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LA GUERRE RTTSSO-TURQUE

midation vis-à-vis du sultan, qui aurait pris facilement son parti d'une guerre où il n'aurait rien eu à perdre.

Wellington craignit qu*en accentuant son attitude boudeuse, il ne poussât la Russie à sortir entièrement de l'alliance et à régler la question d'Orient à elle seule. Il fit contre fortune bon cœur, accepta, le 6 juin, la disjonction russe et admit la participation de la flotte russe à la neutralité armée qu'observaient les escadres dans l'Archipel, tout en laissant sa liberté au Tsar pour mener, comme il l'entendrait, sa guerre continentale.

Par son attitude conciliante, ce ministre détourna la crise qui menaçait d'aboutir à une rupture de la triple alliance. Il donna un autre gage de sa bonne volonté, en refusant d'écouter les propositions que le sultan s'était décidé à faire in extremis aux cours de Londres et de Paris. Effrayé à la vue du spectre de la guerre qui se dressait devant lui, le Grand Seigneur avait demandé aux ambassadeurs Guilleminot et Stratford Ganning de revenir à Gonstantinople et d'y rouvrir des conférences, leur assurant qu'il était tout disposé h transiger sur les objets en litige. Il semblait sur le point d'accepter la médiation offerte l'année précédente (1).

Les cabinets de Paris et de Londres firent savoir à leurs am* bassadeurs, arrivés récemmentàCorfou, qu'ils eussent à décliner l'invitation du sultan : ils ne pouvaient traiter sans la Russie, et la Russie n'avait pas été conviée à cette reprise des négociations.

Mahmoud insista, et promit que toutes les difficultés relatives à la Morée seraient aplanies et terminées radicalement, selon le désir des deux cours. Il portait alors toute son attention sur sa frontière du Nord, et semblait se désintéresser peu à peu de l'affaire grecque, pourvu qu'on ne lui demandât rien de formellement opposé à ses droits de souveraineté (2).

(1) 19 mai 1828.

(2) FnoKESca, t. V, p. 296, ^302 et 303. Le Réis-Effendi avoua au drogman autrichien que la paciHcation de la Grèce était devenue pour lui une question secondaire.

Bien que la Russie se fût^ par sa déclaration de guerre, placée en dehors des stipulations de Londres, ses alliés lui restèrent fidèles et refusèrent d'entamer une négociation qui aurait pu tourner au grand avantage des Grecs, et à Thonneur des deux puissances négociatrices. N'y eut-il pas dans ce refus une maladresse, une loyauté exagérée? En tout cas, il faut rendre hommage à la droiture des deux hommes d'État, Wellington et la Ferronnays, qui mirent Texécution fidèle du traité de Londres au-dessus de leurs convenances, et qui conservèrent ainsi à cette médiation (mieux que ne le fit la Russie), le noble caractère de désintéressement dont l'avaient revêtu dès le début les membres de la triple alliance. Cette loyauté, complètement inconnue dans l'entourage de M. de Metternich, parut incompréhensible au Autrichiens : et l'internonce compara le refus des deux cours à l'acte d'un homme qui se coupe lui-même sa jambe malade.

Wellington autorisa, le 9 juin, la conférence de Londres à reprendre ses séances et à étudier les moyens d'amener l'évacuation de la Morée par les Égyptiens. Mais il convient d'abord d'examiner brièvement les événements de la guerre turco-russe sur son double théâtre, dans la vallée du Danube et en Asie.

Les Russes avaient franchi le Pruth le 7 mai, et le Danube le 7 juin. Toute la partie orientale des Principautés avait été occupée sans coup férir : mais le Tsar n'avait pas voulu pénétrer dans la partie occidentale, de crainte de porter ombrage à l'Autriche. C'est dans une semblable pensée, qu'il n'avaitpas réclamé la coopération des Serbes. Il avait simplement chargé leur prince, Milosch, d'empêcher les contingents de Bosnie de se joindre à l'armée turque.

L'armée russe, commandée par le général Wittgenstein, n'était pas aussi forte qu'on aurait pu le supposer, étant donné le long laps de temps depuis lequel la Russie se préparait à cette guerre. Elle ne comptait guère qu'une centaine de mille hommes : son artillerie et sa cavalerie étaient médiocres.

Le Tsar accompagnait en personne l'armée, entouré d'une

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