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CHAPITRE VU

LE PHILHELLENISME

I. — Le Puilhrllkkisme français. — La presse libérale et la presse royaliste. — Sociétés et Comités. Publications, brocliures, appels aux nations civilisées. Mémoires, voyages, ouvrages historiques. Chateaubriand et la ^otesur la Grèce. Benjamin Constant, de Pradt. Le banquier genevois Eynard.

n. — Une Littérature amie des Grecs. — Le Cénacle romantique, Gaspard de Pons, Jules Lefèvre, Victor Hugo. Les Orientales, — Lamartine. Le dernier chant du pèlerinage de Childe Harold. — Casimir Delavigne. Les Messeniennes. Pierre Lebrun. — Béranger. — Fauriel. Les chants populaires de la Grèce moderne.

IIL — Le Philhellénisme anglais et allemand. — Les comités whigs en A ngleterre. Lettre de lord Erskine. Les emprunts. Blaquières. Lord Byron : ChiUle Harold , Don Juan, VAge de Brome. Son expédition à Missolonghi : sa mort. — Stanhope, Cochranc, Church. — Morcellement du philhellénisme allemand. Thiersch. Le roi Louis de Bavière. Krug. — Caractère spécial des sympathies russes.

Pendant toute la période qui s'est écoulée depuis le début de Tinsurrection jusqu'à la mort d'Alexandre, les Grecs n'ont trouvé qu'un faible encouragement parmi les gouvernements de l'Europe. Avantdeclore cette période, il convient d'exposer quelle a été l'attitude beaucoup plus favorable des nations, représentées non plus par leurs chancelleries, mais par leurs membres, pris individuellement ou par groupes.

Le philhellénisme, c'est-à-dire « V amitié poin* les Grecs n a, comme nous l'avons vu (1), précédé l'explosion de l'insurrection chez les nations française et russe. Cette disposition sym-

(1) Voir chap. I.

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paihique, existant plutôt à Tétat latent qu'apparent, prend son essor en 1821 et grandit chaque année jusqu'en 1825, époque de son complet épanouissement. Elle se communique bientôt aux nations anglaise et allemande, et s'étend ainsi sur tous les peuples les plus civilisés de TEurope.

Ce mouvement revêt une quadruple forme : départ de combattants volontaires pour le théâtre de la guerre : campagne de journaux : formation de comités ou d'associations de secours, pour envoyer de l'argent et des armes aux insurgés : production littéraire.

Nous avons vu, dans le récit des faits de guerre, se produire la première de ces manifestations. Nous allons étudier les trois autres, d'abord en France, puis en Angleterre et en Allemagne (1).

La presse française a pris sous la Restauration une importance considérable; elle est la conséquence nécessaire du régime parlementaire adopté par Louis XVIII. La liberté de la presse est ,il est vrai , bien incertaine : à plusieurs reprises, des lois font peser sur elle les rigueurs de la censure ou de l'autorisation préalable : cependant une tolérance relative est accordée aux articles de politique étrangère. Aussi, dès le début de l'insurrection grecque, la presse libérale essaye-t-elle d'intéresser ses lecteurs à la cause des Hellènes (2). Ses principaux organes, le Constitutionnel, le Courrier Français y publient, en septembre 1821, leurs premiers articles philhellènes.

C'est à travers l'antiquité que les journalistes cherchent à plaider la cause des Grecs modernes. « Les héros de l'ancienne Grèce sont ressuscites » , disent-ils. Nous voyons par ces articles que les salons commencent à se préoccuper de la question grecque, bien que les insurgés soient inconnus à beaucoup des

(i) En Bussie, le moavement philhelléiiique a un caractère spécial, qui ne se manifeste f;uère par des écrits : nous en dirons un mot à la fin de ce chapitre.

(2) Voir, à propos de ce mouvement de presse^ Tintéressante étude de M. Bikélas, intitulée le Phithetlénismc en France (dans fa Grèce byzantine et moderne, p. 247).

