CHAPITRE IV
Lb droit ou la liberté de NEGOCIER ET DE CONCLURE DÉFINXTIVEMBNT, AVEC LES NATIONS ÉTRANGÈRES, DBS TRAITES d'alliance OFFENSIVE ET DÉFENSIVE, DBS TRAITÉS DE COMMERCE ET DES CONVENTIONS GÉNÉRALES POUR LE BÉNÉFICE COMMUN DE CHACUNE DES PARTIES CONTRACTANTES, EST UNE DES ATTRIBUTIONS LES PLUS IMPORTANTES BT LES PLUS AVANTAGEUSES A UN ÇBUPLB ET n'est COMPATIBLE QU'AVEC L'INDÉPBNDANCE.
Je ne connais guère d'attributions plus importantes pour un peuple, que celle de conclure avec d'autres nations, selon les circonstances ou les situations, des alliances positives, dans un but d'attaque ou de défense.
Le régime colonial nous impose, les alliances de l'Angleterre sans nous en procurer les avantages. La France peut se considérer dans l'obligation de protéger l'Angleterre contre la Russie, mais est-elle liée à nous défendre ? Notre condition coloniale lui laisse ignorer jusqu'à notre existence. Attaqués aujourdbui, nous n'aurions pas le droit de réclamer, à raison de son alliance avec FAngleterre, l'aide puissante de son épée. Mais si nous étions indépendants, notre représentant auprès du cabinet de Paris, intéresserait la France à notre sort, et mille circpnstances pourraient naître où il serait de l'intérêt de celle-ci de nous protéger contre les tentatives hostiles de nos enx^mis,
I?àllianoe de l'Angleterre nous serait également assurée. Nous aurions ainsi, dans des circonstances données, tout le bénéfice de son amitié et de ses secours, sans encourir ToblL gation de nous plier à toutes les exigences de l'autorité tutélaire qu'elle exerce aujourd'hui à notre détriment et au sien.
Aujourd'hui, que cela nous convienne ou ne nous convienne pas, l'alliance de l'Angleterre nous est imposée. Si elle entre en lutte avec les Etats Unis nous sommes obligés de prendre les armes, non pas si notre intérêt nous le commande, mais si l'Angleterre y trouve son compte.
La situation que nous ferait l'indépendance, en nous enlevant l'obligation absolue de nous jeter dans la mêlée pour l'Angleterre, nous soustrairait & une multitude de conflits auxquels il naos importe de rester étrangers, et no^ laisserait la liberté de choisir les circonstances où nous croirions devoir lui prêter main-forte.
D'un autre côté, l'Angleterre ne serait pas exposée, à cause de notre position géographique, à entrer en lutte contre son gré. Nous combattrions ensemble un ennemi commun — qui n'existe peut-être qu'à cause de la connexion ixppériale qui lie l'An^eterre et le Canada — ^lorsque nous serions d'accord avec elle sur notre avantage mutuel à soutenir cette lutte.
Il importe essentiellement au peuple canadien d'être libre de choisir les alliances qui lui conviennent le mieux. Les secours viennent quelquefois des côtés les plus mattendus. Qui eut jamais cru que la République de Washington trouverait dans l'autocratie russe, une alliée sympathique contre la France et contre l'Angleterre? C'est ce qui arrive pourtant. La France et l'Angleterre fussent i(xtï, probablement intervenues en faveur du Sud ; elles eussent brisé l'unité américsdne, si l'Angleterre n'eut pas craint de rencontrer sur S(m chemin la flotte russe, qui l'eut entraînée bientdt sur la Baltique, pour
j débattre, à graodea boidéea^ les prélkxmuûres de la question d'Orient. Aujourd'hui encore^ aucune puissance européenne ne serait certaine de ne pas {provoquer la Bussie en attaqwnt Las Etats Uiûs.
libres, nous choisirions nos alliancea où. nous les trouverions: aujouj^d'hui la métropole nous impose les siennes, <]^u'ell6S'nous conyiennent ou nop, C2ramdrions-nous l'isolement ? Toute nation a toujours eu ses alliés naturels^ selon les situations. Pourquoi n'aurions-nous pas les nôtres ?
Indépendants, notre position à l'égard des Etats-Unis nous en fait un allié, s'ils se montrent désintéressés. Deviennentils inti:aitables, l'alliance de la France et de l'Angleterre ;aous «st assurée.
