SAUVEGARDE ESSENTIELLE
L'exercice du droit de déclarer la guerre doit avoir pour but la défense de l'hoimeur national.
L'honneur national peut être attaqué de diverses manières. Une nation doit le faire consister dans l'intégrité de son territoire ou la défense du >sol, et même dans la. protection des biens et des eidstenoes individuels.
Or, qui plus que la nation elle-même peut et doit être juge des situations qui engagent son honneur ? Qui plus que la nation elle-même doit avoir à cœur de protéger son territoire ? Qui plus que la nation elle-même doit tenir à conserver l'ex* istence de cette masse compacte et solidaire qu'on appelle la société et qui ne saurait montrer plus de dévouement qu'en* vers elle-même ?
L'individu qui compte sur son voisin pour protéger ses biens, son existence et celle de sa famille, son honneur même et l'honneur, des siens, n'est-il pas exposé à perdre une partie de ce noble et essentiel apanage, sinon le tout à la fois, avant que son protecteur n'ait peut-être songé à s'en émouvoir? Quel est l'homme de bien qui voudrait confier un dépôt aussi précieux, à la garde d'un de ses semblables plus ou moins intéressé à le protéger? Celui qui montrerait un pareil oubli de ses devoirs serait relégué par le méprisgénéral dans, une infériorité déshonorante, mus conforme à. sa basse et inerte nature ^
Compatriotes, ayons la force morale de le recomiaftre : la nation canadienne occupe précisément, dans l'ordre universel, la position de cette individualité, déshonorée sous le coup de Totre mépris, dans l'ordre social. La protection éphémère que «et homme mendie à la bonne volonté d'autrui, vous l'acceptez sans rou^ d'un pouvoir qui vous la promet sans pouvoir vous l'accorder et qui désire voua la retirer parce qu'elle le compromet lui-même ! La position de cet homme pusillanime 'que vous trouvez honteuse, dégradante et contraire aux saines notions de la conservation et de la dignité humaines — ^ELLE EST LA VOTRE !
Que dis-je ? elle est même plus humiliante, plus irréfléchie, n confie, lui, à son voisin, à un proche, à un ami dévoué peut- ^tre, ayant des intérêts identiques aux mens, la garde de ses biens, de son honneur, la vie et l'honneur des siens. Mais, nous, pauvres aveugles, peuple insensé, nous confions la garde de notre honneur et de nos biens, la conservation et la protection de ce qui nous est le plus cher, non pas à un pouvoir voisin ayant les mêmes intérêts que nous, non : nous confions cette précieuse garde à un pouvoir étranger, séparé de nous par l'immensité de l'Océan, qui a des intérêts diamétralement opposés aux nôtres dans les carrières' les plus importantes de la vitalité sociale, et dans les conseils duquel nos destinées ne s'instruisent jamais qu'au dernier plan et se décident en dernier ressort !
La métropole s'occupe de nous quand elle a des loisirs, et <x>mme les soucis de la politique européenne et les appréhendons de sa situation sociale ne lui en laissent aucun, à peine nous donne-t-elle tous tes quarts de siècle un moment d'attention. Devons-nous le regretter ? Non, puisque nous ne paraissons dignes de sa sollicitude que lorsqu'elle nous jette «n pâture à ses manufacturiers, ou quand elle s'apprête à nous faire combattre pour elle sur notre propre territoire. Mais il importe de constater que nos besoins, notre condition d'être, nos intérêts les plus vitaux, sont tellement ignorés en Angleterre, que la presse métropolitiûne ne parle jamais de nous, sans commettre les plus graves erreurs. Cela ne prou-
ye-t-il pas de toute éyideqoe qu'il est souverainement ridicule de confier à un pouToir indifférent et même hostile à notre bien-être réel, l'honneur d'un peuple et la protection de ses intérêts les plus chers et les plus sacrés !
ni.
Supposons, pour un moment, que l'Angleterre fût tr^s-attentive à tout ce qui nous concerne et toujours animée pour nous des meilleurs sentiments : nous verrions encore, dans ce cas même, toute l'absurdité et toute l'étendue des inconvénients de la solidarité qui existe entre le Canada et l'Anj^ terre pour la défense de notre territoire. L'Angleterre M éprouve eUe-méme uûe gêne qui devient de plus en plus insupportaUeau sens éclairé de son peuple et de ses gouvernants. Elle est continueUement inquiétée par les c<«ivoitises plus ou moins réelles dont nous sommes l'objet de la part de nos voisins.
Nous représentons l'os de la fable : le lion britannique nous tient encore iious sa patte débonnaire, et l'aigle américain feint de vouloir le lui ravir^ pour l'inquiéter, et peut^tare même ]pour le dépouiller de son bien colonial.
