Î78 L'ENTENTE ANGLO-RUSSE
11 était facile de prévoir quelle réponse Metternich et Bernstorf feraient à la note du 22 novembre. Us déclarèrent a ne pouvoir s'associer à la menace d'employer des moyens coercitifs contre la Porte. Ils ne prêteraient leur concours à une intervention que si Ton tranchait tout d'abord les objections de droit relatives au pouvoir du sultan sur ses sujets, et si Ton évitait de changer sa souveraineté en suzeraineté. En attendant, ils ne coopéreraient à la pacification de TOrient qu'en se tenant sur « une ligne indépendante (1). »
L'Europe se partageait donc en deux groupes : l'un qui restait intraitable à l'égard des Grecs, l'autre qui manifestait les intentions les plus favorables à leur délivrance. Celui-ci triompherait-il, de celui-là? Fonderait-il son entente sur des bases solides? Arriverait-il à temps pour sauver la Grèce, envahie de toutes parts, et perdant l'une après l'autre les plus importantes de ses places fortes ?
Ibrahim, après avoir conquis en 18:25 la presque totalité de la Morée, avait reçu l'autorisation du sultan de terminer ce siège de Missolonghi auquel Réchid-Pacha ne parvenait pas à donner un dénoùment. Cette opération militaire était, aux yeux des Turcs et des Grecs, celle qui primait toutes les autres. Si Missolonghi succombait, l'Hellade continentale serait réduite à la situation critique où se trouvait le Péloponèse. L'armée ottomane, n-'étnnt plus retenue sur un point déterminé, se répandrait dans la région et ne tarderait pas à soumettre tout le pays. Tous les regnrds étaient donc fixés sur cette place qu'illustrait la résistance héroïque de ses défenseurs.
Le fils de Méhémet-Ali, ayant reçu un renfort de dix mille
(i) Notes du 22 décembre et du 4 janvier. Prokkscii, t. IV, p. 319 et 321.