‹ L'individu et la sociétéChapitre 5 sur 27 · NAISSANCE DE L ESPRIT CRITIQUE · texte numérisé non relu

NAISSANCE DE L ESPRIT CRITIQUE

L'esprit critique jiait avec la compression. — D'instinctiv«, la révolte devient consciente. — Elle est jiislilii''e par les maladroits défenseurs de l'autorité. — L'astuce, la force et le nombre étaient le pouvoir. — La flagornerie aux puissances donne naissance à l'économie politique. — On s'occupe de l'origine des sociétés. — La légende se crée, et l'entité se forme. — Le contrat social î — D'aucuns trouvent qu(; les privilégiés l'ont faussé. — L'imprévoyance du pauvre. — L'immuabUité sociale contredite par ses transformations continuelles. — La religion se montre. — Inilueuce néfaste du Christianisme. — Souffrez sur la terre pour gagner le ciel! — Matérialisme du spiritualisme. —

. L'esprit réhabilité avec la matière. — Agonie de l'esprit religieux.

Pendant que se développaient au sein des sociétés, l'autorité et la propriété; pendant

que s'élevaient, comme autant de forteresses de défense, les institutions venant se placer en intermédiaires entre ceux qui allaient être au bas de l'échelle sociale et ceux qui s'emparaient des hauts échelons, l'esprit critique des individus, lui aussi, se faisait jour; devenait de plus eh plus envahissant, toujours plus conscient, élevant la voix pour protester contre les empiétements des puissances qui grandissaient.

Dans les sociétés primitives, alors que la force brutale avait, seule, voix au chapitre; alors que le « bon plaisir » du chef était motif suffisant pour que les sujets eussent à obéir, passivement, sans broncher, on n'avait à justifier ni l'oppression, ni l'exploitation qu'on leur faisait subir.

Mais, en élargissant leurs conceptions de la vie, les individus en vinrent à se demander do quel droit on les faisait s'abaisser devant Taulorité d'un homme qiii pouvait les contraindre à exécuter des actes que repoussait instinctivement tout leur ôtre.

Sans avoir besoin de preuves autres que l'é-

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tude de nous-même, il est de toute 6videnc<i qu'après avoir obéi, allant nirme, «iu devant de l'ordre, du chef que Ion voyait ajjir pour le bien général, la réllexion cnsuilt' a animé les individus à critiquer les ordres rerus; la révolta est née aussitôt que les individus se sont aperçus que les ordres étaient dictés par le caprice ou l'igiionmce. Après avoir été instinctive, la révolte devint consciente, et s'ils n'abandonnèrent pas l'emploi dt'la force pour maintenir les mutins, les gouvernants durent, tout au moins, descendre du pavois, et donner les raisons de leur utilité.

Des individus — les mieux intentionnés du monde, mais qui s'apercevaient que It»

char social ne marchait pas tout droit— voulurent leur apporter leur appui, et se mirent à étudier le fonctionnement des rouages sociaux. Sous prétexte d'améliorer les institutions existantes, ils se permirent, parfois, d'acerbes critiques contre les rouages qu'ils voulaient modifier.

Ainsi, après s'être d'abord réclamés de la

force pour justifier rasservisscment de la tribu, les chefs, en vinrent ensuite à se glorifier du nombre de leurs partisans. Ce ne dut être que beaucoup plus tard qu'ils firent intervenir leur intelligence — ruse et finesse seraient peut-être des termes plus exacte — et, selon que leur omnipotence était plus ou moins assise, l'assommage des récalcitrants devait alterner avec des promesses, dos concessions et des privilèges accordés aux réclamants les plus osés, ou les plus en état d'ébranler la puissance du maître. La diplomatie commençait à se faire jour !

Et les sociétés allaient ainsi se compliquant; une foule d'intérêts particuliers se grelfant sur l'intérêt social; des sous-autorités se groupant autour de l'autorité centrale, et, dépendant d'elle, intéressée à la soutenir, à la défendre; et, au besoin... — comme le sabre de Joseph Prudhomme, — à l'attaquer et la jeter bas pour se mettre a sa place, lorsqu'elles devenaient assez puissantes pour oser se mesurer avec le maître.

Entre temps, ceux qui espéraient tirer glpire

OU profit des puissants se lirent les apologistes des privilégiés dont ils espéraient tirer pied on aile.

Cela commença par des louanges à outrance sur la personne du maître; puis on chanta la félicité sans borne que devaient — que dis-je? -r qu'éprouvaient les populations à être tondues par un maître si charmant I d'essence si divine f On chanta les bienfaits de Tétat présent. Ensuite on chercha ce que pouvaient bien être ces bienfaits! — La « science» de l'économie politique était née!

