EAU
1 les traditions primitives. Bien plus, ce conisle dans les tendances politiques, qui apparut avant e les principes des whigs et lies torys fussent netlement distingués, continua <ie se montrer dans la mite. A l'époque de la Révolution < tandis que les vilvilles étaient entre les mains des lorys, les grandes villes, les districts manufacturiers t les ports de commerce, étaient les forteresses des whigs ». El il est inutile de prouver que, malgré certaines exceptions, la même situation existe encore Lujourd'liui.
Tel était, d'après leur origine, le caractère des deux i. Observons maintenant comment ce caractère se manifestait également dans leurs premières doctrines et leurs premiers actes. Le whiggisme commença par a résistance à Charles II et à sa eabale qui s'ctforaient de rétablir le pouvoir monarchique absolu. Les ■egardaient la monarchie comme une institution civile, établie par la nation pour le bien de tous ses membres », tandis que pour les torys « le monarque était le délégué du Ciel ». L'une de ces doctrines impliquait la croyance que la soumission au roi était conditionnelle, l'autre, que cette soumission devait être absolue. En parlant du whig et du tory, tels qu'on les concevait à la fin du xvn* siècle, c'est-â-dire à peu près cinquante ans avant qu'il écrivit sa Dissertation sur les parlis, fiolin^hroke dil :
îajesté du peuple, contrat originel, autorité et indépendance des parlements, liberté, résisince, exclusion, abdication, déposition, telles étaient, t celle époque, les idées associées à celle qu'on se aisait d'un whig, et que tout whig supposait être incompatibles avec celle qu'on se faisait d'un tory. < Droit divin héréditaire, incommutable, succession nligne directe, obéissance passive, prérogative, nonîsislance, esclavage, et quelquefois aussi papisme,
voilà quelles idées étaient associées dans beaucoup d'esprits à celle qu'on se Taisait d'un tory, et qu'on regardait comme étant, de la même manière, incompatibles avec celte qu'on se faisait d'un wliig. » (Dijiseiialion sur les partis, p. 5.)
Et, si nous comparons ces descriptions, nous voyons que dans un parti il y avait le désir de résister au pouvoir cnercilif du roi sur les sujets et de le diminuer, tandis que l'autre parti voulait maintenir ou augmenter ce pouvoir coercitil'. Celle différence dans leurs aspirations, différence dont la si gnifl cation et l'importance dépassent toutes les autres différences politiques, se montre dès l'abord dans leurs actes. Les principes des wliigs apparaissent dans l'acte ( ''- l'Iiaheas corpus et dans la mesure qui remlil les juges indépendants de la couronne; dans le rejet du hill dans lequel on demandait que les législateurs el les fonctionnaires fussent obligés de s'engager par sermenl à ne résister en aucun cas au roi par les armes, et plus lard, dans le bill ayant pour bul de protéger les sujets contre les agressions monarchiques. Ces actes avaient le même caractère intrinsèque. Ils affaiblissaient le principe de coopération obligatoire dans la vie sociale, et ils foriiliaieril le principe <ie la coopération volontaire. Une remarque faite par H. Green au sujet de la période pendant laquelle les whigs exercèrent le pouvoir après la mort d'Anne, monlre bien que la politique du parti avait la même tendance générale à une époque postérieure.
« Avant que les cinquante années de leur pouvoir se lussent écoulées, les. \nglais avaient oublié qu'il lut possible de persécuter pour des dissentiments religieux, ou de supprimer la liberté de la presse, ou d'intervenir dans l'administration de la justice, ou de gouverner sans parlement. » (Abrégé d'histoire, p. 705.)
Et maintenant, laissant de côté la période de guerre
LE NOUVEAU TORïSJIE.
à la fin du dernier siècle et au commencement de celuici, pendant laquelle la liherté individuelle perdit une rande partie du terrain conquis, et où le mouvement rétrograde vers le type social du militarisme se manifesta par toute sorte de mesures coercitives, depuis celles qui enlevèrent de Force les personnes et les propriétés des citoyens pour les besoins de la guerre jusqu'à celles qui supprimèrent les réunions publiques et essayèrent de bâillonner la presse, — rappelons le caractère général des changements cfl'eclués par les whigs ou les libéraux quand le rétablissement de la paix permit de faire revivre le régime industriel avec la structure qui lui est particulière. Sous l'influence croissante des whigs, les lois qui défendaient les coalitions d'ou-
s furent abrogées aussi bien que celles qui restreignaient leur liberté d'aller el venir. Citons également la loi d'après laquelle les dissidents purent croire ce qu'ils voulaient sans s'exposer à certaines pénalités civiles, et celle qui permit aux catholiques de professer leur religion sans perdre une partie de leur liberté. Le champ de la liberté fut élargi par des a qui défendirent d'acheter des nègres et de les tenir en esclavage. Le monopole de la compagnie des Indes Orientales fut aboli et le commerce avec l'Orient déclaré libre pour tout le monde. Grâce au Re.jorm Bill el au Municipal fteform Bill, le nombre des citoyens
représentés fut diminue, de sorte qu'au point d vue général aussi bien qu'au point de vue local, la masse fut moins sous la domination des privilégiés. Les dissidents, affranchis de la soumission à la l'orme eeclcsiastiqm: du mariage, furent libres de se marier d'après un rite purement civil. Plus lard, vinrent !a diminution et l'abolition des restrictions apportées à l'achat des marchandises étrangères et à l'emploi vaisseaux el de marins étrangers, et plus lard encore l'abolition des entraves à la liberté de la presse impo-
sées originairement pour empêcher la diffusion des opinions. Il esl incontestable que tous ces changements, qu'ils aient été faits par les libéraux ou non, ont eu lieu conformément aux principes professés et soutenus par eux.
Mais pourquoi éniiméivr des l'ail* si bien connus de tout le monde? Uniquement parce qu'il semble nécessaire, comme nous l'avons dit au début, de rappeler au lecteur ce qu'était le libéralisme dans les temps passés afin qu'il pût voir combien i! diffère du prétendu libéralisme de l'époque actuelle. Nous aurions cru inutile d'indiquer une à une ces différentes mesures pour montrer leur caractère commun, si de nos jours on n'avait pas oublié ce caractère commun. On ne se rappelle pas que d'une manière on d'une autre tous ces changements vraiment libéraux ont diminué la coopération obligatoire dans la vie sociale cl uni augmenté la coopération volontaire. Un a oublié que, dans un sens ou dans on autre, ils ont diminué l'étendue de l'autorité gouvernementale et agrandi le champ d'action où tout citoyen peut agir en liberté. On a perdu de vue celte vérité qu'autrefois le libéralisme défendait habituellement la liberté individuelle contre la coercition de l'État.
Et maintenant viennent les questions : — Comment se fait-il que les libéraux aient perdu de vue cette vérité? Comment se fait-il que le parti libéral, ayant une part de plus en plus grande au pouvoir,soit devenu de plus en plus coercilif dans ses mesures législatives ? Comment se fait-il que, soit directement par ses propres majorités, aoit indirectement par le concours prêté dans certains cas aux majorités de ses adversaires, le parti libéral ait, dans une large mesure, adopté la politique de dicter les actions des citoyens et, par conséquent, de diminuer le domaine dans lequel ces actions restaient libres? Comment pouvons-nous expliquer cette confusion d'idées qui l'a amené, dans la recherche de ce qui
LE NOUVEAU TOBYSME.
semble Stre le bien public, à renverser la méthode qui
l'a aidé dans les temps passas ;i accomplir le bien pu-
Quoiqu'à première vue il paraisse impossible de ire compte de ce changement politique inconscient, nous trouverons qu'il s'est produit tout naturellement. Etant donnée la pensée concrète, qui ordinairement prévaut dans les questions politiques, et considérant
:$ circonstances actuelles, on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il en OH autrement. Pour montrer la vérité de :ieUe asserlion.il est nécessaire d'entrer dans quelques explications préliminaires.