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hôtes féminins de ces salons. Les femmes ignorent s'il existe encore des descendants de Périclès et d'Alcibiade. Il faut le leur apprendre. Mais une fois instruites du lien qui unit les Botzaris et les Golocotronis aux soldats d'Épaminondas, elles s'enthousiasment, et on se livre, dans la société, à des discussions assez ardentes sur ce sujet. Entre interlocuteurs, on se demande couramment : « Êtes- vous Turc? Ètes-vous Grec?» Les Grecs, ce sont les lecteurs du Constitutionnel^ du Courrier Français; les Turcs, ce sont ceux de la Gazette de France, du Drapeau Blanc.

Le Constitutionnel tire à 20,000 exemplaires, ce qui est imposant pour Tépoque. Etienne, Jay, Cauchois-Lemaire, Thiers, ont une clientèle de commerçants, de petits bourgeois, qui cherchent à se reposer de la monotonie du comptoir et qui lisent avec plaisir les romanesques exploits (dans quelques années on dira les l'omatitiques exploits) des pallicares.

Le CouiTier Français^ récemment fondé (depuis 1819 il a succédé au Censeur)^ a des lecteurs d'un niveau intellectuel plus relevé : répandu surtout parmi les classes libérales, universitaires, avocats, etc., il est rédigé par ces journalistes érudits et graves, les Laffitte, les Casimir-Perier, les A. Thierry, les

de Broglie, les Benjamin Constant, les Isambert C'est dans

cette feuille qu'on trouve les considérations les plus larges et les plus éloquentes sur l'insurrection grecque, plutôt encore que dans le Constitutionnel^ qui a le désir d'être avant tout un journal pratique d'intérêts et de besoins.

Dans le camp opposé, la Gazette de France^ l'antiquejournal de Théophraste Renaudot, soutient, sous la plume des Achille de Jouffroy, Joseph de Maistre, de Genoude,la cause de la légitimité et de la domination turque. Les déclarations des Metternich, des Castlereagh, y sont fidèlement reproduites. L'esprit de révolution, le carbonarisme, y estdénoncé comme ayant envahi l'Orient, et la couleur pourtant catholique du journal ne porte pas ses rédacteurs à soutenir la cause des chrétiens d'Orient, plus schismatiques et plus rebelles à leurs yeux que chrétiens.

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Martainville, dans le Drapeau blanc ^ est «Turc » avec toute Tâpreté de polémique qui est la caractéristique de ce journal.

Entre les deux partis, le Journal des Débats (1) (qui tire à 27,000 exemplaires) , cet organe loyaliste des frères Bertin, assez favorable aux vues libérales modérées, ouvre alternativement ses colonnes ^ des articles pour ou contre Tinsurrection. Chateaubriand, Villemain, Nodier, Salvandy, Saint- Marc-Girardin y prennent tour à tour la défense du droit des rois ou du droit des nationalités. Et souvent les plaidoyers contraires se succèdent à un jour d'intervalle.

Peu à peu nous voyons une éi^olution se produire. Le philhellénisme conquiert d'abord les feuilles gouvernementales modérées, puis pénètre même dans les feuilles ultras. » Après tout, Sire, dit laspirituelle duchesse de Duras au Roi, la Grèce, c'est la Vendée du christianisme! » M. de Bonald constate, dès l'automne de 1821, dans les Débats y que les Turcs ne sont pas des souverains légitimes, mais de simples occupants militaires du sol, et il réfute la théorie contraire d'Achille de Jouffroy. Un rédacteur du Drapeau Blanc avoue à la même époque que les Grecs n'ont rien de commun avec les carbonari.

Malle-Brun publie également dans les Débats un article sur « l'unité spirituelle de la chrétienté vis-à-vis des nations musulmanes, » qui servira de base à son Traité de la légitimité (publié en 1825).