Cette pseudo-science faisait trop bien l'affaire des gouvernants pour qu'ils lui lissent la guerre. Tout en l'ayant tenue a l'écart, ou les commencements, par dédain de gens qui

ne condescendent pas à s'expliquer, ils n'étaient nullement fâchés que l'on prît cette peine pour eux; aujourd'hui ils l'ont inipatronisée dans leurs écoles, lui ont créé des chaires officielles; ils couvrent de leurs faveurs ses professeurs attitrés.

D'autre part, certains croyant mieux justifier l'autorité, en s'appuyaut sur ce fait : que l'iiidividu actuel nrît ai milieu d'un état social cjnslitué, prétendaient en conclure que la société est antérieure à l'homme, et que l'asservissement de l'individu est justifié par cette antériorité.

« L'homme naissant dans un milieu qui l'aide à Iranchir-le pas difficile de l'enfance où, nu, faible et désarmé, il ne saurait sul)venir ù ses besoins ni se défendre. En lui apportant le secours de ceux qui l'ont précédé, en lui assurant la transmission des résultats des ellbrts des générations passées, en le protégeant à toutes les époques de son existence, cet état social acquerrait ainsi le droit de le dominer toute son existence.

» En retour des bienfaits reçus, l'individu devait tout sacrifier pour la bonne marche de cette si bonne société. Sa vie, ses biens, sa liberté, tout cela ne devait compter pour rien lorsque l'intéiot social était en jeu !

» Xous avions reçu cet état social de nos pères — de création divine, selon d'autres

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-— nous devions le respecter et le garder tel quel. »

Vouloir en troubler le fonctionnement fii demandant d'apporter des modifications au système était criminel au premier cher! Sr taire et obéir! les droits individuels n'ai laient pas au delà. C'est encore tout le tond de la discipline militaire, qui, sous ja-étexle de conservation sociale, fait de l'individu, pendant un certain temps de sa vie la chose sans volonté de ceux qui gouvernent.

Nous avons vu, dans le chapitre préc»Mlent, tout ce qu'il y a de contradictoire en celle alfirmation; mais les économistes n'en sont pas à quelques contradictions prùs. Toute l<Mir « science », n'est-elle pas basé»' sur de i)ostulats semblables?

Mais la théorie qui eut le plus de succès fut, sans contredit, la théorie du «contrat social ».

D'après cette théorie, les sociétés humaines

s'étaient, spontanément, établies de toutes pièces, avec leurs droits et devoirs I Un beau jour, les hommes qui, jusque-là, avaient vécu éparpillés, sans liens, sans rapports les uns avec les autres, s'étaient trouvés fortuitement rassemblés, mus par un besoin intense d'association 1 Immédiatement — ou après discussion, l'histoire ne le dit pas — un pacte social avait été élaboré et accepté de tous !

Et cette théorie fit fortune.

« Puisque, disaient les défenseurs de Tordre existant, c'est en vertu d'un pacte que vous vivez en société, vous devez l'exécuter en toute sa teneur. Vos pères ont pris des engagements en votre nom, vous ne voudriez pas renier la parole de vos ancêtres. Ces engagements sont sacrés, vous devez les respecter.

Obéissez aux maîtres, aux lois et aux institutions que, dans leur sagesse, ils prirent soin de vous donner pour guider votre ignorance! »

On ajoutait :

« La nature imparfaite de Tôtre humain ne lui permettant pas de vivre en bonne harmonie avec ses coassociés, sans une autorité tu-

télaire qui réglât ses rapports avec eux, il dut, pour assurer son bien-t^tre, sa sécurité, se résigner à aliéner entre les mains de quc^lquosuns — plus forts, plus sages ou plus intelligents f — une partie de sa liberté, de son autonomie, et leur assurer une situation prépondérante dans le nouvel état de choses pour que, en retour, ils fussent à môme de lui assurer aide, protection ».

A quelle date s'était faite cette association ? à quelle époque s'étaient conclus ces contrats?

« A l'origine des sociétés », répondaient les défenseurs de l'ordre social. Et ce qu'il y a de mieux, c'est que cette calinotade fut acceptée pendant fort longtemps comme explication valable.

Mais, si stupides que soient les humains, il était inadmissible que ceux qui devaient se trouver du côté des exploités eussent consenti à signer un pacte qui les faisait des esclaves n'ayant pas même la libre disposition de leur

corps, pendant qu'il assurait à leurs maîtres la libre possession du patrimoine social, ainsi qu'à leur descendance, tandis que la leur propre serait éternellement condamnée à se plier aux ordres des chefs qui s'élevaient.

Et alors, d'aucuns admirent que, peut-être bien, toutes les clauses du contrat n'avaientelles pas été respectées par ceux qui s'étaient faits les pasteurs des peuples ; et que, sans doute, y avait-il lieu de réviser la charte ?

Mais ceux-là, est-il nécessaire de le dire ?

furent considérés comme d'abominables hérésiarques : ils furent les ancêtres du socialisme.