Ceux qui vcnent la plus parfaite idendité d'intérêts entre l'Angleterre et le Canada, doivent être les premiers à admettre que notre paj?, devenu indépendant, serait le meilleur alUé d'Albion, de cç côté-ci de l'Atlantique. Mais au moins notre action serait libre alors. Nous prendrions lé parti de l'Angleterre, quand nos intérêts et la justice nous autoriseraient à le faire.
L'Angleterre aurait aussi le bénéfice de cette situation dé-* gagée de toute obligatdon militaire. Aujoûrd'hui.noas sommes tenus de ne combattre que ses ennemis sur le continent américain. Plus tard, lorsque nos forces se seront quelqiae peu dévelofqE^s, les agents de la n^étropole nous diront sans doute, si ppus Bomipea encore colonies:
*' Voua ne pouvez résister au noble sentiment de byauté qui vous pousse à défendre la màre-patrie. Ses ennemis l'assiègeirt de tous côtés: elle est en danger de périr: à la rescousse ! sauvez Phonneur d^ son drapeau : il est le vôtre ! "
Sit il faudrait alorfirnoua jieter tôte baissée dans la mêlée, pev^t-être contre Isji France, fort probablement contre la JUttiie, poss^Iem^n;t contre d'autres puissances !
I^ guenre de Cf^e, m< éloij^ qu'en f^t le théâtre^ ne
nous art-elle paa imposé des sacrifices d'argent ? Kos annales^ parlementaires en font foi.
Devons-nons persévérer dans la voie lente, sans grandeur et sans gloire, que nous suivons machinalement aujourd'hui, jusqu'à ce que les circonstances, secondant les exigences de la métropole et de ses adroits représentants au Canada, nouEr imposent des périls et mille conflits nouveaux, tous plus dangereux et plus ruineux les uns que les autres ?
Le lien colonial, en ne nous laissant pas libres de choisirnos ennemis ou nos alliés, est de nature à nous engager dans des impasses singulièrement critiques et que notre devoir nous ordonne impérieusement d'éviter. Une guerre entre la France et l'Angleterre susciterait au Canada l'expression des sentiments les plus divers. Les sympathies se partageraient naturellemout entre les deux mères*patries. Français d'orL gine et de cœur, la France aurait inévitablement toutes nos sympathies. Anglais par la naissance, l'ori^e et le cœur, un certain nombre de nos concitoyens ne pourraient eoufl&îr l'expression d'un sentiment adverse à l'Angleterre ; l'air serait rempli de leurs acclamations sympathiques ou des^ lamentations de leur désespoir au moins justifiable
Mais j'ose à peine toucher à l'éventualité déptorable où l'Angleterre et la France briseraient l'alliance qui, depuis douze ans, les lie d'intérêt et d'amitié. Combien la noble émulation de leur industrie respective est avantageuse à leurs peuples et bienfaisante pour la civilisation ! .En transportant de nouveau la lutte sur le terrain de leurs sanglantes rivalités d'autrefois, la France et l'Angleterre r(Mnpraîent fatalement le charme qui invite les autres peuples à les joînr dre dans la paix constante et l'accord universel.
Malheureusement, rien ne saurait détruire la possibilité^, inhérente aux transformations politiques que subissent touÉ^ les gouvernements, d'une rupture entirè ces deux puissances» Les deux races qui se partagent le sol ^u Canada, seraient
;aIors jetées dans la plus grande perplexité. Chacun écoutant la Yoix du cœur, se passionnerait peut-être, qui pour le draj>eau français, qui pour l' Union Jack. H se trouverait des AT>g1j^î(^ qui se croiraient obligés de brûler la cervelle au premier descendant français qui refuserait de faire des libations au succès du léopard britannique. Il n'est pas certain que tous les descendants français sauraient mieux se commander. Une étincelle suflSrait alors pour allumer le feu de -la guerre civile. On ne peut dire ce que le réveil d'anciens -souvenirs pourrait produire d'émotions et d'incidents inattendus, si la France, se rappelant qu'elle a oublié des Français ici, tentait de les abriter, pour les rendre indépendants de l'Angleterre, sous les plis de son drapeau.