L'Angleterre est tous les jours exposée à se battre à cause de nous avec les Etats Unis, pour conserver son prestige. Notre proximité de la grande république excite la convoitise de celle-ci, et l'èloignement de l^ métropole l'encourage en même temps à tenter notre conquête. De là l'inquiétude et le maluse qui arrachent à l'Angleterre des plaintes, et des exigences qui s'adressent à nous, qui ne sommes pourtant la cause des tourments de la métropole, que parce qu'elle nous couduu^ une protection qu'elle nous retirerait volontiers, si nous voulions seulement y renoncer. Nous sommes d'autant plus une cause de malaise pour l'Angleterre, que cette puissance est devenue très pacifique depuis qu'elle apprécie sagem^t tous les bienfaits d'une paix garantie par l'amitié et l'alliance sincère de la France. Certains motife de prudence que lui inspire le déploiement récent des forces d(mt la république voisine dispose, ne sont peut-être pas étrangers
^ cette remarquable transformation de Pesprit belHquenx du peuple anglais, en la plus smcère disposition à né pas tirer l'épëe du fourreau pour le moment.
Laissant à l'Angleterre le soin de ses intérêts, donnons aux nôtres toute l'attention qu'ils méritent. Et puisqu'il ne s'agit que de renoncer à l'allégeance impériale pour avoir la garde exclusive de notre honneur national et veiller nousmêmes à la sécurité de notre territoire, examinons rapdement les raisons puissantes qui nous imposent cette renonciation.
Tout le malaise que notre proximité des Etttte Unis suscite à l'Angleterre, nous l'éprouvons nous-m^es à un degré natureOement beaucoup plus grand, car nous sommes, à tous les points de vue, beaucoup plus exposés que ^Angleterre. Notre territoire est à la merci de l'ennemi, et ses armées peuvent l'envahir et en faire la conquête avant que la métropole n'ait pu nous expédier le moindre renfort. Oette solidarité est donc désavantageuse au Canada, à un degré incomparable. Le bon sens et la justice commanderaient à l'Angleterre de ne pas nous appeler à partager les périls et les •sacrifices d'un conflit survenant entre elle et quelqu'autre puissance, et dont les causes auraient été par&itement étrangères à notre participation.
Une guerre- éclate entre l'Angleterre et leis Btats Unis : BOUS n'avons aucunement provoqué ce conflit ; nous n^avons aucunement le droit d'en discuter l'opportunité; nous ne prouvons pas plus le prévenir que le hâter : si nous aventuri<ms un simple conseil à l'oreille de la métropole, le mépris du silence ou quelque rebufiade' humiliante accueillerait notre -démarche officieuse : dans ces conjonctures tiotre droit ne devrait-il pas être de rester spectateur passif du drame qui s^annonce? Sans doute, nous direz-vous, -les forces de l'Angleterre vont être seules appèléeë à combattre la puiseante république; — cette querelle nous regarde-t-elle ? Nous n avons pas armé en guerre de rapides vmsseaux pour
piller le commerce Américidn, pendant une guerre ciyile aux proportions grandioses. Noos n'ayons pas . ordonné à nos marins de livrer les navires marchands de ni» voisins à la fureur combinée du canon, de la flamme et des flots. Nous vivons donc le droit, et c'est même notre devoir, de nous croi- :8er les bras et de regarder avec une amère curiosité, les deux cousins géants se disputer l'empire des idées sur les peuples anglo-saxons et la prépondérance commerciale dans les cinq parties du monde
Chose étrange ! contre-sens incroyable ! ce n'est là ni notre devoir, ni même notre droit, et depuis près d'un siècle nous suUissons les épreuves d'une ntuation diamétralement opposée.
Dès l'instant que l'Angleterre est en guerre avec les Etats Unis, notre territoire est envahi par cette dernière puissance, notre voisine. Comment alors, abstraction fiûte de toutes considérations particulières aux tendances annexionistes d'une partie du peuple canadien, ne pas combattre l'envahisseur ! Nous sommes étrangers à la cause du conflit, mais nous ne pouvons en ignorer l'effet brutal que le lien colonial nous inflige. Le canon, ^^ cette grande voix des batailles," nous rappelle bientôt à la réalité de notre situation. Il nous est impossible de rester spectateur passif et neutre. H nous faut mourir ou nous rendre : voilà le devoir ou plutôt l'alternative <{\xe le régime actuel nous impose !
Quant à notre droit, nous voulons le définir avec clarté et loyalement ; car il importe, puisque nous voulons apporter remède à notre situation, d'en connaître, dans toute leur réalité, les désavantages les plus déplorables et les plus nuisibles à noke sécurité nationale.
L'Angleterre est tenue donnons défendre chaque fois que nous sommes la cause de quelque rupture entre elle et les autres puissances. Elle est de plus obligée de défendre notre
territoire, lorsqu'il est attaqué par une puissance avec laquelle elle est en guerre pour des causes auxquelles nous sommes parfiûtement étrangers.
De notre côté, nous sommes obligés de défendre notre ter* nidre dans les deux cas, soit que la provocation juste ou injuste vienne de nous ou à cause de nous, soit que notre participation n'ait aucunement été engagée.
Les désavantages d'un pareil contrat ressortent des faits du passé, des appréhensions du présent et des menaces de l'avenir.
On nous dit quelquefois : ^^ Si c'est an fardeau pour le peuple canadien, d'avoir à défendre son territoire contre les ennemis de l'Angleterre, quand il est parfaitement étranger à la cause du conflit, ne doit-il pas être heureux néanmoins de pouvoir compter sur une puissance de premier ordre pour le protéger, surtout lorsqu'il est la cause déterminante de la lutte. Ea retour de l'aide fort secondaire que nous pouvons donner à l'Angleterre, lorsque nous sommes étrangers au conflit, nous sommes assurés de sa puissante protection, dans le cas où nous avons provoqué la guerre."