Les partisans de l'autorité, cela va sans dire, considéraient, eux, que le pacte social une fois établi, l'était pour toujours, et qu'il n'y avait plus à revenir là-dessus.

S'il y avait des riches, s'il y avait des pauvres, c'est que les uns, par leur travail, leur prévoyance, leur intelligence, avaient su épargner et s'enrichir, pendant que la paresse, l'inconduite avait rendu les autres misérables. On ne pouvait, sans injustice, tenter

d'empêcher cela. La richesse élait le fruit du travail, respectable ])ar eonséqueiil. Tant pis pour ceux dont le labeur restait stérih\

Mais comme il fallait bien explicpn^r les transformations apportées, sous la poussée des événements, à un édifice prélendu immuable, on les donna comme étant Tnaivre des maîtres, les seuls a])tes à juger de l'opportunité des modifications à y apporter.

Reconnaître la possibilité de changements, était bien contradictoire avec les al'lirniations du pouvoir qui se prétendait imniuabh». .Mais ce qui était encore plus mensonger, c'était d'attribuer à ce dernier Tinitialive des changements importants apportés aux systèmes gouvernementaux, alors que l'histoire nous prouve surabondamment, qu'aucune amélioration n'a été acceptée par les gouvernants qu'alors qu'ils ne pouvaient plus s'y ojq)oser sans danger pour leur personne ou leur autorité. Mais cela fait toujours bien, aux yeux des naïfs, d'avoir l'air de concéder ce qui vous est imposé !

A cette conception de l'autorité, la morale religieuse vint prêter son concours. Elle vint enseigner aux individus qu'il fallait respecter les institutions existantes : œuvres de Dieu ; obéir aux chefs choisis par la Divinité pour la représenter ici-bas ; exécuter leurs moindres volontés sans chercher à les approfondir, sous peine d'encourir les peines éternelles de Tautre vie, sans préjudice de celles dont on était passible sur terre

Le christianisme, et c'est là le côté néfaste de son œuvre, fut la réalisation la plus complète de ce travail d'avachissement. Ces prédications sur l'humilité, la résignation, le mépris de la chair, l'abnégation, ont contribué, plus que la force, à assurer le maintien de l'autorité à travers les siècles. Oh ! ce mépris du corps, surtout, de la « vile matière », comme disent les prêtres, que de turpitudes n'a-t-ii pas engendrées, que de folies hystériques il a contribué à propager I

«Heureux! ceux qui auraient à souffrir ici-bas; une éternité de félicités devait les en récompenser dans le ciel !)> — (( Les derniers

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arrivés seront les premiers appelés !» — « Qno le corps, cette vile loque, se vaiitiv dans Tordure, qu'il endure les privations, la niisùiv, la faim, la souffrance, l'abjection cl Tinjuslice sur cette terre. Qu'il aille au-dovant, \Hniv sr mortifier, des pires tourments, sa rrconipt'nsc en sera d'autant plus grande en l'autre monde ! »

Et pendant plus de quinze cents ans les populations chrétiennes furent écrasées sous cette chape de ploinb, pendant plus de quinze siècles elles se vautrèrent dans ri<i:n<)ranco la plus crasse, dans l'ordure, physique et intellectuelle, se courbant sous les talons du prêtre et du seigneur, du roi et de ses janissaires, heureux dé souffrir pour méril^M* d'alhM', à;leur mort, à la droite de I)i(Mi !

Sous prétexte de spiritualisme ils faisairnl fi de leur corps, le torturant, lo macérant dans la crasse, mais payant cette folie par des maladies infectieuses, par des accès de démence qui les jetaient aux pires turpitudes, prouvant pertinemment qu'il est absurde de vouloir séparer l'âme du corps.

Croyant avec cela mériter cette vie supra-

terrestre, où Tesprit, délivré de la matière, devait jouir indéfiniment, en s'abîmant en la contemplation de la face de Dieu, ils ne sentaient pas les chaînes qu'on leur rivait aux poignets.

Si, de temps à autre, la misère, les exactions, trop fortes et acculant les populations au désespoir, les soulevaient parfois, les ruant contre les maîtres. Le corps opprimé reprenait sa revanche. Mais c'étaient des explosions que tuait leur déflagration même, <[uand cela ne tournait pas au mysticisme et à Thystérie religieuse.

Et jusqu'à la renaissance du paganisme qui avait retrouvé sa vie dans les communes autonomes de l'Italie, les individus se plièrent il cette morale d'abjection, sacrifièrent leur bien-être, leur dignité, amoindrirent leur cerveau sous cette philosophie déprimante et menteuse.