L'indépendance seule nous ferait éviter ce danger. Indépendants, les querelles de l'Angleterre avec la France nous affligeraient, sans provoquer cbez nous la guerre civile, non plus que la cramte ou l'espoir d'une nouvelle conquête.
L'horizon menaçant que nous offire l'état colonial, à ce point de vue,^t sur lequel s'attache forcément le regard de l'observateur, dépouillerait ses sombres aspects, si le soleil de l'indépendance faisait resplendir sur le fond clair d'un avenir Attrayant, sa lumière éblouissante.
Des conceptions plus ou moins incertaines de la pensée politique, passons aux données positives du commerce CO7 lonial, qui ne saurait, s'il ^st dominé par des intérêts contraires aux siens, mettre à profit les moyens si expéditifs de transport d'une région à une autre, de nation à nation, du H^ouveau-Monde à l'Ancien.
Pour étendre son action à toutes les parties du monde avec lesquelles il est avantageux de nouer des relations, le commerce d'un peuple doit être libre ; son action doit s'exer- ^cer sans contrôle étranger ; il lui faut surtout ne pas être
dominé par des intérêts opposés à oetDt qtà sont inbârents k Bft position géographique. Malheur an connnerce d'im paysqni 8e[tronye subordonné, comme lendtre, aux esdgences AHme Ufation commerciale dont l'intérêt est de nous fermer nos marchés naturels pour nous forcer à fréquenter le sien.
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Le lien colonial astreint le Canada à passer sous lea four-» cbes caudines du négociant briianjmque* Koob rendricms bien au centuple à rAs^letdifr&y le bîenfiût qu'eUe nom conférerait en noQs dcwuuDit la lib^>té do conclure anreo les autres nations du globoi les conTentioas commensales qui aéraient, à notre sens, les plus avantageuses à notre pays. Mais, même dans les conditions les plus hardies et les plus larges du commerce, Pesprit humain est sujet à une étroitesse de vues, qm n'est pas toigours compatible avec ses mtérêts bien entendus.
L^exemple des Etats-Unis prouvé de la manière la plus éclatante Brus princes du commerce anglais, que A le CiEmada était lancé dans la voie des progrès matériels sous Pimpulsion îiréâstible de l'indépendance, les exportations de l'Angleterre à ce pays sendent centuplées. Cependant, le commerce anglais n^en persiste pas mcnns à nous* imposer ses volontés les plus arbitraires et les plus préjudiciables à notre expansion et à notre croissance nationales.
Faut-il 8*étonner de ce contre-sens apparent ? Non.
Tout est lié dans l'ordre politique, et le commerce accepte les situations telles qu'il les trouve. Soyons indépendants et Hbres demain, et le commerce britannique applaudira à ce changement dans notre condition politique, qui doit lui rap* porter des bénéfices qu'il saisît et apprécie de suite, avec une justesse mathémathique.
Mais, tant que le régîme colonial subsiste, le Canada est pour le commerce anglais un de ses comptoirs. Il s'attribue-
le cboit de radmiûatrer oomme boa lui «emUe. Kos gra&ds iin]K)ttatem^, raperficiellement indépendante, sont ed quelque sorte ses coimms et ses agente. Hb ne sont pas libres de s'ap^ovisionner en Angleterre : ils y sont tenus par les esigenoes d'un tarif modelé sur las sugge8ti<»8 impérieuses du bureau colonial, obéisaasït h la pression tacite ou expresse du négoce britannique. Il'fitut à nos négociants** importateuiB, pour réussir à triompher de tant d'obstacles, l'inteffigenee et la prestesse remarquables avec lesqueHes ils exercent leurs facultés dans diverses branches du coh^ meroe en même temps« •
II y a qtielquee asmées, c'étadt en 1854, la métropole crut devoir se départir de son exclusivisme. Nous eûmes la liberté de débattre avec le gouvernement et les sommités commerciales des Etats-Unis, les conditions d'une convention commerciale, dont les bases fhrent arrêtées dans des conférences internationales et sanctionnées par la métropole. Ces conventions sont bien connues de l'Angleterre, du Canada et des ^ Etats tlnis, sous le nom de Traité de Réciprocité. Conclu pour dix ans, l'une ou l'autre partie à ce pacte, pouvait, après l'expiration de ce laps de temps, en exiger la dis^ continuation. En 1865, les Etats-Unis donnèrent avis à la métropole de leur détenmnation à mettre fin à ce traité. Quelques mois après, le tarif américain s'élevait comme une barrière presqu'iafranchissable, et fermait les issues à nos exportations les phis conmdérables.