Depuis 1** animaux inférieurs jusqu'aux animaux supérieurs, l'intelli [renée progresse par des actes de différenciation ; et elie continue à progresser de la même manière chez tes hommes, depuis les plus igno-
inls jusqu'aux plus savants. Classer exactement, mettre dans le même gruupc les choses qui sont essentiellement de même nature et dans d'autres groupes les chosesd'une nature essentiellement différente — voila la condition fondamentale pour bien diriger les actions. Commençant par la vision rudimentaire qui nous avertit du passage de quelque grand corps opaque dans notre voisinagc(de même que des yeux fermés, tournés vers la fenêtre et percevant l'ombre produite par une main posée devant eux, nous préviennent que quelque chose se meut devant nous) nous arrivons peu à peu à la vision iéveloppée qui, par une appréciation exacte de la combinaison des formes, des couleurs et des mouvements, reconnaît au loin des objets pour être une proie ou un ennemi, et nous met ainsi dans la possibilité de perfectionner notre manière de nous conduire pour assurer notre nourriture ou échapper à la mort. Cette perception progressive des différences et les classements plus exacts qui en résultent, constituent, sous un de ses principaux aspects, le développement de l'inlelli-
L'INDIVIDt CONTRE L'ÉTAT.
gence, et a'observeni également quand nous passons de la vision physique relativement simple à la vision intellectuelle relativement complexe, qui nous pei'met de grouper, d'une manière plus juste et plus conforme à leur structure et à leur nature intrinsèque, les objets groupés auparavant d'après certaines ressemblances extérieures ou d'après certaines circonstances extrinsèques. I.a vision intellectuelle qui n'a pas été développée discerne aussi mal et se trompe autant dans ses classements que la vision physique « non développée ». Nous pouvons citer comme exemple la classification primitive des plantes en arbres, arbrisseaux et herbes, la grandeur, c'est-à-dire le caractère le plus saillant, étant le fondement de la distinction, et les groupes étant formés de façon à réunir beaucoup de plantes d'une nature cs^enlii'lleiricnl ililt'éi'ente et à en séparer d'autres qui sont de la même famille. Ou encore mieux, prenez la classification populaire qui réunit sous la même dénomination générale les poissons et les coquillages ifish and skcll finit) et qui comprend dans les coquillages les crustacés et les mollusques; elle va même plus loin, elle range parmi des poissons les mammifères cétacés. Soit à cause de la similitude dans leur manière de vivre comme habitants de l'eau, soit à cause de quelque ressemblance générale dans leur goilt, on a réuni dans la mémo division et la même sous-division des créatures d'une nature bien plus différente que ne le sont un poisson et un oiseau.
Or la vérité générale, démontrée par ces exemples, se manifeste également dans les sphères supérieures de la vision intellectuelle concernant les objets inaccessibles aux sens, tels que les institutions et les mesures politiques. Car, dans ces questions aussi, les produits d'une faculté intellectuelle inadéquate ou d'une culture intellectuelle inadéquate ou de l'une et de l'autre réunies sont des classements erronés qui conduisent à
LE NOUVEAU TOBYSME, des conclusions erronées. Kn vérité, ici les chances «l'erreur sont bien pins nombreuses, puisque les objets, qui sont du domaine do l'intelligence, ne peuvent être examinés avec la même facilité. Vous ne pouvez ni toucher ni voir une institution politique; celle-ci peut seulement être connue par un effort de l'imagination! créatrice. Vous ne pouvez pas non plus saisir pai* une' perception physique une mesure politique : celle-ci exige également un processus de la représentation mentale qui en cumhinf les éléments dans une pensée et nous amène à concevoir l'essence de la combinaison. Ici, donc, plus encore que dans les cas susnommés,
»une vision intellectuelle défectueuse apparaît dans le groupement d'après dos caractères externes ou des circonstances extrinsèques. La preuve que celle cause produit des erreurs dans le classement des institutions, c'est l'opinion générale que la République romaine élail une l'orme de gouvernement démocratique. Examinez les idées des anciens révolutionnaires français et vous trouverez qu'ils prenaient pour modèles les formes el les actes politiques des Itomains, et on pour* rail même nommer un historien qui cite la corruption romaine pour montrer où conduit un gouvernement démocratique. Cependant il y a encore moins de ressemblance entre les institutions des Romains et les véritables institutions libres qu'entre un requin et un marsouin, ces institutions présentant à cûté d'unis Wme extérieure semblable des structures internes très "différentes. Une société dans laquelle les hommes relativement peu nombreux, qui possédaient le pouvoir politique et jouissaient d'une certaine liberté, étaient autant de petits despotes maintenant non seulement leurs esclaves et leurs inférieurs mais même leurs enfants dans une servitude aussi absolue que leur bétail, une telle société peut Être considérée plutôt comme ayant été sous le joug d'un despotisme ordinaire que
comme une société de citoyens politiquement égaux. Si nous passons maintenant à notre question spéciale, nous pouvons comprendre l'espèce de confusion dans laquelle le libéralisme s'est perdu, et l'origine d ces classements erronés des mesures politiques qui amené ses erreurs — classements laits, comme nous le
d'après des caractères externes saillants i non d'après la nature interne des clioses. (>uel i aux yeux du peuple et de leurs auteurs, le but e changements opérés par les libéraux dans les temps passés"? Ils devaient taire cesser les griefs do peuple ou d'une parlie du peuple : tel était leur caractère commun qui s'est le plus fortement imprimé dans l'esprit des hommes. Ils devaient miliger les maux qui avaient été sentis directement ou indirectement par de grandes classes de citoyens, diminuer les causes de misère ou briser les obstacles au bonheur. Kt puisque, dans l'esprit de la plupart des gens, un mal redressé équivaut à un bien accompli, ces mesures vinrent à être regardées comme autant de bienfaits positifs; el le bien-être de la masse fut considéré comme le but du libéralisme aussi bien par les hommes d'Etal libéraux que par les électeurs libéraux. De là est venue la confusion. L'acquisition d'un bien pour le peuple étant le trait externe saillant, commun aux mesures libérales dans les temps anciens (et ce bien consistait alors essentiellement dans une diminution de la contrainte), il est arrivé que les libéraux ont vu dans le bien du peuple non pas un but qu'il fallait atteindre indirectement par la diminu-* lion de la contrainte, mais le but qu'il fallait atteindre directement. El, cherchant à l'atteindre directement, ils ont employé des méthodes inlnnsèqucinenl. contraires à celles qui avaient été employées originairement.
Et maintenant, ayant vu comment ce changement dans la politique s'est produit (ou mieux ce changement partiel, car les lois récentes sur les enterrements
LE NOUVEAU TORYSME. Il
t les efforts faits pour abolir ioules les inégalités reli- :uses encore existantes montrent la continuation de la politique primitive dans certaines directions), examinons jusqu'à quel point ce changement est allé dans les derniers temps et jusqu'à quel point encore plus éloigné il ira dans l'avenir, si les idées et les sentiments courants continuent à prévaloir.