Enfin, Chateaubriand prend parti pour les Grecs en 1822, et, grâce à l'influence considérable qu'il exerce sur la presse et le parti royalistes, entraine avec lui les hésitants et les opposants. On peut donc dire qu'un an ou deux après l'explosion de l'insurrection, la presse française tout entière est philhellène.

La bienveillance passant insensiblement des paroles et des écrits aux actes, des comités de secours se l'orment. Une centaine de Français sont partis pour combattre aux côtés des rebelles (2). Des milliers de Français vont donner de l'argent pour leur venir en aide.

(I ' Voir le Livre du Centenaire du Journal des Débats, p. 556.

\^) Baleste, Voiitier, Raybaud, Jourdain, etc., plus tard Fabvier, Roche...

%tt LE PUILHELLEMSME

En 1823, la société de la Morale Chrétienne constitue un a Comité des Grecs » . Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt, le général Sébastiani, Guizot, Charles Coquerel, Benjamin Constant, etc., en font partie. Des secours sont rassemblés par les soins de ce Comité et un Appel aux nations chrétiennes est rédigé par Benjamin Constant. C'est dans cet appel qu'on trouve cette phrase, souvent citée, contre le droit de souveraineté des Turcs : « Qu'est-ce que la légitimité sans la succession régulière, et où est dans Tempire ottoman la régularité de la succession? n

En 1824, se fonde une société plus importante que la précédente, la Société philanthropique pour f assistance des Grecs ; le Comité central de cette société, dit Comité philhelléniquey comprend dans son sein un grand nombre de notabilités politiques : Chateaubriand, de Broglie, Casimir- Perier, de Fitz-James, Yillemain, Ambroise Firmin-Didot, C'est par les presses et dans les magasins de Firmin-Didot, le célèbre éditeur de tous les livres grecs classiques, que sont imprimés et publiés tous les manifestes que lance le Comité philhellénique. Un recueil périodique intitulé : Documents relatifs à F état présent de la Grèce, est publié par cahiers de 1826 à 1831, et renferme une multitude de mémoires, de récits et de considérations sur les événements de l'insurrection.

Le philhellénisme trouve un organe influent dans le Globe (fondé en 1824 par Dubois], qui restera jusqu'à la chute du ministère Villèle une publication plutôt philosophique et littéraire que politique. C'est l'esprit doctrinaire de l'École Normale qui y domine, avec une nuance de saint-simonisme, que lui inculque Pierre Leroux, secrétaire delà rédaction. Presque tous les rédacteurs, de Barante, Cousin, de Rémusat, Thiers... appartiennent aux associations philhelléniques.

Il est intéressant de signaler la curieuse efflorescence de brochures qui sont imprimées à Paris ou dans les graines villes de France, de 1821 à 1828, en faveur des Grecs (1). On

(i) Nous renvoyons le lecteur curieux de cette littérature spéciale aux pre-

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voit paraître successivement (la plupart du temps sans indication d'éditeur, et, suivant Texpression consacrée à cette époque : « chez les marchands de nouveautés »), des : Appels aux Français, Appels aux nations, Réclamations aux très puissants souverains de TEurope, Considérations, Observations, Esquisses sur la crise de Tempire ottoman, sur la lutte des Grecs, Adresses à la jeunesse française, aux étudiants. Beaucoup de ces brochures ne sont pas signées, ou simplement u par un ami des Grecs. » Trois ou quatre émergent de cette multitude et attirent l'attention du public par la notoriété de leurs auteurs. C'est r Appel aux nations chrétiennes de Benjamin Constant, les Considérations sur les Grecs et les Turcs de Genoude, c'est surtout la Note sur la Grèce de Chateaubriand (1825).

