LE BUDGET LOCAL
Au point de vue budgétaire, Tunification a profité au Tonkin qui n'est plus seul responsable des dépenses militaires. Avant 1898, le budget local — les dépenses militaires faisant Tobjët d'un compte spécial — se montait pour l'exercice 1897 à 7.894.216 piastres en recettes. L'unification a fait sortir de ce budget les recettes des douanes et régies, des postes et télégraphes et des chemins de 1er, qui s'élevaient, pour l'année 1897, à 4.549.227 piastres. Il ne devrait donc rester, au budget local actuel, que 3.344.989 piastres. Mais les prévisions pour 1900 portent à 648.649 piastres la plus-value sur laquelle on croit pouvoir compter. Le budget du Tonkin pour 1900 est donc arrêté à 3.993.638 piastres en dépense comme en recette.
Dans ces recettes l'impôt annamite — dont le fonctionnement a été expliqué à propos du budget de la Cochinchine, — compte pour 3.468.000 piastres. En 1897, il en a produit 2.939.31S.
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Btr-trcittibYé '^''' des inscrits et la mise en culture de quantités notables de terres ont permis d'espérer une plus-value marquée.
L'immatriculation des asiatiques étrangers — dont la carte d'identité, moins primitive que l'empreinte des pouces pratiquée en Cochinchine, est photographique — ne fournit qu'une recette de 16.000 piastres alors qu'elle en donne, en Cochinchine 1.150.000. On voit combien les Chinois sont moins nombreux et moins riches au Tonkin ; ou plutôt on voit combien le Tonkin est inférieur à la Cochinchine au point de vue de la production du riz, car où vient le riz, vient le Chinois. Par contre, l'enregistrement des brevets des mandarins, article qui ne figure pas au budget de la Cochinchine, rapporte 8.000 piastres au budget du Tonkin. Le fait ne manque pas de signification.
Un autre chiffre qui mérite d'être signalé c'est celui des « amendes prononcées contre les « villages et les notables indigènes soit par les « tribunaux annamites, soit par voie administratives. » Le total lest de 5.000 piastres. Nous sommes loin du temps où, dans une seule pro-
Tince, un résident frappait les villages d'une série d'amendes dont le montant dépassait 30.000 piastres. Le chiffre de 5.000 piastres atteste le calme absolu du pays. Pourtant mieux vaudrait encore que l'administration n'eût pas à user de ce moyen.
Dans les dépenses, l'administration française prend 705.000 piastres ; l'administration indigène 253.000. La garde indigène, à la disposition des autorités françaises, coûte 680.000 piastres; les Lin h-Co, 195.000.
L'instruction publique reçoit 903.837 piastres, dont environ 37.000 pour le personnel européen, 155.000 pour le personnel annamite, 22.000 piastres pour les bourses, subventions et entretien de soixante-cinq élèves à l'école de Yen-
Phu (préparation aux grands examens) à raison de 3 piastres par élève et par mois pendant dix mois — un peu moins de 50 centimes, exactement 47 centimes — par jour et par tête.
L'instruction annamite est très répandue. Dans chaque village il y a une « école de caractères », c'est-à-dire d'écriture chinoise. Le collège des interprètes, à Hanoï, compte quatre-vingts élèves. L'utilité de cet établissement est incon-
testable car la défectuosité — pour ne pas dire plus — des interprètes n'a pas été une des moindres causes de nos mésaventures au Tonkin. Mais combien plus utile encore est la mesuré prise par M. Doumerpour imposer aux fonctionnaires français, dans la mesure du possible, la connaissance de la langue annamite. Il est temps que nous comprenions la nécessité d'apprendre les langues des indigènes de nos possessions et Tinconvénient, quelquefois grave, de trop leur enseigner la nôtre.
Le crédit affecté aux travaux publics n'est que 379.000 piastres, c'est-à-dire 909. (»00 francs. Mais il ne faut pas oublier que sur l'emprunt de 200 millions la plus forte part — on pourrait presque dire la totalité — s'applique aux chemins de fer qui, tous, appartiennent au Tonkin.