La preuve vie
nt plus vil
9 que je ne
m'y attendais. Cet
article a élé iroprin
ii! rlqmis 1
e atl janvier,
et dans l'intervalle,
r le 13 mars (cet article a élé jiuljlté le 7 avril), le comité : de Londres a résnln de demander l'autorisation d'eradoa fonds de bienfaisance lucalc peur fournir gratuitees repis et des vfilcinenls aux onfanls indigents. A présent la définition du met « indigent ■> sera élargie; i-llt; comprendra un plus grand iiiiiiilire d'enfants et on demandera plus de fonds.
2, > Fortnighlly Revieto », janvier 18âi, p. SI.
L'ESCLAVAGE FUTUR
et maintenues jusqu'à noire époque, où de nouvelles restrictions à la vente des liqueurs enivrantes occupent bien des nuits pendant chaque session, n'ont pas produit l'effcl. atlendu, on en réclame de plus sévères qui défendent la vente d'une façon absolue dans certaines localités; et ici, comme en Amérique, on demandera sans doule plus lard que cette défense soit rendue générale. Les nombreux remèdes pour « extirper » les maladies épidémlques n'ayant pas réussi à empêcher la petite vérole, les lièvres, etc., d'exercer leurs ravages, n sollieile un nouveau remède consistant dans le droit donné à la police de visiter les maisons pour voir s'il y a des personnes atteintes du mal, et dans l'autorisation accordée aux médecins d'examiner n'importe quelle personne pour s'assurer qu'elle n'est point atteinte d'une maladie contagieuse ou infectieuse. Des habitudes d'imprévoyance ayant été développées peuint des générations par la loi des pauvres, et le nombre des imprévoyants ayant été augmenté par elle, ii propose maintenant de remédier aux maux causés par la charité obligatoire en rendant l'assurance obligatoire.
Le développement de cette politique, amenant le dëreloppemenl d'idées correspondantes, entretient partout celte opinion d'après laquelle le gouvernement levrait Intervenir toutes les l'ois qu'une chose ne va s bien. « Certainement vous ne voudriez pas que ce Ll continuât! > s'écrie tel ou tel, si vous soulevez [uelque objection contre ce qui se dit ou se fait main- . Remarquez ee que celte exclamation implique. d elle admeteomme certain que loule souffrance l être empêchée, ce qui n'est pas vrai; bcauiup de souffrances sont curalives, et les empêcher, ce t empêcher l'effet d'un remède. En second lieu, e admet comme certain que tous les maux peuvent tre soulagés;or,la vérité est qu'avec les défauts inbé-
ii L'INDIVIDU COM"«E L'ÉTAT.
renia à la nature humaine, bien des maux pei seulement êli'e changés de place ou de forme, ce changement augmentant souvent leur intensité. L'exclarna> tion implique aussi la ferme croyance que l'Étal devrai! porter remède aux maux île toute espèce. On ne s mande pas s'il y a d'autres moyens capables de remédiera certains maux, et si les maux en question sonl du nombre de ceux auxquels ces moyens peuvent obvier. Et évidemment plus le gouvernement inlervienl souvent, plus cette manière de penser s'enracine, el plus on réclame sun intervention avec insistance.
