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nomistes qui aient osé carrément l'affirmer.
Quelques intellectuels ont bien, eux aussi, déclaré qu'il n'y a pas à se préoccuper des « vagues humanités » grouillant dans le Lasfond social et que l'on peut, impunément, les piétiner en sa marclie;leurri>le,sur terre, consistant à peiner, souffrir et produire au service (le r « élite » qui a toujours le droit, si cela lui est utile, de s'affirmer, aux dépens do la « vile multitude 1 » Mais moins carrément affirmé, emberlilicotté de phrases cherchant à atténuer l'aveu.
Et voilà comment, avec des idées neuves, on rapetasse de vieilles conceptions; puisque cela nous ramène ainsi au n sang-bleu » de la noblesse de jadis. Aristocratie intellectuelle ou de l'argent, du sabre ou du nombre, de la naissance ou du choix, n'est-ce pas toujours )a domination du petit nombre sur le plus grand, la vanité érigée en qualité; et n'importe par qui elle soit exercée, l'autorité aboutit toujours à l'exploitation des gouvernés par les gouvernants I Quels que soient les prétextes dont elles prétendent justifier son origine.
elle n'en reste pas moins arbitraire et injuste.
Son propre bonheur doit être, évidemment, le seul but de l'individu ; agir selon ses conceptions, au mieux que lui permettent ses aptitudes, voilà ridée vraie, logique; mais pour en tirer les conclusions qu'ils formulent, il fallait que les « purs individualistes » — 'comme ils s'intitulent — aient encore le cerveau farci de toute la métaphysique qu'au lycée on leur fourra dans le cerveau, et en arrivent à envisager 1' « individu » comme une abstraction remplissant à elle seule l'espace et le temps. C'est ce qu'ils n'ont pas manqué de faire.
Cela, du reste, leur facilitait le raisonnement. Ayant éloigné toutes les contingences, ayant réduit l'humanité à une seule et vague entité, ils pouvaient ainsi attribuer tous les droits, toutes les possibilités à leur conception, aller droit leur raisonnement, sans avoir
^^^rinquiéter de possibilités autres qui, pour ^Tenx, n'existaient pas — puisqu'ils les ont supprimées — en ayant l'air de conserver une apparence de logique.
Malheureusement, pour leur raisonnement, l'individu n'est pas une entité abstraite. C'est une réalité se subdivisant en centaines de millions d'exemplaires, répartis sur la surface de notre globe terraqué ; et chacun de ces exemplaires apportant avec lui, en naissant, les virtualités qui lui sont propres, ce qui comporle pour chacun également les droits que l'on a voulu attribuer à l'entité; c'est-àdire le droit d'évoluer à sa gaise, selon ses aptitudes, et de poursuivre la réalisation de son propre bonheur, selon sa façon de les concevoir.
Ces diverses autonomies doivent-elles en leur évolution, entrer, eu compétition les unes contre les autres? Y a-t-il à rechercher si leur intérêt bien entendu les mènera à agir d'accord, harmouiquement, ou bien à continuer la lutte actuelle, sous prétexte que la liberté et le bonheur de l'individu consis-
tent à évoluer sans tenir compte des n vagues humanités «? Voilà qui « indiiTère » les a individualistes » puisque leur i-aisonnement ne mentionne qu'une abstraction ; mais qu'il importe cependant d'élucider, lorsqu'on ne se paie pas que de mots.
Et alors reprend, ici, l'élernelle querelle sur l'égoïsrae, l'altruisme et mots semblables où personne ne s'entend; car toujours, selon la tendance de notre faculté d'abstraire, et sturr tout de notre éducation qui nous pousse également à l'abstraction, on discute sur ces deux sentiments, comme s'ils étaient deux entités ayant un pouvoir et des effets nettement difinis: tandis que, en réalité, ce oe sont que des tendances de notre raisonnement se modifiant selon la pensée du moment, qui, ellemtHue, se modifie sous la pression di^s circonstances extérieures,
Egoïsmel Altruisme I mots génériques servant h désigner dilférentes façons d'agir ou de penser, mais si peu précis, si extensibles que, ce que les uns dénomment altruisme, d'autres, avec autant d'apparence de raison, peu-
L'fNUIVIDU ET LA SOCIETE
ISl
veut le nomnier tigoïsme; ce qui, une fois de plus, nous démoutre que ces deux sentiments peuvent bien, en notre esprit, être opposés l'un à l'autre, mais par leurs manifestations extrêmes seulement; car, par des gradations insensibles, ils se joignent et arrivent à se si bien confondre, qn'il est impossible, en certains actes, de définir quel est celui de ces deux mobiles qui nous a impulsé.