Ce raiscmnement n'est pas même spécieux, et je veux prouver que le jour où nous avons contracté cette obligation, a été pour nous '' la journbe des dupes !"
Il n'y a pas d'autre nom qui convienne à ce nukrché uni-latéral, tout à l'avantage de la métropole, relativement à noucHmêmes, sinon à ses ennemis, qui nous convoitent et l'attaquent ici, parce que c'est l'endroit le plus vulnérable de son empire.
En premier lieu, l'Angleterre peut nous imposer l'exécution de notre obligation de nous battre pour elle : elle en a le' pouvoir, mais de quelle force disposons-nous pour l'obliger à se battre pour nous ? D'aucune.
Nous sommes donc dupes !
En second lieu, nous sommes en mesure de jouer notre rôle de comparse, et notre devoir nous impose la défense de nos
fojrei$ et de nos fEunilles: mais la puissance militaire de l'Aiigleterrey de Payeu de ses hommes d'était et de ses principaux organes dans la presse, n'est pas de taille à nous prot^ec contre nos assaillants les plus probables : les Etats-Unis !
Nous sommes donc dupes !
£n troisième lieu, ce qui jette un éclat lumineux sur la question, c'est que TAngleterre ne s'est jamais battue pour nous, ou plutôt chez nous, qu'à cause d'elle-même : nous ne BOUS sommes jamais battus avec l'étranger que pour l'Angleterre et à cause de l'Angleterre même.
Hous sommes donc dupes !
Tin.
I. L'Angleterre a nonrseidement le drmt, mais m&ne le pou- Topr de nous mener au combat. Elle ^ tenue à la même oUigation envers nous, mais nous n'avons aucun moyen de l'y oontzaindre. Je m'explique :
Le Gouvômeur-Général, délégué ici psac la métropole, est le commandant en clief des milices de toutes les colonies. Qu'une guerre éclate entre l'Angleterre et les Etats-Unis, ou toute autre puissance^ui attaquerait le Canada, le gouverneur-général appellera lui service actif toutes les forces vives de la nation, et les poussera sur le champ de bataille pour combattre las <;ombat8 de l'Angleterre. H est donc .littéraleniejat vrai que l'Angleterre a ncm-seulement le droit, jznis le pouvoir de nous obliger à nous battre pouf elle.
Supposons maintenait que le Canada soit attaqué par une puissance de premier ordre, telle que les Etats-Unis, et que l'Angleterre refuse, coimeQe cela arriverait fort probablement, de défendre notre territoire-, parce qu'elle croira pouvoir lutter avec plus d'avantages sur mer ou en portant la guerre " dans Carthage," c'est-à-dire, sur le territoire Américain avons-nous quelque moyen, correspondîmt à cehii qu'exerce la métropole sur nous par son repréBcntant, de forcer J' Angleterre à défendre solidairement .avec nous, notre territoire, nos biens, nos familles ? Non !
Je le répète, nous sommes dupes ! ^
Et qu'on ne s'imagine pas que nous supposons des èven* tualités itnposnbles ou même improbables. Ne sommes-noua pas dans la triste nécessité d'admettre que notre territoire né peut être que très difficilement défendu ? De son côté, PAngleterre fait constater par ses ingénieurs, qu'un territoire séparé de la puissante république voisine par une ligne purement imaginaire, oifirant sur toute Féieûdue d'une frontière interminable, une brèche ininterrompue, par laquelle l'ennemi peut pénélarer chez nous, sur n'importe quel point ou sur tôt» les points à la fois, ne peut offirir aucun moyen efficace de résistance contre une armée d'invasion, comme celles que les grandes puissances peuvent mettre sur pied. Québec, disentils, notre ideux et solitaire Québec, peut seul tenir contre l'envahisseur. Encore, ajôntent-ils, cette résistance pourrait ne pas 6tre de longue durée, à raison de la puissance des monitarê et du canon de gros calibre et à grande précision, d'invention récente, et dont les fortifications de l'ancien régime ne peuvent guère arrêter l'action désastreuse. (*)
Quoiqu'il en soit, l'obligation de l'Angleterre de défendre notre territoire est subordonnée à sa volonté, tandis que le droit de la métropole est absolu, réel, irrésistible ; elle peut nous commander quand elle voudra, comme eUe voudra, de la défendre sur notre sol contre ses ennemis à elle, qui ne deviennent les nôtres que parce qu'il nous plaît de rester colonie de l'Angleterre ; et nous ne pouvons la c<mtraindre à nous défendre, même si nous sommes attaqués par les puissances qui la jalousent ou la détestent, ou qu'elle a provoquées.
Je le répète donc, nous sommes dupes !
II. L'Angleterre ne peut défendre notre territoire qu'elle expose aux coups de l'ennemi.
Je le démontre.
(«) Voir le rapport du Ool. JerroiS; Ingénieur Impérial.