En réveillant le culte du Beau, cette renaissance réhabilita le corps. Les individus apprirent à reconnaître qu'il avait des exigences à satisfaire. L'âme perdit ce qu'il reconqué-

i/ixniviDi: KT L\ sor.ifcTK :>:;

rait, ridée de Dieu, alloinlo ilo co fait, fut discutée à sou tour, el dut rrculrr devant l'esprit philosopliiqur (|ui so icpnMiîiit.

Aujourd'liui la uiorale ivliHiiiMisc s«' uiaiiitient par suile de la foice ac(iuiso: mais fllt» est d'un bien faible secours à la nioiali* politique. L'économie politique oflii-icllc cherche à la remplacer en formulant des dogm is à son tour ; mais si les esprits n'ont pas encon* réussi à rejeter complètement toute idée religieuse. toute superstition, toute croyance au merveilleux, toute métaphysi([ne, l'époque n'est ])]us aux dogmes.

Si les superstitions persistent encore, elles s'égrènent cependant une à unesouslescoups de l'instruction. Les tentatives de rénovation de l'esprit religieux qui se font sous le couvert d'un néo-christianisme, d'un néo-hunddhisme, ou même de satanisme, despiritisme.

ou toute autre divagation, ne sont qm^ les dernières lueurs d'un lover afionisant.

Pour créer des religions, il faut dt^s prophètes illuminés, convaincus de leur propre mission. Parmi nos pseudo-rénovateurs, leur

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mysticisme n'est, chez les uns qu'une pose, chez les autres un moyen de vivre, et pour donner quelque créance à leurs divagations,, ils sont forcés de les accommoder aux données de la science moderne. « Ceci tuera cela». Les religions agonisent, laissons-les mourir en paix.

LA SOCIETE-OlKÎANIS.MK

Le peu ilo consistaiiro dos iir^Mniii'iils t<'ii(l:nit :*i I:i justification do l'opprossiou. — Oii npjn'll»' Im sfiiiicc À Taido. — La Métaphysique. — I.;i Sncit't»'' iiiiirûlrr. - Il faut tlos riches pour fair<* trîiVMill«'r h-s pnuvn's. -- Ce sont Cf*nx- qui travaill«'iit «pii sont th-s faiin'-Miit^ ! — Lft trionipho <!•» INnitité. — L'individu réduit :ni rôlo d'abstraction. — Antériorité do l'I.'nito. — Aila])- ■ tation naturelle «'t compression no sont pas la im-nio chose. — Les bienfaits de la révolte.

Plus les esprits se dcveloppinonl, plus il devenait difficile de justifier Télat do choses présent. Chaque dogme nouveau mis on avant par les défenseurs du statu quo était aussitôt mis sur la sellettO: et dépouillé de ses oripeaux. Les arguments présentés parles docteurs officiels mis en miettes, il fallait en pro-

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duire de nouveaux. Peu difficiles, du reste, sur leur choix, ils les péchaient un peu au hasard: chez les ennemis, comme chez les amis; tout argument assez malléable pour s'adapter aux besoins de la cause, était confisqué sans vergogne.

C'est ainsi que, lorsque parurent les idées de Darwin sur la théorie de l'évolution, ils se jetèrent dessus, et prétendirent faire servir « la lutte pour l'existence » à la justification du régime capitaliste. J'ai traité ce côté de la question, dans la Société future, ]e n'y reviendrai pas ici.

Mais pendant que la théorie de l'évolution avait cours, il fallait en tirer parti le plus possible. On en arriva à comparer la société à un organisme, et, les mêmes lois qui avaient régi l'évolution de la matière, devaient expliquer l'évolution sociale.

Cette comparaison, certes, n'est pas venue d'emblée. Déjn, on avait commencé à représenter la société comme un être abstrait dont les besoins devaient primer ceux des individus qui la composaient ! Comme on l'avait

fait, déjà pour la Loi, la Pîiti'io, la Siicirlr. tW ceux auxquels elle assurait iVxislonco, avait droit de réclamer l'obéissaiicr la plus absolut', d'en exiger jusqu'au sacrilico de Irur vir, si cela était nécessaire! CVsl en vr snis que fut organisée l'éducation de Ventanee: et cela n'a pas changé de nos jours, hivu au contraire. Si Dieu a été chassé de Toeole, la Loi, la Patrie, la Société, remplacent largement l'autre Trinité.

Chaque fois qu'un déni de justice rfait troj) dur à faire avaler aux « sujets », un avait soin de faire expliquer que « c'était la Société ({ni l'exigeait. » Cela avait n^nijjjacé le royal « car tel est mon bon plaisir » de jadis. Les popnlations se contentèrent i)en(lant longtemps de ce changement de formule.