Et, après tout, cela n'a rien d'étonnant puisque, quels que soient les caractères que revêtent nos sentiments pour se manifester, ils ne sont que l'aflirmatioii de notre individualité qui, elle-même étant des plus complexes, ne peut donner naissance à des senlimenls nus et nettement tranchés.
ui, à un degré quelconque, ne se sent pas, irfois, ému par une soullViince autre que la ienne? troublé dans sa quiétude? l'esprit inbiet de la soulïrance d'autrui, au point de tesirer, si la chose était faisable, souUrir à la
enlendu; puisque ce serait le riacrifiiie des bons au prolit des pires.
D'autre part, l'horame absolument égoïste serait celui qui, vraiment insensible aux souffrances qui ne l'atteindraient pas personnellement, ne verrait dans ses semblables que des instruments d'exploitation et de jouissance, les traiterait en matière exploitable, oserait le proclamer ouvertement, sans l'atténuer d'aucune considération à côté.
« Les privilégiés de la société actuelle, » nous dira-t-on, n n'agissent pas autrement â l'égard des déshérités. » Oui, mais de combien de sophismes n'essaie-t-on pas de déguiser cette exploitation! Et, nous l'avons vu, pour la justifier, on fait intervenir l'ordre social, le bienêtre général et cent autres raisons qui suut la négation de Tégoïsme pnr.
Pour appuyer leur Ibèse de l'individu-eutitc, certains de nos a intellectuels », p(mssés dans leurs retranchements, n'hésitent pas, il est vrai, ayant érigé l'égoïsme en théorie, à affirmer que la masse prolétarienne n'est bonne qu'à être exploitée par la minorité in-'
tellectuelle , mais ce n'est que pétard pour épater le bourgeois. Cela, chez eux, reste à l'état de théorie, quelle que soit leur eûvie de passer à la pratique.
Ce qu'il faudrait, pour donner de la valeur à la théorie, ce serait que nos jolis « intellectuels », dans la vie journalière, dans leurs relations courantes, essayassent d'exiger ouvertement, de ceux qui les entourent, tous les avantages pour eux sans rien donner en échange ; que dans leurs transactions, ils exigeassent tout le profit.
Dans les relations familiales ou d'amitié, on voit souvent des individus profondément égoïstes, tirant do ceux qui les aiment toute ' espèce de soins, de sacrifices à leur jouissance égoïste, sans rien donner en échange, sans môme s'apercevoir des souffrances de ceux qu'ils exploitent ainsi; mais, comme dans les relations sociales, sous combien de noms altruistes, cela se déguise-t-il?
C'est parce que celui — ou celle — qui aime s'imagine que l'objet de son amour le lui reud au centuple que rien ne lui coûte pour lui être agréable, ou espère, par son abnégation, rtrc payé de retour; mais — surtout daus les relations sociales — coiuiiiu serait vilu repuilSHé de tous celui qui afficlieiait la prétention de toujours recevoir sans jamais rien donner.
Cela ne prouve })as l'allruisme. mais cel:!
prouve que, pouj' vivre en société, l'houiiue
pÂst forcé de tenir compte de ses semblables,
■nue, pour pouvoir s'exercer, l'égoïsme le plus
ibsolu est forcé de se parer des couleurs les
Bos altruistes. Cela prouve surtout que, dans
relations individuelles et sociales il faut,
lour recevoir, donner ou tout au moins avoir
Rair de donner.
i Dans l'état social actuel, ce ne sont que des
kromesses qu'ont données les privilégiés pour
iSbtenir pouvoir, richesse, et oisiveté. Quand
frindividu sera plus conscient, il ne s'y lais-
iera plus prendre en ses relations sociales;
hns les relations individuelles il sait déjà
n'il ne faut pas exiger la solidarité des autres
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si on ne se sent pas capable d'en faire preuve soi-même à son tour.
