LA CHUTE DE MISSOLONGHI
rent par s'allier entre elles, et convoquèrent à Hermione un congrès rival du congrès légal d'Égine. Et cependant, l'Europe avait les yeux fixés sur les Grecs et attendait qu'ils lui donnassent un gage de leur capacité administrative et de leur stabilité gouvernementale.
Heureusement pour les insurgés, les Égyptiens ne mirent pas à profit ces dissensions et ne poussèrent pas avec vigueur les opérations qui devaient leur soumettre les derniers fragments encore libres de la Grèce. Ils échouèrent complètement dans une tentative qu'ils firent pour s'emparer du Magne, ce repaire montagneux des Klephtes, devenu légendaire par l'impossibilité où l'on était d'y pénétrer sans Taveu de ses chefs, les Mavromichalis. Colocotronis aida ceux-ci à défendre la presqu'île, et Ibrahim dut se replier sur Tripolitza, où il demeura immobile.
Méhémet-Âli commençait à trouver que la conquête de la Orèce était une opération plus coûteuse que productive, et à restreindre ses envois d'argent et de troupes. L'invasion égyptienne, après avoir atteint son niveau le plus élevé, comme l'inondation jd'un grand fleuve, restait stationnaire.
Réchid-Pacha, à la tête de l'armée turque, déploya plus d'énergie qu'Ibrahim. Il s'empara de la fiéotie, de l'Attique et se rendit maître de la ville basse d'Athènes, tandis que Gouras s'enfermait dans la citadelle avec quelques centaines d'hommes (15 août 1826). C'est, dès lors, autour de cette opération, le siège de l'Acropole, que se concentra tout l'intérêt de la guerre. Ce rocher était bien supérieur comme position à Missolonghi, mais ses défenseurs étaient moins nombreux et leur ravitaillement presque impossible.
Trois corps de troupes se formèrent en Attique, pour essayer de débloquer l'Acropole : Fabvier, dont les tacticiens avaient subi dans Tile d'Eubée un désastre analogue à celui de Péta, prit le commandement d'un de ces corps; Karaïskakis et Kriézotis, celui des deux autres. Un violent combat livré par les trois corps combinés^ le 23 octobre, dans le jardin de