Mais, pour ceux qui no se contentent pas du mots ni d'assimilation plus ou moins heureuse, cette comparaison no ])ouvail snt'lin\ Constatant l'état misérable de la plus grande partie des populations, ils demandèrent si, pareille au Cronos de la fable^ cette société, qu'on leur présentuit conujie une mère, dé-

vorait ses enfants? Si, pour qu'elle soit puissante et riche, il fallait que la majeure partie de ceux qui la composent fussent misérables, ignorants, crevant de misère et de faim, de surtravail et d'insalubrité ?

A cela on répondait que, si tous les hommes étaient riches, personne no voudrait travailler; qu'il fallait donc des classes privilégiées dont la mission était de guider l'humanité dans sa marche chancelante. Pour que ces pasteurs pussent s'adonner à leurs fonctions, il fallait que l'autre partie de l'humanité consentît à produire pour eux, le bien-être et aussi le luxe qui rejaillissait sur les déshérités en fournissant du travail à leur activité.

Mais cette fonction de produire pour l'élite, toute méritante qu'elle fût, n'était pas la plus enviable, cela on l'avouait, il fallait que les individus fussent alléchés par l'appât du salaire pourconsentir à travailler. Et c'était pourquoi il était nécessaire que ce salaire fût dispensé par ceux qui avaient la possibilité *de faire travailler. D'autre part, si les travailleurs étaient si misérables, c'était par suite de leur

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imprévoyance, de leur incapacitOàsecumlnini et à économiser. On comprendra qiio nous nr passions pas ici en revue toutes les oiinniiilrs débitées à ce sujet par récunumii.' polili(|U(', et que nous en revenions à notre suj^l.

Etant reconnue insul'lisaiile. l;i cninjuirîiison de la Société-entité se transloruia «^M-aduellement en celle de Société-Organisme. Celle comparaison émise, pour la première luis.

paraît-il, par Auguste Comte, a l'ail, depiii.S: fortune, et aujourd'hui on ne peut plus ouvrir un livre traitant des questions éctmumi(j[u»'s sans y trouver ral'lirmation que la soeiélé esl un organisme ayant cerveaU; C(eur. membres et apptu*eils, tout comme un (Mre vivant (pielconque, que l'évolution individuelle n'a lieu qu'en vue de l'évolution sui)érieure de la société, doit s'y subordonner, par conséquent.

Toujours en prétendant suivre la théorie de

révolution, ces physiologistes d'un nouvel ordre, nous montrent la société comme un être positif, réel, vivant de sa vie propre, agissant, se développant sous la poussée intérieure de sa volonté!

Telle institution équivaut à l'appareil locomoteur, telle autre forme d'activité à l'appareil circulatoire, ils nous égrènent tout le chapelet des analogies qu'ils prétendent avoir observées ; et, comme on peut aller loin, très loin, lorsqu'on lâche la bride à l'imagination, voilà la plus grande partie des « sociologues » courant à la recherche dos analogies et identiiications. Quelques comparaisons plus ou moins heureuses ont lâché la bonde aux assimilations les plus saugrenues.

D'après cette manière de voir, l'individu ne serait que la cellule de ce nouvel animal oublié dans les çlassiiications zoologiques. Sa place, dans ce pseudo-organisme, lui étant assignée par les hasards de la naissance, son rôle lui est tracé par le cadre dans lequel il est appelé à se mouvoir. Il doit, par conséquent, se garder de se livrer à des évolutions trop

brusques, capables de détraquer le tout dont il n'est qu'une inlinitésimale partie.

Et alors, on voit d'ici les conclusions : la société, cette chose, qui ne devrait (Mre qu'un nom donné à un mode particulier, transitoire en ses formes, toujours moditiable de l'activité humaine, devient, au contraire, l'être par excellence qui vit, se meut, éprouve des besoins, a un mode de fonctionnement aucjuel doit subordonner son activité la cellule-individu.

Admirons la transformation, « l'évolution» :

l'être abstrait, la société, prend forme et devient un être réel eiil rainant dans son orbe l'individu qui, de réalité absolue, subissant le contre-coup de cette métaphysique physiologique, en arrive, do dégradation en dégradation, à ne plus être qu'une entité dont on n'a plus à tenir compte que comme quantité négligeable. Lu société-organisme prime tout :

l'individu-cellule n'a qu'à s'adapter... ouà disparaître! Ainsi en ont conclu les pontifes de la science économique.

Même en suivant nos pseudo-évolution nistes sur ce terrain, il est facile de leur démontrer que leur comparaison ne justifie nullement la mauvaise organisation sociale qu'ils veulent à tout prix justifier, tant leur société est peu défendable.

Tout organisme vivant, que ce soit un cloporte, une vache ou un homme, est un composé de cellules ; mais nous Pavons vu précédemment, ce n'est pas l'organisme qui a précédé la cellule .Celle-ci est antérieure à l'organisme qu'elle a contribué à former. Et alors, est-ce l'organisme qui a présidé à l'association des cellules qui l'ont formé, ou sa propre évolution ne s'est-elle accomplie que sous le travail inconscient des cellules associées?