L'Anj^eterre a cessé d'être une ptiiasanoe mihtidre de premier ordre. Les armées ont pris de tels déyeloppements»* qu'il est impoasible à une puissance de dix-huit millions d'ftmes de lutter avantageusement avec une autre puissatice dont la population est double ou trifriie. L'action intematio^ nale des cours d'Europe a pris des allures si brusques et A tranchantes, que l'Angleterre, dont la politique habile et insidieuse demandait des délais pour préparer ses intrigues et faire jouer ses précieux ressorts, ne s'y reconnaissant plus, se tient prudemment à l'écart. Elle reste isolée ; et dans sôm isolement, elle perd son influence dans les conflits du vieux continent ;....«
EstHse un malheur pour l'Angleferre ? H serait injuste de leonMre. Qu'elle consacre entièrement son énerve, sa haute intelligence politique et ses ressources à rendre son peuple plus heureux, plus prospère, à développer ses richesses, et elle arrivera avant d'autres nations européennes qui n'y songent gudfe . et la méprisent en son isolement, dans l'aràne nouvelle où les peuples feront consister tout leur orgueuil à se surpasser dans les arts, les sciences, l'industrie, la perfection des institutions poktiques et des systèmes économiques^ en un mot dans le champ si vaste et si riche de la véritable civiMsation.
Avant un quart de siècle, la politique du monde européen se sera conqilètement transformée dans le sens de la paix etde la fratenâté des peuples, et celles des .nations du vieux monde qui auront pris les devants dans cette voie désormais ouverte* à toutes, seront les premières à parvenir au faite da nouvel ordre de choses.
L'Angleterre est donc sage, conséquente et hautement habile, en prenant courageusement son parti de l'isolement que sa feiUesse relative lui impose
n n'est pas moins vrai que notre pontion n'en est que plus absurde, plus iUogique, plus opposée à nos intérêts bien entendus. Rechercher dans une connexion surannée une
inroteotion impoesible et Kfâ note éclaippe farcément» n^est-ce IM la démonstration la pli» éclatante de ht folie de notre per. «ntanco à nous oonrber sond tmore tutelle désonnuB kiefficaoe ?
Autant nous deTH»nB lo«ier la métropole tietenoneer à une eouneiion inutile et même inqmétaato pour rite, aataut nooe devriottB nous étonner de l^^bstinaëon tdtétieure du Canada à Rattacher à une tutelle qui, n'^tadt {dus (](u'une tUindoayne peut lui iÉspirer ni courage, ni noUe ambition.
L'Angletevre leet frandbe et loyale dans ses propositioQs d^aibasklon. Me noua prévient de son împinssasiee à nous défendre^ par la 'voix de ses jonmmx, de -ses ingénieurs inilitaises, deses hommes d'état mâmes. . ....
. ^.^ .Qu'irai^je faire, s'écrie l'Angleterre, avec cinquante mille vëtétaxà, jelÉéssur un teztitoiie itranger*^ toutef<MB Je^uis l'attemdr0«*-contre ks légions iniDOiiibrables que la république, votre vcâsine, peut mettre sur pied ! Que peut me >rafpOrter €«tte guerre? Le Canada que je défends procure à mes manufaotuiiers qudhfues bénéfices. L'^uMmi que Totre connexicm m'impœe en quelque sorte me fournit la plus grande partie de la matière première si néeesaaîre à mon iiNtostrie et transige tous les jours pour des miltionB urec Mom peuple. Ploâfrje légèremeiift briser a?eo une nàtîeii eon* sanguike, qui alinlente mon industrie et nourrit mes élusses ou* Trières, par considération pour une colonie qui ne m'ind|ûre qu'un intéxSt secondaire et dont l'utit&tékn^est fort douteuse ? .J^expoorte plua^àNew^York qu'à toutes mes «ohmieuiieD&^funé* Ticmnes eisemble. Je ne puis^ sans être taxée de< omÀutô «nirers mes sujets les plus îmmédiiBts, faire la guerre aux Etats- Unis poua* conserver le Canada. Mes ôcntérâts les plus chera ^s'y opposent, et mon honneur me commaaide de ne pas m'ex* :pOder, pour si peu, à une hmniUante défaite."
.Veâà le langage que nous'tiait aujourd'hui l'Angleterre, non-seulementeaparolesou.enécritB,.mais par ses actes mêmes; Elle ne peut ni ne veut défendre notre territoire.. Si lescircon- ^stances l'obligent à briser une lance a>7«c les Etatfr-Unis, elle s'efforcera d'entraîner son adrersaire dans une lutte maiâtime, elle tentera la destruction des ports de mer de sa puissante
maie. Mais illui r^Mtgomk, pour des caisoiut deidmfde jawdenoe, d'engager laiutte sur le teaxUoûre oanadien. (piques miUiei». de aee aoUate seront ici les seuls seooùza eusr lesquels nous poonons compter pour repousser l'envahisseisr^ qui. du resta traiYerait daios les intérêts de notre pûpoktum un pub^ sant auxiliaire, et dans les sympathies d'une minorité considérable les plus vifs eneouragementSà La lutte durevait juste le temps de ruiner momentanément le^ paya et de sacrifier inutîlexDent quelques milliers de prédeusea existences»
Donc, il fiuit bien le reG<mnaître, noias sommes dupeshr^ trois fois dupes !