Avant de continuer, il est peut-être bon de dire que nous n'avons pas l'intention de blâmer les motifs qui ont provoqué successivement telle restriction ou telle mesure. Ces motifs étaient sans doute louables dans presque tous les cas. Il fan L admettre que les restrictions apportées par une loi de 1870 à l'emploi des femmes et des enfants dans les manufactures ou l'on teint en rouge d'Andrinople étaient, dans l'intention du législateur, aussi philanthropiques que celles d'Kdouard IV prescrivant le temps minimum pour lequel un ouvrier pouvait être engagé. Certainement l'acte du parlement relatif à la fourniture de semences (Irlande), permettant aux administrateurs communaux d'acheter des semences pour les tenanciers pauvres et de voir si elles étaient couvciiablemenl mises en terre, était dicté par un désir du bien public aussi grand que l'acte de 1533 prescrivant le nombre de moutons qu'un tenancier pouvait élever, ou celui de 1597 ordonnant de rehàtir les Termes délabrées. Personne ne contestera que les différentes mesures prises dans i-es dernières années pour restreindre la vente des liqueurs enivrantes, n'aient eu en vue la morale publique aussi bien que les mesures prises anciennement pour arrêter les maux causés par le luxe, comme par exemple au xiv e siècle, quand on apporta des restrictions aux dépenses de la table et de l'habillement. Chacun doit voir que les édits publiés par Henri VIII pour empêcher les classes inférieures de jouer aux des, aux cartes, aux quilles, etc. n'étaient pas inspirés par un désir plus grand de con-
tribu cr au bien public que les lois récentes défendar les jeux d'argent.
En outre, je n'ai pas l'intention de mettre en question la sagesse de ces ingérences modernes que les conservateurs et les libéraux multiplient à l'envi l«i uns des autres, pas plus que je ne veux mettre en question la sagesse de ces ingérences anciennes auxquelle elles ressemblent en beaucoup de cas. Nous n'e: nerons pas si les plans adoptés récemment pour pré server la vie des matelots sont ou ne sont pas plus judicieux que celle mesure radicule écossaise qui, ■ milieu du xv # siècle, défendait aux capitaines de quitter le port pendant l'hiver. Pour le moment, e discuterons pas la question de savoir s'il y a des raisons plus f'orles pour donner à certains inspecteurs le droit de visiter cet laines maisons afin de voir s'il s'y trouve des aliments malsains qu'il n'y en avait pour la loi d'Edouard III enjoignant aux aubergistes des ports de prêter serment qu'ils fouilleront leurs clients atin d'empêcher l'exportation de l'argent monnayé ou travaillé. Nous voulons admettre qu'il y a autant de sens dans la clause de l'acte relatif à la batellerie des canaux, d'après laquelle il est défendu à un propriétaire de donner la pension gratuite aux enfants des bateliers, qu'il y en avait dans les actes relatifs aux Spitafields d'après lesquels il était défendu jusqu'en 1824 aux manufacturiers, dans l'intérêt des artisans, d'établir leurs manufactures à plus de dix milles de la Bourse royale.
Nous ne demanderons donc pas si les législateurs ont été guidés par la philanthropie et la sagesse; nous admettons qu'ils l'onlélé par l'une et par l'autre; ce qui
Cous occupe uniquement, c'est la nature obligatoire e ces lois qui, bonnes ou mauvaises selon les circonstances, ont été mises en vigueur durant les périodes où les libéraux avaient le pouvoir.
LE NOHVEAl TOHYSllr.
Pour ne pas chercher Irop loin nos exemples, remontons seulement jusqu'en IW>0, an second ministère de lord Palmerslon. En celte année les restrictions c
dans la loi relative aux manufactures furent étendues aux blanchisseries cl aux teintureries; on donna le droit de faire analyser les aliments cl les bois- ; i'l de faire payer ces analyses par les communes; i créa des inspecteurs d'usines à gai ei un fixa la qualité el le prix maximum du gaz; une lui renforçant îcHe qui concerne l'inspection des mines édicté des peines contre ceux qui cmpl'i. riaient des siarçons au-dessous de douze ana ne fréaufintaat p,i- lêroleet ne sachant ni lire ni écrire. Kn 1861 le-s obligations âMorites ilans la lui relative aux manufactures furent étendue* ans fabriques de dentelles; tes administra* s du bien des pauvres, etc., reçurent le. droit d'imposer la vaccinaliuu; les eunsmls locaux fureiil aului lixer un larif pour le louage des chevaux, des mulets, des fines et des bateaux, el on donna à certains comités locaux le pouvoir d'imposer les localités pour le drainage, l'irrigation des champs el pour fournir de l'eau au bétail. En 18(32 une loi fut promulguée pour restreindre l'emploi des femmes el des enfants dans les blanchisseries en plein air; une autre, pour défendre mines de charbon aver un seul puits un avec des puits sépares par un intervalle inférieur a relui qui était spécilié, une troisième enfin, donnant au oonsail de l'instruction médicale le droit excisa!! de pobUflP
une pharmacopée- dont le prix sera lié par l'adn s-
tration des finances. Lu ISUS la vaccination devint ubli- ! en Ecosse el en Irlande; certains conseils furent autorisés à faire des emprunts remboursables i contributions locales; on donna aux autorités s villes le droit de prendre possession des places ibandonnées pouvant servir d'ornement et d'imposer s habitants pour leur entrelien; ensuite vint la loi
L'INDIVIDU CONTRE L'ÉTAT, concernant les boulangeries, qui spécifia l'âge minimum pour les employés occupés à certaines heures, prescrivit le badigeonnage périodique, trois couches de couleur, et le ncltuyuire à l'eau chaude el au savon au moins une fois tous les six mois; eniin une autre loi autorisant le magistrat à décider si un aliment apporté devant lui par un inspecteur était sain ou malsain. Parmi les mesures de contrainte datant de 1861 on peut citer une extension de la loi concernant les manufactures à différents métiers, certains règlements pour le nettoyage et la ventilation, et la défense laite à certains employés dans les fabriques d'allumettes de prendre leur repas ailleurs que dans les ateliers à découper le bois. 11 y eut aussi une loi sur le ramonage, une loi sur la vente de la bière en Irlande, une loi pour l'essayage forcé des cables et des ancres, une loi donnant plus d'extension à celle de IMOS concernant les travaux publics, une loi sur les maladies contagieuses; celte dernière a donné à la police, en certains endroits spécifiés, des pouvoirs annotant, pour certaines classes de femmes, différentes garanties de la liberté individuelle établies dans les temps passés. L'année lNliô fut témoin de nouvelles mesures prises pour héberger cl soulager temporairement certains voyageurs aux frais des contribuables; on rendit encore une loi sur la fermeture des cabarets et une autre réglementant l'extinction des incendies à Londres. Sous le ministère de lord John Itussel, en ISfilî, nous devons citer une loi concernant les ctables des fermes, etc., en Ecosse, qui donne aux autorités locales le droit d'inspecter les conditions sanitaires et de fixer le nombre du bétail; une loi forçant les planteurs de houblon à indiquer sur les balles l'année de la récolte, le lieu d'origine, le poids vrai, el donnant à la police le droit de vérification; une loi facilitant la construction d'hôtels garnis en Irlande eL réglant le nombre des