Pour tout esprit débarrassé du préjugé des causes finales, poser la question, c'est la résoudre. La cellule primitive en proliférant, en est venue à s'associer; par son travail d'autovitalité elle a donné naissance à un mode de vie i)lus compliqué; les cellules composant ce nouveau mode supérieur de vie se sont divisé le travail, s'adaptant à une besogne spéciale

de l'existence : assimilation, désassinnlation, reproduction, motricité ou autre modo do fonctionnement.

L'association devenant plus complexe, les fonctions se spécialisaient encore davantage», se dédoublant à Tînlini pour on Ibrmor do nouvelles, donnant naissance à des organes nouveaux. Et l'organisme, l'être résultant dcî Tassociation, proiitant ainsi du travail accompli, se modifiait à chaque transformation de l'agrégation cellulaire, acquérant dos facultés nouvelles sous la poussée interne dos agrégats qui le composent, mais n'ayant que peu d'iiifluenco sur l'évolution suivie, subissant plastiquement la poussée initiale du travail moléculaire accompli en dedans de lui, mais sans son intervention. N'étant, en définitive, qu'une résultante et non un créateur.

Certes, sa passivité n'était pas absolue, puisque ces actes extérieurs pouvaient avoir une influence heureuse ou néfaste, sur la colonie. Plus tard, son intelligence se développant, sa puissance sur sa propre santé est devenue pluâ consciente, mais le travail moléculaire

G't l'inoividï; i:t la somÉrÉ

qui s'accomplit en lui n'en échappe pas moins à son contrôle, il peut le déranger par ses excùs, le rétablir dans sa marche normale par une médication intelligente, maisil ne peut nullement le modifier en son organisation. Et le mieux qu'il puisse faire, pour faciliter sa bonne marche, c'est de se mettre en des conditions de vie, où le fonctionnement moléculaire ne soit pas entravé.

D'autre part, dans tout organisme fonctionnant normalement, le travail est divisé, c'est vrai, chaque genre de cellule se canloniie dans sa fonction, accomplissant la besogne à laquelle elle s'est adaptée, cela est indubitable, mais nos physiologistes de l'état social voudraient-ils nous dire ce qu'il'en adviendrait si, comme dans nos sociétés, l'intérêt de chaque cellule était diamétralement opposé à celui des eellulesvoisines,ousi le cerveau, voulant faire acte de souverain, forçait les cellules à une besogne autre que celle à laquelle^ elles sont

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aptes? La dissolLiliou de rurgaiiisiiii' lie tarderait pas à cil résulter.

Dans certains cas pathologiques, on voit un genre de cellules s'adapter à une hesognc; antre que celles qu'elles sont habituées à accomplir et cela pour suppléer un groupe d'autres cellules, momentanément disparues ou empêchées d'accomplir leur besogne; mais cela se fait librement, sans que le cerveau n'ait rien à y voir, sans même qu'il s'en rende compte.

Ce qui prouve que ceux qui veulent assimiler nos gouvernements à un cerveau social, ne sont pas heureux dans leurs comparaisons.

Si l'autorité et la contrainte^ n'ont pas amené la disparition eom[)lète des sociétés humaines, elles ont contribué largement à la dissolution de certaines. Si les êtres humains ont persisté à vivre en association c'est que, pour eux, se sentir les coudes, unir leurs ellbrts, échanger des idées, est une condition sine qua non de leur développement, mais les individus n'en ont pas moins soulîert de la compression; si la disparition de tout état social

n'est pas intervenue, c'est que, de temps à autre, les individus ont su réagir contre la trop grande compression.

l'abus des LÙIS DE L'ÉVOLUTION

Quand il n'y en a plus, il y on a onroro. — Elles sont de; plus <»n plus cyni(iuos. — L'onilH>ît<'nitMit des ^«M'nios. — Les a omboitiMUcnts » dn l'histoirt». — Autres faits, autres causes. — (ionnais-toi t«)i-inèuii'. — Déterminisme. — Imprévu des causes déterminantes do la volonté. — La volonté humaine et son arbitraire en l'histoire de révolution humain*?. — A force de se répercuter à travers des inconnues, les lois évolutives sont loin d'aboutir à des résultats identiques. — La loi explicjue mais ne gouverne pas. — Encore la uiétaphysique. — Les résultats de l'évolution peuvent varier sans cesser d'être le fait de lois absolues.

Mais nos docteurs ès-science économique ne se sont pas arrêtés là. « Lois naturelles, lois inéluctables », cela étayait trop bien leurs affirmations, pour qu'ils n'essaient pas de nous faire entrevoir que tous les maux dont se

plaignait Tliumanité étaient inévitables; — d'aucuns ajoutent même nécessaires.