Mais si l'An^eterre est sincère lonqu''ell0 nous offi*e de briser une connexion qui est si contraire à notre sécurité et à notre quiétude exitâdeure^ nous somoMa dupes de notce propre aveu^em^nt en .n'aoceptaiit pa» l'indépendance qu'elle, ftoua te«d et qui nous assurèrsit la paix a^ee nos voisins et l'intégrité de notre territoire*
Notre territoire * n'a toigours été envahi qu'à cause de notre connexic» avec l'Angleterre. Les faits ii^écusables d'un passé historique le prouvent.
Depuis la conquête, trois invasions ont ravagé le Canada. La première était commandée par Montgomeiy, mort glorieusement sous les ramparts de Québec. Les Américains se battaient ators avec l'Angleterre pour leur indépendance. Ils envahirent notre pays pour atteindre la puissance britannique, à laquelle nous persistions à rester unis. Nous étions par&itement étrangers aux causes du conffit. Nous devons donc cette première invasion à la connexion impériale. Si nous avions été indépendants, nous n'aurions pas subi l'invasion de 1776.
Et d'une!
En 1812, les Etats-Unis déelarèrent la guerre à l'Angleterre à cause de envers griefs auxquels nous n'avions aucunement participé et que les Américains, nos voisins, lavèrent dans le sang britannique et dans le sang colonial avec des^
<shano68 diverses. Je le répdte : nous étions parfaitement étrangers aux causes de cette guerre. Notre pays n'en fut pas moins envalii. Nous devons donc cette seconde invasion . à notre condition coloniale. Si à cette époque nous eussions 4i6 indépendants, nous n'aurions pas subi l'invasion de 1812.
Et de deux !
La tnnsième invaâon que nous avons soufferte, est celle 4es Irlandais des Etats-Unis, en l'an de grâce 1866. La cause première de cette guerre improvisée, c'est la vengeance que tout Lrlandais nourrit dans son cœur contre la puissance britannique, à cause des maux que l'aristocratie ^ anglaise a infligés depuis des siècles à la malheureuse Lrknde. Cette invasion de très courte durée nous a coûté un million et demi de dollars, notre commerce a été tenu en échec, une foule de gens ont été ruinés, de braves soldats-citoyens •sont morts et ont laissé leurs familles sans appui; chose encore plus lamentable, d'autres ont déshonoré les armes canadiennes en fuyant lâchement devant un ennemi moins nombreux et qui, se voyant sans bases d'opérations, pliait lui-même bagage après la victoire !
Or, les injustices incroyables de l'Angleterre envers l'Lrlande, ont préparé et armé cette invasion, et les Lrlandais 4es Etats-Unis n'ont attaqué notre territoire que parce que nous sommes la partie intégrante de l'empire britannique la plus rapprochée d'eux et la plus vulnérable.
Nous pouvons donc l'affirmer à la face du monde, sans iCrainte d'être contredits : si nous eussions été indépendants de l'Angleterre, notre territoire n'eut pas été envahi par l'avant-garde de la confrérie des patriotes irlandais habitant les Etats-Unis.
Et de trois !
On peut voir, par cet exposé succinct, qui ne signale aucune des situations pénibles qui, quoique dénouées sans effusion de sang, n'en fiirent pas moins désastreuses pour notre .commerce et nos valeurs financières, en créant, lors de l'affidre da IVent par exemple, les appréhensions les plus irives de collisions entre la métropole et les Etats-Unis ; on
peut voir, disonS'UoaSi par cet exposé de faits, jusqu'à quel point nous avons raison de dire que le jour où la connexion britannique nous fut infligée, fut pour nous ^^ la journée DES dupes!"
Sommefihnous dans une position plus rassurante que par lé passé ? Ces épreuves, infligées au Canada par sa connexion avec l'Angleterre, nous ontrclles au moins préparé une ère de paix et de tranquillité ? L'horizon colonial est-il moins <shargé, et le soleil de la prospérité rayonne-t-il avec éclat sur le pays 7 Notre ciel politique est-il sans nuages et sans les grondements et les éclairs précurseurs de l'orage et de la tempête ?
