ACTE III, SCENE VIL
VOLMÈRE.
Croyez-en mes avis; la prudence commande Ce mutuel secours qu'un ami vous demande.
LE VIGOMTE.
Le duc vous servira, ce droit vous est acquis;
Mais il n'a pas besoin de la voix du marquis.
Et mon père aujourd'hui, sûr de revoir la France...
VOLMÈRE.
Ne vous aveuglez point dans votre confiance î L'intrigue loin de vous peut arrêter ses pas.
LE VICOMTE
Je crois déjà le voir nous presser dans ses bras !
VOLMÈRE.
De tous ses ennemis la ligue menaçante. ..
le vicomte , s' animant.
Leur ligue est contre lui désormais impuissante !
VOLMÈRE.
Vous vous flattez peut-être en vain de le revoir !..,
LE VICOMTE
Chaque instant en ces lieux peut combler notre espoir !
VOLMÈRE.
J'en sais plus sur ce point que je n'ose vous dire.
le Vicomte.
Moi^ d'un plus grand secret je pourrais vous instruire,
VOLMÈRE.
Mais , si je vous disais que le prince incertain N'a point voulu signer de pardon ce matin ; Et malgré le remords que fait voir votre père...
le vicomte, emporté.
Mais si je vous disais, sous le secret., Volmère, Que mon père déjà parmi nous revenu..»
volmère.
Je n'en douterais plus, dès que je l'aurais vu.
LE VICOMTE
Si je vous le montrais, qu'auriez-vous à répondre?
VOLMÈRE.
Ce serait le moyen vraiment de me confondre. Mais vous riez sans doute, et je ne puis penser...
LE VICOMTE
De votre entêtement je devrais m' offenser, Et gardant mon secret... Mais mon honneur exige Que je détruise en vous ce doute qui m'afflige. Placez-vous près d'ici pour voir, sans être vu ; Et dans quelques instans vous serez convaincu ï
VOLMÈRE.
Cependant...
LE VICOMTE
Ce secret que mon cœur vous confie, Vous le devez , Volmère, au saint nœud qui nous lie î A nul autre que vous je ne l'ai révélé? A nul autre que vous, je crois, je n'ai parlé î Et si vctre amitié ne m'eût fait violence Avec vous même ici je gardais le silence/
VOLMÈRE.
Mais je n'exige rien, et je vais...