Toute extension de la réglementation administrative implique la création de nouveaux agents régulateurs, un plus grand développement du fonctionnarisme e une augmentation de !a force des corps de fonctionnaires. Prenot deux plateaux de balance; mettez un grand nombre de grains de plomb dans l'un et un petit nombre dans l'autre, enlevez un grain après l'autre du plateau le plus chargé et metlez-les dans le moins chargé. A un certain moment il y aura équilibre, el si vous continuez, la position réciproque des plateaux sera renversée. Supposez que le lîéau soil divisé en deux parties inégales et que le plateau le moins chargé soil à l'extrémité d'un 1res long bras; alors le transfèremenl de chaque grain, produisant un bien plus grand effet, amènera beaucoup plus vile un changement de position. J'emploie celte figure pour montrer quel résultat on obtient en transférant un individu après l'autre de la masse gouvernée de la communauté aux structures gouvernantes. Le Iransfèremenl affaiblit l'une et fortifie les autres bien plus que ne le fait supposer le changement relatif du nombre. Un corps cohérent, relativement petit de fonctionnaires ayant des intérêts communs el agissant sous la direction d'une autorité centrale, a un immense avantage sur un publie incohérent qui n'a point de régie llxe de conduite el
L'ESCLAVAGE FUTUR. i3
e peut être amené à agir de concert que sous ['empira 'une forte provocation. C'est pourquoi une organisation lie fonctionnaires, étant arrivée au delà d'une certaine phase de développement, devient de plus en plus irrésistible, comme nous le voyons dans les bureaucraties du continent.
Non seulement la force de résistance de la partie gouvernée diminue en raison de l'augmentation de la partie çouvernaute, mais les intérêts privés de beaucoup d'individus accélèrent encore les variations de la proportion. Les conversations de tous les cercles démontrent qu'à notre époque, où les places du gouvernement sont données au concours, on élève les jeunes gens de façon qu'ils puissent passer ces examens et soient si admis dans les services publics. Il en résulte c les huâmes, qui autre m uni L'éprniiuTi'iiciit un plus l'and développement du fonctionnarisme, sont amenés aie considérer sinon avec faveur, du moins avec tolérance, puisqu'il offre des carrières possibles à leurs protégés ou à leurs parents. Tous ceux qui savent combien dans les hautes et moyennes elasse3 il y a de lamilles désireuses de placer leurs enfants, verront que l'extension du contrôle législatif est fortement encouragée par ceux qui, si leurs intérêts personnels n'étaient pas en jeu, y seraient hostiles.
Celle prédilection pour les carrières gouvernementales est encore augmentée par la préférence accordée aux carrières qui sont réputées respectables. » Même ii son salaire est petit, son occupation sera celle d'un gentleman a, se dit le père qui désire obtenir pour son '" î un emploi du gouvernement. El la dignité relative s employés de l'Étal comparée à celle des employés de commerce augmente à mesure que l'organisation administrative acquiert plus d'importance et de puissance dans la société, et elle tend de plus en plus à fixer le type de l'honneur. L'ambition prédominante d'un
jeune Français esld'obtenir un petit poste officiel dans sa localité, d'arriver ensuite à une place au chef-lieu du département, pour parvenir enfin à une direction à Paris. Et en Russie, où cette universalité de la réglementation administrative, qui caractérise le type militant de la société, a été portée le plus loin, nous voyons cette ambilmn poussée à l'extrême. M. U'allace, citant un extrait d'une pièce de théâtre, nous dit : i Tous les hommes, même les boutiquiers et les sav&tiers, visent à devenir des fonctionnaires publics, et l'homme qui a passé toute sa vie sans avoir eu de rang Officiel, ne semble pas être une créature humaine. »
A ces différentes inlluences agissant de haut en bas correspondent des espérances et des sollicitations de plus en plus fortes venant de bas en haut. Les hommes soumis à un rude labeur et accabiés de lourdes charges, qui forment la grande majorité, et encore davantage les incapables qui sont continuellement assistés el sont toujours portés à attendre une assistance plus large, appuient avec empressement tous les projets qui leur promettent tel ou tel bienfait grâce à l'intervention administrative, et sont prêts à croire ceux qui leur disent que ces bienfaits peuvent èlre accordés el doivent être accordés, ils ont une loi complète dans tous les constructeurs de châteaux politiques en l'air, depuis les gradués d'Oxford jusqu'au* irréconciliables Irlandais; et chaque nouvel emploi des fonds publics à leur profit leur l'ail espérer des mesures ultérieures du même genre. En vérité plus l'intervention de l'Étal augmente, plus celle notion se répand parmi les citoyens que tout doit être fait pour eux et rien par eux. L'idée que le but désiré doit être atteint par l'action individuelle ou des associations particulières devient de plus en plus étrangère à chaque génération, et l'idée qu'il doit Èlre atteint p
le
du gouvernement devient de plus en plus
L ' E S t: L A V A C E F U T l! lî .