S'il en était ainsi, l'on pourrait dire avec raison que la connexion impériale ne nous a imposé autant d'épreuves et de saorifices que pour nous assurer une stabilité et une sécurité équivalentes. ^
MaÛieuretispment, il n'en est pas ainsi : la faiblesse de l'Angleterre est telle, qu'elle n'inspire plus aucune crainte aux pouvoirs étrangers. La puiss^ce chargée de nous défendre, eonfessant son impuissance à le faire, nos ennemis se préparent à nous livrer le dernier assaut, sans se préoccuper d'une métropole qui cdde sans combattre. Nous sommes plus menacés que jamais dans nos foyers, nos intérêts et nos existences. Les légions féniennes se réorganisent sur le territoire voism, sans la moindre répression du gouvernement américain. Le cabinet de Londres souffre, sans réclamer avec l'énergie qui seule convient à une puissance de premier ordre, contre l'appui moral au moins, ou le bénéfice du laisserfaâre, que les Etets-Unis accordent à ces ennemis déclarés de l'Angleterre, à ces envahisseurs avoués du territoire canadien. Nos voisins Irlandais peuvent impunément envahir le Canada, sans que nous puisions songer à envahir le sol où s'organisent nos assaillants. Le territoire de l'ennemi^st i&violahle : le nôtre est destiné à être le seul lliéâtre de la guerre. : Cela est de toute certitude, et ce qui ne l'est pas
moinsy c'est la crainte podtive, partagée par tout le monde et» par notre gouvernement même, de voir les Irlandais des: Stats-Unis revenir à la cliarge. Les affidres sont en conséquence paralysées, une partie de la population est sous 1er armes, l'autre attend les événements avec des sentiments divers ; l'incertitude^ ce martyr de l'esprit, crée un malaise extrême : bref, la province subit de grandes pertes et s-'impose d'énormes sacrifices, en prévinon d'une noaveBe invamonr irlando<«méricame» \
D'un autre côté, plusieurs difiérends, à l'état latent, obs^ truent les relations diplomatiques des cabinets de Londjfes et de Washington. Tous les jours de nouveanz incidents peuvent:; souffler sur les cendres et faire éclater un incendie terribfo* Nous ne saurions disconvenir que dans cette éventualité,, notre territoire serait envahi par une armée régulière et aguerrie de cent mille hommes. Je ne m'arrSterai pas k prouver que le Canada ne serait pas en état de repousser une* pareille invasion. C'est plus en vue de l'avenir eneove, que du passé ou du présent, que les ingénieurs im^Aires de l'Angleterre se sont eibrcés de prouvei l'inutilité eimémelafofie: d'une pareille résistance, qui exposerait notre territoire à tous les ravages et à tous les excès de la guerre, saoBS offirir la moindre issu^ favorable à nos armes. S^il me fallait de» preuves à Fappni de cette propoâdon d'une certitude mathé*matique, sans computer l'étendue de nos frontiôres, sans: invoquer notre fiiiblesse numérique, ni la puissance irrésiali-ble de nos envahisseurs, j'en app^erais au bon bgsib public et à la détermination de chacun, de suivre, dans ces conjonctures^ les conseils d'une prudence de bon àlm, et de se laisser sub* merger par le flot républicain, quittes à surnage sur Tmmense océan politique, destiné, dans la pensée de ses admirar* teurs les jdus fervents mnon les plus perspicaces) à engloutir tout ce qui l'entoure.
On£t:
^* n est bien vrai que le territoire canadien serait Tobjat d^une conquête fiieile par les armes américaînea : mais la
Intte entre îa métropole et les Etats-Unis ne serait pas eirconcrcrit» à ce sent point. La force militaire de TAngle* terre consiste surtout en sa marine,, et si elle était vaincue sur terre au Canada, elle prendrait probablement sa revanche sur l'Océan, détruirait la flotte américaine et dicterait aux Etats-tJnicr des conditions de paix, qui inffîgeraient à ceux-ci Phumiliante obligation de livrer de nouveau le sol cana£en à la garde des soldats de la métropole/'
Qu'a donc de si précieux le régime colonial, pour inspirer sa conservation au prix des immenses sacrifices, dea désastres épouvantables, de la conquête, même passagère, du pays par les légions républicaines ? Tous les avantages du régime colonial ne compenseraient pas la centième partie des^ maux d'une violente invasion. Au reste, il est constant que la connexion britannique n'bffire, sous aucun rapport^ aa Canada, des avantages sérieux. Ne serait^^e donc pas le paroxysme de la folie, de donner notre assentiment à la ruine passagère du pays, pour conserver cette connexion et. retomber ensuite, plus misérables que Jamais, dans une situation sujette aux mêmes périls T
Et dans le cas où le régime colonial serait
digne, par les avantages qu'on veut bien lui supposer, d'une sollicitude si aveugle, d'un dévouement si absolu : au moins faudrait-il prouver sinon la certitude, du moins la probabilité d'un triomphe maritime tel, de l'Angleterre sur les Etats- Uniff, que ceux-ci devraient forcément évacuer notre territoire, après s'y être solidement établis.
Personne ne peut assurer positivement quelle serait l'issue d'un conffit entre l'Angleterre et les Etats-Unis. Mais les* ^ peuples sages acceptent l'évidence qui ressort des circonstances et, surtout, des faits et des chiffi*es qui permettent de juger dû la puissanoe et de la force re£^)ectives de natiens rivales. Or, de cet examen, il résulte ceei : ea ce momeoty PAn^eterre est déjà surmcpiée par les itiquiét^des que hn cause la peinstanee an colosse rosse à réveiller la question d'Orient; la BépaMiqme voimne peuit' mettre mille homme» sur pied contre l' Angleterre dix ; 1^ armes perfectionnée»
6ont plus gënéralement en usage dans les armées américaioes, que dans les troupes anglaises ; la valeur, elle est égale de côté et d'autre, quoique l'Angleterre se soit laissée battre par .sa jeune rivale, alors relativement faible, en 1776 et, en, 1812*
Bestent les deux marines. '
La supériorité infinie de l'étonnante marine Américaine, qui promène sur toutes les mers ses prodigieuses tours de fer et d'acier, ne présage rien de bon aux anciennes frégates oblongues du glorieux régime Nelson.
