MARI VON
Oui, on est venu vous cherciier.
VALANTIN
On est venu me chercher, oui... et je suis revenu, nous sommes revenus. Et depuis, je vis presque en dehors de chez moi ; vous me comprenez à demi-mot. Pensez-vous que Thérèse soit disposée à supporter plus longtemps une pareille existence?
MARIVON
Mon Dieuî...
VALANTIN
Non! D'ailleurs elle aura raison de prolester, parce que, moi non plus, je ne suis
nullement prêt à tolérer certaines choses dans mon ménage. Je vous assure^ mon cher ami, il vaut mieux que nous nous séparions, que nous divorcions. J'ai été, je suis peut-être un mauvais mari, mais je ne deviendrai jamais un mari complaisant...
MARIVON
Oh!
VALANTIN
Laissez... laissez... je me suis aperçu de bien des petits faits. M. Rivolet me semble un peu imprudent! Oh! notez que j'ai en Thérèse une confiance absolue. Je ne crois pas,... je ne crois pas qu'elle ait profité de notre situation particulière pour mal agir. Non, je la connais. Elle est trop droite, trop fière... mais enlin tout a des limites, et il est de mon devoir de prévoir, de gagner du temps. Or, je vous le répète, j'aime tendre-.
ment mon amie, je suis convamcu que mon bonheur est auprès d'elle... il m'est impossible de changer ma vie, et j'ai mille fois raison d'agir comme je le fais, (on sonne.)
MARIVON
Quelqu'un.
VALAiNïIN
Oui.
MARIVON
Mon cher ami, je ne veux pas vous donner
un conseil à la légère. Tout ce que vous me
dites là est assez grave. Puis avant de vous
répondre, je tiens à voir Thérèse, je ne Tai
pas encore vue. Enfin, et surtout, j'ai besoin
de réfléchir. Je retourne un instant à l'Étude. Accompagnez-moi. Nous causerons.
VALANTIN
Oui. Attendez une seconde, (ii sonne. Paraît un .lumestique.) Mou chapcau, ma caunc.
LE DOMESTIQUE
Bien, monsieur.
VALANTIN
Qui a sonné? (Rivoiet paraît.) Ah! c'est Rivolet !
RIVOLET
Bonjour.
VALANTIN
Bonjour, mon cher.
RIVOLET
Vous avez fait un hon voyage?
VALAISTIN
Un excellent voyage.
MARIVOiN
Et ma femme?
RIVOLET
Elle est renlrée.
VALANTIN, impatient.
Eh bien ! Eli bien ! (Le domestique reparaît avec le chapeau et la canne.) Ah ! (a Rivolet.) Au reVOir, mOn
cher.
RIVOLET
Au revoir.
VALANTIN, à Marivon.
Je VOUS accompagne, (iis sortent.)