La sympathie existe en dehors de tout profit personnel, et les théoriciens de Tégoïsme le comprennent si bien qu'ils font intervenir la délibération de l'individu qui, à venir en aide à un autre, y trouverait une satisfaction personnelle, n'aiderait que parce qu'il y trouve son propre plaisir, ce qui, d'après eux, ne serait par conséquent qu'une forme de l'égoïsme.
Cette facilité de changer le nom de la chose, selon le point de vue qu'on l'envisage, est la confirmation de ce que j'avançai plus haut :
les choses absolument définies n'existent qu'à l'état d'abstractions dans notre cerveau. Entre deux points extrêmes qui nous semblent les plus opposés, il y a une série de dégradations les amenant à un point neutre de contact où les deux choses qui nous paraissaient si dissemblables, se confondent tellement qu'il nous est impossible de les différencier, et ergotons, indéfiniment sur leur signification.
L'absolu est relatif, et la logique peut nous \ mener à l'absurde lorsqu'elle ne tient p compte des contingences, et raisonne sans ^ ■assembler tous les cUhneuts île la ques-
L'individu a pour but sou propre bonheur; \l ne doit le sacrifier à pei-aoune, ni à aucune |
titi5; mais comme il ne peut se suffire à luimôme, cl que, pour rendre toas leurs elTets, ses efforts doivent lUre associés aux efforts de I congénères; comme la réalisation de son ■uheur en emprunte les éléments au milieu [ans lequel il se meut, aux toes qui l'entouint ou qui l'ont précédé; comme ce milieu l 'et ces êtres peuvent lui être utiles ou nuisliles, favorables ou hostiles, agréables ou dé- 1 igréablcs, l'individu, dans la conception de i m bonheur, doit donc tenir compte de ce qui iste autour de lui, et comprendre que le bon- J .eur de ceux, au milieu desquels il est apilé à évoluer, ne sera pas sans infiuence sur ] sien propre.
Il a été absurde de vouloir sacrifier l'indiidu à l'cntilé sociale, mais il serait non moins ]
absui'de de vouloir nier l'état social au profit de rentité-individu.
C'est parce qu'il a vécu fin sociclé que l'individu est sorti de l'animalité. C'est parce qu'il a pu échanger ses idées ludîmentaires avec ses semblables qu'elles se sont élargies, modifiées, en ont enfanté d'autres, et que s'est développé son cen'eau, que ses facultés ont progressé. C'est parce que l'état social a permis d'accumuler le produit des efforts individuels, d'en transmettre le résultat d'une génération à l'autre, que la somme ries connaissances liumaines est allée s'augnientant sans cosse, apportant tic nouvelles possibilités de progresser encore.
Livré à ses seules forces, à ses seules ressources, l'individu, incontestablement, serait profondément misérable. Il se verrait, comme à l'époque on la pierre éclatée lui fournissait ses principales armes et outils, condamné à lutter au jonr le jour pour subvenir à sa subsistance. Sans trêve ni répit, il lui faudrait tenir constamment en éveil toutes ses facultés, pour n'arriver à produire que des jouissances
grossières, rudimentaires et en petit nombre. C'est grâce au perfectionnement graduel de son outillage que l'homme a pu augmenter ses jouissances et se créer des loisirs, mais ce perfectionnement de l'outillage Ta amené aussi à une solidarité plus grande, plus étroite, avec ses semblables, car il y avait des matières qu'il ne pouvait obtenir ou travailler qu'associé à des semblables.
On a fait la critique de l'industrialisme qui asservit le producteur, le plie, le rompt, le déforme et l'abêtit; le fait, lui, organisme pensant, l'esclave de la machine inconsciente. On a fait ressortir que les loisirs du travailleur n'avaient pas augmenté, mais bien diminué, avec l'outillage mécanique qui a augmenté le chômage, oui, mais non le loisir entre les heures de travail.
