‹ L'individu contre l'étatChapitre 9 sur 41 · II. Spehceu. — L'individu · texte numérisé non relu

II. Spehceu. — L'individu

gents réunis en corps à sa porte pendant qu'il était encore couché, lui demandèrent îles conseils et des . aliments. Grâce à ses propres ressources bien faibles, grâce aux secours fournis par des voisins charitables, et à la part contributive imposée aux paruisses voisines, il parvint à les soulagée pendant quelque temps 1 . »

Et les commissaires ajoutent que i le bienfaisant pasteur recommande de partager toutes les lenvs entre les indigents valides a dans l'espoir que, si on les assistait pendant deux ans, ils pourraient se suffire à euxmêmes. Ces faits, confirmant la prophétie faite devant le parlement que, si la loi des pauvres était maintenue pendant trente ans, la terre resterait inculte, montrent clairement que l'augmentation des charges publiques peut aboutir à la culture obligatoire sous le contrôle de l'Etat.

Ensuite vient l'État propriétaire des chemins de fer. Il l'est déjà sur une grande partie du continent. Ici ce système a été hautement préconisé il y a quelques années. El maintenant le mol d'ordre, donné par différents hommes politiques et par des publieistes, est repris de nouveau par la FédéralMii démocratique qui propose s l'appropriation des chemins de fer par l'Etat, avec ou sans compensation ». Évidemment, la pression d'en haut jointe a la pression d'en bas amènera probablement ce changement conforme à la politique régnante qui sera suivi d'autres changements concomitants. Car les propriétaires de chemins de fer, d'abord propriétaires et exploiteurs de chemins de fer seulement, sont devenus les chefs de nombreuses industries rattachées directement ou indirectement aux chemins de fer. Le gouvernement sera donc obligé de racheter

t. Report b{ Commissioners for lnqiiin r iulo tht Administration and frucUiriit. — Opération uf ilie l'oor Laws, p. 37, ïf} février 18U.

ESCLAVAGE FUTUR, aussi ces dernières quand il aura racheté les chemins efer. Déjà exclusivement chargé du service poslal el télégraphique, et sur le point d'avoir le monopole du transport des paquets, l'État non seulement transportera exclusive me ni les passagers, les marchandises, et ninéraux, mais à ses diflei'i'nts métiers actuels il en joindra beaucoup d'autres. Dès à présent, non seulement il bâtit des établissements pour la marine et pour armée de terre, non seulement il construit des ports, les docks, des brise-lame, etc., i! luit en outre des vaiseaux, des fusils, fond des canons, fabrique des muniions de guerre, des vêtements et des chaussures pour 'armée; et quand il se sera approprié les chemins de i sans compensation > comme disent les membres de la Fédération democralique.il construira les locomotives, des voitures, il fabriquera du gourou, de la graisse, et deviendra propriélaire de vaislaux de transport, de houillères, de carrières de pierre, d'omnibus, etc. Ilans l'intervalle ses lieutenants locaux, les gouvernements municipaux, se chargeant éjà en beaucoup d'endroits de fournir l'eau, le gaz, possédant el exploitant les tramways, propriétaires de uiront sans doute entrepris dillVrenls autres métiers. El quand l'Etat aura été ainsi mis à la tête directement ou par délégation de nombreux établissements pour la production en grand et la vente eu gros, il y aura de bons précédents pour élendre ses fonctions i la vente au détail, suivant l'exemple donné par le çouvernemenl français qui, depuis longtemps, est marîhand de tabac en détail.

Evidemment alors les changements opérés, les changements en cours d'exécution, et les changements roposés, nous conduiront non seulement à l'État possesseur des terres, des habitations, et des voies de communication, le tout administré el exploité par des fonctionnaires publics, mais encore à l'usurpation par

L'INDIVIDt CONTïlE L'ÉTAT.

l'État de toutes les industries : les industries privées pables de lutter contre la concurrence de l'État, qui peut tout disposer à sa convenance, disparaîtront insensiblement, de même qui 1 beaucoup d'écoles libres ont disparu en présence des écoles placées sous la surveillance administrative. Et ainsi se réalisera l'idéal des socialistes.

Or, quand on sera arrivé à cet idéal, vers lequel les hommes politiques « pratiques i d'accord avec les socialistes cherchent à nous mener, idéal si tentant du côté brillant que les socialistes aiment à contempler, quel sera nécessairement le côté sombre dont ils détournent les regards? Une remarque commune, laite souvent à la veille d'un mariage, c'est que les hommes, qui voient tout en beau, arrêtent habituellement leurs pensées aux plaisirs promis eL ne songent pas du tout aux douleurs qui les accompagnent. Un autre exemple de celle vérité nous esl fourni par les énergumènes politiques et les révolutionnaires fanatiques. Frappés des misères qui existent dans l'organisation actuelle de la société el ne voulant pas les attribuer aux défauts d'une nature humaine incomplètement adaptée à l'état social, ils s'imaginent qu'on peut y remédier immédiatement par telle ou telle réorganisation. Cependant, même si leurs plans réussissaient, ce ne pourrait être qu'à la condition de substituer un genre de mal à un autre. Une courte réflexion leur montrerait qu'avec leurs réorganisations proposées ilsseraicntobligés de renoncer à leurs libertés à mesure qu'on augmenterai! leur bien-être matériel.