LE NOUVEAU TOUVSS1E habitanls; une lot d'hygiène publique ordonnant ['enregistrement des hôtels garnis, leur inspection, la limii du nombre des locataires et contenant des ins- •uctions sur le badigeonnage, etc., et une loi sur les bibliothèques publiques conférant à des autorités loales des droits d'nprès ksquels mie majorité peut l'aire ;oniribuer une miiiiirité à l'achat de ses livres. Si nous passons maintenant à la législation sous le rentier ministère de K, (iladslone, nous avona, en , l'établissement de bureaux télégraphiques par lai et l'interdiction d'envoyer des dépêches par un litre intermédiaire ; nous avons le pouvoir donné à un oinislre de réglementer les moyens de transport dans .ondres; nous avons une réglementation plus stricte • empêcher la propagation des épizoolies, une tutre loi sur les débits de bière, et une lui sur la :onserval.ion des oiseaux de mer (dont l'effet sera une plus grande mortalité des poissons). En 1870, nous s une loi autorisant le conseil des travaux publics i faire des avances aux propriétaires pour l'amélioran de leurs propriétés et aux tenanciers pour acheter s propriétés; nous avons la loi conférant au département de l'éducation le droit de former des comités molaires qui achèteront des emplacements pour les :oles et pourront créer des écoles entretenues par s contributions locales, et permettant aux comités solaires de payer la rétribution scolaire d'un eniM, de forcer les parents à envoyer leurs enfants à ;ole etc. etc. ; nous avons .une autre loi sur les maiu factures et les ateliers créant de nouvelles restricions, entre autres, celle relative à l'emploi des femmes t des enfants dans les ateliers de conserves de fruits t de salaison des poissons. En 1S7I, nous trouvons une li sur la marine marchande qui ordonne aux employés i conseil de commerce d'inscrire le tirant d'eau des s quittant les ports; il y a une autre loi sur les
manufactures et les ateliers, qui crée de nouvelles ri trictions; il y a une loi sur le colportage, qui édict des peines contre le colportage sans permis limite le rayon dans l'étendue duquel le permis est v lable, en même temps qu'elle donne à la polie de visiler les ballots des colporteurs ; et il va encoi de nouvelles mesures concernant la vaccination obi galoire. Parmi les lois de l'année IMT'J citons celle q défend de prendre en nourrice plus d'un enfant, à n
i ne soil dans autorités, qui prescrivent voir; citons encore une lo de vendre des spiritueux ; de seize ans; une autre su établit une inspection ann tant des passagers. Ensuiti soi 1 l'emploi des enfants d:
laquelle il est défendu à
enregistrée par les e nombre d'enfants à re i sur les débits uni interdit i des personnes au-dessous i' la marine marchande qui jelle des vapeurs transpor- , en 1873, fut édictée la loi ns l'agriculture, et d'après un fermier d'employer un
eni'anl qui n'a point le certificat d'instruction élémentaire; il y eut aussi la loi sur la marine marchande qui exige, sur chaque vaisseau, une échelle indiquant le tirant d'eau et qui donne au conseil du commerce le droit de fixer ie nombre des canots et des appareils de sauvetage à emporter.
Voyez maintenant les lois libérales faites sous le ministère actuel. En i 880 nous avons une loi qui défend de faire aux matelots des avances conditionnelles sur leur paye; une autre qui prescrit certaines mesures pour le transport des cargaisons de grain ; et une troisième permellanlde contraindre les parents à envoyer leurs enfants à l'école. En I HS1 survient une interdiction qui tend impossible la vente d'un verre de bière, le dimanche, dans le pays de Galles. En I8S2 le conseil du commerce lut autorisé à acconler des licences pour produire el vendre l'électricité; on conféra aux municipalilés le droit de lever des contributions pour l'é-
LE NOUVEAU TORÏSMË
airage électrique; on autorisa de nouvelles imposis pour facilier la création de bains et de lavoirs; s autorités locales reçurent le pouvoir de taire des accessoires pour assurer un logement convenable lux personnes engagées pour la cueillette des fruits el a récolte des légumes. Parmi les loisde 18X.'), rentrant lans celte catégorie, nous pouvons citer celle concertant les trains à bon marché qui, soit en enlevant à la talion la somme de 100001) livres par an (sous forme l'abandon de l'impôt sur les voyageurs) soit aux dès des propriétaires de chemins de fer, permet aux Tiers de voyager encore à meilleur marché : le eonil du commerce ayanl le droit d'assurer, par l'intervention des commissaires de chemin de 1er, des trains i fréquents et des wagons assez, commodes. D'aue part il y a la loi qui, sous peine de dix livres d'aas de contravention, défend de payer les is les cabarets: il y a one nouvelle loi sur s manufactures el les ateliers, ordoniinnl l'inspection s fabriques de céruse (pour voir s'il s'y trouve des surlouls, des respirateurs, des bains, des boissons acidulées, etc.) et des boulangeries, réglant les heures de travail dans les unes el les autres et renfermant des prescriptions détaillées sur certaines constructions qui doivent Cire entretenues de la manière déterminée parles inspecteurs.
Mais nous serons loin d'avoir une idée adéquate si nous examinons seulement les lois de contrainte qui ont déjà été établies dans les dernières années. Il faut aussi examiner celles que l'on réclame et qui menacent d'être bien plus radicales et plus restrictives. In ministre, un des soi-disant^ libéraux les plus avancés, a elaré récemment que les plans du dernier gouvernement pour améliorer les logements des ouvriers sont îaucoup trop anodins et soutient qu'il faut exercer e pression effective sur les propriétaires des pelites
maisons, des terrains et sur les contribuables. Voici un autre ministre qui, en s'adressanl à ses électeurs, parle avec dédain des efforts des sociétés philanthropiques et des corporations religieuses pour venir en aide aux pauvres el diU que le peuple entier de ce pays devrait regarder celte œuvre comme la sienne », c'est-àdire il réclame quelque grande mesure gouvernementale. D'autre part nous avons un membre radical du parlement qui vise, avec des chances de succès allant en augmentant chaque année, à imposer lasobriété en donnant à des majorités locales le droit d'empêcher la liberté d'échange pour certaines marchandises. La réglementation des heures de travail pour certaines classes, devenue de plus en plus générale grâce aux extensions successives données aux lois sur les manul'alures, deviendra probablement plus générale encore de nos jours; il est question d'une mesure qui souon.'l les employés de tous les magasins à une réglementation de ce genre. On réclame aussi de plus en plus la gratuité de l'enseignement pour tout le monde . On commence à dénoncer la rétribution scolaire comme une injustice : l'état doit prendre toute la charge. De plus beaucoup de gens proposent que l'état, regardé comme un juge absolument compétent pour ce qui concerne la bonne éducation des pauvres, doit entreprendre de prescrire une bonne éducation pour les classes moyennes, doit imprimer également aux enfants de ces dernières la marque de l'État dont la bonne qualité leur paraît aussi certaine qu'elle le paraissait aux Chinois quand ils ont fixé leur mode d'éducation. Depuis quelque temps on réclame avec énergie « des fonds pour les recherches t. Chaque année, le gouvernement donne déjà dans ce but 4000 livres qui doivent être distribuées par la Société royale; el en l'absence de ceux qui ont de puissants tnolils pour résister à lu pression des intéressés soutenus par ceux qu'ils persuadent aisément,
LE NOUVEAU TORÏSME.