Cependant, concédons l'imposeâble; supposons qu'elles scient d'égale force. La marine Américaine se borne à rester sous la protection des forts, derrière les torpédos, les machines infernales et les mille et une inventions du génie Américain. Elle lutte ainsi avec des avantages supérieurs, en ménageant à volonté ses attaques bien appuyées. Elle mûrit son plan d'action dans un havre inabordable pour l'ennemi, où elle s'approvisionne merveilleusement.
Pendant ce temps la marine anglabe éprouve au large les tempêtes de l'Océan, se ravitaille comme elle peut, s'éloigne et se divise pour s'approvisionner.
' Tous' les avantages dans cette lutte, qui ne laisserait pas d'être grandiose, seraient donc pour les Etats-Unis. H ne resterait à l'Angleterre que les risques sur lesquels nous pouvons baser notre certitude morale de sa défaite par la République. La métropole trouverait sans doute à cet échec une 'Consolation presque maternelle : son orgueil ne saurait s'humilier d'avoir fondé un' empire qui, en moins d'un siècle, grâce à l'absence de toute connexion politique avec elle, peut lui dicter ses volontés !
Es^e à dire, que nous, canadiens, nous devions fiôre nos dâioes de la faiblesse relative de l'Angleterre et en prendre occasion de la tourner en dérision ? Certes, non. Le ridicule tout entier serait & nous, si nous persistions à demander notre protection à l'Angleterre qui avoue son impuissance ttititaire, en même temps qu'elle annonce sa grande et salu-
ture rësolttlioa d6 rechercher ^ dauâ la poursuite des progrès Biatëriela et de la haute ciyilioatioQy on Ikistre, pour soâ caractère moral et politique, qui délaisse sea armes.
Songeons donc que l'Angleterre nous dit, par 1» voix de «on grand organe dans la presse, que non-eeulement elle ne peut pas, mais qu'elle ne veut pas nous défendre. Elle fré" férerait nous voir entrer dans la confédération Américaine que d'encourir les sacrifices et les risques d'une lutte avec les Etats-Unis.
La métropole a toujours été et est encore le meilleur juge de ses intérêts. Elle comprend aujourd'hui que rien ne lui serait plua^ préjudiciable qu'une guerre avec les Etats-Unis. D'immenses capitaux, des richesses incalculables, la plus forte et la plus grande partie du commerce anglais et toute son économie industrielle, subiraient une déperdition désastreuse, lônon une ruine complète.
Cessez donc, ô partisans aveugles du régime colonial, de faire à vos concitoyens un épouvantail du danger éphémère de devenir la conquête de nos voisins, si nous entrions dans notre carrière d'indépendance : car non-seulement la protection que vous invoquez avec tant de confiance vous serait inutile, si elle vous était assurée, mais elle vous est déjà virtuellement retirée.
La connexion impériale a pour seul efiet aujourd'hui de multiplier les dangers d'annexion ou d'invasion, sans augmenter aucunement les chances de résistance, puisque TAngleterre renonce à nous défendre.
L'indépendance nous laisserait peu ou point de risques d^entrer en lutte avec les Et^ts-Unis, et nous donnerait, en augmentant notre, respcmsabilité, une force et im courage dont nous sommes disposés, aussi longtemps que dure le régime coknial, à laisser le monopole à l'Angleterre^ qui de son côté, s'en défmid avec une modestie digne de son expérience séculaire. Le sentiment de notre dignité naticmale,
nul BOUS le régime eolonial» se dâveleppeîrâit^ et phis sensible» à dea ttfionts qtii s'adresseraient à B<HUHsiêmeS) nom seriottâL unis pour la défense eomorane. Ne mettant pltis HOtre eon^ fiance dans le reflet de baïcmneties étrangères) noua appellerions la jeunesse aux armes, et comme on a la preuve que* la prospérité ne nuit pas h la valeur, citoyens et défen^ seurs de nos richesses, nous imposerions à nos voisins, libres comme nous, et connirâsant le prix de rindépendanoe, le respect de nos droits.
Tout, du re^, nous porte à croire que nous leur inspirerionS) dès Pabord, parla dignité et la noblesse de notre attitude, de profondes sympathies, gage certain de rdations franchement amicales et d^une paix durable. Aujourd'hui, ne sentant aucune responsabSité, nous sommes sans dignité et notre valeur n'est nullement secondée par notre volonté.
Etonnons-nous donc, pauvres c<^on0, de n'inspirer au monde qu'un sentiment d'indifférence, voisin de la pitié, sinoa du mépris !
Nous résumons les considérations que nous avons* offerte» pour démcmtrer cette vérité :
La sécuRiTB ET i^'honnbur nu PKUPi^fi OÀMiDissr im
PXUVJBNT ÊTRB FSOTEQ^S BFFICACEUSNT SOUS LB RB-» GIME IMPERIAL: l' INDÉPENDANCE EST LEUR SAUVE- GARDE ESSENTIELLE.
