‹ L'indépendence grecque et l'EuropeChapitre 47 sur 94 · LE TSAR NICOLAS I*' Î · texte numérisé non relu

LE TSAR NICOLAS I*' Î

M. de Metternich munît ce prince d'un copieux « Exposé historique de rAfFaire du Levant depuis son origine» (1), destiné à peser sur l'esprit du jeune Tsar, et attendit avec impatience le résultat de cette ambassade. Il ne tarda pas à être édifié, à son grand effroi, sur les intentions de ce monarque. Celui-ci fit une déclaration très nette à Tarchiduc : « Je ne veux pas, ditil, reprendre les argumentations sur la question d'Orient : tout a été dit^ la matière est épuisée; je n'entends pas terminer celte affaire avec Tun ou l'autre de mes alliés, mais avec tous ensemble, ou bien seul, si j'y suis forcé par l'abstention d^un de ces alliés. Je veux le rétablissement de la paix en Orient, etjelaveuxde suite : je ne suis pas embarrassé sur les moyens d'y arriver. L'Europe court moins de danger à me laisser agir isolément que si je m'allie à certaines puissances, en me séparant des autres. Vous pouvez du reste être certain que je n'ajouterai pas un pouce de terrain aux dimensions déjà bien fortes de la Russie d (2). Nicolas tint un langage identique à la Ferronnays (3) et à l'envoyé extraordinaire de France, le vicomte de Saint-Priest (4). 11 était évident que le nouvel Empereur avait le dessein d'attaquer la Turquie, si cette puissance ne lui donnait pas satisfaction.

M. de Metternich fut consterné. C'était donc en vain qu'il s'efforçait, au moment même où ces paroles étaient prononcées (février 1826), de faire adopter le projet présenté au mois de novembre précédent par lord Strangford, et de rétablir l'union des cinq puissances, en adressant des avances à l'Angleterre, pour qu'elle sortît de son isolement. En vain il essayait de convaincre M. de Ribeaupierre, envoyé par le Tsar à Vienne, que Ganning rentrerait dans le directoire de la Sainte-Alliance, si seulement l'Empereur voulait affirmer hautement ses sentiments contre-révolutionnaires. Nicolas se montra très mécontent de la résistance à ses projets belliqueux qu'il rencontrait

(1) PnOKESGH, t. IV, p. 198.

(2) Rapport de la Ferronnays. f mars 1826^ vol. 170, A. E.

(3) /6tV/., 21 janvier 1826.

(4) Ibid,, 20 jaDYÎer 1826.

Page 1