‹ L'individu contre l'étatChapitre 5 sur 41 · I. « Parliamentary History » par Hanssrd, 3Î, p · texte numérisé non relu

I. « Parliamentary History » par Hanssrd, 3Î, p

périsme 1 . Et ceux qui, en 1831, firent une loi réglant le travail des femmes et des enfants dans certaines manufactures, ne s'imaginaient pas que le système ainsi inauguré dut finir par la restriction et l'inspection du travail dans toule espace d'éiablissements producteurs où l'on emploie plus de cinquante personnes, et ils ne croyaient pas que l'inspection dût aller jusqu'à exiger d'une « jeune personne t qui désire être employée dans une manufacture, l'aulorisation d'un médecin qui se soit assuré par un examen personnel (auquel aucune limite n'est posée), qu'il n'y a ni maladie rendant impropre au travail, ni infirmité corporelle, son verdict décidant si la jeune personne peut ou ne peut pas gagner un salaire 9 . Et, comme je l'ai dit, le politicien, qui se pique d'avoir des vues pratiques, prévoit encore moins les résultats indirects qui seront In conséquence des résultais directs de ses mesures. Ainsi, pour prendre tin cas connexe à l'un de ceux cités plus haut, le syslème du œ paiement d'après les résiillals » avait uniquement pour bul de slimuler les instituteurs d'une manière efficace : on élait loin de supposer que le stimulant nuirait à leur santé; on ne s'attendait pas à ce qu'ils fussent conduits à adopter un syslème s d'enseignement indigeste s cl à exercer une pression excessive sur les enfants faibles et peu intelligents, souvent à leur grand détriment; on ne prévoyait pas que, dans hien des cas, il en résultât un affaiblissement physique qui ne peut être compensé par des connaissances grammaticales et géographiques. l,a défense d'ouvrir un cabaret sans autorisation avait pour but le maintien de l'ordre publie; ceux qui l'ont imaginée n'avaient jamais pensé qu'elle pût avoir une influence puissante et funeste sur les élections. Il ne

int pas à l'idée des politiciens «. pratiques t qui imposèrent une ligne de charge obligatoire aux vaisseaux marchands que le crédit des armateurs ferait porter celte ligne de charge à la limite extrême, et que de précédent en précédent, toujours dans le même sens, cette ligne s'élèverait graduellement dans les meilleurs vaisseaux, comme je tiens de bonne source que cela a déjà eu lieu. Les législateurs qui, il y a une quarantaine d'années, forcèrent par une loi les compagnies de chemins de 1er à fournir de la locomotion à bon marché, auraient ri si ou avait exprimé l'opinion qu'éventuellement leur loi pourrait faire punir ceux qui l'appliqueraient dans le sens le plus étendu; et cependant tel en a été le résultat pour les compagnies qui ont commencé à admettre des voyageurs de troisième classe dans les Irains rapides; on leur a infligé une amende égale au prix du parcours pour chaque voyageur ainsi transporté. A cet exemple emprunté aux chemins de fer, ajoutons un fait ressortant de la comparaison entre la manière dont ils sont administrés en France et en Angleterrre. Les législateurs qui ont pris des mesures pour le retour final des chemins de fer français à l'État, n'ont jamais songé qu'il pourrait en résulter des facilités moindres pour le transport des voyageurs; ils n'ont pas prévu que le désir de ne pas déprécier la valeur d'une propriété, devant éventuellement faire retour ù l'État, empêcherait d'autoriser la création de lignes concurrentes, et que, faute de concurrence, la locomotion serait rrlalivrinenl Icnle, coûteuse et les trains moins fréquents; car le voyageur anglais, comme SirThomas Farrer !'a démontré récemment, a de grands avantages sur le voyageur français sous le rapport de l'économie, de la rapidité et de la fréquence avec lesquelles il peut accomplir ses voyages.

