I.A MADELEINE
La consîruction et la deslinalion de ce monument, sans contredit l'un des beaux qui existent, date de la Révolution (iSOG); il avait été commence avant cette époque, mais on détruisit tout ce qui avait été t'ait.
L'église de la Madeleine est un morceau d'architecture grecque de la plus belle exécution. C'est un vaste quadrilatère, qui a la forme et l'aspect majestueux d'un temple antique; il occupe une superficie de 4,200 mètres carrés. Sa longueur est de 100 mètres et sa largeur de 42. Un magnifique péristyle de colonnes cannelées d'ordre corinthien de la hauteur d'environ 20 mètres , portées sur un soubassement lisse de 4 mètres, environne le monument. On arrive à la façade par un perron coupé en deux par un palier; cette façade est composée de huit colonnes; derrière elles six autres concourent également à soutenir le fronton. Le plafond est divisé en larges compartiments ornés de rosaces et de sculptures de la plus grande magnificence. L ' portique de derrière est composé de huit colonnes, portant un fronton triangulaire simple. Sous ce portique est pratiquée une fausse porlc; les portes de la façade principale ont été fondues en bronze. Le toit est soutenu par une charpente «n fer, et est composé de tables de cuivre. Une grille aussi en fer entoure le monument. La frise de la façade est ornée de petits anges sculptés, soutenant des guirlandes et des médaillons ; le haut de la cornic'ie est orné de tètes de lions et de palnieîies. Le bas-relief qui occupe le fronton a envion 39 mètres de longueur et 7 mètres 38 centimètres de hauteur à l'angle du milieu. C'est une des belles corn-
positions dans ce genre, il a pour sujet le pardon delà Madeleine au Jugement deinirr; le Christ, sujet principal, est au milieu: à ses pieds est la Madeleine repentante, qui reçoit son pardon et la rémission de ses fautes; à la droite de Dieu est l'ange du Jugement-dernier, contemplant avec satisfaction la pécheresse convertie; près de lui l'Innocence soutenue par la Fui et l'Espérance. Une jeune vierge porte la couronne du martyr,
La charité assise, prend soin de deux petits enfants. Un ange aide une ame pieuse à sortir du tombeau, et lui montre la place qui lui est réservée au séjour des bienheureux ; sur la tombe sont gravés ces mots : Ecce diks salutis {voici le jour du salut]. A gauche du souverain juge, l'ange des vengeances repousse 1rs vices. L'Impudicité avec ses vêtements en désordre, l'Envie, l'Avarice pressant ses inutiles trésors , l'Hypocrisie au masque trompeur. L'angie est tern)iné par un ange exterminateur qui précipite une ame réprouvée dans les flammes éternelles; on lit ces mois sur une pierre: YoK iMi'io [mallieur à l'impie !) Ce bas-relief est géni'ralement admiré; mais il serait à désirer que les tigures fussent moins hantes, elles sont dans la proportion d'environ seize à dix-sept pieds, de telle sorte que leurtètc^emble gènt-e parl'ercadrement qui couronne le fronton; de plus M. Limarre aurait dû suivre ici l'ei^cmple que donne Léonard de Vinci dans sa composition de la Cène , en isolant davantage la tigure du Christ; l'ange qui est à ses cfMés eût paru moins gêné, et on eût distingué plus aisément la Aîadeleine; du resl<^ les artistes sont à même d'apprécier les difïîcuités que présente l'exécution d'un bas-relief d'une forme aussi ingrate et placé à celte hauteur; il contient en tout 19 figures.
On lit au-dessous du fronton l'inscription suivante : D. 0. M. SLB LWOCATIÛXE SAXCT.i: MaGDA-
DALEXE, Temple de Dieu sous l'invocation de sainte Madeleine. L"inléiieur de l'église est composé d'une seule nef, il est éc'airé par trois coupoles couvertes d'abat-jours, le plafond est orné de fleurs sculptées, de la plus grande magnificence; de chaque côté du vestibule intérieur qui conduit dans la nef, sont deux chapelles; celle des fondsbaptismaux et celle du mariage. Tout alentour règ-ne un ordre ionique qui marque les divisions entre les trois chapelles latérales; il orne aussi le rond-point qui termine la nef, et dont le centre est oc^-upé par le maitre-autel.
Le mur est orné d'un bas-relief. Une balustrade en marbre blanc règne tout alentour de la nef.
Au-dessus de chaque chapelle est un espace demi-circulaire, orné de peinuires représentant une époque de la Madeleine; ces tableaux sont de M. Paul Delaroche. Les autres faces latérales sont couvertes des peintures de messieurs A bel de Pujol, Couder, Coignet, Signol, Bouchot, Schwetz , lassise couvert d'une vaste composition est de AI. Ziég!er : c'est l'histoire du christianisme. Dans la partie la plus élevée est la figure du Christ ; il e>t assis, d'une main il lient la croix, tandisqu'il étend l'autre en signe de paix et de rédemption; à ses pieds est la Madeleine dans l'attitude du repentir, elle est entourée des apôtres et des évangélistes; sous le nuage qui la porte des anges montrent cette maxime.- DiLEXiT MLLTUM. A gauchc du Christ on aperçoit les disciples et les p»'emiers martyrs de la religion chrétienne, saitit Symphorien et les saintes de Cologne; on distingue plus rapijrochées, sainte Cécile et sainte Catherine ; cette dernière appuyée sur une roue. Le Juif-errant sur un nuage sombre ;
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auprès sont les farouches guerriers de Clovis, instruits par saint West; une prêtresse des dieux de la Germanie s'enfuit à leur aspect; saint Rémi baptise Clovis ; près de lui la reine Ciotilde est à genoux; plus loin Charlemaçne reçoit la couronne d'empereur des mains d'un cardinal, tandis que l'envoyé du calife Haroun-al-Raschild lui remet les clefs du Saint-Sépulcre. Plus bas Alexandre II [ fonde Notre-Dame de Paris et donne la bénédiction à Frédéric Barberousse, Olhon , et Jeanne d'Arc accompagnée de guerriers apparaissent auprès d'eux : à côté Raphaël , Michel -Ange, Le Dante , comme les reprrsenlants des beaux-arls chez les humains. Ces faits figurent l'histoire du christianisme en Occident. A droite du (.hrist sont les faits relatifs à l'histoire d'Orient; on distingue l'empereur Constantin, saint Maurice et saint i. auront. puis saint Augustin et saint Ambroise. On remarque les personnages de la croisade, le pape Urbain, le pape Eugène, saint Bernard, Pierre l'Ermite, prêchant la croisade. Puis les seigneurs, les ducs et les barons, offrant leurs épées et leurs richesses Un vieillard présente ses trois enfanis, son unique bien. On voit en avant de la Madeleine saint Louis en prière, Godefroi-de-Bouillon portant l'oriflamme, Louis-Ie-Jeune , l'abbé Suger, Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, Robert de Normandie, Viller-Hardouin, le doge de Venise. Enfin les derniers efforts des nations chrétiennes pour relever la croix dans la Grèce.
On remarque le vœu de Louis Xill ; près de co roi est lecardinal de Hichelieu; plusloin HenrilV.
Le groupe qui termine au premier plan celte vaste composilion représente Napoléon couronné par le pape Pie VÎI , ce groupe décrit une sorte do cercle dont le Christ est le point le plus élevé et ia Madeleine le centre.