé non relu

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il864-66

n résulte irrévocablement des chifires officiels qui précèdent, ce qû suit:

Notre proximité des Etats-Unis et l'immensité du marché ^u'Ss ofirent i/ tout ce que nous pouvons exporter, nous lient, «commercialement, d'une manière si étroite à nos voicôns, -que plus nos relations commerciales avec eux sont faciles, plus nous prospérons. Par conséquent, plus nos relations <3iommerciales avec nos voisins sont restreintes par les exigeiuîes imétropofitaines, imposées au Canada par ses agents officieux (OU officiels, plus notre commerce languit et dépérit, plus nos :produit6 sont dépréciés. Dans le premier cas : richesse et propérité pour le Canada. Dans le second, appauvrisseme&t <6t misère !

Et si c'est une folie, une absurdité, une cruauté même de Touloir ndos forcer à nous approvisionner sur le marché des provinces maritimes et des Indes Occidentales, avec lesquelles nous n'avons que des communications ineomplèteâ, qui ne produisent qu'une infime partie de ce dont nous avons beaoâjx «t qm du veste sont assez éloignées, de nous ponr igontor 4éi|ie0urémeiit au/ coût des produits que nous pouvons aohoter ches eMes ; si c'est mie folie de vouloir nous ikii^e acheiar de l'autre edlé^de l'Océan, en Ang^terav;, à d'énonnes firaîside

ixmspovij et à prûc d'arg^nt^ oe que aouÎB pouToos nous procurer à nos portea, m échange de nos produite : n'est-<)e pas ^core uue pins ff^fiia foUe, une anomaUe plus indupportablei de fermer les portes du Canada à nos voisins, qui tendent nativrellement, à cause de leur proximité, à venir s'approvidonner ici ? Le montant de leurs achats chez nous, a représenté à certaines époques, plus des deux tiers du montant total de nos exportations, et depuis 1854, quelquefois plus, les autres années un peu moins de la moitié de nos importations. Cependant, nous les repoussons rudement, pour donner toutes nos faveurs aux provinces d'en bas et aux Indes Occidentales, auxquelles nous n'exportons, depuis 1854, qu'une faible partie, — ^le vingt-deux ou le vingt*troisième, — de nos produits, et qui elles-mêmes doivent nécessairement tendre à s^approvisionner aux Etats-Unis !

En supposant même que notre situation géographique, par rapport aux provinces maritimes et aux Indes Occidentales, offiirait tous les avantages que nojo^ a,ssurent les Etats-Unis, et que ceux-ci occuperaient la place de celles-là dans la géographie du globe, la popi^lation des Etats-Unis étant de 85 millions, et celle des provin^ces maritimes et des Indes Occidentales étant à peine de 2 millions, il n^en serait pas moins évident que nous ne pouvons exporter aux Indes Occidentales et aux provinces maritimes, que pour un montant proportionné au chi&e de leur population et jamais plus ! Or, nous produisons suffisamment pour chercher de grands marchés à l'exportation du surplus de notre production. Donc, si on nous ôte le marché américain de 85 millions d'âmes, pour nous imposer un marché de 2 millions^ nos produits, dépréciés, seront sans valeur pour le producteur, et nous resteront sur les bras !

Yoici un tableau "comparatif de la population actuelle des Etats-Unis, des provinces mariiimes et des Indes Occidentales^ d'après les données officielles basées sur les recensements les plus récents.

Etats-Unis 36,000,000

Provinces maritimes :

Nouveau Brunswick 295,084

Nouvelle-Ecosse 868,781

Isle du Prince Edouard .... 91,443 Terre-Neuve 130,000

Total de la population des provinces maritimes 886,808

Population des Indes Occidentales anglaises :

Guiano anglaise 166,907

Jamaïque 441,264

Barbades 162,727

Trinidad 84,489

Bahamas 86,487

Honduras 25,636

St. Christophe 24,466

Antigue 36,412

Grenade 31,900

St. Vincent 81,766

Ste. Lucie 26,674

Tobago 16,410

Hes Turques 4,372

Dominique 26,066

Nevis 9,832

Monserrat 7,664

Iles Vierges 6,051

Total de la population des

Indes Occidentales anglaises. 1 ,116,028

Total de la population des provinces maritimes et des Indes Occidentales anglaises 2,000,886

Différence en plus de la population des Etats-Unis, comparée à la population totar le de tous ces pays 82,999,654

Pe ces ohiffiroB U résulte, oosame iBcras l!ftTOiiB 4^ dit, que 1«8 EtatchUnis Boas afreait, à iu»B.ponl;e&, avec mille mes de commuimcatioiDL ^leote» et peu coutensea, un marché .dé. 86 mfllïiïng. d'âmes pour nos exportations.