Car aucune forme de coopération, petite ou grande, ne peut être établie sans réglementation, el par conséquent sans la soumission aux agents régulateurs. Même une de leurs propres organisations en vue d'accomplir des changements sociaux leur en fournit une preuve.

L'ESCLAVAGE FUTUR

Elle est forcée d'avoir ses conseils, ses agents locaux et généraux, ses chefs, auxquels il faut obéi]' sous peine de confusion et d'insuccès.

L'expérience de ceux qui ont préconisé avec le plus d'ardeur un nouvel ordre social sous le contrôle paternel du gouvernement, montre que même dans les sociétés organisées par la volonté privée, le pouvoir de la partie régulatrice devient grand, et même irrésistible, à tel point que souvent la partie réglementée murmure et refuse d'obéir. Les associations ouvrières, qui soutiennent une sorte de guerre industrielle pour défendre les intérêts des ouvriers contre ceux des patrons, trouvent que l'obéissance passive est nécessaire pour assurer une action efficace, car les conseils divisés sont funestes au succès. Même dans les sociétés coopératives, formées pour la fabrication ou la vente, et où il n'est pas besoin lie cet le naissance nécessaire, là où le but est offensif ou défeiisif, on voit encore les gérants acquérir une telle suprématie qu'on se plaint de « la tyrannie de l'administration ». Jugez dune de ce qui arrivera quand, au Keu d'associations relativement peu nombreuses, dans lesquelles on peut entrer nu ne pas entrer, à volonté, nous aurons une association nationale dans laquelle chaque citoyen se trouvera incorporé, et dont il ne pourra pas se séparer sans quitter le pays. Jugez de ce que sera, dans de (elles conditions, le despotisme' d'un fonctionnarisme gradué cl centralisé, tenant entre ses mains les ressources de la communauté,

et ayant derrière lui toute la force qu'il croira ••

saire pour faire exécuter ses décrets el maintenir ce qu'il appelle l'ordre. Il n'y a rien d'étonnant à ce que - le prince de Bismark montre des tendance- vers li socialisme d'État.

Ensuite, quand ils auront reconnu, comme ils y sont obligés, s'ils réfléchissent ans. conséquences dernières de leurs projets, quel immense pouvoir possédera la

R L'|INDlVIIil! CONTRE L'ÉTAT.

partie régulatrice dans le nouveau système social dépeint sous de si belles couleurs, j'engage ses défenseurs à se demander dans quel bul ce pouvoir sera exercé Ne s'arrêtan t pas exclusivement, comme ils le font ordinairement, au bien-être matériel et aux satisfactions intellectuelles qui doivent leur être procurés par une administration bienfaisante, qu'ils s'arrêtent un instant au prix à payer. Les fonctionnaires ne peuvent pas créer les ressources nécessaires : ils peuvent seulement distribuer entre les individus ce que les individus ont produit conjointement. Si l'administration publique doit pourvoir aux besoins des individus, il faut quelle leur demande de lui en fournir les moyens. 11 ne peut y avoir, comme dans noire système actuel, accord entre le patron et l'ouvrier, le projet exclut cet accord. Il y aura à la place un ordre donné par des autorités locales aux travailleurs, et l'acceptation par les travailleurs de la tâche assignée par les autorités. Et telle est, en réalité, l'organisation indiquée licitement, mais, à ce qu'il paraîtrait, insolemment par les membres de la Fédération démocratique. Ils proposent en elFet de charger de la production « des armées agricoles el industrielles sous le contrôle de l'Etat » oubliant apparemment que les armées présupposent une hiérarchie d'officiers qui rvii-'craictil l'obéissance; car autrement ni l'ordre ni le travail efficace ne pourraient être assures. De sorte que l'individu serait placé vis-à-vis de la partie régulatrice dans la relation de l'esclave au maître.

« Mais le gouvernement sérail un maître que luimême et d'autres ont nommé el qui serait constamment tenu en échec ; un maître, par conséquent, qui ne contrôlerait lui-même et les autres qu'autant qu'il serait nécessaire dans l'intérêt de chacun en particulier et de tous en général, i

l.a première réponse à cette réplique, c'est que,

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