La critique est juste; mais si l'outillage mécanique remplit, k l'égard du travailleur, un
rôle néfaste on l'état actuel, il ne faut pas ou-
blier que cela tient à l'organisation sociale défectueuse que nous subissons, qui, hiérarchisée de façou à apporter toutes les jouissan- ces aux uns quitte à aggraver la raisèi-e des autres, sait faire tourner les progrès les plus certains, en instruments d'exploitation -nouveaux qui asservissent de plus en plus la masse des déshérités.
Les progrès mécaniques, en apportant la possibilité de produire beaucoup plus vite, avec beaucoup moins de monde, ont facilité aux exploiteurs de se rendre de plus en plus maîtres de leurs exploités, en leur permettant de faire accomplir, au moyen de la machine, une besogne exigeant moins d'apprentissage de leur personnel qui devenait, ainsi, plus facile à remplacer, forçant ceux que le même mécanisme rejetait sur le pavé, à se disputer la besogne restante. Mais de ce qu'une minorité d'oisifs a su faire tourner h son profit la résultat des efforts de tous, il ne s'ensuit pas qu'il faille renoncer aux inventions qui doivent nous affranchir du temps et de l'espace.
Si, en unissant leurs forces et leur intellie ils peuveut mettre en œuvre un outilq^ui leur permettra de produire en tïelijues jours assez de produits pour leur ionsommatîon annuelle, il serait stupide de 5a part des individus de vouloir s'isoler et E produire, par des moyens primitifs ou imparhfaiteraent améliorés, ce qui leur prendrait des tsemaines et des mois pour arriver aux mêmes P résultats.
L'industrialisme et l'exploitation capitalisâtes ont fait de l'existence du travailleur, non BSeuleraent un enfer, mais aussi une bataille Pplus meurtrière que celle qui se fait par les g;ârmes. Dans la production actuelle, latie des lilleurs ne compte pour rien. Pour réaliser ne économie de quelques milliers de francs W le bilan annuel, le capitaliste n'hésitera à laisser son usine dans les conditions giène les plus déplorables, Parce qu'il lui faudrait immobiliser un capital important, il se refusera à remplacer son matériel ancien ^ar un nouveau qui adoucirait la tâche de ses isclaves de chair. Qu'imjtorle que cela les -use
plus vite, leur remplacement ne lui coûtera pas une obole !
Et voilà pourquoi, au milieu des découvertes l(*s plus favorables à l'humanité, les individus continuent à évoluer au milieu des conditions les plus néfastes à leur santé, à leur développement.
Il en est de même de l'état social. C'est le mode d'évolution qui lui permettra la plus grande somme de développement lorsqu'il sera basé sur la solidarité et la réciprocité; mais, de ce que certains ont su en accaparer les profits au détriment de leurs coassociés, s'ensuitil qu'il doive être abandonné?
Kn proclamant pour leur entité le droit de ne tenir compte que de ce qui lui est favorable, le droit pour « l'individu » de poursuivre son bonheur sans s'occuper des « vagues humanités » qu'il pourrait écraser en sa route, les individualistes, implicitement, reconnaissent ce même droit à toute créature. Mais alors le
L'jNDIVIDtl KT r.A SOCIÈTl':
, proh
problème se complique, c'est ce qu'oublient ieux qui parlent toujours de l'iuriividu au sin-
lier.
Ce n'est qu'en ne tenant aucun compte que Cfi n'est pas un individu iju'il existe sur terre, mais des centaines de millions à la fois, qu'ils aiTivent à avoir une faible apparence de logique en niant la solidarité dans l'état social. Et la fausseté de leur raisonnement se démontre en aboutissant à cette conclusion que, si les individus doivent évoluer sans tenir aucun compte les ans des autres, ils se gêneront, se froisseront, pour aboutir à la lutte, à l'exploitation.
