Î84 L'ENTENTE ANGLO-RUSSE — 18Î
Ghaïdari, aboutit à un sanglant échec et les assiégés de T Acropole assistèrent impuissants à la défaite de ceux qui venaient les secourir. En vain Karalskakis déploya, dans une série de marches et d'escarmouches, une bravoure et une adresse admirables qui régalèrent aux plus vaillants chefs de Tinsurrection, il ne put parvenir à forcer le blocus. Alorâ Fabvier tenta une entreprise audacieuse^ pour faire parvenir aux assiégés les munitions qui leur manquaient. Il chargea six cents tacticiens chacun d'un sac de poudre, et parvint pendant la nuit à traverser brusquement la partie la plus faible des lignes turques. Il se jeta dans la citadelle, et ses hommes y déposèrent leurs munitions; mais quand il voulut ressortir, il ne le put pas, et il dut rester enfermé dans T Acropole jusqu'à la fin du siège, qu'il allait illustrer par sa bravoure et son dévouement (1).
Malgré leur état de cruelle détresse, les Grecs avaient donc réussi à ne pas succomber totalement; semblables à des hommes tombés à la mer, ils avaient encore la tète hors de Teau, et tendaient les bras vers l'Europe attentive. Celle-ci se déciderait-elle à jeter une corde à ces désespérés?
(I) D'après Jurien de La Gravière, il aurait pu sortir, mais toute la garnison se précipita derrière lui, quand il fit mine d'abandonner la citadelle. Il demeura donc auprès de ceux qui avaient placé tout leur espoir en lui.