Cette note est remarquable en ce sens que le grand romancier imaginatif, le poète qu'est Chateaubriand y mêle très heureusement à un plaidoyer chaleureux et philanthrophique, une discussion raisonnée de la situation diplomatique. « Il n'est pas besoin, dit-il, pour sauver les Grecs, de troubler le monde, de prendre les armes, de mettre même en danger l'existence de la Turquie; le but peut être atteint en trois mois par une seule dépêche collective des grandes puissances. C'est là une de ces pièces diplomatiques qu'on aimerait à signer de son sang. N

L'avant-propos de la Note sur la Grèce est aussi intéressant comme discussion philhellénique que la Note elle-même, et contient un pompeux éloge d'Alexandre avec qui l'auteur s'est trouvé en rapports assez intimes à Vérone.

Les sympathies de Chateaubriand ont été préparées par un voyage qu'il a fait en Grèce et à Jérusalem en 1806, et qu'il a publié sous le titre .Itinéraire de Paris à Jérusalem, A cette époque, il songeait à écrire son célèbre ouvrage des Martyrs ^ et, comme il le disait lui-même, il allait surtout en Grèce » pour chercher des images. » Les malheurs des Grecs l'émurent et il introduisit dans son livre une flétrissure virulente des

mièret pages de la Bibliographie de Bekgesco : il y trouvera une énumération détaillée de ces publications.

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pachas turcs : mais il ne prévit pas, comme Byron (dont le voyage en Grèce est h peu près contemporain), que les Hellènes se décideraient à rompre leurs chaînes (1).

A côté de ces brochures, de ces manifestes, de véritables livres documentaires sont publiés. Ce sont d'abord les récits de voyageurs, de témoins oculaires, tels que ceux de Pouqueville, de Raffenel (que nous avons cités au début de cette étude) , Bory de Saint-Vincent, Bollmann, Schak, de Villeneuve : des mémoires de combattants philhellènes, Voutier, Baybaud, Jourdain; enfin des ouvrages historiques, mélangés de conseils et de vues politiques, signés de Villemain (2), Armand Carrel, Dufey de l'Yonne, Picquenard, Charles de Lacretelle, de Pradt.

Les écrits de ce dernier méritent d'être spécialement signalés; M. de Pradt, ancien émigré rallié à l'empire, nommé archevêque de Malines en 1809, ambassadeur à Varsovie en 1812, devenu par la suite ennemi acharné de Napoléon, promu quelque temps chancelier de la Légion d'honneur à la rentrée des Bourbons, a fini, après tous ces avatars, par se jeter dans le libéralisme le plus extrême. Mais le libéralisme, chez cet écrivain diplomate, trop souple et trop changeant pour inspirer le respect, revêt une forme plus ingénieuse que généreuse, et qui confine parfois à l'utopie. Après s'être occupé dans ses écrits de la Pologne, de l'Espagne, de l'Amérique et de la papauté, il s'éprend d'un vif intérêt pour la question d'Orient et, de 1822 h 1828, publie successivement cinq ou six

^l) De la préface d*une nouvelle édition de V Itinéraire (1827) nous extrayons le pnssage suivant, qui exprime d'une manière saisissante les vues de l'auteur sur la neutralité : il reproche h la France de favoriser Méhémet-Ali aux dépens des Grecs h II existe deux neutralités : l'une rjui défend tout, l'autre qui permet tout. La première manque de {rénérosiié, mais est strictement juste. L'autre est une neutralité marchande, vénale, intén^ssée. Quand les parties belligérantes sont inégales en force, cette neutralité est une hostilité pour la partie faible et une connivence pour la partie forte. Cessez donc de permettre à Méhémet-Ali de construire des vaisseaux dans vos ports. Cessez dédire que les Grecs (qui n*ont pas d'or) peuvent le faire aussi bien que les Égyptiens. Et n'appelez pas du nom de neutralité une alliance abominable ».

(^2) Ksiai hi^torifjite sur l'état des Grecs, publié à la suite de son rcman sur le Ras-Empire intitulé : Lascaris i^iS2G).