Taqdisxjueiespro^oes mmitimes et les- Indes :Ocekleiitaka anglaises, éloignées, la plupart 49ans moyens directs de eoamunioatîon, plusieurs fans aucuns mojens.quelconqoies.de ooTïHjnunTfiation avec le Canada, ua nnsérable petit maorcbé de 2imilIions et quelques âmes !

S. 7 ajBoise fois plus* de gens aux Etats-Unis, en mettant tont le reste sur un pied d'égalité, qui ont besoin .de nos produits, qu'il n'y. en .a dans toutes . les. proràoes mi^tUofiS

et dans les Indes Occidentales. angolaises !

Or, en supposant que les Indes Occidentales anglaises et les provinces maritimes seraient à proximité de nous, commereialemesKt et topographiquement, tel que les Etats-Unis, quel ^eet rixfxmme, fât-il avenue, auquel. on fera Ycôr qWil j a plus 4'araEitages à faire ^ux commerce d'impoi}tatiaB&;et d'exportations iairec des peuples de deux millions d'âmect^-^ fuflsebt^ilfi^à nos .portes, je le répdte--*qu'a;vec Unpeuple.de.S^ milËons, fotril situé gébgraplûquement par rapport à np^s, eemme les pvonnces maoritimes et les Indes Occidentales an? {palpes?

A plus fi)£te raison, quand la situation géographique ûeB pays qui nous offrent un marcké si restreint, oompiirée.à la situation des^ Biat^-TInis, nous fibit ¥oir i'éloignemen^ des p^remôers et tout ce qui s'en suit, et là proximité dea seconds arêc tous -ses avantages, pouvons^qus kêsiter un instwit à condamner le sjstàme quiinous feame la porte des Etats- Unis, ien^nous disant : ^^.On ne passe plus ! Le commerce ^ Etat&'Unis américanise les colonies. En commerçant e^bre mms et la métropole, vous édifierez une .grande natipn^lit^, un g^and poojraîr britannique j.<m europé,eny sur .le continent s américain^ afin d'en aniver, serait-^se.dans 10 siècles, à^ii^ liser avec les Etats-Unis, et, s'il le &ut, à leur donner des étnridres!"

Eh bieny va do&o pour le ijfïïUfne européênj dont le gou- Ternement oolonial nous parlait, durant la demidre session dxt pariement! En attendant, colonies sœurs, prête»aou8 du poisson et nous vous prêterons de la fiurine, comme le» colons des bois pendant l'hiver, pour passer le tempa des ëpreuyes que nous consentcms à nous laisser îoSiger, par une puissance qui a pourtant pitié de nous et qui semble nousdire : ^^ J'éprouve beaucoup de peine à vous écraser et je ne conçois pas que vous puissiez m'en avoir des obligations."

Le fait est qu'on s'explique difficilement la passion invétérée d'une certaine partie de la population pour les éreinte* ments métropolitains •

n nous tombe en ce moment sous la main un document trà&soigneusement élaboré, très dispendieux, qui est le receuil dea travaux d'une commission singulièrement composée, où la science coudoyait le charlatanisme, où le politicien taré prenait le pas sur la parfoite honorabilité. Cette commission ambulante parcourut les provinces maritimes et la Guiaoe^ rendit visite à sa majesté Faustin 1er., fit sa cour aux dames au teint d'ébène de ces contrées, visita le Brézil, le Chili, le Mexique.. Après ce voyage très long et un travail qui ne l'est pas moins, elle mit bas les propositions smvantes, en recommandant avea instance au public canton d'en prendre un soin tout particulier, de crainte qu'elles n'aillent se perdre avec les autres eon» cepti(»s d'intelligences politiques aux abois et cherchant à fSsûre comprendre à des colons mécontents que deux .et .deux ne font pas quatre ; qu'en affaires, les distances, les lenteurs et l'absence de toutes communications, sont le secret du succès ;. qu'enfin à FBe du Prince Edouard, à. Ste. Lucie, Kéviset Tobago, se trouvent, de par la puisisante baguette métropoUr tainé, les plus grands intérêts du Canada !

Or, voici ces propositions : .

" 1**. — D'établir promptement une ligne de paquebots propres au transport des malles, des voyageurs et du fret entre

Ha&fiiz, dans la NouyeUe-Ecosae, et 8t. Thomas, aux Antilles, lesquels toucheraient, jusqu'à l'aohèyexnent du chemin de fer iniercolonial, à Portland, dans les Etats-Unis, de manière à établir une communication senû-mensuelle entre les ports en question."