Aussi, depuis que la ^théorie de l'évolution s'est implantée en histoire naturelle, tous les prophètes de l'économie politique voulant baser leurs théories sur une science dont ils ne connaissent que des mots qu'ils accommodent à toutes sauces, se sont empressés de découvrir des tas de « lois naturelles » qu'ils essaient de fourrer partout. Or, comme le soulier de l'auvergnat, « cha tient de la plache », mais, au contraire de lui, le plus souvent, « ch'est très chale », car cela ne tend qu'à justifier les infamies de la société capitaliste.

Il existait, autrefois, une théorie de « l'emboîtement des germes » ; c'est-à-dire que, selon la croyance en vogue, le premier être qui apparut sur la terre, contenait, en germes, toute sa descendance future; absolument comme ces sphères creuses, s'enfermant l'une dans l'autre et dont le nombre n'est limité que par la patience ou l'habileté du tourneur, et serait même infini si des possibilités extérieures ne

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rempôcliaient. d'aller au delà (riiiK^ cerlaiiu^ limite tant eu (iuesso qu'iMi auiplrur.

Selon cette théorie, la Ronéraliou était bien simple : le premier chrue, la pnMuière ttjulle d*herbe, apportaient, enuuaucliésli^s uns dans les autres, à l'état microscopique, mais avec leurs formes complètes, tous les cliques, toutes les toull'es d'herbe qui allaient drscendiT d'eux, comme le i)nMni(îr bélier, le premit^r homme, portaient en le même état. l(\s ^u'uétions à venir.

C'est cette théorie (|ue Ton essaie maintenant d'appliquer à rhistoin». IVapivsct's nouveaux Darwin, l'bistoire des nations évohicrait selon des «lois immuables »; W premitMévénement contenant les événements ultérieurs; le premier acte de Thounne contenant en germe tous les actes de sa descendance. Le développement humain ne serait (|u'une immense rouequi, danssa rotation nous ramènerait alternaliv(îmenl les mêmes scènes, siiion les mêmes personna<;'rs.

Lorsqu'il s*est agi d'expliquer l'évolution morphologique des espèces végétales et animales, on avait sous la main des faits matériels qui servaient de points de repère permettant d'éliminer les causes d'erreur.

En étudiant des séries de squelettes on pouvait suivre l'enchaînement des espèces, ressouder, parlapenséeyleschaînonsmanquants, avec l'espérance de voir les conjonctures émises se confirmer par les découvertes paléontologiques futures. Il y avait là des faits pour ainsi dire mécaniques dont on pouvait suivre la répercussion.

Mais, lorsqu'il s'agit d'expliquer des faits psychologiques, émanant non plus d'un individu, mais de milliards d'êtres dont la volonté répercutée des uns, sur la volonté des autres, peut produire des combinaisons à l'infini. Lorsqu'il s'agit d'interpréter des faits lont nous ne connaissons pas l'origine, ni la relation exacte, ceux qui nous les rapportent ne les ayant vus qu'à travers leurs propres conceptions, on nous permettra d'être on ne peut plus sceptique quant aux affirmations de

ceux qui prétendent expliquer les événements de rhistoire, révolution des sociétés, n l'aide des mêmes lois qui régissent les organismes.

Or, c'est la maladie actuellement à la mode, • chez les économistes, de vouloir « concréter » en « lois naturelles » aussi absolues que celles qui régissent la matière plastique, les faits d'ordre psychologiques, et, surtout, les aberrations de leur cerveau.

Quand il nous est impossible d'analyser nos propres sensations, de démêler, dans nos actes, les sentiments qui nous ont fait agir, il nous semble on ne peut plus prétentieux de vouloir démêler, codifier les lois qui font agir des sociétés pendant des générations, où les causes d'erreur se multiplient par le nombre d'êtres qui les ont formées.

On m'objectera que la volonté humaine n'étant déterminée que par des faits matériels extérieurs, ce sont ces derniers qui la régissent et que, par conséquent, il n'y a nulle hérésie à vouloir en déterminer l'évolution.

Les actes de l'homme sont déterminés par des circonstances extérieures; sa volonté n'est

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qu'une délibération et un choix où entre divers motifs, c'est le plus intense qui le détermine, cela est exact. Mais ce qui fait pour l'un l'intensité du désir, peut n'être d'aucune influence chez un autre. Le choix peut être déterminé par une foule de causes accessoires à l'objet de la délibération : selon son éducation, selon sontempérament,sonétat de santé, selon la température, l'homme agira différemment; sa passivité n'est donc pas absolue.

Quant à sa volonté, si elle n'est pas l'entité que l'on a voulu créer, si elle n'est pas complètement indépendante, si elle n'existe pas à l'état absolu, elle n'en existe pas moins, variable sans doute, tournant au vent qui souffle, impulsée par les milieux, intérieurs aussibien qu'extérieurs, mais réagissant aussi contre eux, et, somme toute, ayant, malgré tout, voix au chapitre des impulsions, résistant aux chocs extérieurs et contrebalançant leur pression.