il pourra peu à peu établir « ce sacerdoce de la science » rétribué qui a été réclamé il y a longtemps par sir David Brewster. On propose de nouveau des raisons plausibles d'organiser un syslèi rance obligatoire d'après lequel les nommes seraient contraints, dans leur jeunesse, de l'aire des épargnes pour l'époque où ils seront incapables de travailler. L'énumération de ces mesures de coercition, qui pourront être réalisées lût ou tard, n'est pas complète. Jusqu'ici nous n'avons l'ail qu'accessoirement allusion à cette contrainte concomitante sous forme d'augmen- \ talion d'impôts généraux et locaux. Eu partie pour I payer les Irais nécessités par la mise à exécution de ces mesures de coercition toujours plus nombreuses, dont chacune exige un nouvel élal-majorde fonctionnaires, el en partie pour couvrir les dépenses occasionnées par les nouvelles instiulions publiques, telles que les écoles avec pension, les bibliothèques libres, les musées publies, les bains et les lavoirs, les lieux de récréation etc., etc., les contributions locales vont en augmentant chaque année de même que les contributions générales sont augmentées par les subventions pour l'éducation et pour les déparlementades sciences et des arts, etc. Chacun de ces impôts implique une nouvelle contrainte, restreint encore davantage la liberté du citoyen. Car chaque exaction nouvelle implique le discours suivant adressé aux contribuables : i Jusqu'ici vous avez été libres de dépenser cette portion de vos gains de la manière qui vous plaisait; dorénavant vous ne serez plus libres de la dépenser de celte façon, mais nous la dépenseroos pour le bien public. » Ainsi, soit d'une manière directe ou indirecte, et le plus souvent des deux manières à la lois, le citoyen est, à chaque élapede la marche de cette législalion cnercitive, privé de quelque liberté dont il jouissait auparavant.
H. Spencer. — L'individu. 2
. Tels sont donc les agissements du parti qui prétend au nom de libéral, ei qui s'intitule libéral parce qu'il croit être l'avocat d'une liberté de plus en plus grande.
.le suis bien certain que bien des membres du pai-LÎ ont lu les chapitres précédents avec une certaine impatience; ils voulaient, en effet, m'indiquer une grave omission qui, à leurs yeux, détruit la validité de l'argument. « Vous oublie/., désirent-ils me dire, la différence fondamentale entre le pouvoir qui, dans les temps passés, a établi ces restrictions que le libéralisme a abolies et le pouvoir qui, à l'époque actuelle, élabliL les restrictions que vous appelez anti-libérales. Voua oubliez que le premier était un pouvoir irresponsable, tandis que le second est un pouvoir responsable. Vous oubliez que, si la législation récente a introduit diverses réglementations, le corps, dont elles sont l'œuvre, a été créé par le peuple lui-même et a reçu de ce dernier le mandat de faire ce qu'il a l'ail. «
Ma réponse est que je n'ai pas oublié cette différence, mais je suis prêt à soutenir que la différence a très peu d'importance pour la question.
En premier lieu la véritable question est de savoir si l'on s'ingère aujourd'hui davantage dans la vie des citoyens qu'on le faisait autrefois ; elle n'est pas de savoir quelle est la nature de l'agent qui s'insère, l'renezuncas plus simple. Un membre d'une association ouvrière s'est joint à d'autres personnes pour établir uni' organisation d'un caractère purement représentatif, D'après cette organisation, il est forcé de faire grève si une majorité le veut, il lui est défendu d'accepter du travail sous d'autres conditions que celles acceptées parcelle majorité; on l'empêche de tirer de son habileté et de son énergie supérieure tous les profils qu'il pourrait en tirer s'il étail complètement libre. Il ne peul pas désobéir sans abandonner ces avantages pécuniaires de
issociation qui l'ont engage à y entremet sans attirer lui la persécution, et peul-ôlre la violence de ses iciés. Est-il moins contraint parce que son su irrage a concouru, comme celui îles autres, à former te corps qui le contraint?
En second lien, si l'on m'£lbjecîe que l'analogie est lusse puisque le corps qui gouverne une nation, qui rolège la vie et les intérêts nationaux, et auquel lous loiveul se soumettre sous peine de la désorganisation a une autorité bien [dus étendue sur les citoyens |ue le gouvernement d'une organisation privée peut n avoir sur ses membres, je répliquerai que, tout en admettant la différence, la réponse faite n'en est pas moins valable. Si des hommes se servent de leur liberté de manière à l'aire l'abandon de leur liberté, n'en sontils pas moins des esclaves dans la suite? Si un peuple parmi plébiscite choisit un homme pour régner despoliquement, reste-t-il libre parce que le despotisme est sa propre création '.' Les édits coereilit's laits par ce despote doivent-ils être regardés comme légitimes, parce qu'ils sont le produit du vole populaire? S'il en est ainsi, on pourrait également soutenir que l'habitant de l'Afrique, qui brise son javelot en présence d'un autre et devient par là son esclave, garde encore sa liberté parce qu'il a librement choisi son maître.
Enlin. si quelques libéraux, non sans quelques signes d'irritation, comme je puis le supposer, répudient ce raisonnement et disent qu'il n'y a pas de véritable parallélisme entre les rapports de peuple à gouvernement, là où un maître unique, irresponsable a clé élu pour régner d'une façon permanente, et ces mêmes rapports là où existe un corps responsable qui est soumis de temps en temps il la réélection, alors ma réponse dernière sera une réponse tout à l'ail hétérodoxe et qui étonnera fort bien des gens. Cette réponse est que ces nombreux actes restrictifs ne peuvenL èlre défendus
[.'INDIVIDU CONTFiE 1,'ÉTAT.
par ce motif qu'ils émanent d'un corps choisi par le peuple; car l'aulorilé d'un corps choisi par le peuple ni: peut pas plus être regardée comme une autorité illimitée que l'aulorilé d'un monarque ; de même que le vrai libéralisme dans les temps passés luttait contre le monarque qui prétendait exercer une autorité illimitée, de même de nos jours le vrai libéralisme luttera contre le parlement qui voudra s'emparer d'une pareille autorité. Je n'insisterai pas davantage, espérant que cette réponse suffira.
Quoi qu'il en soit, jusque dans ces derniers temps comme autrefois, le vrai libéralisme a manifesté par ses actes une tendance vers la théorie d'une autorité parlementaire limitée. Toutes ces abolitions des restrictions apportées aux croyances et aux pratiques religieuses, aux échanges et aux transports, aux associations ouvrières et à la liberté des ouvriers d'aller et de venir, etc., etc., étaient des assertions tacites du désir d'une limitation. De même que l'oubli où on a laissé tomber les anciennes lois somptuaires, les lois défendant tel et tel mode d'amusement, les lois qui prescrivaient certains modes de culture, et faut d'autres du même genre, impliquait l'opinion que l'Etat ne devait pas intervenir dans ces questions; de même les mesures adoptées par le parti libéral de la dernière génération pour écarter les obstacles que rencontrait l'activité individuelle sous ses différente aspects, étaient l'expression de l'opinion que dans celle direction aussi la sphère de l'action gouvernementale devait être ré- Iréeie. En reconnaissant l'utilité qu'il y avait à restreindre l'action gouvernementale, on se préparait à la restreindre en théorie. L'une des vérités politiques les plus familières c'est que, dans le cours de l'évolution sociale, la coutume précède la loi; et que la coutume, une fois solidement établie, devient loi en recevant la consécration officielle et une l'orme définie. Évident-
ment dune le libéralisme, en pratiquant la limitation lans les temps passés, préparait la voie au principe la limitation.
ii de ces considérations générales je reviens à la [uestion spéciale ijui nous occupe, j'insiste sur la rée que la liberté, dont un citoyen jouit, doit être rée non pas d'après la nature du mécanisme gouvernemental sous lequel il vit, que ce gouvernement ioit représentatif ou autre, mais d'après le nombre re- 1 , ativement petit des restrictions qui lui sont imposées, !t que les opérations de ce mécanisme, créé avec ou e concours des citoyens, n'ont pas un caractère 1, si elles augmentent ces restrictions au delà du re nécessaire pour empêcher toute agression recle ou indirecte, c'est-à-dire nécessaire pour mainr la liberté de chacun contre les empiétements des ■es : ces restrictions peuvent, par conséquent, être Ssignées comme négativement coercitives, et non.
e positivement coercitives.