^^ 2°. — ^De faire une conveùtion ou arrangement avec les autorités postales des Etats-Unis pour la prompte transmission des lettres, etc., du Canada et des provinces maritimes par chaque malle des Etats-Unis qui serait expédiée de Boston ou New-York pour les Antilles, le Brésil, le Mexique, etc., et aussi pour la transmission par les malles des Etats-Unis de la correspondance expédiée de ces pays."

^^ 8^. — ^D'établir une ligne hebdomadaire de paquebots entre Montréal et Hali&x, et d'achever le plus tôt possible le chemin de. fer intercolonial.''

" 4°. — ^D'obtenir, au moyen de traités réciproques ou autrement, une réduction des droits maintenant imposés sur la farine, le poisson, le bois de construction, le lard, le beurre, et les autres principaux produits de l'Amérique Britannique du Nord, dans les Antilles, et surtout au Brésil et dans les Colonies Espagnoles."

^^ 5°. — ^D'obtenir, s'il est possible, des autorités Espagnoles et Brésiliennes une remise des droits <méreux imposés aujourd'hui sur le transfert des navires du pavillon anglais sous ceux de l'Espagne et du Brésil."

" 6°.-r-D'obtenir, au moyen de négociations avec les autorités qu'il appartient, une assimilation des tari& des Colonies des Antilles Anglaises à l'égard des farines, du bois de constructioi^, du poisson, et des autres principaux produits de l'Amérique Britannique du Nord, — ^mesure qui faciliterait considérablement les opérations commerciales, et que l'on peut certainement demander en vue de l'assimilation qui e^t sur le point de se faire dans les tarifs du Canada et çles provinces maritimes."

" 7°. — D'encourager, par une légation prudente et ime bonne politique fiscale, le rapide développement des immenses ressources naturelles des provinces de l'Amérique Britannique

da Nord, et de conserver autant qu'il leur sera poseoUe l'avantage dont elles jôdssent aujourd'hui, de pouvmr produire à meilleur marché qu'aucun autre pays la plupart des produits de première nécessite que les habitants des tropiques sont obligés de se procurer des ports du nord."

Voilà, concitoyens, le peu que vous pouvez, obtenir de tcns ces peuples fort braves, sans doute, mais quelque peu ébi« gnés et assez insignifiants^ au point de vue du commerce canadien ; voilà ce que vous ave« à accomplir et à parfiûre, avant que les avantages du traité de réciprocité, que la politique. impériale a fait n^peler, ne soient compensés! Et il n'est pas très-certain, aux jeux de tout homme sensé, que l'accomplissement même de ces conditions réalise les espérances de la commission métropol<»nane ! Sans reprocher à ce distingué aréopage de ne pas avoir précisé le temps ^^où non-seulement les cabanes des coolies de Bemerara, seront construites avec des poutres du Canada, mais même les petits bateaux, qui là comme en Hollande, remplacent les véhicules ordinaires," il nous sera peut-être permis de demander s'il ne vaudrait pas mieux mettre nos bois de service à bord de goélettes dans le havre de Montréal, pour les exporter aux Etats-Unis par le lac Ghamplaln ?

Laissons la Commission tropicale à des souvenirs plus agréables que ceux de Demerara et de St. Christophe, ne disons rien de ses conquêtes gallantes aux Bes Vierges et poursui- Tons le cours de nos remarques

Nous avons dénoncé d'une manière générale la politique commerciale de la métropole à notre égard. Nous avons dit qu'elle sacrifiait nos mtérêts à ceux de ses sujets britanniques. Tout ce que nous voyons le démontre. Mais rien ne ie prouve mieux que les déclarations dé son agent spécial, M. Galt, ex-ministre des finances. L'hon. M. Bose, député de Montréal, tout partisan du ré^me colonial qu'il soit, a cru préparer les voies à sa réélection &a dénonçant, pendant la