De tout cela, il résulte que la volonté de' l'homme, mais aussi ses actes, dépendent d'un tas de causes imprévues, indépendantes

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les unes des autres, parfois; imperceptibles le plus souvent, et que c'est faire œuvre de présomption de vouloir rechercher des lois immuables dans l'évolution intellectuelle de l'humanité, et encore bien plus prétentieux de vouloir déjà les codifier.

Je suis de ceux qui ne croient pas aux hommes supérieurs préparant les événements au gré de leur stratégie ; mais l'humanité ayant été assez béte pour subir l'autorité de certaines individualités, leur fournir assez de puissance pour entraver son évolution, et la faire plus ou moins dévier, il n'en résulte pas moins que ces individualités, si minime que Ton veuille supposer leur iniluence, ont une action quelconque sur l'évolution générale.

Que. ces individus privilégiés soient plus ou moins entraînés, eux aussi, par les événements, cela est hors de doute; que leur influence aille s'amoindrissant, cela est incontestable, et il est à espérer que plus le niveau in-

tellectuei haussera, plus ces individualités perdront de leur influence.

Mais, somme toute, cette influence s'est assez fait sentir pour contribuer à hâter ou faire reculer révolution humaine, à la faire dévier, pendant un certain temps, en un sens ou un autre. Nombreuses sont, au cours de rhistoire, les personnalités qui, en science, en art, en politique, en religion (alors que celleci avait de Tinfluence sur les foules) ont eu, heureuse ou néfaste, une action sur les générations.

Mais, nous l'avons vu, la volonté de ces in-, dividus, qui ont pesé sur l'évolution humaine, étant dépendante de causes intérieures, dépendant elles-mêmes d'autres causes qui, par leur nombre, ou les circonstances où elles pouvaient se produire, multipliaient leurs combinaisons à l'infini, si infinies que leurs résultats peuvent nous paraître tout à fait arbitraires. Et c'est comme s'ils l'étaient, puisque nous ne pouvons pas faire la part des éléments qui entrent en eux.

Et l'action des foules, plus prépondérante

encore elle est, sur les événements qni remplissent l'histoire. Qui pourra jamais démêler les causes de leurs actes, faire la part de chaque mobile I

Telle foule, prête à accomplir un acte quelcon<iue se trouvera arrêtée par une voix s'élevaut de son sein, et lancée à accomplir un acte tout différent de celui pour lequel elle se mouvait primitivement. Or, il aurait pu se faire que l'inconnu qui l'a ainsi détournée, eût la colique ce jour-là, et ne fût pas sorti de chez lui. L'histoire eût été ainsi changée, sans que les événements accomplis cessent de s'enchaîner, pourtant.

Un événement en engendre un autre ; mais cette répercussion devant se faire à travers des cerveaux humains, il en résulte des déviations impossibles à calculer.

Ce qui fait l'erreur des économistes, — et aussi de nombre de soi-disant évolutionnistes — • c'est qu'ils veulent que les lois qu'ils re-

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cherchent ou prétendent avoir trouvées, aient'été établies dès les débuts de l'apparition de la vie. D'après leurs raisonnements, la nature serait un être antliropomorphique doué de raisonnement et de volonté et aurait, dans sa sagesse, décrété que l'évolution se ferait suivant telle ou telle règle dont rien ne pourrait entraver la marche.

Or, il n'est rien de tout cela. La nature est l'ensemble de ce qui existe, sans personnalité aucune, sans conscience, sans volonté pré- .

conçue. Les matériaux qui forment l'univers ont des propriétés qui les font s'associer dans

certaines conditions, se répuiser en certaines autres. Les associations de ces matériaux produisent des propriétés nouvelles •qui agissent encore, et, en des conditions particulières, donnent naissance à des combinaisons nouvelles qui, à leur tour engendrent de nouvelles propriétés, et ainsi à l'infini. Voilà ce qu'on nomme des « lois naturelles ». L'évolution de notre système solaire a donné naissance à notre globe terrestre tel que nous le voyons. Mais il aurait pu se faire.

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que les combinaisons produites, aient eu à su faire en des conditions autres qu'elles ne se sont faites, et donner naissance à un monde tout autre que celui qui est. (]e n'en serait pas moins la nature, et l'évolutioji n'eji aurait pas été moins révolution. C/esl que les « lois naturelles » nous expliquent bien les phénomènes, mais ne donnent pas les propriétés, ne créent pas les circonstances ou conditions de milieu, de temps et dVspace. Kt s'il esl si difficile de trouver les causes (^ui régissent la matière inerte, qu'est-ce donc alors qu'il s'agit de révolution d'êtres pensants?

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