Probablement le libéra!, et plus encore sa sousespèce le radical qui, plus que tout autre dans ces derniers temps, semble s'imaginer que, si le but vers lequel il tend est bon, il a le droit d'exercer sur les hommes e la contrainte dont il est capable, continueront ceîndant à protester. Sachant que son but est le bien du , qui doit être accompli d'une manière ou d'une lutre, et croyant que le tory, au contraire, est guidé lar l'intérêt de caste et par !e désir de maintenir le muvoir des castes, le radical prétendra qu'il est manieslement absurde de vouloir le classer dans la même satëgorie et dédaignera le raisonnement employé pour trouver qu'il en fait réellement partie.
Peut-être une analogie l'aidera-t-elle à en comi la justesse. Si au loin dans l'Orient, où le ,'ouvernemenl personnel est la seule forme de gouvernement connue, il entendait de la bouche des
habitants le récit d'une lutte dans laquelle ils ont déposé un despote cruel et vicieux et mis à sa place on autre dont les actes prouvaient le souci de leur bienêtre, si, après les avoir entendus se féliciter de ce changement, il leur disait qu'ils n'ont pas modifié essentiellement la nature de leur gouvernement, il les étonnerait beaucoup; et probablement il aurait de la peine à leur l'aire comprendre que le remplacement d'un despote malveillant par un despote bienveillant n'empêche pas leur gouvernement d'être toujours despotique, lien est de môme du lorysme bien compris. Quand il est synonyme de contrainte exercée par l'État en opposition avec la libellé dos individus, le torysme reste torysme, qu'il étende cette contrainte par des motifs intéressés ou désintéressés. Aussi certainement que le despote est toujours un despote, que ses mottfa pour exercer le pouvoir arbitraire soient bons ou mauvais; aussi certainement le tory est toujours un tory, qu'il ait des motifs intéressés ou désinléressés pour employer le pouvoir de l'Étal à restreindre la liberté du citoyen au delà du degré nécessaire à L'effet de maintenir la liberté des autres citoyens. Le tory désintéressé, aussi bien que le tory égoïste, appartient au genre tory, quoiqu'il constitue une nouvelle espèce du genre. Et tous les deux forment un contraste bien net avec le libéral tel qu'on le définissait a l'époque où les libéraux méritaient réellement leur nom. Cette définition était : » un homme qui réclame un plus grand affranchissement de la contrainte, surtout dans les institutions politiques. »
Ainsi donc est Justine le paradoxe que j'ai émis en commençant. Comme nous l'avons vu, le torysme et libéralisme sortirent primitivement, l'un du militarisme et l'autre de l'industrialisme. L'un soutenait le régime de l'État et l'autre le régime du contrat; l'un, ce système de coopération forcée qui accompagne l'inégalité
LE NOUVEAU TOBYSME.
légale des classes, et l'autre, cette coopération volontaire qui accompagne leuï égalité légale; et il est hors de demie que les premiers actes des deux partis tendaient d'un coté à maintenir les institutions qui produisent celle coopération forcée, et de l'autre côté, à affaiblir ou à restreindre ces institutions. La conclusion évidente, c'est qu'en tant qu'il a étendu le système de la contrainte, ce qui s'appelle mainlenaull e libéralisme est une nouvelle forme <ie torysme '.
La vérité de cette assertion sera encore plus clairement démontrée par les pages suivantes.
I. Différents journaux qui mil mentionné d'I article, quand ïl a élé publie pour la [ireinir-rc fuis, mil suppose que, dans les précédents paragraphes, je voulais montrer que les Libéraux et les [iiijs oui pris la plate les uns des autres, C'esl certainement une erreur. Une nouvelle espèce ,1e tory peu l apparaître Sans que l'espère première disparais*,-. I.luaivl )■•■ dis, p. ex., que de nos jours » les Conservateurs et les Libéraux mu Hi pli ont a l'envi les nus îles outres les ingérences », j'indique netlouienl mon opinion que, si les Libéraux se sont mis à faire des lois eooruilivr.s, les Conservateurs u'mit [ins renoncé à en l'aire également. Néanmoins il est vrai que les lois faites par les Libéraux augmentent les eonlraiutes cl les restrictions imposées lux citoyens dans une mesure tellement forte qu'il se produit parmi les Conservateurs, qui souffrent ilii ces adressions, une tendance à )■ résister, La prouve en est que la II Ligue puur la défense de la Liberté, el de la Propriété « composée en grande partie de C on sur valeurs, a pris pour devise u Individualisme versas Socialisme ». Do sorte que, si la marche actuelle des choses continue, il peut réellement arriver bieiitùt que les tory» deviennent les défenseurs des libertés que les libéraux foulent à leurs pieds en chercha»! à faire ce qu'ils croient être le bonheur du peuple.
\GE FUT Ult
Une des preuves de la parenté entre l'amour et 1 pitié est que celle-ci idéalise son objet. La sympathie pour une personne qui souffre supprime, pour le moment, le souvenir des fautes qu'elle a commises. Le sentiment qui se fait jour dans » pauvre homme! > à la vue d'un individu bien malheureux, exclut la pensée de « mauvais homme », qui pourrait naître dans d'autres moments. Naturellement dune, si les malheureux sont inconnus ou seulement connus vaguement, tous leurs démérites sont ignorés; de la sorte il arrive que, si à une époque telle que la notre on dépoint les misères des pauvres, le public se les représente comme les misères des pauvres méritants au lieu de se les représenter — ce qui dans la plupart des cas serait plus juste — somme tes misères des pauvres déméritants. Ceux dont les souffrances sonL exposées dans les brochures
L'ESCLAVAGE FUTUR. 27
et proclamées il;ms des sermons el des discours qui retentissent dans tout le pays, nous sont donnés tous comme des personnages bien dignes, traités avec une injustice cruelle: aucun d'eux n'est présenté comme portant la peine de ses propres méfaiLs.
Quand on prend une voilure à Londres, on s'étonne devoir si souvenl des personnes, qui s'attendent à recevoir quelque récompense pour leur peine, ouvrir la portière avec complaisance. La surprise diminue si Ton compte le grand nombre de llàneurs autour des cabarets, ou si l'on observe avec quelle rapidité un spectacle dans la rue ou une procession attire un groupe de badauds des cours el des bouges voisins. En voyanl combien ils sont nombreux sur une pelile surface, i devient évident que des dizaines de mille de gens pareils fourmillent dans Londres. « Ils n'ont pas d'où vrage i dites-vous. Dites plutôt qu'où bien ils refusent l'ouvrage, ou ils se font mettre rapidement à la porte des ateliers. Ce sont simplement des vauriens qui, d'une manière ou d'une autre, vivent aux dépens des hommes qui valent quelque chose, des vagabonds el des sots, des criminels ou des individus en voie de le devenir, des jeunes gens qui sont à la charge de parents peinant durement, des maris qui s'approprient l'argent gagné par leurs femmes, des individus qui partagent les gains des prostituées; cl mêlée à ! (ml cela se trouve une classe de femmes correspondante, moins visible et moins nombreuse.