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petits livres sur cette matière. Il défend la cause des Grecs avec une éloquence souvent habile; il s'élève contre le système des trois Tronçons ; mais il se trompe en croyant que la Grèce sera capable de se libérer seule, que l'Europe n'aura pas à intervenir par les armes et qu'elle devra se contenter de reconnaître l'État nouveau une fois formé, comme elle a fait pour l'Amérique du Sud(l). M. de Pradt a ce qu'on appelle un public : on le lit. Et son influence philbellénique ne doit pas être négligeable.

Grâce à la publicité faite à Paris et en province par le Comité philbellénique, qui a l'habileté de déclarer a qu'il n'est pas le défenseur d'une idée politique, mais de la cause de l'humanité et de la religion » , les souscriptions affluent de toutes parts. Des fêtes de bienfaisance, des concerts, des expositions de tableaux sont organisés en faveur des Grecs. Madame Récamier elle-même fait la quête. Plusieurs millions sont ainsi recueillis et envoyés en Grèce soit en espèces, soit sous forme de vivres, munitions et vêtements (1). Le fils de Canaris est amené et élevé à Paris aux frais du Comité. Le général Roche est envoyé en Grèce, pour faire sur place une sorte d'enquête et diriger d'une manière plus efficace les efforts de l'association.

Enfin une société, qui est comme la dépendance de la société de Paris, est fondée à Genève par les soins du banquier Eynard ; grâce au zèle, à l'activité du financier philhellène, peut-être aussi grâce à la présence de Capodistrias à Genève, cette société prend bientôt un développement des plus importants. Le gouvernement provisoire de Grèce, apprenant tout ce qu'Eynard a fait pour sa cause, le naturalise citoyen grec en 1825. Le Genevois accomplit à plusieurs reprises des voyages à Paris, à Londres, à Munich, à Rome, pour obtenir Tautorisation d'émettre des emprunts en faveur des insurgés. En 1829, après avoir demandé inutilement à M. de Polignacla

(1) Voir DE Pradt, Vrai système de VEurope relativement à V Amérique et à la Grèce ^ p. 283.

(2) Trois millions sont souscrits pendant les années 1825 et 1826.

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garantie du gouvernement français pour une émission de bons helléniques, il prendra dans sa banque 700 000 francs et les prêtera à Capodistrias, devenu Président de la République grecque. Il peut donc être considéré comme un des Européens les plus dévoués à la cause hellénique, et nous retrouverons plus d'une fois son nom dans le récit des épreuves que les Grecs ont encore à traverser.

Les manifestations philhelléniques, dans un pays qui a le goût des lettres et des beaux-arts, devaient fatalement aboutir à un mouvement littéraire. Il se forma une poésie amie des Grecs, qui contribua pour une large part à éveiller Tintérét des nations. Quelques vers sortis de la plume d'un homme célèbre, d'un Hugo, d'un Lamartine, furent pour les Grecs une a réclame » plus puissante que les considérations politiques les mieux déduites, signées de noms inconnus.

La première poésie, par ordre de date, qui ait été consacrée aux Grecs fut : COde sur l'insurrection des Grecs ^ du comte Gaspard de Pons (1821), littérateur qui n'est guère connu que par sa liaison intime avec Victor Hugo. Celui-ci n'était pas encore le grand apôtre du romantisme. Il cherchait sa voie et collaborait à des revues littéraires assez éphémères, telles que le Conservateur littéraire (1820-1821), la Muse françawe (1823-1824) (1).

Le principal mérite de ces revues fut de grouper ensemble des poètes, des littérateurs qui devaient être les principaux soutiens du romantisme près d'éclore. Un premier « Cénacle» (qu'il ne faut pas confondre avec celui de 1829) fut ainsi formé, en 182 4, autour de la Muse française^ dans le salon de

(1) BiRÉ, Victor Hugo avant i830, chap. IX et X.

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