Nous revenons donc à l'état social actuel dont nous voulons nous débarrasser? Et les purs individualistes n'auraient ainsi créé des entités nouvelles, poui" formuler leurs réclamalions contre l'arbitraire qui nous écrase, que pour en revenir à leur point de départ :
l'autorité avec toutes ses injustices, ses exactions, sa compression intolérable de l'indivi- I dualité.
« Si d'aucuns s'insurgent contre l'autorité et l'exploitation actuelles, c'est qu'ils n'ont pas part à la curée. Ils trouvent très mal d'être exploités eux-mêmes, mais se sentent d'heureuses dispositions pour exploiter les autres. Ils trouvent très dur de courber la tête sous l'oppression, mais n'aspirent qu'à poser leur joug sur le cou de ceux qu'ils supposent leur être inférieurs. Ce qu'ils voudraient, en somme, c'est une place parmi les privilégiés.
L'absurdité de l'entité-individu étant ainsi démontrée; et, d'autre part, étant prouvé également que les individus, s'ils veulent vivre normalement et se développer intégralement, doivent s'organiser en sociétés, — la conclusion logique qui en découle est, l'état de guerre leur étant préjudiciable, la société actuelle nous le prouve, — l'égoïsme bien entendu consiste à ce que chacun s'entende avec ses voisins afin de vivre en paix.
Oui, sous peine de déchoir, l'être humain ne
tpeut vivre isolé, l'état social est, pour lui, une ] Condition sitie qtia non de bien-être ot de pro- J fei-ès. Voilii ce qu'ouhlient trop facilement ceux 1 hui parlent de l'Individu avec un grand I.
Loin d't^Lre une entité, c'est un t^tre réel tiré à [fies centaines de millions d'exemplaires, ayant | ious, au môme degré, droit à se développerj bntégralement, à satisfaire, selon les possibi-1 rjités naturelles existantes, tous les besoins J Bque comporte leur organisation.
( Selon les possibilités naturelles existan- '
, » voilà ce dont, encore, ne tiennent pas ]
Mimpte les théoriciens de l'outrance, mais qua-l
H'on est bien forcé de constater lorsque, ne se I
rpayant pas de mots, on se heurte aux faits.
Ayant démoli Dieu et les forces supra- Koaturelles, on a reconnu que l'être humain J «tait le produit d'une évolution de la matière. , JÔn a constaté que cette évolution s'accomplis- '
lait en vertu de certaines forces, et que ( forces étaient des manifestations des combinaisons de la matière en mouvement; desj propriétés inhérentes à chacune de ces combi- ' Pnaisons; et que l'homme, produit de la ma-
tière, ne pouvait se soustraire aux elfets des forces dont il est issu.
Sa volonté qui semblait !e faire libre, n'étant, elle-même, que le résultat, la vibration de dilicrentH étals moléculaires de certaines cellules de son être impulsées par le choc d'autres vibrations intérieures ou extérieures, il reste l'esclave du milieu dans lequel il se débat, forcé, il est, de se soumettre aux conditions de son être; il n'y a pas de hiérarchie qui puisse tenir contre cette constatation; par contre, sa dépendance du milieu ne justifie nullement son asservissement par ses semblables.
Torturez les mois, disséquez-les, tournez-les de quelle façon vous voudrez, il est un autre fait que l'on n'ai-rivera pas à pallier : c'est celui do la complexité de l'être, complexité devenue si débordante que notre vie est faite . d'une part de la vie des autres, comme la vie les autres est faite d'une part de la nôtre.
Non seulement nous sommes liés à ceux g^ui entourent, mais nous subissons l'inïicede ceus'qui nous précédèrent, comme
nos actes influeront sur l'évolution de ceux qui nous suivront.
Apprenons donc à débarrasser notre cerveau de ces deux fléaux qui nous ont toujours fait déraisonner : la métaphysique qui nous fait anthropomorphiser les conceptions de notre cerveau, et de simple façon de raisonner les transformant en personnes agissantes, leur prête des contours définis, leur attribue un pouvoir illimité, et l'absolutisme qui nous fait trancher, isoler, poser en antithèses des faits qui se joignent et s'associent lorsqu'on les analyse.
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