Est-il naturel que le bonheur soit le lot d'individus de ce genre? ou est-il naturel qu'ils attirent le malheur sur eux-mêmes et sur ceux qui se rattachent à eux? N'est-il pas évident qu'il doil exister au milieu de, nous une foule de misères qui sont le résultat normal de la mauvaise conduite el qui devraient toujours y être associée. Il y a une idée, plus ou moins répandue de tout temps, mais proclamée de nos jours avec grand
38 L'INDIVIDU OONTÏtE L'ÉTAT,
fracas, à savoir que (ouïe souffrante sociale peut être écartée cl que c'est le devoir de l'un ou. de l'autre de la faire disparaître. Ces deux opinions sont fausses. Séparer la souffrance de la mauvaise action, c'est lutter contre la nature des choses et amener une quantité de souffrances encore plus grande. Épargner aux hommes la punition naturelle d'une vie dissolue, nécessite à l'occasion l'inlliction de punitions artificielles dans les cellules solitaires, sur les moulins à marcher, et avec le fouet. A mon avis un dicton, dont la vérité est également admise par la croyance commune et par la croyance de la science, peut Être considéré comme jouissant d'une autorité incontestable. Eh bien! le commandement a si quelqu'un ne veut pas travailler, il ne doil pas manger >,est simplement l'énoncé chrétien de celte loi de la nature sous l'empire de laquelle la vie a atteint sou degré actuel, la loi d'après laquelle une créature qui n'est pas assez énergique pour se suffire, doit périr; la seule différence étant que la loi qui, dans un cas, doil cire imposée par la force est, dans l'autre cas, une nécessité naturelle. Cependant ce dogme particulier de leur religion, que la science jusliiic d'une façon si évidente, est celui que les chrétiens semblent le moins disposés à ;n copier. L'opinion courante est qu'il ne devrait pas y avoir de souffrances, et que la société est responsable de celles qui existent.
■ Mais certainement nous avons une certaine responsabilité, même quand ce sont des gens indignes de tout intérêt qui souffrent, e
Si parce mot t nous » on veut désigner non seulement nous-mêmes, mais encore nos ancêtres, et surtout ceux d'entre eux qui lirenl les lois, je n'ai rien à répondre. J'admets 1511e ceux qui oui l'ail, inodilié il i'\éculé l'ancienne loi des pauvres sont responsables d'avoir produit une terrible démoralisation dont les
.8 n'auront pas disparu avant plusieurs générations.
idmels que les législalcurs réi-enls et acluels sont en
>arlie responsables des mesures qui ont produit un
:orps permanent de vagabond* allant d'une association
elqu'
mtpe
également de la tïlé constante de criretour des com-icts eut presque à commtre j'admets que les hilanlhropes ont aussi leur part de responsabilité, puisque, pour aider les entants de gens indignes, ils désavantagent les enfants des gens méritants, en imtosnntà leurs parents des contributions locales toujours plus élevées. De plus, j'admets même que ces ssaims de vauriens, nourris et multipliés par des ins- Lulions publiques cl privées, ont, par diverses ingéinces pernicieuses, souHerl plus qu'ils n'auraient souffert aulremenl. Sont-ee là les responsabilités dont i veut parler'.' Je ne le crois pas.
inlenant nous laissons de côté la question des
responsabilités, de quelque l'aeon qu'on la comprenne,
si nous considérons 'i.-uliriii ni le mal en lui-même,
e dirons-nous de la manière dont on le traite ! Corn-
îencons par un fait.
Un de mes oncles défunts, le révérend Tbu ma s Spe:ier, titulaire pendant environ vingt ans du Hinl»» larterhome, près de lïalh, ne fut pas plutôt entré en lotion, qu'il témoigna sa sollicitude pour le bientre des pauvres en établissant une école, une bibliothèque, une société d'habillement, eu faisant distribuer s terrains et en construisant en outre des cottagi'f tdèks. Bien plus, jusqu'en 1833, il fut l'ami des indiaits, défendant toujours l'indigent contre l'adminis- [éur de la taxe des pauvres. Survinrent cependant ■ la loi des pauvres, qui lui ilrenl eom-
L'INDIVIDU ('.OUTRE L'ÉTAT, prendre les mauvais c fiels du syslème alors en vigueur Quoique philanthrope ardent, il n'était pas un senti mentatisle timide. Aussi, des que la nouvelle loi de^ pauvres fut promulguée, il se mil à en appliquer Ifl^ dispositions dans sa paroisse. Il rencontra une opposi ^ lion presque universelle; car il eut contre lui non seu^^ lement les pauvres, mais même les fermiers sur qu f lomba le fardeau des lourdes contributions pour les pauvres. En effet, chose étrange à dire, ils avaient en apparence intérêt au maintien de l'ancien syslème qui leur imposait de si grandes charges. Voici l'explication. La coutume s'était introduite de payer avec les taxes une partie du salaire de chaque ouvrier de la campagne; * complément des salaires b, ainsi s'appelait la somme. Et quoique les fermiers eussent fourni la plus grande partie des fonds où ce a complément des salaires > était puisé, cependant, puisque tous les autres contribuables y contribuaient, les fermiers semblaient gagner à cet arrangement. Mon oncle, qui ne se laissait pas facilement effrayer, brava toute celle opposition et fil exécuter la loi. Le résultat fut qu'en deux années les contributions furent réduites de "00 livres à 200 livres par an, tandis que la situation de la paroisse fut de beaucoup améliorée, a Ceux qui jusque-là avaient flâné au coin des rues ou aux portes des cabarets eurent autre chose à faire, et l'un après l'autre ils obtinrent de l'ouvrage •, de sorte que, sur une population de 800 personnes, dont une centaine recevait auparavant des secours à domicile, quinze seulement durent être envoyées à l'Union de Uath quand celle-ci eut élé formée. Si l'on me dil que le télescope de 20 livres, qui fut offert à mon onele quelques années après, prouva la gratitude des seuls contribuables, je répondrai ceci : quand il se fut tué plus lard en travaillant au delà de ses forces au bienêtre du peuple, on le ramena à Ilinton pour y être
L'ESCLAVAGE FUTUR
enterré, et son convoi fut suivi non seulement parles gens aisés, mais aussi par les pauvres.
Plusieurs raisons m'ont engage à Taire celte courle narralion. L'une est le désir de prouver que ta sympalliie pour le peuple et les ellbrls désintéressés pour son bien-être n'impliquent pas nécessairement l'approbation des secours gratuits. Une autre est le désir de montrer que le bien peut résulter non pas de la multiplication des remèdes artificiels pour mitiger la détresse, mais, au contraire, de la diminution de ces remèdes. Enfin, mon troisième but a été de préparer la voie à une analogie.