dernière seénon, les &iiz prétextes dont le gouTenômeiii; cdoniai se seryait, poiù: &ite aiocepfter son système décoré d'un nom qtii est en loi^nême on non^séns ; ^^ le ^stême eurojpéen»*^ n jhut ici qu'un Bjstème soit bien défectueux pour que des adorateurs du veau d'or în^rial lèvent la main sur leur idole. On a pu voir oe qu'il en a^taèûté à ces timides dénonciateurs de la politique qui minait leur pays, en lés entendant répondre un emi aussi lâche qu'mcads&iuent, l<»sque fut mis aux voix le décret qui friçpait au cœor l'industrie et le tommerce canadiens, et qu'ils venaient de dénoncer avec autant de lugueur et de logique dans les argtànenis, que peu de sincérité dans les motife et les scotiments. Quand on a sous la main des admissionB aussi précieuses dé la part des soutiens obligés d'un sfystème qui ks révdte eux-mêmes, à tel pdnt ^'ils jettent parfois le cri d'élsane^ce a»ait une fimfe de né fAS Vea servir. Ce n^est pas qu^ils présentent les objeo* tiens avec plus de force que pouimiit le faure une âme sincère, convamcue et conmstBafAe ; mais leur servilité même donne du prix aux vérités qui leur échappent daiis des accès simulés 4'indépendance fictive.

Or, lors de la denûère sessibn, M. Gkdt présentaun hudjet qtn UKmtrait une dépense préstanée de #12,376^000, et un TCivesu anticipé de $11,420,000 seulement, laissant un défi^ cit de $966,000 sur les exercices de l'année maintenant courante. Le ministre des finances proposa, pour couvrir ce déficit, un bouleversement et une augmentation si exagérée de la taxation, que l'honorable député que nous nommions il j a im instant, ne put s'empâcher de s'exclamer :

^^ Pour obtenir une somme additionnelle de $956,000, vous émettez des propositions qoi verni affecter et ébranler tous les intéiâts commerciaux, industriels et agricoles du pays. Je veux démontrer que l'on pourrait couvrir ce déficit sans avoir xeeours à des changements qui ne devraient avoir pour but que l'au^entation çEu revenu an montant de $956,000, et qui cependant tendent à prélever une somme additionnelle de $3,^00,000, au grand préjudice d'intérôs aussi importants. ' ^< Il ne m'est paâ nécessaire, cqatinua l'hon. député, de

fairo aucune observation pour proayer aux honorables membres de cette chambre, les inconvénients extarêmement graves pour le commerce, Tindustrie et l'agriculture du pays, de changements si soudains et cd fréquents de toute sorte au tarif, n est impossible de fûre des modifications de cette nature — particulièrement lorsqu'il est absolument improbable, comme je le démontrerai dans un instant, que ces changements soient permanents — sans faire le tort le plus grave à tous les intérêts concernés, tort qui n'enveloppe pas seulement les individus engagés dans le moment dans les entreprises du commerce et de l'industrie, mais qui embrasse tout le pays et dont l'effet se fera longtemps sentir, parce qu'il détruit la confiance et ce sentiment de sécurité sans lesquels il est impossible de mener à bonne fin aucune entreprise, commerciale, manufiu^turiàre ou industrielle. Tel sera le résultat des changements que le gouvernement propose, changements qui vont inaugurer un nouveau système de taxation et qui opéreront avec plus ou moins de préjudice à toutes les branches du revenu, et cela sous le prétexte de prélever une somme additionnelle de $956,000, dont une partie pourrait fort bien ne pas être requise ! Les marchands préféreraient de beaucoup le plus mauvais tarif posâble pourvu qu'il fût immuable, à un tarif qui se transforme annuellement et qui les expose tous les jours à la ruine. H est impossible qu'un tel système encourage le commerce à étendre ses opérations, si l'on ajoute aux risques ordinaires, une mobilité excessive dans le tarif. Quelle garantie un marchand a-t-il de ne pas être ruiné, quand il achète une cargaison de thé en Chine, ou une cargaison de sucre à Manille ou même à Cuba, ou une cargaison de café à BionTaneiro, si aux risques ordinaires du commerce, tel que la fluctuation des prix, il s'aperçoit, lorsque six moix aptes sa cargaison arrive ici, qu'un changement de tarif a considérablement augmenté le coût de cette cargaison, sans accroître aucunement la valeur mercantile de l'article importé, vu que le marché a pu être servi par des ordres envoyés à New-York et Boston dans l'intervalle ? Le marchand ne peut donc avoir confiance dans aucune des entreprises qu'il fait. Je le répète, ces chan-

