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Mais c'est pour les anarchistes, qu'il n'en va pas de même. II faut que ceux qui participeront à la révolution aient la conscience claire de ce qu'ils veulent eux-mômes, et ce n'est que la compréhension nette d'un idéal qui peut la leur donner. C'est donc à fourrer .■des idées dans la tête des individus que coule la vérilahle besogne révfilulionnaini.
En temps normal, c'est la masse ignorante qui impose ses volontés, retarde l'évolution et travaille au maintien des vieilles institutions. îte suffrage universel, ce recruteur de médio- 'ités, est bien l'inslrument approprié au rè-
Mais, au sein de cette masse, se créent des fentres d'agitation qui, graduellement, arrivent à lui communiquer une partie de leurs trépidations, àl'entrainer dans leur orbe. C'est wih où la minorité intelligente prend sa re- Epanche sur l'ignorance, en l'entraînant, mal- 5 elle, au progrès et à l'alTranchisjiement.
kSi l'évolution avait le temps de s'accomplir, i révolution serail fécondeen résultats; mais ■y ades circonstances politiques, compliquées
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de causes économiques, qui poussent parfois la minorité dans les rues avant que les idées aient accompli leur lent travail d'évolution.
Malgré cela, si elle a bien compris son rôle, la minorité agissante peut avoir une influence sur le cours de cette révolution. Qu'elle acquière dont une conscience nette de l'idée.
Mais, si, comme dans les révolutions i)oJitiques passées, elle n'a, elle-même, aucune idée dans la tête; si tout son révolutionnarisme n*est que de surface, en les mots, en une attitude plus ou moins belliqueuse, c'est la masse qui la submergera encore en retournant à son point de départ. C'est pour qu'elle ne se laisse noyer ni déborder que je voudrais la voir consciente.