Sous une autre l'orme, et dans une sphère différente, nous étendons à [H'ésenl, d'année en année, un système identiquement le même que le système du complément des salaires « make-wttges » sous l'ancienne loi des pauvres. Bien que les politiciens ne reconnaissent pas le l'ait, il est cependant facile de démontrer que ces différentes mesures publiques pour donner le coml'ort à la classe ouvrière, et dont les frais sont payés par les contribuables, sont intrinsèquement les mêmes que celles appliquées autrefois à l'ouvrier rural qui était traité moitié en ouvrier, moitié en indigent. Dans les deux cas, l'ouvrier reçoit, en retour de ce qu'il fait, de l'argent pour acheter un certain nombre des objets dont il a besoin ; tandis que, pour lui fournir le reste, on puise de l'argent dans un fonds commun créé par les contributions. Qu'importe si les objets fournis gratis par les contribuables, au lieu de l'être par le patron sous forme de paiement, sont de telle ou de telle espèceï le principe est le même. Aux sommes reçues, substituons les marchandises et les jouissances achetées, et voyous ensuite quel est l'état des choses. A l'époque de l'ancienne loi des pauvres, le fermier donnait, pour l'ouvrage (ait, l'équivalent soit du loyer, du pain, des vêlements et du chauffage; tandis que les II. SPENŒH. — L'individu. 3
contribuables fournissaient en pratique à l'individu et à sa famille, les souliers, le thé, le sucre, les chandelles, un. peu de lard, etc. Naturellement, la division est arbitraire, mais il est hors de doute que le fermier et les contribuables fournissaient ces objets en commun. Actuellement, l'ouvrier reçoit de son patron, sous forme de salaire, l'équivalent des objets de consommation dont il a besoin, tandis que le public lui fournit de quoi satisfaire d'autres besoins, d'autres désira. Aux frais des contribuables il a, dans certains cas, et aura bientôt, dans un plus grand nombre de cas, une maison à un prix inférieur à celui de sa valeur marchande; car évidemment quand, par exemple, à Liverpool, une municipalité dépense àpeu près 200000 livres pour faire abattre et reconstruire les logements des classes inférieures, et est sur le point d'en dépenser encore autant, on peut en inférer que d'une certaine façon, les contribuables fournissent au pauvre un logement plus commode que celui qu'il aurait pu avoir autrement eu égard au loyer payé. Ces mêmes contribuables paient, en oulre, pour l'ouvrier, la plus grande partie des frais de l'inslrudioii de sas enfants, et il est probable que bientôt celle-ci sera donnée gratuitement. Ils lui fournissent aussi les livres et les journaux qu'il peut désirer, ainsi que des endroits convenables où il puisse les lire. Dans certains cas aussi, comme à Manchester, on a établi des gymnases pour ses enfants des deux sexes, aussi bien (jue des lieux de récréation, t/csl-à-dire, l'ouvrier reruil, grâce à un fonds créé par les taxes locales, certains avantages supérieurs à ceux que ta somme reçue pour son travail lui permet de se procurer. La seule différence donc entre ce système et l'ancien système du « complément des salaires », est celle qui existe entre les genres de satisfactions obtenues, et cette diO'érencc n'affecte en rien la nature de l'arrangement.
L'ESCLAVAGE FUTUR
En outre, la même illusion prévaut dans les deux fstèmes. Dans un cas comme dans l'autre, ce qui rait Être un don gratuit n'csl pas un don gratuit. La e que, sous l'ancienne loi des pauvres, l'ouvrier initié indigent recevait de la paroisse pour parfaire a gain hebdomadaire, n'élait pas en réalité, comme ela semblait, un boni; car elle entraînait à sa suite me diminution équivalente de son salaire, comme cela r ul bien vile démontré quand le système fut aboli et que les salaires s'élevèrent. Il en est de même de ces faveurs apparentes accordées aux ouvriers dans les villes. Je ne fais pas allusion seulement au fait qu'ils les paient sans s'en apercevoir, en partie sous forme de loyer plus cber, (quand ils ne sont pas contribuables); mais je fais allusion au fait que les salaires reçus, comme les salaires de l'ouvrier dans les fermes, sont diminués par ces charges publiques qui retombent sur ceux qui donnent de l'ouvrage. Lisez les derniers comptes-rendus de la grève cotonnière dans le Lancasbire; ils contiennent des preuves, fournies par les ouvriers eux-mêmes, que la marge des bénéfices est si étroite, que les manufacturiers moins habiles, aussi bien que ceux ayant des capitaux insuffisants, font faillite, et que les sociétés coopératives, qui leur font concurrence, peuvent rarement se maintenir; et à présent, tirez-en les conséquences relativement aux salaires. Parmi les frais de production, il faut compter les contributions générales et locales. Si, comme dans nos grandes villes, les taxes locales se montent maintenant à un tiers des revenus constatés ou davantage, si celui qui donne de l'ouvrage doit payer ce tiers non seulement sur son logement particulier, mais encore sur sa maison de vente, sur sa manufacture et sur ses magasins, etc., il faut que celle somme soit retranchée de l'intérêt du capital, ou puisée dans le fonds des salaires, ou qu'elle soit prise en partie d'un côté, en
3i L'INDIVIDU CONTRE L'ÉTAT.
partie de l'autre. Et si la concurrence entre les capitalistes dans la même industrie on dans d'autres industries a pour effel de maintenir l'intérêt à un taux si bas que, tandis que les uns gagnent, les autres perdent, et qu'un assez grand nombre se ruinent, si le capital, n'obtenant pas un intérêt rémunérateur se dirige ailleurs et laisse le travail sans emploi; alors il est évident que l'ouvrier, dans ces conditions, a seulement le choix entre une somme moindre de travail ou un paiement moindre pour le travail fourni. En outre, pour des raisons analogues, ces charges locales augmentent le prix des consommations. Les prix demandés par les détaillants sont, en moyenne, déterminés par le taux courant de l'intérêt du capital employé dans le commerce de détail, et les frais extra du commerce de détail doivent être compensés par des prix extra. Ainsi aujourd'hui l'ouvrier de la ville, comme autrefois l'ouvrier de la campagne, perd d'un côté ce qu'il gagne de l'autre : il faut ajouter, en outre, les frais occasionnés par l'administration cl les dépenses inutiles que celle-ci amène à sa suite. Mais quel rapport tout cela a-L-il avec s l'esclavage futur? » demandera-l-on. Aucun rapport direct, mais sur bien des points, un rapport indirect, comme nous le verrons après un autre chapitre préliminaire.
On dit qu'à l'époque où les chemins de fer furent établis en Espagne, des paysans furent assez souvent écrasés, et qu'on attribua ces accidents aux mécaniciens qui n'arrêtaient pas, la pratique agricole n'ayant fourni aucune idée de l'impulsion imprimée à une grande masse, se mouvant avec une grande rapidité.
Ce fait me revient à la mémoire quand j'examine les idées des soi-disant politiciens t pratiques o, qui ne se doutent même pas de l'existence d'une chose telle que le moment politique, cl encore moins d'un moment
L'ESCLAVAGE FUTUR, lolitique qui, au lieu de diminuer ou de rester cons- , va toujours en augmentant. La théorie d'a| liielle le politicien procède habituellement, e changement opéré par sa mesure s'arrêtera au point ù il veut qu'il s'arrête. Il examine attentivement quels mt les résullats de son acte, mais il ne songe guère iux effets éloignés du mouvement qu'il produit, et :ncore moins aux ell'els concomitants. Quand, à l'époque e la guerre, il fallut se procurer de « l'aliment pour . poudre », on encourageait lu population; quand « Tâchons que les secours accordés aux nilles nombreuses soient un droit et un honneur, i lieu d'être un motif d'opprobre et de mépris 1 a, on e croyait guère que la taxe des pauvres serait qua- ■uplée en cinquante ans, qu'en considération du rela caisse des pauvres, on aimerait mieux lilles avec beaucoup <b- bâtards que d'hons, et qu'une mullitude de contribuables t au rang d'indigents. Les législateurs votaient 300011 livres pour aider à consaisons d'école, ne supposaient pas que la prise dût amener des contributions foret générales, s'élcvant maintenant à la lomme de six millions de livres; ils n'avaient pas l'intenion d'établir le principe qu'A serait rendu responsable e l'instruction des enfants de Fi; ils ne songeaient pas : contrainte qui priverait de pauvres veuves de Bide de leurs entants déjà arrivés à un certain âge,
i obligeant les parents indigents de s'adresser aux ministraleurs du bien des pauvres pour paver la rélion scolaire dont les comités scolaires exigeaient c paiement, feraient naître l'habitude de s'adresser à s mêmes administrateurs et créeraient ainsi le pau-