Or, ce traité offimt de grands avantages aux deux peuples. Poxtr nous H était d'une utulité incalculable. Son action aviût centuplé notre production de céréales, l'élève des chevaux et* du bétail, la coupe des bois pour l'exportation, la fabrication de pluffleurs articles manufacturiers. Un marché immense nous- était ouvert. Nous en profitions largement, eit gnmdissioBB à vue d'oui* L'octroi, par la métropole, dans un tàaqià cas partieufier, d'une liberté compatible avec l'indépendance seule, nooB adroit assuré en une décade, d'immenses avanta^ges !
De leur côté les Etats-Unis profitaient aussi, largement, de la main-levée que l'Angleterre leur avait accordée de toutes les restrictions antérieures, imposées à leur commerce avec le Ganada et les autres colonies de l'Amérique du Nord. Mais les limites assignées à cette liberté du commerce entre nous et la république voisine, faisaient peser sur une partie des produits manufacturés dés Etats-Unis, les charges du fisc américain, pendant que les producteurs des articles sujets au libreécliange, se trouvaient, par le jeu du commerce, dans une position plus avantageuse. Ceux qui se croyaient lésés demandèrent de deux choses l'une : la liberté complète, ou du moins beaucoup plus étendue, du commerce entre les deuk pays ; ou, à défaut de cet arrangement, un retour absolu au système antérieur d'un tarif en quelque sorte prohibitif.
Or, le Ganada eut accepté à deux mains, s'il eut été indépendant et libre, l'ofire d'une extension de la réciprocité commerciale et même le libre-échange complet avec les Etats- Unis. Car nous pourrions lutter avec nos voisins pour la plupart des produits manufacturés, comme nous le ferons plus particulièrement remarquer dans un autre chapitre.
Mais le régime colonial imposa sa loi, et la proposition du cabinet de Washingtoji fut rejetée par la métropole. Deux pays, qui ne demandaient pas mieux que d'avoir ens^nble les relations commerciales les plus étendues, en furent empêchés parce que la métropole ne voulait et ne pouvait accorder, tant que nous ne renoncions pas à sa tutelle, un arrangement qui eut exclu de la consommation canadienne, ses produits manufacturés, au profit des nôtres et de ceux des Etats-Unis !
Les partisans du régime colonial sont aussi forcés d'avouer que les griefe tout particuliers des Etats-Unis contre la métropole, n'ont pas été étrangers à leur détermination d'élever autour d'eux le plus impénétrable des remparts : ua
tarif/pvohibitif. Il nous est'loislble de pénétrer derrière cette muraille de Chiney mais seulement pour contempler leur prospérité et la comparer à notre condition précaire, ou pour la partager avec eux, mais en nous établissant sur leur
territoire On sait quel nombre considérable de nos
concitoyens prennent ce dernier parti. Il est peut-être à craindre que la population toute entière du Canada, réalise, dans un avenir prochain, la prédiction de cet agent consulaire' du cabinet de Washington, qui opinait fortement pour la cessation, complète de toute relation commerciale de son pays avec le nôtre, comme moyen d'amener une union non-seulement commerciale, mais politique et nationale, de colonies passablement étendues à une république colossale.
En résumé, la situation commerciale que nous impose la connexion britannique est déplorable. Le contrôle de l'Angleterre s'exerce tout à l'avantage des intérêts de son négoce, à l'exclusion des droits et des justes exigences du nôtre. Notre volonté fléchit forcément sous la pression d'une volonté supérieure à laquellenous avons juré obéissance et qui n'a pas été requise de nous relever de nos serments. Nous avons bien la liberté de faire notre tarif comme nous l'entendons, mais cette attribution est sujette à la re vision et au veto de la métropole. Nous avons la liberté de suggérer, l'Angleterre a le pouvoir de rejeter. Elle en profite largement sans même avoir la peine de se déranger. Ses agents, nos gouverneurs et nos gouvernants, surveillent ses intérêts avec une sollicitude telle, que prévoyant la répression qui atteindra nos efforts, nous ne faisons rien qui soit réellement contraire à ses intérêts: n'a-t-elle par le pouvoir d'anéantir tous nos actes ? Il nous faut nous approvisionner chez elle à de grands frais de transport, tandisqu'à nos portes se trouvent d'immenses magasins que son égoïsme nous ferme. Nous sommes obligés de garder nos produits ou de les lui vendre à perte, quitte à constater la banqueroute avant l'échéance, et' noua
Itd doniums toat le nmnëraird qu» nous poUYons éecmMuser* NoB grands et nos petits négooiaiiti pounieiit beOemeii^ livrer les produits d«i Canada à nos toiains, et en rederar vm prix réaranératif qui prosoritait la gêne : la métropole notis a enlerë une liberté qm agirait à s'étendre lar g eMe ut » et la misdre frappe à nos portes.
