‹ L'individu contre l'étatChapitre 18 sur 41 · The Staie in Relation ta Laboui · texte numérisé non relu

The Staie in Relation ta Laboui

lérairc, M. .Mathew Arnold exprime une opinion semblable, i Un auteur, dit-il, n'a aucun droit naturel h la propriété de son œuvre. » Il n'a donc non plus aucun droit naturel à quoi que ce soit qu'il puisse produire ou acquérir. Ainsi encore lisuis-je récemment dans un journal hebdomadaire de haute réputation : s Démontrer une fois de plus qu'il n'existe rien de pareil à un droit naturel, ce serait perdre son temps et sa science. » EL l'opinion exprimée dans ces extraits est communément énoncée par les hommes d'État et par les légistes d'une façon qui implique que seules les masses qui ne pensent pas en ont une

Peut-être cette déclaration eût-elle dû être faite sur un ton moins dogmatique, puisqu'on savait que toute une école de légistes sur le continent maintient une opinion diamétralement opposée ii celle soutenue par l'école anglaise. L'idée du N'tttti'-lle.cht est l'idée fondamentale de la jurisprudence allemande. EL quoi qu'on puisse penser de la philosophie allemande, on ne peut pas dire d'elle qu'elle ne va pas au fond des choses. Une doctrine qui a cours chez un peuple remarquable entre les autres par son esprit de recherche et qu'on ne peut certes ranger parmi les penseurs superliciels ne devrait pas être écartée comme si ce n'était rien de plus qu'une illusion populaire. Ceci, pourtantsoit dit en passant. A la proposition qu'on nie dans les citations ci-dessus se lie l'affirmation d'une contreproposition. Voyons quelle elle est, si nous l'examinons de près et si nous recherchons sur quoi elle se fonde.

Retournons à Benlham, et nous trouverons cette contre-proposition nettement exprimée. Il nous dit que le gouvernement remplit son rôle « en créant des droits qu'il confère aux individus, droits de sécurité pour les personnes, droits de protection pour leur

LA GRANDE SUPERSTITION POLITIQUE. 131 honneur, droits de propriété 1 , etc. > Si celte doctrine était affirmée comme dérivant du droit divin des rois, elle ne renfermerait rien de manifestement illogique. Elle viendrait de l'antique Peton, on l'Inca « était la source d'où tout découle - » ; ou de Shoa (Abyssinie) où c le roi est maitre absolu des personnes et de tous les biens terrestres 3 t; ou du Dahomey où « tous les hommes sont les esclaves du roi 1 »; qu'elle serait assez logique. Mais lientham, loin d'être" absolutiste comme Hobbes, écrivait en faveur du gouvernement populaire. Dans son Code constitutionnel il place la souveraineté dans le peuple entier, arguant que le mieux esl « de donner le pouvoir souverain à la plus grande portion possible de ceux qu'il s'agit principalement de rendre le plus heureux possible t, parce que « celte proportion est plus convenable que tout aulre pour la réalisation de ce but ».

Observons maintenant ce qui arrive quand nous rapprochons ces deux doctrines. Le peuple souverain dans son ensemble désigne des représentants et crée ainsi un gouvernement; le gouvernement ainsi créé crée des droits; puis, ayant créé les droits, il les confère iéparément à chacun des membres du peuple souve- -ain par lequel il a été lui-même créé. Quel merveil-

x tour de passe-passe politique ! 11. Matthews Arnold, soutenant, dans l'article déjà cité, que « la propriété est une création de la loi », nous dit de prendre garde

i fantôme métaphysique de la propriété en soi •.

urément, de tous les l'unlùrnes- métaphysiques le plus semblable à une ombre est celui qui suppose une e obtenue par la création d'un agent, qui crée la

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