gemento A Bouvent téikéréB daiis la poliiiqtte fiscale du pays, contribuent plus que quoique ce sèit à empScher Fexpan8i<m de notre commerce arec Pétranger. Si le ministre des Fiances pouTàit seulement Toir dajis quel état de confusion se trouvent le commerce et l'industrie, il renoncerait à prolonger cet état de dioses, qui est d'autant plus désastreux que les occurences «où le mal s'est répété ont été plus nombreuses dans le passé." • Awei s'exprimait l'on, député ministérieL Oes paroles, sorties de la bouche d'un colon dont la loyauté est connue et -qid a administré le gouyernemmt de la colonie avec plusieurs 4es memb!reS du mmistère actuel ; d^un colon qui soutenait le géuvetuement loxsqu^il pronéonçâ ces paroles, et qui le «raldent encore.; d'un colon qui a été jugé digne de dminer ■l'lioq)italiité à l'hériiier pi^ésomjptlf de la couronne hiitanniqne, iors de son court sé^ur au Ciôiada en 1^0, n'attesteni^Hès -pà» les défectuosités et les lîoes mêmes de notée politique 49omi|iereiâJé, Xïontrolée par la m6trop(de ?

Nous ayons droit de le répéter : un ré^me qui arrache à ses 'floutieBa)âes lamentaiiaiis aussi bien fondées j des reproches aussi sévères, des prédictions aiiscii ministres, ne doifc pas être, ne peut pas être et n'est certainement pas le régime qui Convient à un peuple intelligent, qui comprend ses intérêts et s^esfimé à sa vëilenr.

'Qu'esirce qui poussait donc ministre le colonial à Mre -tous ces changements. Nous allons le faire voir, eh signalant ies faux prétextes de la duplicité inhérente à tout homme qm sert d'instrument à une politique étrangère, au préjudice des intérêts de son pays, qu'il trahit. Nous écouterons ensuite, sortant de sa propre bouche, l'aveu qu'il cédait à la prèstion de l'Angleterre et consentait à ruiner son pays pour servir des intérêts lointains et tellement iniques qu'ils n'osent jamms s'affirmer hautement.

Voici de quels prétextes M. Galt couvrit la position que ies maimfacturiers anglais imposèrent à la colonie l'été dernier.

. LotocroiÂpaiit M. Bose, il dit : (nous trlddMiis le ntfqpoit db h^&tmttê de Mosii^ au 21 ^et)

^^ Je croîs aYôûr donné deinxiîsoiiB poor jtortiftMrcesolUuvgeixieQts t les befloiasdu iniiiiBtre des fioaiieeer^ l'alténtiioii ded circoDSteiices par l'abrogation, dn traité de récipvooké:'^

M* Oalt aYBÂt dît à œ sajei, dans son cGétoura pgpononoé le 26 juin, au nom du goaver nw aeiit dolenial, en préseiitaal/ soa budget peur l'^rorcieé de 1^6, d'aprèscle rapport que ^us avons cité:

^ J'anrais été heoreuz, pour direrses laiaons^ nia nééeeflité d?ime rémon du tarif t^csvaU poê été inipûtéet an ^immenimt* Nous n'anriwHS'p&s pris en eonndérotion le Té^nstement dé notre tarif, si ce n'avâit été' pM» lev^drat jnDSons suivantes: d'abovd l'état de nos Fetatfenl^ wmmt^ eiàles'a^ec les State^nis^ seoi rappréheûshm iitnippet 4ti traité de téri^irocité; en$€^6(md Um, Vajipf&dieâèla Mf^-aération des cohnies^ qui rend T^ctMairtB lit riifùiimêêfùMmSàùian de Uur$tarifiJ^

Bl CD' anal^ .ces deux déelaniiidmr^> aa fie» de detat niMOBy M« GÛt «s donne trois s

I^itoiSi le déficit pvévu dé fOSO^MO.

Bn second lien, Pid)rogation du traité deréciprecfté.

En troisième lieu, la nécessité, créée par l'approbhe de k confédération, de réviser le tarif canadien, pour l'assimiler à celui des provinces d'en bas.

. Or, quant au déficit, le surplus de l'année eoucanie dé- B^ntrera la fausseté de oe^ mot^. Au reste, 1(9S chines mlsaee de M. Galt prouvent que le déficit prévu par , lui w sera paa de $3,600,000 comme il le prétendait, mais de $^,OiQiO. La première r^scm qu'il a donnée ne peut être vraie qiie jusqu'à concurrence du montant réel du déficit, rCar larséceasite de troi^ver une scmime additi(mnelle de $900,^00 justifia des changements qui rapporteront cette ' somme et non pas trois fois cetfce somme. Le prétendu déficit de è3>ô00^0 n'était donc qu'un faux prétexte.

