‹ L'indépendence grecque et l'EuropeChapitre 50 sur 94 · S56 I/ENTENTE ANGLO-RUSSE — 18Î · texte numérisé non relu

S56 I/ENTENTE ANGLO-RUSSE — 18Î

solution en Orient, il démasqua brusquement ses batteries et communiqua à TÂng^Iais un ultimatum énergique qu'il venait d'adresser à la Porte (17 mars) (1).

Cet ultimatum contenait les trois réclamations suivantes : 1* Rétablissement absolu, dans les Principautés, du statu quo d'avant 1821, au point de vue civil et militaire. 2* Mise en liberté des otages serbes, retenus à Stamboul depuis le début de l'insurrection grecque, comme gage de la tranquillité de la Serbie. V Envoi à la frontière russe de plénipotentiaires ottomans chargés de rédiger avec des plénipotentiaires russes une convention définitive sur les points en litige depuis le traité de Bucarest.

Ainsi, en 1826, on se retrouvait pour ainsi dire dans la même situation qu'en 1821. L'ultimatum remis par Minciaky différait il est vrai de l'ultimatum remis par Strogonof, en ce que l'insurrection grecque et les intérêts généraux des rayas y étaient passés sous silence. Mais c'était la même menace imminente de guerre, aggravée par le caractère énergique du nouvel empereur de Russie et par l'attitude de certaines puissances. En 1821, Alexandre était seul à tenir un langage belliqueux ; les quatre autres puissances voulaient maintenir la paix à tout prix. Maintenant il n'en allait plus de même. L'Angleterre se dressait inquiétante, en face de l'obstination irréductible de la Porte : la France sentait vibrer en elle des effluves latentes qui la poussaient vers l'Orient. Seules, l'Autriche et la Prusse n'avaient pas changé, conservant avec une froideur marmoréenne leur immobilisme germanique.

Quand Wellington et Canning eurent connaissance de l'ultimatum, ils comprirent que le temps des discussions stériles était passé. Ils n'avaient plusaffaireà un souverain a ondoyant et divers » , mais à un prince ambitieux et résolu qui se vantait, non sans exagération, à l'envoyé anglais, de pouvoir mettre sur pied dix-huit cent mille hommes (2).

^i) Pbokesch, t. IV, p. 277.

(2) Viel-Gastel, t. XV, p. 658.

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