Nos voisins font encore avec nous, il est vrai, un commerce considérable, mais ils nous font payer les droits de leur tarif, en diminuant sur le prix de nos produits le montant de ces droits. Le prix de nos céréales a baissé en proportion de l'augmentation du tarif des Etats-Unis. Telle denrée qui se vendait quatre chelins le minot, n'en obtient plus que trois^ Le producteur canadien paye en conséquence les droits sur ce qu'il exporte, comme sur ce qu'il importe. L'avantage est donc tout entier à nos voisins. Quelques récriminations qu'ils font entendre n^ont trait qu'à des cas particuliers et prouvent tout au plus qu'il est dans la nature de l'homme de toujours tendre vers le mieux pour son bien.
Voilà les résultats de la politique étroite de l'Angleterre» Elle ruine ses colons, dans l'espoir de faire tort à leurs voisins, qui sont ses rivaux. Or, son succès consiste à ruiner le Canada, sans faire tort aux Etats-Unis !
En retour, les agents de cette chère métropole s'efforcent dc^ nous lancer dans des spéculations illusoires. Dorénavant il nous faudra faire avec les provinces maritimes, qui nous offrent un " marché " d'un million d'âmes, un commerce que nous ne pouvons faire avantageusement qu'avec les Etats- Unis, où trente-cinq millions de consommateurs se £sputent nos produits.
Ajoutons, pour être justes, que la métropole nous laisse libres de transporter à ^ands frais, dans les lointains tropiques, au moyen de vaisseaux que nous ne construisons plus^ parce que tout est frappé d'inanition au Canada, les produits de la ferme et tout ce qui demande un débit prompt et joumàfier.
Bn 6ap|KMaiit qM te débonfAié devînt avantagent, ..nous^ serions eneoi^ en tneiDetnre position de te mettre à profit, stv non» étions ind^ndsùits.
Hass notur le ratons, l'exportation de la phis grande partie^ skon de tofus tes produits^ de notre sol, n'est avantageuse qu'aux Stats-XJnis. Oette exportation à un pays limitrophe^ populeux, immense, attaché à notre flanc sur toute la tengueur d'une &onti^ représentée sur la carte d'Amérique par une Qgne de e<mven^n, ofire tous les avantages déshrables : laproxînâté, la cél^tté, l'éeononomie et le prix le plus élevé. Me se fait par les voies multiples de canaux et de ohemins ^e fer, qui unissent les destinées commerciales des deux pays pur dei^ liens indissolubles. Les artères qui silkxmeDEt notre territoire portent aux Etats-Unis les produits de notre agriculture et de nos forêts et en rapportent le principe matânel fondamental des sociétés^modemes : l'argent l
Pour avoir méconnu les avantages naturels du commerce américain, plusieurs grandes maisons de notre coimaissance sont tombées dans Fabîme de la banqueroute. Une triste expérience leur a coûté des millions.
Le commerce oméricûn est notre frère siamois : â on le sépare de notts, nous dépérissons, car les voies qui l'alimentent S(mi à notre prospérité, ce que les conduits du sang sont au. c(»*ps humain : — sa vie.
Or, la métropole n'a pas hésité à compromettre gravement ce principe vitaL Pour ramener notre commerce dan» deft voies mmta p e rnicieuses pour sa précieuse influence, elte n^a. pas voulu autoriser ses agents à se rendre aux demandes da cabinet de Washington. Qu'importe, non pas au peuple anglais — qui nous eeiime honnêtement comme le reste du genre humain — ^mais au bureau colonial, que nous dépérissions, pourvu que les Etats-Unis ne s'agrandissent pas !