Quant h la seconde rai9pn, non» scunmes bien cUsppsé ^ admettre Ijue l'abrogation du traita de réciprocité rcaidait

nécessaires des chfmgemeixts à notre tarif. Mai» nous ne pouYona Yoû^ dans cette nécessité la justification des modifia pati(ms qni ont été fiâtes. Ces changements tendent^ en effet, comice le ministre des finances du gouvernement colonial le disait alors, à l'adoption du système du libre-éebange^ dénomr Tfié ^tème européen par la même autorité. Or, le commun des mortels a toigours cru que l'abrogation du libreéckiange ou de la rédip;rocité avec nos .voisins, loin de jostifiar l'adoption ou la continuation d'un tanf libre-édxan^ste^ nous ÎR^ait l'obligation 4e sioias protéger en frappaat de dnûts élevés, aiii moins les- articles manufacturés ehe^ nos v6isii;)S» ^ans.ce ^o^iS^i^. on a fait le coni^raire. On a dinûnué le^ jn^to aiir |^s articles manufacturés auz EtaitehUnis, et on le^ ^âeYiés ^xir la matière, première nécessaire* à notre- indus^ tiie: tels que les peaux erues^ les céréales servit à l» fabrication de la bière et du wiskej ; et même la fi^dne de b)é .jp,.r laprépaxatioudu p^cet ^H^i ppiye^d ^ de prenûère néeeeisité^-r-le sucre et la mêlasse, qui alimentei]^ l'io- 4i:i3tEie de la^ ^iraffinerie» enfin .j^resq^e, tous I^ artûdea de oonfieininatioç joui^^ i .

l^bis nous nous proposoncf de commenter d'uD,e manièie pj^is.p^c^ère les.ane;DQaUe^ de notr^ politique fiscale^Iorsque nan9r>Ve^i;amii^erons dans ses rapports avec notre industrie et fîQS manufactures. Nous en avons assez dit pour ^re voir (i|yie le ^^cond motif invoqué par le gouvern^nent oi^onial pour bouleverser le commerce canadien existait de fait, xnais qu'il n'a aucunement déterminé la politique du gpuveme* ment. Bans sa^ bouche- ce n'était^ rien moins qu'uû -&ux prétexte, car le nouveau tarif, -dans plusieurs de ses parâeë les plu» importantes, favorise les Etats-Unis à notre dëtrimeàt.

Passons à la^ troisième raison.' Nous sommes, encore prêts à admettre^ dans ce cas-ci, que l'approche nlè la confSdération pouvait créer j dans la pensée de ceux qui l'ont préparée, la nécessité de remanier le tarif, de manière à ruiner notre poBftmerce et notre industrie ; mais la confédération elle-même n'est^lle pas ^n résultat de la politique impériale ? Eit admettant donc que l'approche de la confédération même

«ut créé la nécessité de remanier complètement notre tarif, ce n^eut été qu'une conséquence de la politique impériale, qui cherche, dans la création d'une confédération nordaméricaine et britannique, un point d'appui contre la république de Washington, sa rivale.

D'ailleurs la proposition émise par le gouvernement colonial, examinée dans ses rapports avec les e:rîgences de l'approche de la confédération et abstraction faite de la métropole, n'est rien moins qu'une fausseté. Le gouvernement affirme d'un côté que l'approche de la confédération lui impose le remaniement du tarif, en vue de son assimilation avec les tarift divers des provinces d'en bas^ et quand on jette un coup d'œil sur la série àfis changements contenus dans ses ^^ résolutions" originaires, on s'aperçoit que loin de faire disparaître les diSërences existant dans les divers tarifi de ces colonies, 3 les accroît considérablement!

Par exemple, le gouvernement colonial s'appuyait, pour justifier les changements qu'il a faits au tarif de la colonie, sur l'assertion que nos droits de douane sont plus élevés que dans les provinces d'en bas. C'est une entrave à la confé dération, disait le gouvernement canadien.

Cette assertion était erronée, nous allions dire mensongère !

Les données officielles, préparées sous la surveillance même du gouvernement canadien, prouvent que le montant des droits prélevés sur les importations dans les provinces britanniques de l'Amérique du Nord, est, par tête :

En Canada $1.86

Au Nouveau-Brunswick 2.81

A la Nouvelle-Ecosse 2.46

A Terre-Neuve 8.63

A rHe du Prince-Edouard • . . . . 1^69

Ainsi la proportion des impôts douamers, lom d'être plus forte au Canada que dans les provinces maritimes, est moindre. Le gouvernement canadien se servait donc d'un faux prétexte pour remanier notre tarif, lorsqu'il émettait la proposition erronée démentie par ces chiffires !

Vue sur une autre face, la question ne présente pas un résultat plus satisfaisant pour la sincérité du gouyemement colonial.