I. Qaand notre territoire a été envahi par l'étniiigsreu sur le point de l'être, l'Angleterre seule avait participéauxcautei détenxûnejates des hostilités. Quelquefias noua ooimaiBsiods à. pei^e les. eîirooii^teiices antérieures au conflit Combattre eiiv notre projwe territob*e, pour et à cause de PAn^^eterre, tcûe» ont éfaéydaos le passé , nos dAMhvi^mj notre êuinwna Use/ La centmidtÎQn du régime colonial ne nous promet que la répé^ titioa, «or une plus grande échelle, des m^es feïes et de» mêmes sacrifices*
il. Si la lutte «'iMigi^geait entra lea EtatShUnia et I^Anglet^j^^ et qv^e ^U^ remporterait par ses mtoiree navales, ¥m jl»iempl[ie -coiBj^at sur soia eipoesn, nous n'en aurions ]>as moitis â^ao^uniS'à. toutes les épreuves» à toud les eacriôqes, ^;4MHiteB lesf avanies ^ la oon%uôte.
ïn. ï)ans lie cas plus protable oui' Angleterre, sinon vaincue, clu moins tenue en écliec, se verrait imposer des conditions, nous serions forcément annexés atix JEtats-TJnis.
lY . Dans le cas également probable, où la xoétfOpole, tout &JX engageant la lutte avec les Etats-Unis sur d'autoes points du glçbe, ne remplirait pas l'obligation qu'elle s'est imposée de dé&ndre notre territoire, nous serions à la merci de l'ennemi, qui s'acharnerait à faire disparaître du Canada, les derniers vestiges de la puissance britannique.: ce qui ne pourrait se faire sans désastres et sans humiliations de toutes îjortes.
y. ^vMKfsnim Èatm que l'Angleterre estUbre de pr^poeet ou d'accepter la paiK et de la odncdure avec les Etate-Unis, ou toute autre nation qui envahit notre territoire, lorsqu'elle ctoit lé motnetft opportun de tnettre Un terme à la lutte. Nous, iïous sommes forcés d'attendre son bon plaisir, c'est-à-dire sa défaite ou son triomtphe, «tir d'autres points dû globe où l'honneur de Éton ^drapeau est engagé. Si les " Fénîens ** euxmêmes conqu^aîént le payèi, nous serions obligés d'attendre, pour connaître défimtiVemétit notre sort, que PAngleterre eût dompté le patriotisme îriandaîs ou haissé pavillon -devant un peuple auquel elle a feit subir fiéfeite sur défaite et*^ui lui a gagné cent batailles. Dàhs ce dertiîer cas, nous resterions la conquête de l'Irlande, ou nous devrions aux désastres de l'invasion, une indépendance que nous pouvons obtenir -rien qu'en la demandant à la métropole.
Et les désastres d'ime invasion, quelque grands qu'Us soient, n'ont lien de comparable .aux humiliations de la conquête, C'est "une tache inefi&gable que l'histoire burine sur l'écuason d'un peuple !
VI. TeOe est la condition critique, sam issae honorable on rationnelle, qne nous impose le régime c<donial. La pr^ation dn droit de déclarer la guerre et de conclure la piûx, ne nous laisse aucun contrôle sur nos relations extérieures. EUe nous apporte la guerre ou la paix selon le bon plaisir d'un gouvernement qui marche à d'autres destinées que nous, cultive des intérêts opposés aux nôtres et nous fait porter en commun le fardeau d'une politique extérieure pleine d'embarras et de menaces, à l'origine desquels nous sommes parfaitement étrangers.
Vn. L'exercice du droit de déclarer la guerre et de faire la paix, comportant l'indépendance, nous prémunirait contre tout danger d'invasion. Dans le passé, notre proximité deO Etats-Unis et nos relations avec eux n'ont donné lieu à aucun différend sérieux.
Vin. L'exercice du droit de déclarer la guerre et de conclure la paix, ferait aussi disparaître toute éventualité d'incursions féniennes, dont notre union avec l'Angleterre n'est pas seulement le prétexite, mus la cause réelle.
IX. L'exercice de ce droit, en un mot, nous assurerait la paix, cette condition essentielle de la prospérité et du bonheur d'un peuple. Cessant d'être menacés par les ennemis de l'An^eterre, notre trésor ne serait pas annuellement obéré par la nécessité de maintenir notre pays sur un pied de guerre, les a&ires reprendraient leur cours, enfin la condition générale du Canada offiirût des garanties de sécurité à l'industrie aujourd'hui inquiète, et assurerait au commerce, souflErant et gêné de toutes parts, ses franches coudées et la libre j&xécution de ses conceptions journalières.
X. Voilà ce que nous procurerait le droit de déclarer la guerre à nos voisins, ou plutôt de conserver la paix avec eux, en la consolidant. Notre sécurité et notre honneur sont intimement liés à l'exercice de ce droit. H nous assurerait toute la protection que la métropole nous refuse et ne nous exposerait à aucun des dangers de l'existence colo-
niale. C'est à nous, canadiens, de montrer notre aptitude à apprécier la diJETérence de deux situations aussi opposées. Un moment de réflexion nous fera lever solennellement la main en faveur de cette proposition, devenue axiome :
<^La sécurité et l'honketjb du peuple canadiek ne peuvent être protégés efficacement par la CONNEXION britannique: l'indépendance est leur