familière, jusqu'à ce qu'enfin l'intervention du gouvernement vienne à ttre regardée comme le seul moyen pratique. Ce résultat apparaît d'une façon évidente dans le dernier congres des associations ouvrières à Paris. Dans leur rapport à leurs commettants, les délégués anglais disaient qu'entre eux et leurs collègues étrangers « le point en litige était de savoir dans quelle mesure il fallait demander à l'État de protéger le travail >. Ils faisaient ainsi allusion à ce fait si frapiant dans le compte rendu des séances, que les délégués français invoquaient toujours la force gouvernelent aie comme le seul moyen de satisfaire leurs dé-
La diffusion de l'instruction a agi et agira encore a;e dans le même sens. * Il faut instruire nos laitres o, telles sont les paroles bien connues d'un Hïéral qui vola contre la dernière exemption d'impôts. , si l'instruction était digne de ce nom et conlri- »uait à donner les notions politiques nécessaires, on lourrail en espérer beaucoup. Hais savoir les règles de la syntaxe, être capable de faire une addition exacte, avoir quelques notions géographiques, et une mémoire remplie des (laies de l'avènement des rois et les victoires de nos généraux, tout cela n'implique pas plus la capacité d'avoir de bonnes idées politiques l'habileté dans le dessin n'implique la dextérité à télégraphier, ou que l'adresse dans le jeu du cricket n'implique un talent de violoniste, s Certainement, réplique quelqu'un, la facilité de lire ouvre la voie lux connaissances politiques b. Sans doute; mais la roie sera-l-elie suivie'? Les conversations de Lableproumt quo sur dix personnes neuf lisent ce qui les e ou les intéresse plutôt que ce qui les instruit, t que la dernière chose qu'elles lisent est un écrit [ui leur dit des vérités désagréables ou qui dissipe des spérances mal fondées. tjue l'éducation populaire pro-
Jfi L'INDIVIDU CONTRE L'ÉTAT.
page la lecture de publications fjui entretiennent
d'agréables illusions pluLût qu'elle ne porte à lire les écrits qui insistent sur de dures réalités, voilà une vérité hors de. toute question. In artisan écrit dans la Pall Mail Gazette (3 décembre 1883) :
Une bonne éducation primaire inspire le désir de allure intellectuelle — la culture intellectuelle inspire le désir d'un grand nombre de choses qui sont encore tout à l'ait hors de la portée des ouvriers...., dans ia lutte ardente où la génération actuelle est euabsolument impossible aux classes pauvres de se les procurer; c'est pourquoi elles sont méconlenles de l'état de choses actuel, Cl plus elles sont instruites, plus elles sont mécontentes. C'est pourquoi aussi M.lluskin et M. Morris sont regardés par un grand nombre d'entre nous comme de vrais prophètes.»
La situation présente de l'Allemagne est une preuve assez évidente de la réalité de la relation entre la cause et l'effet, affirmée dans cet article.