Le montant des impôts réparti sur toutes les impctrtationSy y compris les importations non sujettes à l'impôt, est de :

En Canada 11 par cent.

Au Nouveau-Brûnswick 9J "

, A TDe du Prince-Edouard ., . SJ "

A la Nouvelle-Ecosse 71 "

A Terre-Neuve ,.• 7i "

Si l'on ajoute au percentage afférant au Canada, Faugmentation par laquelle le gouvernement de la colonie a voulu réaliser $3,500,000 de plus que l'année dernière, on voit qua loin de parvenir à établir l'égalité qu'il voulait atteindre, il s'en éloignait. Les importations du Canada subissent l'impôt au taux de onze par cent; les importations des autres prorâices ne subissent l'impôt qu'au taux de 7^ à 9|r ; le gouvernement canadien prétend les équilibrer, et, cependant, il propose l'augmentation des impôts douaniers sur plusieurs articles, tels que le thé, les mêlasses, les alcools étrangers et le prélèvement de nouveaux impôts sur la fleur, le blé-d'inde, le beurre, le fromage et un impôt de $2 sur le lard, dont il se fait une si grande consommation en Canada !

Voici quelque chose qui prouve encore mieux, que les paroles du gouvernement colonial, mises en regard de ses actes, ne justifient aucunement la signification que l'Académie a eu la présomption de donner au mot assimUation,

Le thé est un des articles les plus importants du commerce et de la consommation dans ces colonies. Les impôts prélevés sur cet article, l'année dernière, constituaient la douziènie partie du revenu du Canada. Or, le gouvernement de la colonie proposa, le printemps dernier, d'ajouter trois centins par livre à l'impôt qui existait alors. L'impôt se trouvidt ainsi élevé à douze centins et demi par livre. Or, remarquez bien que le prétexte dont se servait le gouvernement canadien pour augmenter les droits sur le thé, était l'assimilation graduelle des tarifs des diverses provinces. L'impôt comparatif

da thé après les procédés d'aseâmilation du gouyeniMcient^ est de :

Au Canada 12^ cents per Ib.

Au Nouveau-Brunswîck •. 4 " "

(sur le thé noir etsur le thé vert). 8 " "

A la Nouvelle-Ecosse 6 " "

A rne du Prince-Edouaïd 6i " "

L'assimilation était loin d'être faite avant le nouveau tarif, et sous le prétexte dp l'opérer, on augmente la difiërence, en élevant de neuf cents et demi à douze cents et demi les droits déjà existants au Canada sur le thé !

VoSà comment un gouvernement colonial pêche contre k véifité et les chifres mêmes, lorsqu'il cède à la presaon d'intérêts étrangers et perd dé vue le bien-être des administrés.

Par son tarif, le gouvernement colonial proposant d^aug^ menter les droits sur la mdasse, de 5 centins par gaDon et 10 pour cent ad vahremy (égal à 6^ ceniins par gallen on 40 pour cent ad vahrem), à 11 contins par gidlon, égal & 70 par cent ad valorem^ ou un dollar par cent livres.

Eh bien, au Nouveâu-Bmnswick, l'impôt n'est que de S contins par gallon, et trois par cent advcH&rem; à la Nouvelle-Ecosse et à la Terre-Neuve, cinq centms par gallon, et à l'ile du Prince Edouard, cinq contins et demi.

n est utile de faire remarquer en passant que les drmts prélevés sur la mêlasse sont en Angleterre proportiounés aux droits prélevés sur le sucre, et que pendant que le gouvernement colonial nous impose des droits élevés sur ces articles de première nécessité, en Angleterre ces droits Sont de Sj» contins au Heu de 11 contins, et non pas cinq chelins pair cent livres, mais seulement trois chelins et demi par 112 livres. Différence considérable ! Et cependant le gouvernement colonial a alors assuré à la chambre que ^^ l'écheOe ' anglaise avait été suivie et que le montant des droits par^ gallon ou par cent livres était le même qu'en Angleterre^ ijft:^ enfin c^était le tarif anglais."

Nous poum<His signaler une foule d'autres articles qui en* trent dans la consommation ou Pusage général dans toutes les colonies anglaises de l'Amérique du Nord, tels que le café, Peau-de-vie, le rhum, le vin, le fer, les instruments d'agriculture, et qui sont soumis, à raison des changements du dernier tarif, à des droits beaucoup plus élevés ou beaucoup moindres que dans les provinces maritimes.