Mais le politicien u pratique n qui, en dépit de telles

expériences répétées de génération en génération, continue de penser seulement aux résiliais prochains, ne songe naloiïilleini'iit jamais aux résultats encore plus éloignés, encore plus généraux, et encore plus importants que ceux dont nous venons de donner des exemples. Pour répéter la métaphore employée plus haut il ne se demande jamais si le moment politique mis en action par sa mesure diminuant quelquefois, mais augmentant fortement dans d'autres cas, suivra ou ne suivra pas la même direction générale que d'autres moments analogues, et s'il ne peut pas se réunir à ces derniers pour produire bienUH un mouvement composé qui opère des changements auxquels on n'avait jamais pensé Contemplant uniquement les ell'els du couranL produit par ses propres lois el ne voyant, pas que d'autres courants déjà existant* et d'autres encore dus à l'impulsion donnée, suivent la même direction, il ne lui vient jamais à l'idée que tous ces courants peuvent s'unir pour former un torrent qui changera complètement la face des choses. Ou pour parler sans métaphore, il n'a pas conscience de cette vérité qu'il aideà créer un certain type de l'organisation sociale, et que des mesures analogues, effectuant des changements analogues d'organisation, tendentavec une force .toujours plus grande à rendre ce type général jusqu'à ce que, à un moment donné, la tendance soif tellement forte qu'elle devient irrésistible. De même que chaque société cherche, quand cela est possible, à produire dans d'autres sociétés une structure analogue à ta sienne propre, de même qu'en Grèce, les Spartiates et les Athéniens s'efforcèrent à l'envi les uns des autres de propager leurs institutions politiques respectives, ou de même qu'à l'époque de la Révolution française, les monarchies absolues de l'Europe dieiv lièrent à rétablir la monarchie absolue en France, tandis que la république encourageait la formation d'autres repu-

L'ESCLAVAGE FUTUR, bliques; de même, dans toule espèce de société, chaque espèce de structure lend à se propager. De même que Je système de coopération volontaire établi soil par des compagnies, soit par des associations formées dans un but industriel, commercial ou autre, se répand dans toute une communauté; de marne le système contraire de la coopération forcée sous la direction de l'État se propage; et plus l'un ou l'autre s'étend, plus il gagne en force d'expansion. La question capitale pour l'homme politique devrait toujours être : « Quel type de structure sociale lends-je à produire ? » Mais c'est une question qu'il ne se pose jamais.

as voulons l'examiner pour loi. Observons maintenant la tendance générale des changements récents ainsi que le courant d'idées qui les a accompagnés, et voyons où celui-ci nous mène.

Voici sous sa forme la plus simple une question posée tous les jours: « Nous avons déjà l'ail cecijpourd ne ferions-nous pas cela î » El le respect pour les précédents, qui y est impliqué, pousse toujours à de nouvelles iv^lcmentalioiis. S'élcndanl à des branches ; l'industrie de plus en plus nombreuses, les actes du parlement restreignant les heures de travail et prescrirai) t la manière de traiter les ouvriers, doivent mainînanl être appliqués aux magasins. De l'inspection s hôlels garnis pour limiter le nombre des locataires mposer des conditions de salubrité, nous avons maintenant passé à l'inspection de toutes les maisons -dessous d'un certain loyer dans lesquelles logent des membres de plus d'une famille, et nous allons bienlût passer à l'inspection de toutes les maisons exiguës '.On s'appuie sur l'achat et l'exploitation des

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lu L'isnivitm comme l'ëtat.

télégraphes par l'Étal pour réclamer l'achat et l'exploilalion des chemins de fer par l'État. La fourniture de nourriture intellectuelle aux enfants par l'administration publique doit être suivie, dans quelques cas, de fourniture d'aliments pour leur corps; et quand l'usage se sera graduellement généralisé, nous pouvons nous attendre à ce que la gratuité de la fourniture déjà proposée dans un cas le soit aussi plus lard dans l'autre; celle extension ' est la conséquence logique de l'argument d'après lequel il faut un corps solide aussi hien qu'un esprit solide pour faire un bon citoyen. El ensuite, en s'appuyanl ouvertement sur les précédents fournis par l'église, l'école et la salle de lecture, toutes entretenues aux frais du public, on soutient que t le plaisir, dans le sens où ce mot est généralement pria aujourd'hui, a besoin d'être réglé et organisé par des lois aussi bien que le travail s . »

Ces empiétements de la réglementation doivent être ail ri hués non-seulement aux précédents, mais encore à la nécessité de suppléer aux mesures inefficaces et de remédier à des maux artificiels qui surgissent continuellement. L'insuccès ne détruit pas la foi dans les moyens employés; mais il suggère l'idée d'en user d'une manière plus rigoureuse ou de les appliquer dans un plus grand nombre de cas. Comme ces lois contre l'intempérance, remontant aux temps anciens

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