Comme les gens, auxquels on fait croire que la future réorganisalion sociale leur apportera d'immenses bienfaits, possèdent le droit électoral, le résultai est pour obtenir leurs votes le candidat doit s'abstenir au moins de leur prouver la fausseté de leurs croyances, si loulelois il ne cède pus à la tentation d'affirmer que ses convictions sont d'accord avec les leurs. Tout candidat au parlement est poussé à proposer ou à soutenir quelque nouvel acte législatif ad caplandum. Bien plus, même les chefs de parti, aussi bien ceux qui s'efforcent de se maintenir au pouvoir que ceux qui y aspirent, cherchent, chacun de son coté, à gagner des adhérents en allant l'un plus loin que l'autre. Chacun vise à la popularité en promettant plus que son adversaire n'a promis, comme nous l'avons vu récemment. Ensuite, comme les divisions dans le parlement le démontrent, la lidélilé traditionnelle
L'ESCLAVAGE FUTUR, envers la chef empêche de mettre en question la valeur intrinsèque des mesures proposées. Des représentants ont assez peu de conscience pour voter en faveur de proposions dont le principe leur parait mauvais, parce que des nécessités de parti et le souci de ta réélection réclament une telle conduite. Ainsi une mauvaise politique est défendue même par ceux qui en voient les défauts.
En même temps il se fait au dehors une propagande active qui trouve un auxiliaire dans toutes ces influences. Des théories eommunisU:?, endossées en partie, les unes après les autres par le Parlement et appuyées tacitement sinon ouvertement par beaucoup d'hommes politiques qui cherchent à se faire des partisans, sonl soutenues plus ou moins bruyamment sous une forme ou une autre par des chefs populaires, tandis qu'elles sont poussées plus loin par des sociétés organisées. Telle est, par exemple, l'agitation pour l'acquisilion du sol par l'Elal; au point de vue abstrait, le système préconisé est équitable, mais, comme tout le monde le sait, M. George et ses amis veulent établir ce système de propriété on dédaignant complètement les droits des propriétaires actuels et eu le prenant comme base d'un projet qui conduit directement au socialisme d'Etal. 11 y a aussi la fédération démocratique de M. Hyndham et de ses adhérents. Ils nous disent que s la poignée de maraudeurs qui détiennent maintenant le sol n'ont et ne peuvent avoir d'autre droit que la force brutale contre les dizaines de millions qu'ils lèsent. » Ils déclament contre « les actionnaires auxquels on a permis de mettre la main sur les grandes communications par chemin de l'ers. Ils condamnent t surtout la classe active des capitalistes, les banquiers, les fermiers, les exploiteurs des mines, les entrepreneurs, les bourgeois, les seigneurs manufacturiers, ces modernes commandeurs d'esclaves qui
veulent l'aire un bénéfice de plus en plus grand sur les esclaves salariés qu'ils emploient. » Et ils pensent qu'il est t grand temps de délivrer l'industrie de la suprématie de l'avidité individuelle 1 ».
Il nous reste à montrer que ces différentes tendances sont encore encouragées par la presse qui les appuie chaque jour davantage. Les journalistes, qui se gardent toujours de dire ce qui pourrait déplaire à leurs lecteurs, suivent en certain nombre le courant et en augmentent la force. Les ingérences législatives qu'ils auraient autrefois condamnées, ils les passent maintenant sous silence, s'ils n'en prennent pas la défense, et ils parlent du laissez faire tomme d'une doctrine surannée, e L'idée du socialisme ne fait plus peur aux gens », voilà ce que nous lisons un jour. Le lendemain une ville qui n'adopte pas les bibliolhèques libres est tournée en dérision comme étant effrayée d'une mesure modérément communiste. Ensuite, les édiieurs, aflirmanl que cette évolution se fait et doit être acceptée, on donne la préférence aux articles de ses défenseurs. En même temps ceux qui regardent le courant récent, créé par la législation, comme désastreux, et qui voient que le courant futur le sera probablement davantage, gardent le silence dans la conviction qu'il est inutile de raisonner avec des gens en étal d'ivresse politique.
Voyez donc combien de causes concourent à accélérer continuellement la transformation en voie de s'opérer. Il y a d'abord cette extension de la réglementation dont l'aulorilé. svriïee aux précédents, devient d'autant plus grande que le système suivi a duré davantage. H y a ce besoin incessant de contrainte et de restrictions administratives résultant des maux imprévus et des insuccès causés par les contraintes et les restrictions