Pour n'en citer que quelques exemples, nous signalerons le vin et le cognac, sur lesquels les impôts ont été réduits, pourvu qu'ils soit importés directement de France — ce à qw» nous n'avons rien à redire en principe. Mais cette réduotion, loin d'assimiler les tarifs des diverses provinces, en augmente la disparité. Ainsi le cognac ou brandy est assujetti, à la Nouvelle-Ecosse, à un droit [de cent pour cent, et à Terre-Neuve de f 1.20 par gallon, tandisque le nouveau tarif canadien réduit l'impôt sur le brandy à 70 cents par gallon ! Esfrce là de l'assimilation ? N'est-ce pas plutôt de la décep* tion ?

Les machines aratoires, tels que les machines à faucher et à ramasser, étaient sujettes à un droit protecteur. Le gouvernement canadien a aboli ce droit, lorsqu'au Nouveau- Brunswick ces machines reçoivent une protection de 17i par cent. Au Nouveau-Brunswiçk les chaises, les chaussures, les balais, manufacturés à l'étranger sont assujettis à un droit d'entrée de «18 par cent; le dernier tarif canadien .a réduit Fimpôt à 15 par cent. Est-ce là de l'assimilation ?

Le gouvernement colonial a proposé, lors de la dernière sesi^on de notre parlement, de réduire à une moyenne de quinze par cent les droits imposés sur les produits des manufactures étrangères. Etait-ce pour assimiler notre tarif à celui du Nouveau-Brunswick, qui venait d'élever cette même catégorie de droits à dix-huit par cent ?

Et quand la Confédération, comme on l'a &it remarquer

'ailleurs, aqxa été accomplie— ce qui peut arriver dans six

91018 — le Canada élèvera-t-il son tarif, sur les articles moins

ta^és ici que daos les pi:pviuces maritimes, ou celles-ci ré-

duiroo^Ues le leur au niveau du nôtre l Et sur les articles

qui sont assujettis à im impôt plus fort au Canada que dans les provinces maritimeÉ, celleft<$i s'élèveront-elles à nous, ou descendrons-nou9 à elles ?

La prétendue assimilation était un faux prétexte d'autant plus évident que le gouvernement canadien savait que les 'modifications qu'il proposait et qu'il a réussi, en trop grande partie, à imposer au peuple canadien, ne pouvaient être définitives. S'il eut été sincère, il eut attendu, pour modifier le tarif) que la Confédération eût réuni les diverses provinces sous un même gouvernement. C'était le moyen et le seul moyen de ne pas déranger l'ordre économique du pays cette année, pour le déplacer encore l'année prochaine. Tout prouve donc de la manière la plus concluante possible, que le gouvernement colonial n'était pas sincère lorsqu'il essayait de justifier le remaniement de notre tarif, en alléguant la nécesnté de l'assimiler avec les tarifs des provinces d'en bas. Ce n'était ni plus ni moins qu'un faux prétexte pour couvrir une fausse politique.

Si encore l'opinion publique eut demandé une seule modifiaation ! Mais la pression populaire s'exerçait dans un sens tout contraire et suppliait le gouvernement colonial de ne fiùre aucun changement, surtout daus le sens énoncé par le ministre des finances. Aucune assemblée publique n'avait eu lieu pour demander le remaniement de notre tarif, et à peine ce remaniement était-il connu, quQ d'immenses assemblées l'accueillaient par d'énergiques protêts; des députalions de toutes leô averses classes manufacturières se rendaient à la capitale, le gouvernement était assiégé de mémcôres contraires à sa politique, et qui en démontraient les injustices criantes, l'inopportunité à tous les points de vue, l'impracticabilité même en plusieurs cas.

Ecoutons maintenant, de la bouche même du gouvernement colonial, exprimant sa pensée intime par la bouche du mimstro des finances, l'aveu qu'il obéissait, en proposant le remaniement et la transformation du tarif cana^en, à la pression

des négiociants et des manufacturiers de la métropole, dont les intérêts, grâce à l'interyention du bureau colonial, ont toujours eu facilement raison des intérêts et des droits de îa colonie:

Nous pourrions multiplier les citations, mais nous n'en you- Ions fsûre qu'une seule, afin de ne pas abuser de la bienveillance du lecteur. Elle contient une preuve éclatante de

l'assujettissement de nos intérêts aux exigences des négociants de la métropole. Lisez, pesez bien chacune de ces importantes paroles, prononcées au nom du gouvernement colonial et du gouvememfent impérial en quelque sorte, par l'hon M^ Galt. Appujant fortement et intelligemment sur ses paroles^ le ministre colonial dit :

. t^ Je âm9 dire ausdi que le gouvernement est cPopinion ^' quHun changemeni dans Tiotre politique fiscale est demandé

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